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REPORTAGE CLANDO: Virée nocturne dans les lieux clandestins de Dakar

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''Séeréer bu xees'' s'est baladée pour vous dans la moiteur de la nuit dakaroise, à la recherche de ces lieux clandestins où la nuit danse autour des grillades dans les bals improvisés. Une plongée dans le Dakar des gens "normaux", des petites gens mélangés aux fonctionnaires, aux commerçants, aux bandits de seconde zone et aux filles peu farouches! Le Dakar des diasporas nombreuses...



REPORTAGE CLANDO: Virée nocturne dans les lieux clandestins de Dakar
Il existe plusieurs Dakar. Le Dakar officiel des guides et des notables, le Dakar chic, jet set, des pipeuls et des nouveaux riches, le Dakar branché des artistes, intellos, rois de la sape et ambianceurs... Et puis il y a un autre Dakar, sans doute le plus savoureux, celui des gens "normaux", des petites gens qui se mélangent aux fonctionnaires et aux commerçants, aux bandits de seconde zone et aux filles peu farouches, au teint décapé par le xessal ou au contraire noir d'ébène. Le Dakar des Sicap et des banlieues, dans lequel, après le travail (quand on en a!), dans l'obscurité des ruelles ensablées, sous le halo verdâtre d'un néon, perdu dans la foule, embué de musique tonitruante et de boissons fortes, de bières à gogo, on oublie. Les yeux fermés au son d'un bougarabou ou d'un coupé décalé, le corps qui suit et suinte en chavirant et en rivalisant d'imagination dans les mouvements, certains dansent jusqu'à l'aube tandis que d'autres, assis dans un coin, contemplatifs et enfumés, ne bougent pas.

Le Dakar des diasporas si nombreuses qui se rassemblent afin de se réchauffer aux airs de leur pays délaissé, dans des cours où le wolof, constamment, se heurte au joola, au manjak, au malinké ou au soussou.

Des impasses au fond desquelles, pour quelques sous, on peut se délecter de brochettes de porc aussi tendres qu'une nuit de pleine lune, cuivrées comme le ciel étoilé au-dessus de nos têtes. Des débits de boissons dans lesquels on vend des œufs durs, moyen peu coûteux pour empêcher les têtes de trop tourner, les corps de se casser sous les degrés et les décibels.

Le Dakar off est énorme, il est partout. Il suffit de se perdre dans les quartiers, de se laisser guider par les odeurs d'oignons grillés, la fumée des barbecues artisanaux et les sons déglingués des vieilles boîtes à musique, les accords déchirants d'une guitare désaccordée, ou une note de saxo qui brise la nuit et va cogner contres les vagues fulgurantes de l'Océan tout proche.

Le Dakar clando (cf. titre d'un film du cinéaste William Ousmane Mbaye) est aussi celui aménagé par les habitants d'une maison sur leur terrasse ou dans leur sous-sol, dans l'arrière-cour ou carrément, lorsque les nuits se font plus fraîches, dans le salon. Là, de belles dames aux formes girondes, roulées comme des camions, maquillées comme pour un bal et sapées comme des princesses, dansent langoureusement sous la voûte céleste, entre elles ou accompagnées d'un chevalier servant lui-même endimanché. Leur intérieur, ainsi transformé en bar-resto-dancing, brille de mille feux et accueille fêtards ou âmes en peine, ceux qui n'ont qu'un but, atteindre le bout de la nuit sans rester seul, qui n'ont pas où aller ou préfèrent ne pas rentrer là où, sans doute, personne ne les attend.

Et pourtant ces endroits ne sont pas tristes, Chez Ndey à Sacré Cœur ou Chez Nina à Pikine, Chez Robert à Fas ou au Santa Maria de Grand Yoff, l'ambiance est chaleureuse et libre. C'est ici que l'on peut parler de tout sans crainte, ouvrir son cœur et faire pleurer son âme, formuler ses espoirs ou ses regrets, rire ou gémir, chanter, crier, ou choisir le silence.

Dans ces lieux, qui ne sont pas de perdition, se prend le pouls de la ville, bat le cœur de la métropole nocturne. Les confidences se mêlent aux airs de salsa ou de mbalax, les voix sourdes se perdent dans le brouhaha environnant, oubliant les frustrations quotidiennes, criant leurs envies. Les langues se délient en même temps que les corps, jusqu'à l'aube pastelle des jours frais, jusqu'aux petits matins moites de l'hivernage.

C'est ici que l'on vient, ensemble, regarder, participer plutôt, aux matchs de foot de la CAN. Un écran géant ou, selon, un minuscule téléviseur, retransmettent les buts tant attendus, échos des rêves de chacun de voir son équipe, son pays, ou à défaut le pays le plus proche, gagner.

Alors, comme dans tous les bars de tous les pays du monde, s'il y a but, c'est la fusion; plus de barrières sociales ou ethniques, un seul cri de joie, le bonheur d'avoir marqué, la fierté de l'appartenance au clan des vainqueurs.

Photo: Touré Béhan

Source: Wootico.com

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Vendredi 15 Février 2008





1.Posté par Thiakiry le 15/02/2008 02:22

Merci !!!

Il y a un moment que je n'avais pas lu un article aussi imagé.

J'ai apprécié ce style poétique qui décrit, non sans réalisme, les joies et (surtout) les peines qui se brassent dans ces "milieux" qui regroupent presque toutes les strates de notre société.

Encore une fois, merci !

2.Posté par leila le 15/02/2008 10:34
je vis actuellement en italie et en lisant votre article je me suis sentie un moment revivre tellement j'ai la nostalgie du senegal merci de votre article et du bonheur qu'il m'a procure et mes compliments pour la maitrise de la langue francaise et du style poetique qui m'a fait rever pour un laps de temps

3.Posté par docs le 15/02/2008 10:54
DU COURRAGE POUR CETTE ARTICLE CAR ON A BESOIN DE SES TRUCS PLUTOT QUE DE NOUS PARLER EN LONGEUR DE JOURNEE DE KARIM ET DES HOMOS.
CEPENDANT IL FALLAIT Y AUGMENTER GUEDIAWAYE CAR J'AI L'IMPRESSION QUE LES PLUS CHAUDS COINS SONT LA BAS LA PREUVE EN N'EST QUE NOMBREUX SONT CEUX QUI QUITTENT SES LOCALITES QUE VOUS AVEZ CITE POUR FAIRE LA BELLE LA BAS.MERCI

4.Posté par Rougui le 15/02/2008 15:02
BIEN ECRIT!Bravo!C'est comme s'y on y etait! Belle plume!!Merci!

5.Posté par aliou le 15/02/2008 17:44
enfin un bon article veneux de nos journalistes d'aujourdhui....Feliciation Toure, tu sauves vraiment la galerie.

6.Posté par talibe le 17/02/2008 18:47
bellle description cas meme

bonne continuation touré


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