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Prostitution et Vih/Sida : De la nécessité d’adapter les textes aux réalités actuelles

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Obsolètes, ambigus, inadaptés. Tels sont les principales caractéristiques des textes régissant la prostitution au Sénégal. Lesquels ont été rédigés bien avant l’apparition du premier cas de Sida au Sénégal enregistré en 1986. Alors, pour une meilleure prévention des travailleuses du sexe et de la population d’une manière générale, il est important, dans un contexte de pandémie du Sida, de revoir les textes, de les adapter aux nouvelles réalités.

Avec une basse prévalence du Vih-Sida estimée à 0.7% dans la population générale, selon l’Enquête démographique et de santé (Eds) réalisée en 2005, le Sénégal se situe dans un contexte dit d’épidémie de type concentré. Ce qui veut dire que la prévalence est élevée dans des groupes vulnérables comme celui des prostituées ou travailleuses du sexe où elle est estimée à 27.5%. Ainsi, est-il important d’avoir une approche de protection de cette cible exposée à l’infection à Vih.

Cette nécessité se justifie aussi par la progression constante du travail du sexe, notamment chez les travailleuses du sexe clandestines dont le nombre augmente de jour en jour. D’autant que les travailleuses du sexe, aussi bien les officielles que les clandestines peuvent constituer des passerelles dans la propagation du Vih/Sida, dans la mesure où elles sont en contact direct et permanent avec les autres couches de la population. Pour cette raison et vu l’ampleur du phénomène de la prostitution, il est important d’améliorer l’environnement juridique et de la prise en charge des prostituées. C’est ce que tentent de faire les Ong Awa et Enda Santé en collaboration avec Osiwa qui veulent contribuer à la mise en place d’un cadre légal, juridique et sanitaire favorable pour une meilleure prise en charge des travailleuses du sexe au plan national.

Dans ce cadre, un programme national de plaidoyer est élaboré pour mieux faire connaître et promouvoir les droits de ces groupes à travers des actions de plaidoyer en direction des différents acteurs et des décideurs à tous les niveaux. C’est ainsi que des ateliers de concertation ont été tenus avec les travailleuses du sexe elles-mêmes, les forces de sécurité, les agents de santé, les communicateurs traditionnels. Les 16 et 17 novembre derniers, c’était autour des journalistes et professionnels de la communication d’être sensibilisés sur la problématique du travail du sexe au Sénégal. Et notamment sur la nécessité pour les professionnelles du sexe d’avoir un environnement juridique adéquat. Cela, avant les parlementaires et le gouvernement.

Par rapport aux textes législatifs et règlementaires sur le travail du sexe, il faut souligner que les autorités sénégalaises ont très tôt pris des mesures pour contrôler la prostitution avec la mise en place du fichier sanitaire et social, de la brigade des mœurs chargée de l’organisation et de la répression du travail du sexe. Mais, force est de reconnaître que les textes qui régissent le travail du sexe au Sénégal et qui datent de 1969 sont aujourd’hui dépassés. Ils sont qualifiés d’obsolètes.

Conditions d’exercice

D’ailleurs, ils ne définissent pas clairement le travail du sexe. Seules trois éléments sont exigés pour qualifier un acte de prostitution afin de le différencier de l’adultère et du concubinage. Il s’agit de l’acte sexuel, de sa rémunération et de l’existence d’un partenaire de rencontre. Au-delà de ces critères d’appréciation du travail du sexe, des conditions d’exercice sont aussi définies. Elles sont relatives, entre autres, à l’âge, à l’inscription sur le fichier sanitaire, aux visites médicales de contrôle, à la présentation du carnet sanitaire lors des interpellations des forces de sécurité ...

L’étude sur « Le dispositif législatif et réglementaire dans le cadre de la prostitution » réalisée par Gérôme Bougazelli, juriste consultant avec Pape Diouf, et qui a été présenté lors de l’atelier de concertation avec les journalistes sur le plaidoyer en faveur des travailleuses du sexe, révèle d’ailleurs que « le travail du sexe est toléré et réglementé au Sénégal, mais les travailleuses du sexe sont dans l’impossibilité d’exercer leurs activités ». Ce qui sous-entend l’inexistence d’un cadre légal d’exercice pour les professionnelles du sexe.

En effet, les textes disent que la prostitution est interdite dans les hôtels, maisons closes. « Il ne reste alors aux travailleuses du sexe que la rue, alors que le racolage y est interdit », déplore Pape Diouf qui indique que « les dispositions réglementaires en vigueur font ressortir une légalité et une tolérance surveillée, aléatoire et paradoxale ». A ce niveau, le juriste consultant Gérôme Bougazelli n’hésite pas de parler d’ambiguïté des textes régissant le travail du sexe au Sénégal. Selon lui, « le législateur n’est pas clair, dans la mesure où il dit que les travailleuses du sexe ne peuvent pas exercer dans les hôtels, maisons closes, encore moins dans la rue ». L’étude sur les aspects législatifs et réglementaires de la prostitution au Sénégal fait également état d’une autre ambiguïté : on réprime le travail du sexe sans le déclarer illégal. Car, le code pénal sénégalais « interdit d’aider, de recruter des travailleuses du sexe, de vivre de leurs revenus ou encore de tenir une maison close ». Pis, les articles 323 et 325 du code pénal répriment le proxénétisme, ce qui empêche les travailleuses du sexe d’exercer leur activité dans les hôtels, les maisons etc.

Cependant, Ismaïl Diakhaté de la brigade des mœurs recommande de bien cerner les textes. Selon lui, on ne doit en aucune manière favoriser l’exercice du travail du sexe. Mais, « pour des raisons de santé publique, on doit aider les travailleuses du sexe à la prise en charge surtout médicale, notamment dans un contexte de Vih/Sida », estime-t-il.

Abondant dans le même sens, Hortense Niamké, d’Osiwa indique : « Nous voulons faciliter l’accès des travailleuses du sexe aux soins et pousser également les autorités à revoir les textes réglementaires ». Mieux, elle souhaite qu’on en arrive « à une loi, à des changements par rapport aux textes sur la prostitution ».

Source: le Soleil

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Lundi 26 Novembre 2007


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