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QUI A TUE MAMADOU BOUBACAR BA ? : L’accusé de meurtre acquitté après six ans de détention

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Pour avoir conduit hors d’un bar Mamadou Boubacar Bâ, Mansour Ndiaye s’est retrouvé à la barre de la Cour d’assises de Dakar pour meurtre. Le sieur Bâ avait été retrouvé, le lendemain, inerte. Le mystère plane toujours sur ce meurtre.



Qui a tué Mamadou Boubacar Bâ ? Six ans après les faits, la question reste entière et l’unique accusé dans cette histoire, Mansour Ndiaye dit Joe, n’a jamais cessé de rejeter tout en bloc, soutenant à toutes les étapes de l’instruction qu’il avait passé la nuit du 5 au 6 mars 2001, veille de la Tabaski, dans sa chambre. C’est cette nuit qui a coûté la vie à M. Bâ dont le corps a été découvert gisant le lendemain matin, à sept heures, par le policier Abdoulaye Séne, à quelques mètres du bar “ Chez Henri ” de Rufisque. L’homme, comme l’a certifié le médecin plus tard, a succombé à des “ plaies cutanées pénétrantes à hauteur de l’abdomen avec des lésions viscérales et hémorragie interne et externe ” données par arme blanche.

Comment les policiers en sont arrivés à interpeller Mansour, qui dit être allé au lit vers 23 heures cette nuit, dans cette histoire de meurtre que les témoins situent au beau milieu de la nuit ? Il a fallu que les enquêteurs interpellent le gérant du bar, Henry Hopareh pour que le nom de Mansour Ndiaye soit cité. Henry racontait aux policiers qu’il y avait eu une altercation dans son bar cette nuit-là entre deux Peuls et un autre homme de la même ethnie, Mamadou Boubacar Bâ, accompagné du nommé André Faye. A la barre, on en a appris un peu plus sur les causes de cette altercation grâce à M. Faye. Après avoir savouré du “ dibi ”, M. Bâ brandit un os en direction des deux autres Peuls pour les accuser de “ deums ” (anthropophages). Ce qui ne plut pas à ses interlocuteurs.

Selon M. Hopareh, c’est sur ces entrefaites que Mansour décida d’évacuer Mamadou Boubacar Bâ du bar. Et à son retour, une trentaine de minutes plus tard, il dit : “ ça y est, il ne nous dérangera plus ”. Et à cause de ce témoignage, voilà Joe dans de beaux draps. Les policiers se rendirent à son domicile pour le cueillir, mais ne le trouvèrent pas sur place. Informé par sa belle-famille de leur passage, il se rendit de son propre chef au commissariat de police de Rufisque pour se faire une idée de leur descente. Mais c’était pour se retrouver au milieu d’une affaire de meurtre qui le conduisit tout droit à la barre de la Cour d’assises de Dakar. D’autant plus que la version de Henry Hopareh fut confirmée par les témoignages de son frère Joseph Jobor Hopareh, Moustapha Ndiaye, Adji Maïmouna Diouf et Sokhna Diouf. Tous affirmaient que la victime était sortie en compagnie de Mansour Ndiaye.

Malgré le fait qu’il ait seriné qu’il ne fréquentait plus les bars depuis son mariage en 1999, Mansour Ndiaye dit Joe a été traduit devant la Cour. Malade jusqu’à ne pas tenir debout parfois, il a quand même reconduit les mêmes dénégations. “ J’ai appris cette histoire lorsque je me suis rendu à la police ”, dit-il. Quid du témoignage de Henry Hopareh l’enfonçant ? L’accusé a mis ses déclarations sur le compte des relations difficiles qu’il entretenait avec le témoin qui a voulu se présenter à la barre comme un bienfaiteur de Joe et de sa famille. Comme à l’enquête, les autres témoins, Joseph Hopareh et André Faye ont soutenu la même version que Henry. Mais les différents témoignages étaient loin de concorder sur l’heure du drame et le temps mis par l’accusé pour revenir dans le bar. C’est ainsi que les faits ont été situés variablement entre 2 heures et 4 heures du matin et le temps mis par Mansour pour revenir entre 15 et 40 minutes. Finalement, on se demandait qui croire parmi les témoins qui, il faut le préciser, n’ont pas fait état d’une animosité de la part de l’accusé lorsqu’il se portait volontaire pour faire quitter les lieux le Peul.

Comment donc un homme qui accompagnait un autre “ amicalement ” peut-il abréger ses jours ? Le fait de sortir avec la victime signifiait-il que Joe, qui nie même jusqu’à sa présence sur les lieux, l’avait-il tué ? C’est là autant de questions auxquelles l’avocat général Ibrahima Mbengue devait répondre dans son réquisitoire pour asseoir la culpabilité de l’accusé. A défaut de preuves, le parquet général, armé des déclarations des témoins, a évoqué la présomption consistant à tirer d’un fait connu un fait inconnu. “ En raccompagnant la victime, il s’est passé quelque chose qui a été découvert au petit matin ”, estime M. Mbengue. Par conséquent, il a requis quinze ans de travaux forcés, invitant les jurés à se fondre sur leur intime conviction pour sévir.

Mais pour maîtres Abdourahmane Sow et Ibrahima Mbengue de la défense, il faut des preuves pour condamner un accusé. “ Dans le dossier, il n’y a pas d’arguments, il n’y a que des soupçons. Personne ne peut dire que c’est l’accusé qui a tué. S’il l’avait fait, il n’allait pas revenir ”, lance Me Mbengue. “ Il appartient au parquet d’apporter la preuve de la culpabilité. Est-ce qu’on peut dire que c’est parce qu’il a accompagné la victime que forcément l’accusé l’a tué ”, s’interroge Me Sow. L’intime conviction, ajoute son collègue, doit avoir un soubassement. L’hypothèse que les autres Peuls accusés de “ deums ” par le défunt aient pu lui faire la fête est plausible, estime la défense. Dans la mesure où entre le moment où l’accusé est revenu et la découverte du cadavre, il s’est passé plusieurs heures. Devant autant d’interrogations, la défense a sollicité la relaxe pure et simple de l’accusé. Et elle a bien été suivie par la Cour qui a blanchi l’accusé en prison depuis six ans.


MALICK CISS
Source: Le Soleil

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Mardi 24 Juillet 2007

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