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Promotion de la lutte traditionnelle : Ce combat à remporter...

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La lutte traditionnelle est pour tout pratiquant qui vise le sommet ce que le Cours d’Initiation représente pour l’apprenant. Un passage obligé. Cette discipline qui souffre de la modestie de ses moyens est de plus en plus désertée par les jeunes qui "émigrent" vers la lutte avec frappe où les cachets se déclinent en millions de francs. Il lui faut donc être mieux considérée pour rester "l’école" qu’elle est censée être.

Les Arènes "Adrien Senghor" ont eu l’insigne honneur d’ouvrir la saison de lutte 2007-2008 avec le "Drapeau du Pr Raymond Diouf" mis en jeu par le bureau desdites arènes. Tout un symbole si l’on sait que le parrain est le vice-président du CNG, chargé de la lutte traditionnelle. Dès lors, on ne pouvait s’étonner de la présence de membres de cette structure dont le président, le Dr Alioune Sarr, qui s’est réjoui de l’honneur fait à un de ses collaborateurs qui a pratiqué la lutte traditionnelle alors jeune étudiant à l’Université de Dakar. Sans doute pour dire que cette forme de lutte est entre de bonnes mains et de se réjouir que "la nouvelle saison démarre par les Arènes "Adrien Senghor" de Grand Yoff, véritable école doublée d’un creuset de la lutte sénégalaise qui a formé de grands noms comme Robert Diouf, Ambroise Sarr, Manga II, dans le passé et aujourd’hui Yahya Diop Yékini, mais également le Pr Raymond Diouf, parrain du jour, qui a été un grand champion". D’où une certaine fierté, mais également l’occasion pour lui de lancer un appel aux différentes composantes de la lutte "à faire de notre sport national, ce que nous voulons qu’il soit, c’est-à-dire un cadre pour notre culture où l’on doit tout faire pour la rendre plus attrayante avant de nous ouvrir à l’extérieur".

Patrimoine national

Comme pour corroborer les propos du Dr Alioune Sarr, militant invétéré de la cause de la lutte traditionnelle, le Pr Raymond Diouf ne tarit pas d’éloge à l’endroit de cette discipline. Pour lui, la lutte "est notre patrimoine national et renferme deux voire même trois aspects : sportif, éducatif et poétique. Il n’est que de bien écouter les envolées lyriques des cantatrices pour s’en convaincre. Il m’a été donné de vivre ces moments très forts en tant que pratiquant. Il en est de même pour les amateurs qui aiment passionnément cette discipline. C’est sans doute ce qui explique l’engouement que le lutte exerce sur ces derniers".

Cependant, la lutte traditionnelle souffre de la modestie de ses moyens et de ses ... cachets. Contrairement à sa "sœur jumelle", la lutte avec frappe devenue la destination préférée des jeunes bien dotés par dame Nature et qui envahissent de plus en plus les écuries et autres écoles de lutte pour en faire un métier.

Ce qui ne saurait surprendre vu que cette forme de lutte arrive presque à concurrencer des disciplines comme le football en réussissant la prouesse de remplir le stade Demba Diop et de garnir très copieusement, tels les « Lions » du foot ou les grandes stars de la musique nationale, le stade Léopold Sédar Senghor. Comme ce fut le cas le 9 mars dernier lors du combat Gris Bordeaux - Balla Bèye 2. C’est tout à l’honneur de cette discipline et de la grande famille de la lutte, riche de ses différentes composantes. Dès lors, on ne doit point s’étonner de la montée en flèche des cachets que perçoivent les lutteurs ("frappeurs)". Et donc de l’attrait que ces sommes faramineuses exercent sur les spécialistes de la lutte traditionnelle.

Bouffée d’oxygène

Un phénomène qui rythme la vie de l’arène par les temps qui courent et qui hante le sommeil des membres du CNG notamment de son président, le Dr Alioune Sarr qui s’évertuent à en atténuer l’impact. Pour ce faire, des personnes ressources et des structures sont sollicitées et mises à contribution. La première bouffée d’oxygène a porté la signature de Pamodzi sous la forme d’un partenariat avec le CNG de lutte. Puis la RTS est venue apporter ses moyens techniques et ses ressources humaines pour accompagner le CNG au grand bonheur des sportifs.

Forts du soutien et de l’expérience des uns et des autres, le Dr Alioune Sarr et ses collaborateurs se sont enhardis parce que se sentant plus outillés. Ce qui les a poussés à passer à la phase d’application. Le Tournoi du Souvenir qui a enregistré un succès éclatant en est le détonateur. Se référant au très nombreux public qui, très tôt, avait envahi Iba Mar Diop, le président du CNG avait dit sa conviction que "cette présence massive ne fait que confirmer les propos d’une grande personnalité sénégalaise selon qui "la majorité des Sénégalais aiment la lutte traditionnelle, donc sans frappe". Je lui avais répondu : "Donnez-nous les moyens d’inverser la tendance". Il est vrai que la lutte avec frappe a le vent en poupe. Il faut faire en sorte que ceux qui pratiquent les autres formes de lutte (lutte olympique et traditionnelle) n’aient rien à envier aux lutteurs avec frappe. Les 4.000.000 de frs CFA mis en jeu ne sont qu’un début et nous comptons faire plus la prochaine fois".

Cependant, s’il est quelqu’un que cette initiative comble d’aise c’est bien le Pr Raymond Diouf, vice-président du CNG, chargé de la lutte traditionnelle. Il est vrai que pour avoir été pratiquant avant d’assumer ses responsabilités actuelles, son avis peut être considéré comme parole d’Evangile. Ainsi, il s’est dit tout "heureux que la lutte sans frappe arrive à ce niveau grâce à Pamodozi et avec la volonté du CNG. Mais je pense que c’est simplement un début, parce que pour tout voyage, quelle que soit sa longueur, il faut un premier pas. C’est là une première et je m’en réjouis. Nous comptons en faire plus avec des tournois inter-zones avec la Gambie, notamment".

Le Dr Alioune Sarr ne sera pas seul dans sa "croisade" pour la promotion de la lutte traditionnelle. Luc Nicolaï, lui aussi, est dans cette dynamique et compte y investir ses moyens et ses relations. "Nous allons organiser à Mbour, un programme hebdomadaire identique à ce qui se fait tous les week-ends aux Arènes "Adrien Senghor" de Grand-Yoff ou au terrain Gaal Gui de Khar Yalla, avec un budget assez conséquent. Nous y travaillons avec des partenaires et il y a de fortes chances qu’on démarre dès la fin de ce mois. J’ai bon espoir que ces tournois révèleront d’autres grands champions car la Petite Côte est un vivier intarissable", a-t-il déclaré.

Tournoi des champions

Pour l’avoir compris très tôt, l’ONG Ndef Leng a initié des tournois de lutte traditionnel annuels avec des classiques comme les « Drapeaux » Mansour Cama, Dr Alioune Sarr, Farba Senghor, ANAPROFES, en plus du gala qui regroupera en fin d’année, les vainqueurs de tous les tournois de lutte recensés cette saison dans l’espace communautaire sérère. Et la mise sera alléchante car de 200.000 frs CFA en 1995, lors de sa première édition aux arènes "Adrien Senghor", elle a été multipliée cette année par 10 pour être portée à 2.000.000 de frs CFA.

Même s’il évolue dans un autre registre (la lutte avec frappe), Gaston Mbengue n’en est pas moins sensible au développement de la lutte simple. Ainsi, il ne lui viendrait jamais à l’esprit de gêner les promoteurs qui ont choisi d’y investir. Comme il a eu à le souligner, il a déjà fort à faire avec son championnat de lutte avec frappe (CLAF). Il peut tout au plus les conseiller. Et de révéler " après tout ce sont eux qui nous fournissent la « matière première » que sont les lutteurs qui ont fait leurs armes en lutte simple avant de venir à la conquête des arènes ... ».

Alors, tout le monde semble avoir intérêt à ce que la lutte traditionnelle se développe. Mais il faudra des ruptures. Et peut-être augmenter la mise. Ainsi seulement on évitera (ou atténuera) ... l’exode des spécialistes de cette forme de lutte vers celle avec frappe beaucoup mieux rétribuée.

Source: Le Soleil

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Mercredi 16 Avril 2008

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