Référence multimedia du sénégal
.
Google

REPORTAGE: Dure vie des photographes ambulants de Dakar en quête de clients

Article Lu 1706 fois

Ils sont là tous les jours, parfois juste pour tenir leur place sans doute. Faire acte de présence. Vendredi matin, comme presque tous les autres jours de la semaine, les photographes ambulants sont présents, omniprésents dans les jardins de la pittoresque Place de l’indépendance, le cœur de la ville de Dakar où souffle un vent frais qui fait profiter ses vertus à quelques personnes confortablement assises sur des bancs en béton.



REPORTAGE: Dure vie des photographes ambulants de Dakar en quête de clients
De minuscules et mignons oiseaux auxquels s’est jointe une tourterelle, seule intruse de la bande, picorent dans le gazon à la recherche certainement de quoi mettre les mandibules en action. Ils sautent gaiement d’un endroit à un autre, pendant que les feuilles des plants et les arbres du jardin flottent au gré du vent. Assis le dos tourné au gazon qui se prolonge derrière eux, les photographes ambulants ont l’air anxieux. L’appareil photo en bandoulière ou posé sur les cuisses. Quand une personne passe sous leurs yeux attentifs, d’une main, ils lèvent l’indexe avec une certaine révérence, et soulèvent l’appareil de l’autre en lui demandant si elle désire être photographiée.

Ce geste, ils le répètent presque de façon continue. Il leur arrive également d’interpeller le passant par un signal sorti de bouche : ‘’Psssss !’’.

Installés dans le même alignement, deux mètres environ séparent le premier du second, qui est lui installé à 5 m à peu près du troisième. Ce dernier est séparé du quatrième par un intervalle de presque 9 m. Aujourd’hui, ils sont moins nombreux, du fait que c’est vendredi, journée de prière pour les musulmans, laisse entendre l’un d’entre eux.

Par contre, le choix porté sur la place de l’indépendance pour leur servir de quartier général se comprend aisément. ‘’On a choisi la place de l’indépendance, parce que c’est le cœur de la ville. C’est un lieu où tout le monde passe’’, dit Abdoulaye Diao, avant d’ajouter : ‘’quand quelqu’un passe, même par hasard, je lui dis : boss, photo ?’’.

De fait, ‘’il y a beaucoup de gens, surtout les étrangers, qui aiment se faire photographier dans le jardin’’, fait valoir un de ces trois jeunes photographes, qui étaient tous précédemment installés à la porte du Millénaire, sur la Corniche Ouest. Mais les chantiers engagés par l’Agence nationale de la conférence islamique (ANOCI), en direction du prochain sommet de l’OCI qui se tiendra les 13 et 14 mars prochains, les ont contraints à quitter ce site pour le centre ville.

‘’Nous ne considérons pas ce que nous faisons ici comme un métier,. C’est juste parce que nous n’avons pas quoi faire. Vous savez qu’aujourd’hui, il y a des numériques, ils y a des portables. Donc nous, nous sommes ici inutilement presque’’, se désole Abdoulaye Diao, natif de Vélingara âgé de plus d’une trentaine d’années.

Diao fait partie de la quinzaine de photographes, tous venus de la Casamance selon l’un d’entre eux, qui a font de la place de l’indépendance un quartier général. Même si aujourd’hui vendredi, ils ne sont qu’une dizaine sous l’ombre des plantes ornementales taillées en forme de chapeau, qui les couvrent à peine le dos, alors que leurs faces sont exposées au soleil.

De l’autre côté du jardin, près du ministère des Affaires étrangères, un vendeur de cassettes agrémente le repos des gens avec des versets coraniques ou par des discours de Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal indépendant.

La Place de l’indépendance, endroit idéal donc pour ces capteurs d’image. C’est que les piétons qui relient l’avenue Georges Pompidou à l’Avenue Hassan II, traversent la place de l’indépendance par la médiane et c’est justement à cet ‘’endroit stratégique’’ où sont positionnés les photographes.

A les écouter, seules les périodes de fête constituent les jours fastes pour eux. Ces dates passées, c’est la galère. ‘’Nous profitons des moments de fête. Mais quand ces périodes passent, tu peux garder ton appareil parce que c’en est terminé. Tu n’auras plus rien. Nous n’avons pas de clients qui viennent régulièrement et spécialement pour se faire photographier. C’est par occasion. Quand quelqu’un passe, on soulève l’appareil et on lui demande s’il veut se faire photographier’’, explique Diao.

Son homonyme, Abdoulaye Baldé, autre photographe qui travaille 7j/7 sur ces lieux, semble corroborer ses propos. Depuis le lever du jour, explique-t-il, il n’a fait qu’un seul client, tandis que les autres assurent qu’ils n’en ont pas eu du tout.

Une autre difficulté rencontrée par ces photographes ambulants, c’est qu’ils peuvent prendre des vues sans que les intéressés ne reviennent chercher leurs photos. Même en disposant des coordonnées des concernés. ‘’Tous les photographes de la place de l’indépendance que vous voyez là, chacun à dans son sac plus d’une centaine de photos, on ne (les clients) les récupère pas. Et ça ne nous arrange pas’’, fait savoir Diao.

Pourtant, c’est l’avance versée par le client qu’ils utilisent pour aller développer les photos. Et la seconde tranche qui doit en principe leur revenir, ils la perdent tout simplement quand le client ne revient plus.

Mais par principe, Diao et compagnie affirment tous ne pas être disposés à vendre ces photos, dans le but de récupérer leur argent. ‘’Si je ne te vois pas, je ne peux vendre tes photos’’.

‘’D’ailleurs, poursuivent-ils, nous considérons que c’est interdit parce que c’est le sujet qui a demandé à être photographié. Si je vends ses photos et qu’il les retrouve ailleurs, il peut me créer des problèmes’’, explique le natif de Vélingara.

Babacar, un autre photographe natif lui de Kaolack, s’est installé un peu plus tard et complètement éloigné des autres. A la question de savoir s’il a des photos non récupérées par les clients, il s’est hâté de répondre par l’affirmative. Pour mieux convaincre, il s’est empressé de prendre spontanément son sac, posé à même le sol, pour montrer son contenu. ‘’Ça, c’est un client. Ça fait deux ans’’ que la photo a été prise. ‘’Ce sont des étrangers. Bon…’’, précise-t-il sans terminer sa phrase, tout en se raclant la gorge. Pour dire que ceci explique cela ?

Il montre ensuite une autre photo : ‘’ça, c’est un Sénégalais et ça ce sont des Mauritaniens. Lui il a payé mais n’est pas revenu chercher sa photo, ainsi de suite. Celui-là, c’est un étranger’’, insiste-t-il en exhibant une à une les photos. Il précise avoir déchiré certaines photos.

Pourtant, Babacar se refuse de commercialiser les photos non récupérées. ‘’Je ne vends pas de photos, parce que ce n’est pas normal. Ce n’est pas sérieux’’, déclare ce ressortissant de Kaolack qui affirme lui gagner 2000 et 10.000 francs par jour. Suivant les jours et leur fortune, il peut rester bredouille, avoir deux clients ou même photographier une dizaine de personnes.

‘’Par la force des choses, parfois on peut s’habituer à des clients qui peuvent fournir des reportages’’, en allusion aux exclusivités qu’on gagne en étant choisi pour faire les photos d’une cérémonie.

Abdoulaye lui dit n’être pas en mesure d’évaluer ce qu’il gagne, affirmant que ‘’des fois’’, les gains sont inférieurs aux dépenses journalières auxquelles tout un chacun est contraint.

‘’Il arrive aussi qu’il nous reste 5.000 francs par exemple, qu’on peut compter comme le bénéfice résultant de notre activité. Mais on peut tout aussi bien rester quatre à six jours sans trouver autre chose. Donc, on est obligé de sortir la même somme pour la dépenser’’, fait-il valoir.

Vu la difficulté à trouver des clients, ces photographes sont parfois contraints de développer la pellicule à moitié. ‘’Pour nous, comme le travail ne marche pas tellement, nous sommes obligés de couper, même si le film n’est pas fini. Mais là, on doit quand même attendre d’avoir jusqu’à 10 à 15 pauses’’, confie Abdoulaye.

Selon lui, si ‘’le travail marchait, on ne devrait pas avoir ces problèmes. Parce que couper le film ne nous arrange pas. Chaque fois que nous coupons le film, on a 6 à 8 photos que nous perdons dans la pellicule’’, fait-il savoir.

Avec l’avènement du numérique et les difficultés que cela implique pour eux, certains photographes estiment que les laboratoires auraient pu les aider autrement.

‘’Ce sont les labos qui devraient nous favoriser. Parce que nous, nous vendons les petites photos à 500 francs et les grandes à 1000 francs CFA. Si quelqu’un prend des vues avec son appareil numérique et qu’il sollicite le même développement que nous, si les labos font en sorte que les photos de 500 lui reviennent à 600F et celle de 1000 à 1500 francs, il serait obligé de laisser son appareil pour venir se faire photographier chez nous’’, estime Abdoulaye Dia.

Source: APS

Article Lu 1706 fois

Samedi 1 Mars 2008





1.Posté par LAMINE NDIAYE le 03/03/2008 03:19
IL FAUT QUE CES JEUNES PHOTOGRAPHES PENSENT A SE RECONVERTIR DANS D'AUTRES SECTEURS DE LA VIE ECONOMIQUE AVEC LE DEVELOPPEMENT DE LA TECHNONOLOGIE IL YA DES METIERS QUI VONT DISPARAITRE ET D;AUTRES VONT EMERGER DONC IL EST TEMP POUR EUX DE S'ORGANISER ET DE POSTULER A DES FORMATIONS DE COURTE DUREE EN GUISE DE RECONVERTION DANS LE MONDE DU TRAVAIL.
MERCI


Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 7 Décembre 2016 - 13:10 L’adultère est-il devenu une banalité ?

Mercredi 7 Décembre 2016 - 12:16 NDIGUEUL DU KHALIFE DES MOURIDES: 500F par personne

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State