RECONSTITUTION DE L'HYMEN PAR OPERATION CHIRURGICALE : Un moyen pour les filles de retrouver la virginité perdue après rapport sexuel

Garder jalousement sa virginité jusqu'au mariage n'est plus aujourd’hui un souci pour de nombreuses jeunes filles. Elles trouvent que s'imposer une telle privation n'est plus guère nécessaire, même si leur famille y tient. Parce que ce qu’elles perdent en entretenant des rapports sexuels, la chirurgie leur permet de le récupérer, une nouvelle virginité



RECONSTITUTION DE L'HYMEN PAR OPERATION CHIRURGICALE : Un moyen pour les filles de retrouver la virginité perdue après rapport sexuel
S'abstenir de toute relation sexuelle jusqu'au mariage et garder jalousement sa virginité contre les tentations des hommes. Ce conseil prodigué par les femmes à longueur d'années à leurs filles, tel un leitmotiv, nombreuses sont les jeunes d'aujourd'hui qui ne s'en préoccupent pas. Rencontrer une fille vierge est même chose rare. Le sexe est devenu banalisé par les jeunes filles qui la découvrent prématurément, parfois à peine atteint l’âge de la puberté. Malgré cette vie sexuelle qu’elles mènent, elles trouvent le moyen de retrouver leur virginité, comme si de rien n'était. La méthode qu’elles utilisent étant de recourir à une opération chirurgicale. Elle s'appelle hyménoplastie. Comme dans un conte de fée, un tel procédé leur permet de se faire reconstruire l'hymen, sans qu'il n'y ait de traces visibles.

C'est dans la plus grande confidentialité qu'un tel type de travail se réalise. Un véritable miracle, 30 jours après l’opération, la patiente peut à nouveau avoir un contact sexuel avec pénétration durant lequel l'hymen réagira comme si sa virginité était intacte, elle ne l’a jamais perdue. Tout se passe comme si la femme était vierge au moment de faire un rapport sexuel. Ces faiseurs de miracles pour les jeunes filles sont des gynécologues. Les prix d’un tel service tournent autour de 200 000 F Cfa, nous révèlent des sources.

Une fille: «attendre jusqu’au mariage pour vivre pleinement sa sexualité est une pratique archaïque»

Interpellées sur une telle pratique qui est tout simplement une escroquerie faite aux hommes et à la famille sur la valeur de leur sexe, des jeunes filles confirment non seulement son existence, mais la défendent. «Le fait d’attendre jusqu’au mariage pour vivre pleinement sa sexualité est une pratique archaïque. Avec la modernité, nous n’avons plus besoin d'attendre jusqu’au mariage pour connaître le sexe», nous confie une fille préférant taire son identité. Parce que, indique-t-elle, «retrouver sa virginité n'est plus un problème : il suffit juste de faire une opération chirurgicale : l’hyménoplastie».

Aïssatou Diop, 15 ans: «les hommes ne tiennent plus compte de ces choses au moment du mariage»

Venant juste de franchir l’âge de la puberté, Aïssatou Diop, 15 ans, malgré son extrême jeunesse, a elle aussi son avis sur la question. Rencontrée à l'arrêt de bus de Castors, elle embouche la même trompette que son aînée. «Une fille n'a plus besoin de garder sa virginité jusqu'au mariage, maintenant que cette chose est créée par un gynécologue, il suffit juste de faire une opération chirurgicale». Très au fait visiblement de cette question, elle renchérit : «en plus qu’il est rare de rencontrer des difficultés lors de l’opération». N’ayant pas du tout froid aux yeux, la jeune fille de marteler : «il est difficile de s'abstenir quand on est avec la personne qu'on aime et surtout on sait que les hommes ne tiennent plus compte de ces choses au moment du mariage». D’où ses conseils aux adultes à bousculer leurs vieilles croyances rétrogrades : «Il faut savoir que le monde a évolué et les façons de faire aussi».

Marianne Djigo, étudiante: «Nos parents se mariaient très tôt à 12 ou 13 ans, nous nous pouvons être célibataires jusqu’à 30 ans ou plus»

Étudiante habitant Guédiawaye, Marianne Djigo précise toutefois : «Les filles sont conscientes qu’il est très facile de faire la différence entre la virginité créée par un médecin et la naturelle». Mais, ajoute-elle : «Il faut reconnaître que les temps ne sont plus les mêmes. Auparavant, nos parents se mariaient très tôt (à 12 ou 13 ans maximum) alors que maintenant, nous pouvons être célibataires jusqu’à 30 ans ou plus. Et rien ne garantit qu’une personne pourra s’abstenir durant tout ce temps sans connaître le sexe».
Un sujet tabou chez les gynécologues

Une pratique qui n'est pas un secret, que même des jeunes filles de 15 ans connaissent, hyménoplastie n'est pas sujet sur lequel les gynécologues veulent trop s'épancher. La question semble même être tabou. Tous les gynécologues qu'on a eu à interpeller pour avis l'avis du spécialiste sur le sujet, ont été avares en paroles. Ils se sont limités à dire qu'ils en ont juste entendu parler. Mais ils ne font pas une telle opération dans leur cabinet et qu'ils ne connaissent pas quelqu'un qui le fait.

Toutefois, un cabinet de gynécologie établi à Liberté 6, est identifié comme s'adonnant à cette pratique.

Les mères de famille partagées sur la question

Les jeunes ne sont pas les seuls à banaliser la virginité, en ce moment. Certaines mères de famille n’en font plus une exigence à leurs filles. C'est le cas de cette habitante de la Médina. Selon elle, les temps ne sont plus pareils, donc les parents ne peuvent plus continuer à exiger la virginité à leurs enfants. Ce, d'autant plus que c'est la jeunesse d'aujourd’hui, garçon comme fille, qui ne croit plus à cette pratique. «Les jeunes font tout pour vivre leur première nuit, hors de la vue de toutes les personnes, ils vont même jusqu'à passer des jours à l'hôtel», explique Assy Dieng. «En plus la virginité n'est plus un moyen pour juger une fille. On peut perdre sa virginité et être plus respectable que celles qui sont vierges. Il ne faut jamais condamner une fille qui a perdu sa virginité».
Mais tous les parents ne partagent pas l'idée d’Assy Dieng. Mame Dior Diallo, mère de deux filles n'est pas du genre à cautionner la perte de la virginité. «Cette situation me dérange personnellement. En notre temps, la virginité avait beaucoup de sens. Je préfère que la fille garde sa virginité, car c'est la seule manière d'imposer le respect chez sa belle famille, mais les filles d'aujourd’hui sont sans vergogne», fulmine-t-elle.

Même son de cloche du côté de Adama Diop, ménagère. «Rien n’est plus beau qu’une fille vierge au moment du mariage. C’est seulement de cette manière qu’on peut gagner le respect de sa belle famille, sinon, personne et personne d’autre ne va te respecter. En tout cas, moi je tiens trop à la virginité, on m’a éduqué ainsi ».

Seynabou Diémé abonde dans le même sens. «Les filles d'aujourd'hui ne sont plus vierges, les jeunes ne pensent même plus à cela. Ils préfèrent après leur mariage se rendre à l'hôtel, pendant des jours et loin de tout le monde. Ce n'est qu'à leur retour que l'homme dira «ma femme était vierge » et cela personne ne peut le prouver, c'est entre eux. Alors qu'avant, le mari n'avait pas besoin de parler, au petit matin c’étaient les parents qui entraient dans la chambre du marié et c’étaient des cris qui annonçaient la bonne nouvelle à toute la population», explique-t-elle. Seynabou Dramé d’ajouter, «c'est la tradition: c'est ce que faisaient nos parents. Je n'aime vraiment pas les couples qui vont à l'hôtel pour leur lune de miel. Ce d'autant plus que les jeunes ne vont pas passer une nuit seulement, ils peuvent rester là-bas, pendant des jours. Et d'habitude à leur retour, la fille est déjà en état de grossesse».

Les hommes désapprouvent

L'attitude consistant pour des jeunes filles à se faire fabriquer une virginité qu'elles ont perdue après des relations sexuelles, les hommes interpellés dans la rue la désapprouvent catégoriquement.

Baye Mor, la vingtaine, rencontré à Guédiawaye, n’y va pas par quatre chemins. «Il faut vraiment être sans vergogne pour se permettre de vivre comme un Occidental. Nous avons nos croyances coutumières et la virginité d’une fille au moment du mariage fait partie de ce lot», argumente-t-il. Mais, regrette-il, «les jeunes d’aujourd’hui ne respectent plus les enseignements de leur religion, c’est pourquoi ils s’adonnent tout le temps à toutes sortes de pratiques».
Même son de cloche chez Ibrahima Sène, menuisier de son état. Ce qui se passe, selon lui, c'est que «les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus de repères. Les filles font ce qu’elles veulent et les hommes aussi. C'est pourquoi ces derniers ne peuvent plus exiger la virginité chez une fille d’autant plus qu’il est rare de rencontrer un puceau en ce moment».

Seynabou FALL (Stagiaire)
Source Le Populaire

Jeudi 29 Septembre 2011

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