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Phénomène de société: Quand la césarienne fait fureur chez les femmes

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Pourquoi de plus en plus de femmes accouchent par césarienne ? La question se pose actuellement dans la mesure où la pratique est devenue un phénomène de société. Ainsi, les principales concernées dans leur écrasante majorité fuient la redoutable table d'accouchement, au profit d'une opération indolore mais ô combien risquée, comme toute intervention chirurgicale. Les raisons qui expliquent cette situation sont multiples, selon un spécialiste de la place. Tout d'abord, les femmes ne veulent plus souffrir, ensuite cette pratique est gratuite dans les régions comme Thiès et Kolda, contrairement à la mise au monde par les voies naturelles, entre autres causes, explique le gynécologue. Tant que la table d'accouchement sera perçue comme une séance de torture, la césarienne aura toujours de beaux jours devant elle, surtout dans les cliniques.

« On devrait avoir recours à la césarienne uniquement lorsque l'accouchement normal n'est plus possible car comme toute intervention chirurgicale, elle est risquée »

Un gynécologue de la place qui a requis l'anonymat, interrogé sur les raisons qui expliquent le choix de la césarienne, reconnaît que « effectivement les femmes choisissent de plus en plus la césarienne et deux raisons peuvent expliquer cette nouvelle donne. Tout d'abord, il faut savoir que dans certaines régions comme Kolda et Thiès, l'intervention est gratuite, contrairement à l'accouchement naturel. Mais, selon moi, la principale raison qui explique ceci, c'est que les femmes ne veulent plus pousser. De ce fait, elles viennent à la clinique avec leur argent, et insistent pour se faire opérer. Dans ce cas, nous ne pouvons que nous soumettre à leur volonté puisque c'est leur choix. Néanmoins, ce qu'elles ne savent pas, c'est que comme toute intervention chirurgicale, la césarienne est très risquée », prévient le médecin. C'est dans la même mouvance donc que l'expert en la matière recommande « d'y avoir recours que lorsque des complications se présentent ». En effet, se déroulant au bloc opératoire, cette technique consiste à inciser l'abdomen puis l'utérus pour faciliter la mise au monde s'il y a un obstacle au passage de l'enfant par voie basse ; autrement dit, on ne doit la pratiquer que lorsqu'il y a impossibilité d'un accouchement normal. Ainsi, cette opération est indiquée lorsqu'il faut interrompre la grossesse avant terme ou lorsque la vie du bébé est menacée. Elle est aussi pratiquée dans certaines conditions pour la sécurité de la mère quand celle-ci est malade ou présente un fibrome, un kyste ovarien ou encore un placenta qui boucherait le passage du fœtus. Si le bébé se présente en mauvaise position (présentation du front ou transversale voire dans certains cas de présentation du siége entraînant trop de complications), il serait aussi plus sensé d'opérer. Dans le cas d'un enfant prématuré (d'un poids trop faible et qui souffrirait d'un accouchement naturel), la césarienne est également plus indiquée. Si le col de l'utérus reste insuffisamment dilaté malgré l'augmentation des contractions et l'emploi des médicaments dilatateurs, pour abréger les souffrances de la mère, la césarienne est obligatoire. En cas de disproportion entre le bassin et la taille du bébé, c'est-à-dire si les dimensions du bassin de la mère sont insuffisantes, ou si l'enfant présente un volume trop important, il n'y a plus de doute, la femme ne pourra jamais évacuer le bébé par les voies naturelles, un passage au bloc opératoire est plus que nécessaire, il devient vital.

La technique de la césarienne

Ainsi, si l'un de cas énuméré se présente, dans un premier temps, les poils pubiens sont rasés puis une sonde urinaire est posée pour vider la vessie évitant ainsi un risque de perforation lors de l'incision. La peau étant soigneusement désinfectée, le médecin peut inciser tout d'abord la peau horizontalement puis les muscles et généralement de manière transversale juste au-dessus du pubis. L'incision verticale plus rare s'applique dans le cas de femmes fortes ou d'une nécessité d'extraire rapidement le bébé. Tout de suite après l'extraction du bébé, le médecin retire le placenta. Ensuite, la plaie est suturée avec du fil ou des agrafes qui seront retirés cinq à sept jours plus tard. La durée de l'intervention varie entre 1h 30 mn à 15 mn avec les dernières techniques. Le type d'anesthésie le plus sollicité est la péridurale, car plus appropriée. Privant la mère d'assister à l'accouchement, et impliquant des effets post-opératoires plus importants, l'anesthésie générale n'est plus pratiquée qu'en cas de force majeure où la nécessité d'une telle option se fait immédiate.

Avec l'évolution technologique, les femmes ne veulent plus endurer la table

Interrogées sur le sujet, les femmes émettent des avis qui différent complètement, même si elles sont toutes d'accord pour dire que l'expérience est inoubliable, tellement elle est pénible et douloureuse. En effet, si certaines redoutent la table d'accouchement, à l'instar de Penda Youma qui clame, « pourquoi souffrir alors que la médecine moderne nous permet d'enfanter sans le moindre mal » ; d'autres, les plus âgées, résignées, disent, « c'est une étape normale dans la vie d'une femme, et de notre temps, cette technique étant impensable, une fois enceinte, la femme était bien obligée de boire la coupe jusqu'à la lie, à savoir souffrir pour donner la vie ». Pas du tout d'accord, Awa BA déclare, « certes, à notre époque, nous ne connaissions pas la césarienne, mais ce n'est pas pour autant que nous étions résignées à souffrir en couche. En tout cas, pour ma part, figurez-vous que mon oncle, Samba Bogal BA, m'avait remis un talisman que je mettais autour de ma taille à chaque première contraction. Ainsi, je suis passée sept fois sur la table sans coup férir ». Madame Sow quant à elle, née Coumba BA, clame haut et fort, « la prochaine fois que j'accoucherai, ce sera par césarienne, car mon premier enfant, je l'ai eu par la voie normale, et j'ai failli mourir ». Traumatisée, elle relate, « mon bébé se présentait par le siége, et comme mon médecin n'a pas voulu m'opérer, j'ai souffert mille mort avant d'accoucher. Ma fille a six ans, aujourd'hui et je ne pense pas avoir d'autre enfant de sitôt ». Aïssatou, une jeune mère qui a accouché par opération, il y a moins d'une semaine, décrète qu'elle a choisi cette technique parce qu'elle ne pouvait plus attendre. « Le bébé était devenu trop lourd à porter. Je souffrais tellement qu'à sept mois de grossesse déjà, je suis allée à l'hôpital pour voir si l'opération était possible. Finalement, j'ai été césarisée à la clinique Croix bleue, à Castors », dit-elle. Interrogée sur la question du pourquoi elle aurait choisi une clinique au lieu d'un hôpital, beaucoup moins cher, la maman de bébé Mohamed explique, « certes à la clinique, c'est beaucoup plus onéreux car, mon mari a déboursé pas moins de 746.000 Fcfa, mais je suis mieux prise en charge, ici ». Pire, selon Aïssatou, « les sages-femmes dans les structures publiques sont très dures avec nous, elles nous humilient, certaines vont même jusqu'à nous insulter, nous tiennent des propos vulgaires. Je sais de quoi je parle puisque je suis déjà mère de trois enfants que j'ai eus dans les hôpitaux publics ». En plus de cela, « de plus en plus de stagiaires sont trop tôt responsabilisés là-bas. Imaginer que vous souffrez le martyre et qu'on vous confie à des mains inexpérimentées ». Toujours, selon la nouvelle maman, « figurez-vous qu'il y a peu de temps, une jeune femme est morte à cause de la négligence des stagiaires qui, devant une complication qu'ils ne pouvaient pas traiter, ont trop tardé à l'évacuer ».

Les inconvénients de la césarienne

Selon le spécialiste, « le taux de mortalité des femmes pendant l'accouchement par césarienne, serait plus important de celui des femmes qui accouchent normalement ». Dans cette même mouvance, Aïssatou, sur ce volet, révèle, « le recours à la césarienne peut handicaper les premiers stades émotionnels de la relation entre la mère et le nouveau-né, car lors de la mise au monde, je n'ai ressenti aucune douleur. Je veux dire par là que je n'ai pas senti que je donnais la vie. J'ai juste vu un bébé sortir de mon ventre, tandis qu'avec mes trois premiers accouchement, c'était le contraire, j'avais ressenti quelque chose d'inexplicable de voir, tour à tour, ces petits êtres pousser leurs premiers cris ». De plus, ajoute notre expert en la matière, « avec la fatigue occasionnée par l'opération s'ajoutant à celle de l'accouchement, la montée de lait peut être un peu plus tardive du fait de cette fatigue supplémentaire. En ce qui concerne la cicatrisation de la plaie, la maman du petit Mohamed revient à la charge pour déplorer, « la plaie se cicatrise très lentement et en plus de cela, je souffre le martyre. J'ai d'énormes problèmes pour me lever et me coucher. Il faut qu'on m'assiste si je dois faire tout cela ». Ainsi, la cicatrisation peut être douloureuse, surtout à l'occasion des contractions après-naissance. Des douleurs abdominales peuvent aussi accompagner la reprise du transit intestinal. Dans ce cas, un régime spécial doit être envisagé. Déjà mère de trois autres enfants qu'elle a eus par accouchement normal, elle fait encore la différence entre les deux techniques : « Avec l'accouchement naturel, une fois que le bébé est sorti, la douleur disparaît immédiatement tandis qu'avec l'opération, on souffre toujours plus d'une semaine après à cause de l'anesthésie et de la cicatrisation très lente des points de suture ». Le préjudice esthétique est très faible car l'incision sera cachée par les poils pubiens ; il conviendra cependant de ne pas l'exposer au soleil avant plusieurs mois. Si pour le bébé, la césarienne est moins dangereuse, pour la mère, c'est l'inverse. En effet, les complications infectieuses sont trois fois plus fréquentes que lors d'un accouchement par voie basse. Des risques de phlébite, d'embolie pulmonaire et d'hémorragie tardives bien qu'exceptionnelles peuvent apparaître. Ainsi, il convient de limiter l'utilisation d'une telle opération à des accouchements pathologiques.

Source: L'office

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Lundi 10 Décembre 2007


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