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Piqûre de rappel : Savoir c’est pouvoir

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« Le sang des savants est plus important que celui des martyrs ». Ce hadith prêté au prophète Mohamed montre l’importance de la connaissance dans une société. Ne dit-on pas d’ailleurs : qui détient le savoir détient le pouvoir ? Si nous abordons ce thème dans cette chronique, c’est en rapport avec la situation de plus en plus désastreuse que traverse l’école sénégalaise, engluée dans des grèves quasi permanentes et étouffée dans les bras de fer entre les enseignants et l’Etat. Je ne m’appesantirai pas sur la justesse ou non des revendications poujadistes ou de la position de l’Etat, car ce n’est pas réellement mon propos. Mais plutôt sur le fait que notre société semble accorder de moins en moins d’importance au savoir au profit d’autres formes de réussite dans le secteur informel ou dans le sport par exemple. Il est vrai qu’il faut un peu de tout pour former un pays, mais nous devons nous convaincre que c’est à partir de la maîtrise des connaissances que se fera le développement de notre pays. Récemment, aux Etats-Unis, le président Obama, pour secouer un peu la « léthargie » des Africains-Américains, les a invités à s’investir dans les études pour devenir des « ingénieurs, des médecins » et ne pas compter seulement sur le sport et la chanson pour réussir. C’est ce même langage que nous devons tenir à notre jeunesse, car quand on regarde aujourd’hui les pays développés, ce sont tous des nations qui ont le culte du savoir. D’ailleurs, pourquoi les pays qui ont produit des prix Nobel de physique, de chimie ou de médecine sont-ils tous des économies avancées ? Même les pays dits émergents sont sur la même trajectoire. Ainsi, l’Inde est le pays au monde qui forme le plus d’ingénieurs par an, et il a obtenu son premier prix Nobel de physique en 1930, avec Raman. Au Sénégal, vu notre niveau d’équipement qui reflète celui de notre développement, on ne s’attend pas pour l’instant à une distinction aussi prestigieuse (à moins que cela soit un chercheur de la diaspora). Mais, stratégiquement, il nous faut une élite scientifique soutenue par des moyens assez conséquents pour opérer les ruptures indispensables dans certains domaines sur la voie de notre développement.



Nous avons quelques structures de recherche qui ont obtenu des résultats. Mais ceux-ci sont bien souvent insuffisamment valorisés et ne sont pas d’un grand apport pour l’économie. Nos faibles moyens devraient donc nous pousser à éviter de faire de la recherche pour de la recherche, mais plutôt à nous orienter vers la recherche appliquée, celle qui consiste à trouver des solutions à des problèmes concrets liés à notre environnement

Aujourd’hui, nous avons besoin de spécialistes en énergie solaire, d’agronomes, d’ingénieurs, de médecins, d’ouvriers spécialisés... car cela correspond à des besoins patents par rapport à notre stade de développement. L’enseignement des sciences est très élitiste et, grâce à un système de détection des talents, nos meilleurs étudiants doivent y être orientés sans lésiner sur les moyens pour les soutenir. Même si l’on peut craindre qu’une bonne partie s’expatrie après formation, faute d’un environnement pas toujours motivant pour eux, grâce aux Tic, il est possible de mettre en réseau tous les fils de ce pays qui exercent leurs compétences à l’extérieur afin de bénéficier de temps à autre de leur expertise. Et, au fur et à mesure de la diversification et de la modernisation de notre économie, faire appel à eux pour un retour au pays, même si l’on sait qu’une bonne partie ne reviendra pas.

Toutefois, sans un système scolaire de qualité, une telle politique ne pourrait jamais être mise en œuvre. L’école sénégalaise absorbe 40% du budget de l’Etat, mais les résultats ne semblent pas encore à la hauteur de l’investissement. Qu’est-ce qui explique cette situation ? Les arguments sont multiples et divergents. Mais une chose au moins est sûre : un consensus national devrait être trouvé autour de notre école, ce qui sous-entend la résolution des conflits majeurs qui, chaque année scolaire, jettent du sable dans la mécanique.


PAR Ibrahima MBODJ
Source Le Soleil

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Samedi 25 Juillet 2009





1.Posté par Badiane le 25/07/2009 12:01
Tres bon papier.
Seulement, il faut que les journalistes apprennent à laisser leurs coordonnées. Un e-mail de contact est un minimum.

2.Posté par Moussa le 25/07/2009 13:40
« Le sang des savants est plus important que celui des martyrs », c'est une citation à méditer.

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