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REPORTAGE - Business de la nuit en période de jeûne: Escapade dans les differents Night-clubs de Dakar

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REPORTAGE - Business de la nuit en période de jeûne: Escapade dans les differents Night-clubs de Dakar
20 h sur la cordillère des Almadies dakaroises. Dans ce quartier couru de la capitale qui accueille le plus grand nombre de «noceurs» dakarois en temps normal, les lampions néonisés et les soirées de fête semblent s'être éteints sous le coup du Ramadan. Les jours sont aux privations. Les nuits à la dévotion. Mis à part quelques jetsetteurs, addicts des virées nocturnes bien arrosées au champagne, les autres bons vivants ont préféré rester chez eux le soir, même après la fin de la faim. Les longues files de voitures de luxe et autres bagnoles rutilantes se font rares pour ce deuxième vendredi du mois de Ramadan. La frénésie ambiante a cédé au silence. Diète oblige.

20 h 10, bar-club le Via Roma.

Les portes viennent juste de s'ouvrir et jusqu'à 4h du mat; histoire de permettre aux clients de dîner. Depuis le début du Ramadan, le service au Via Roma commence à 20 h et se termine à minuit pile. Babacar Lô, propriétaire de la boîte : «On ouvre juste par courtoisie.» Malgré cette faveur, ce n'est pas l'affluence des nuits ordinaires. Les clients et habitués se font désirer. Bémol : «Il est encore tôt», rétorque un employé des lieux. Duplicité sénégalaise ? Une seule certitude : pas question de soirée pendant le Ramadan! «Je pouvais le faire aux Etats-Unis, parce que là-bas, le Ramadan n'existe presque pas et la clientèle est américaine, mais jamais au Sénégal, souligne Babacar Lô. Ici, on ne peut pas le faire à cause de plusieurs facteurs.» Non sans rentrer dans les détails vains. II entonne : «Tout le monde comprend», avant de repartir dans ses explications : «On fait travailler le minimum d'employés possible.» Le chef du personnel prend le relais : «le Ramadan, c'est le mois de congés au Via Roma.» Congés ou chômage technique ? Babacar Lô : «Des congés payés bien sûr, ce sont des employés de la boîte.» Le temps file et le décor ne change pas trop. Ça marche au pas du Ramadan. Peut-être que l'ambiance se trouve ailleurs.

21 h 20, Kclub.

Premier constat : seul restaurant est ouvert. Lieux des délires les plus fous une semaine avant le Ramadan, avec la soirée des Lions après leur victoire sur le Burkina Faso, le Kclub s'est complètement métamorphosé. Ses lumières tamisées se sont affaissées derrière une sobriété qui transformerait presque l'endroit en un mur ordinaire. L'ambiance éteinte de la porte renseigne sur la froideur de l'intérieur. Dedans, cela ne bouge presque pas. Tout est au ralenti. Tout est réduit au strict minimum. Seul, le personnel du restaurant est venu servir des plats aux dizaines d'inconditionnels. Ça discute, ça frime aussi. On déguste avec la plus grande finesse les recettes suaves dignes d'un grand «maquis 5 étoiles». La spécialité du restaurant poisson braisé, Athiéké, Aloko- renseigne sur les origines du chef cuisinier : une Togolaise. Qui, en cette période de Ramadan, ne croule pas sous les commandes. Paco Jackson Thiam, le gérant, passe aux aveux : «On loue le Bon Dieu, mais il y a une baisse des recettes. Seulement, on était au top avant le Ramadan et cela nous a permis de faire de gros bénéfices.» Et Pourquoi la boîte n'est pas ouverte ? Le maître des lieux, phrasé mielleux, sauve, comme il peut, les apparences : «Je suis musulman et j'ai beaucoup de respect pour cette communauté, donc je ne peux pas organiser de soirée pendant le Ramadan.» II précise : «La seule fois que la boîte a été ouverte pendant le Ramadan, c'est lorsque j'avais invité les Lionnes (de basket) au lendemain de la finale contre le Mali.»

REPORTAGE - Business de la nuit en période de jeûne: Escapade dans les differents Night-clubs de Dakar
22 h 30, Casino du Cap vert.

La porte de la discothèque est fluide. Seules quelques filles de luxe y font prestance. Jupettes, décolletés et autres pantalons bas cigarettes moulants pour mettre au profit les hauts de leurs corps, elles officient avec tact. La discrétion est de rigueur : «Ce n'est pas sûr avec l'affaire Ndèye Guèye (Gouddi Town, Ndlr). Avec tout ce qui se dit dans les journaux il y a de quoi se méfier», explique Fatou, une habituée des lieux. Elle ajoute très frileuse : «Faites vite ! On ne peut pas se mettre là à discuter pendant longtemps. J'ai entendu que les policiers viennent maintenant en civile dans les boîtes.» Chose possible ! A l'intérieur de la discothèque, le constat est formel : «C'est presque le désert» affirme un videur. Le gaillard qui tente pourtant de sauver les apparences, de vendre sa «marchandise» explique : «Cela se passe toujours comme ça depuis le début du Ramadan. Vous serez surpris, les gens vont venir.» Surprise, il y a un peu de monde. Mais l'«affluence» n'honore pas la réputation de la boîte la plus courue de Dakar. D'ailleurs, la seule cliente est une femme de couleur blanche dont la poitrine est ornée d'une croix. «La clientèle qui fréquente la boîte pendant le Ramadan n'est pas musulmane», renseigne le maître des lieux, Mario. Sûr de lui, le gérant du Casino du Cap vert ajoute mordicus : «Je reconnais ma clientèle. ll n'y a pas de musulmans.» Vérification faite : il y a bien des musulmans à l'intérieur, mais en nombre infime. Mario, qui campe toujours sur ses propos, explique avec un brin de fierté : «L'autre samedi, la boîte était pleine, mais la plupart étaient des Blancs.» Pourtant, malgré cette fréquentation de la clientèle étrangère, le gérant indique : «On a enregistré une baisse de 60 % du chiffre d'affaires quotidien.» Histoire de surligner le poids des Jet setteurs musulmans ? «Pendant le Ramadan, on n'organise que des soirées discothèque et jamais de soirées sénégalaises», renchérit Mario. Pourquoi ? Le gérant lâche une musique peu convaincante : «Parce que, je n'ai jamais essayé.» Seule bonne nouvelle, la «pause» du Ramadan a permis à Mario de changer le décor de son dancing : «On a installé trois écrans dans la discothèque. On a aussi réfectionné les toilettes pour hommes et construit de nouvelles toilettes pour les femmes.»

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23 h 10, le Nirvana.


C'est fermé ! Au téléphone, Jean Luc Verrier, patron des lieux, semble être pris de cours: «Ça ne marche pas du tout. Les clients ne venaient même pas.» Une surprise de mauvais goût pour le gérant de la boîte à «la clientèle haut de gamme.» II constate, comme surpris : «Le jeûne est beaucoup plus respecté que l'an dernier.» Sans l'ombre d'un chaland, M. Verrier a baissé pavillon depuis lundi dernier : «On avait ouvert depuis le début du Ramadan, mais on a fermé le lundi dernier.» Ici, comme ailleurs, on refuse à avancer des chiffres, à quantifier le manque à gagner. On laisse juste deviner qu' «il est énorme».

23 h 26, Just 4 U.

Pas d'orchestre. Quelques clients éparpillés de part et d'autre. Presque tous des Blancs. Sur l'une des deux tables où il y a des Sénégalais, on se paye le luxe de jouer à la belotte. Et seuls les rires et autres cris viennent fendre le silence. On se saoule de liqueurs. Sur les tables, l'alcool ravit la vedette aux autres boissons. On ne décompte que 3 à 4 bouteilles de boissons sucrées sur les tables. Parmi celles-là du Schweppes Tonic. Le gérant se fait désirer : «Il n'est pas là. Il a voyagé», renseigne un employé de la maison, sise sur l'Avenue Cheikh Anta Diop. Une personne morale à qui s'adresser ? «Non ! Parce qu'ici personne n'a le droit de vous parler sans la permission du gérant et il n'est pas là», réplique le caissier, visiblement le remplaçant du gérant. Alors cap vers le Pen Art.

23 h 40, Pen'Art.

Enfin un musicien qui joue. Cheikh Ndigël Lô est dans la place. Mais les mélomanes tardent à rappliquer. Ils descendent des taxis par poignées. On est loin des affluences des grands soirs. Au restaurant, il n'y a que 8 personnes, 3 filles, 5 garçons y compris le gérant et un autre employé de la maison. Le Pen'Art, niché en plein Point E, n'est pas plus peuplé que le Just 4 U. Le gérant des lieux, Kizito Diène a sa version de l'histoire : «Au Sénégal, le mois de Ramadan, le mois d'avant la rentrée scolaire, l'après décembre sont des mois de récession. Dans la stratégie d'entreprise, on prévoit toujours des palliatifs.» Comme s'ils s'étaient donné le la avec les autres gérants de night-club, le gérant fredonne le même refrain : «Le chiffre d'affaires est inexistant.» Kizito ajoute : «On ne peut pas arrêter les activités, parce que tout le monde n'observe pas le jeûne au Sénégal, il y a des catholiques.» Et mieux : «II y a des musulmans jeûneurs qui passent souvent discuter et prendre une limonade parce qu'il fait chaud et qu'ils ne parviennent pas à dormir. Et puis, les lieux de nuit ne sont pas des lieux de débauche.» Avec une dose de philosophie dans ces moments de peine, au Pen'Art, on loue le Ramadan. «C'est louable. Il est bon que les gens sursoient juste pour un mois à toute activité de loisir.» Pour la prochaine rentrée scolaire, renseigne Kisito, «on va réadapter le programme, proposer des choses plus soft en termes de coût.» A-t-il chèrement payé pour apprendre ?

00 h, le Ngalam Night-club.

Le «terminus» du Dakar by night est fermé. II n'y a personne ! Même pas un vigile à qui parler. Jadis grouillant à cette heure de la soirée, la ruelle est déserte. Conséquence, même les riverains du Point E ont fermé boutique. Mais, des personnes, très au fait de ce qui se passe dans la boîte, révèlent que «c'est comme dans les autres dancings, le Ngalam était ouvert au début du Ramadan, mais il n'y avait pas d'affluence». Alors, il a fermé boutique. En attendant une saison plus propice.

00 h 23 chez Iba sis à Dieuppeul.


Mis à part quelques filles de joie dont la disette a forcé à négocier une modique somme pour la passe, on pouvait compter le reste des clients sur les doigts d'une main. Ici, on cherche plus à manger qu'à ce saouler où à s'offrir les faveurs d'une fille de joie. La preuve par les tickets de «dibi» qui pullulent

sur la table du gérant. Pris à l'improviste et très méfiant, le maître des lieux n'a pas voulu répondre à nos questions. «II faudra revenir demain matin», rétorquet-il sans se douter un seul moment qu'il était trahi par le décor inhabituel de son bel écrin de jouissance qui renseignait sur le coup dur du jeûne. Ici, comme ailleurs, on est loin des ferveurs des mois ordinaires. Le Ramadan a pris le pas sur le ramdam. Et le business de la nuit s'en est retrouvé sans ressources ni ressorts pour juguler le déficit. Dans ce monde d'artifices, tout le monde s'échine plus ou moins à sauver les apparences. En attendant meilleure lune. Celle qui annonce la Korité.

...Par Pape Sambaré NDOUR
Source: Weekend Magazine

Article Lu 14621 fois

Jeudi 18 Octobre 2007





1.Posté par bibi le 18/10/2007 06:39

2.Posté par Effets speciaux le 18/10/2007 18:05
Mieux que tous les night club
plus que éventif, Allez voir
http://xoromeimagine.blogspot.com

3.Posté par merci le 18/10/2007 20:35
c`est honteux d`organiser des soires en pleine moi de ramaddan on demande les senegalais d`etre des hommes respectueux dans le monde de l`islam merci

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