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Parution d'un livre sur le pillage de la lonase: Les mille et une raisons de la révolte de Latif

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Il s’agit d’une « Lette adressée au président de la Commission nationale de lutte contre la corruption » au sujet du « pillage organisé » de la Lonase. Dans ce livre-enquête l’auteur, Abdou Latif Coulibaly, pousse un cri de révolte face au vaste chantier de pillage des deniers publics. Il parle de la fraude dans les jeux de loterie, des pratiques d’un Dg « veinard » qui prétend que le Chef de l’Etat lui a confié une « mission spéciale »…, des contrats de complaisance pour engraisser des « amis »…C’est le grand festin ! Et pourtant, la nationalisation de la Lonase est le fruit de tant de sacrifices de fils de ce pays qui n’avaient en vue que l’intérêt national.



Parution d'un livre sur le pillage de la lonase: Les mille et une raisons de la révolte de Latif
L’auteur a remonté l’histoire de la nationalisation de la Lonase, avant de montrer comment elle a été pillée. En levant un coin de l’histoire de cette société, on comprend aisément le rôle précieux que Babacar Bâ, ancien ministre de l’Economie et des finances sous Léopold Sédar Senghor, a joué. Il était le principal artisan de la nationalisation de la Lonase, entouré de jeunes technocrates, en l’occurrence le regretté Pierre Babacar Kama (Ics), Bécaye Sène(bhs), Abdoulaye Diop (Sonacos), entre autres.

En effet, la Lonase appartenait à Jean Luc Defait. Ce dernier s’était opposé à sa nationalisation, avec le consentement de Chef de l’Etat de l’époque, Léopold Sédar Senghor. Mais le ministre de l’Economie et des finances ne renoncera pas à son projet, au contraire, comme le précise, Abdou Latif Coulibaly, « il recule, pour mieux sauter ». Il finira lui et son équipe à faire plier Monsieur Defait dont l’épouse était trempée dans une affaire de commerce d’or.

Et l’auteur de cette lettre, étudiant la situation actuelle de la Lonase à la lumière de tant de sacrifices, ne s’est pas empêché de relever « qu’un esprit et des ambitions ont été trahis à travers les différentes gestions assurées par certains nationaux, pas tous, désignés à la tête de cette entreprise d’Etat ».

Les jeux et les fraudes

Abdou Latif Coulibaly a commencé par nous présenter les différents produits de la Lonase. De la loterie à chiffres (loterie traditionnelle) au Tek Teggui, en passant par le Lotosport, le Pari Mutuel Urbain, le Millionnaire et le Takam-Takam, l’auteur nous promène dans une sorte vaste « Camera Obscura » (chambre noire) pour « expliquer les mécanismes et les rouages mis en place dans certaines circonstances pour favoriser de vastes opérations de fraude qui n’est pas nécessairement le fait des petits agents. Il s’agit d’une fraude à grande échelle ». Sur les traces de la gestion de Baïla Alioune Wane, le « Dg veinard », comme le nomme l’auteur (il a été nommé pour une deux fois Directeur général de la Lonase), l’auteur de la lettre au Président de la Commission nationale de lutte contre la corruption nous donne une idée de la façon dont cette société a été pillée. Défénestré de la Lonase pour « avoir maquillé le bilan de l’entreprise, caché à sa tutelle l’ampleur du déficit de la société » (l’auteur reprend ainsi les explications du Président Wade), Baïla Alioune Wane, contre toute attente, se voit à nouveau confier les rênes de cette société. Ayant pris fonction le 15 juillet (il avait assumé les fonctions de Dg d’avril 2003 à mars 2004), moins d’un mois après son installation, il a adressé, selon l’auteur, une note de service au Directeur financier pour lui signifier ce qui suit : « Vous voudrez bien prendre les dispositions nécessaires pour remettre les clés de la salle de conservation des souches jaunes au contrôleur interne… ». Et Abdoul Latif Coulibaly de signaler que « nous sommes au cœur même du système de sécurité du Pmu ». Il semble suggérer que les mécanismes de cette fraude prennent racine dans cette « chambre noire ».

Des gagnants fictifs

« Il semble que les parieurs n’ont plus droit à la cagnotte. Et pour cause ! A chaque course, il existe des gagnants fictifs qui bénéficient de complicités certaines pour trouver l’ordre d’arrivée des chevaux exactement conformes aux chiffres consignés dans les volets gagnants », explique l’auteur, avant d’ajouter : « Le fait qu’à chaque jeu des parieurs gagnent dans l’ordre, empêchent la constitution des cagnottes, car celles-ci sont alimentées à partir des cumuls des fonds non versés aux parieurs ».

Traitement des tickets du Pmu : suspicions !

Ce qui pose un certain nombre d’inquiétudes, dira l’auteur, c’est le processus de traitement des tickets du Pmu, quand on le considère depuis la commercialisation jusqu’au paiement des gains aux parieurs. Par exemple, le Contrôleur interne, qui est censé jouer le rôle d’arbitre, devrait être tenu à l’écart des opérations et du processus. Or, ce dernier, fait remarquer Abdou Latif Coulibaly, dispose lui aussi des clés de la salle des souches de contrôle. Il s’y ajoute, explique toujours l’auteur, que le Directeur financier ne peut effectuer aucun contrôle avant l’établissement des chèques de paiement. Prenant l’exemple des paris organisés dans la journée du dimanche 24 juin 2004, des parieurs indignés tentent d’accréditer les propos qu’ils tiennent sur la fraude. Ce jour-là, comme par enchantement, il y a eu plus de gagnants dans l’ordre, cinq au total, que dans le désordre, trois gagnants. Or, pour ces paris, (des propos de techniciens rapportés par l’auteur), il ne pouvait pas y avoir de gagnants dans l’ordre. Et les suspicions sont d’autant plus fortes, poursuit-il, que tous les paris gagnants dans l’ordre ont été joués dans la même agence, celle de Dakar Plateau.

Un départ négocié à 80 millions…puis le retour

Le « re » nouveau Dg de la Lonase qui avait négocié son départ à hauteur de 80 millions Cfa (qu’il a obtenu à l’issue d’un procès, alors que lui demandait 120 millions Cfa), parce que bien étant congédié, il était maintenu dans la position de haut cadre de l’entreprise, « payé, comme le dit Abdou Latif Coulibaly, à ne rien faire ». Baïla Alioune Wane revient dans une société (qu’il avait laissé déficitaire) dont les caisses sont renflouées grâce au travail à Modièye Ndiaye et Kansoubaly Ndiaye, nous dit l’auteur. A la date du 19 juillet 2006, le montant des avoirs disponibles dans les comptes ouverts par le Siège cumulé avec les crédits figurant dans les comptes des agences régionales sont arrêtés au début de la matinée de travail à 3. 674. 663. 840 Cfa.

Le festin peut continuer….

« L’argent coule à flots. Tous les comptes sont créditeurs. Le festin peut continuer », ironise l’auteur. Baïla Alioune Wane n’a pas, après son installation le 16 juillet 2006, perdu assez de temps pour adresser le 21 août de la même année, soutient Latif, une demande de virement à Monsieur le Directeur général de la Banque islamique du Sénégal (Bis). On peut lire : « En vue de l’ouverture de compte à l’International Commercial Bank Sénégal Sa et conformément à nos accords, je vous prie de bien vouloir par le débit de notre compte (n° 1 767 504 0111) procéder au virement de la somme de 250 millions Cfa au profit du compte : International Commercial Bank Sa. Code banque KO 140, code guichet 01001 n° compte 01020002220401 clé RIB 03 ».

Il va récidiver le 21 septembre 2006 en virant le même montant. « Au total donc, 500 millions de la Lonase ont quitté ses comptes pour atterrir dans un autre compte inconnu de ses services comptables », commente l’auteur. Mais le Directeur financier et comptable qui n’était pas manifestement au courant de telles opérations, demande des comptes au Dg dans un « courrier d’une fermeté extrême ». Il sera purement et simplement limogé. Le Commissaire aux comptes aurait affiché les mêmes soupçons.

De l’argent viré dans des comptes personnels

Et l’auteur de parler du Conseil d’administration du jeudi 24 mai qui s’est déroulé en deux partie. La première réunion s’est tenue à huis clos et c’est au cours de celle-ci que Baïla Alioune Wane a « prétendu être revenu à la tête de la Société d’Etat pour conduire, pour le compte du Chef de l’Etat, une mission spéciale. L’ouverture du compte à la banque ICB Sénégal constituait un moyen, un instrument qui lui était indispensable pour mener dans les meilleures conditions sa mission », lit-on dans la lettre. Et l’auteur d’en déduire que « le compte ICB, devrait-il enfin préciser, a été ouvert pour apporter ce concours financier nécessaire pour la campagne du Chef de l’Etat et pour celle des candidats de sa coalition aux législatives ». Mais cela ne le dédouane pas pour autant, souligne Latif.

200 000 F par jour de frais de mission

Ce dernier épingle Ameth El Moustapha Diop, Président du Conseil d’administration de la Lonase en indiquant qu’il participe, d’une certaine façon, à « l’organisation du festin ». « Sa complicité est établie dès lors qu’il accepte de se faire payer des frais de mission, à raison de 200 000 F Fa par jour, pour aller se promener à Paris sous prétexte de participer à « des stages de formation en finance et en comptabilité ». Ainsi, à la date du 25 juin 2007 (date du bouclage du texte) « le total de la situation des comptes ouverts dans les livres de la Société générale des banques au Sénégal (Cgbs), mentionne un solde négatif de (-517 105 661) ; à la Bicis, il laisse apparaître un solde négatif de (-153 176 388), à la Cbao (-81 579 022), à la Bst (-89 483 168), dans les autres banques le solde est négatif (-42 580 760)… ». Et d’ajouter : « L’ensemble de ces données comptables donne un cumul de déficit de trésorerie dans cette journée du 25 juin 2007 de l’ordre de (-88 924 999). Rappelons qu’à l’arrivée de Baïla Alioune Wane, les comptes de la Lonase étaient créditeurs sur l’ensemble des banques d’un montant de 2 milliards Cfa ».

Les contrats de complaisance

Dans ce grand festin, le Dg « n’a cependant pas oublié ses amis. Il signe à tour de bras des contrats de complaisance pour le compte d’amis et parents qui s’enrichissent sans cause », affirme l’auteur. Le jeu télévisuel « Le jeu du savoir citoyen » qui passe en semaine à la Télévision nationale, rapporte au bas mot la somme de 700 millions Cfa à sa promotrice, la société Code Africa, sise rue Céard 11 CH-1204, Genèse, « hébergée en Suisse dans un local à usage d’habitation ». A cette liste « d’amis », il faut ajouter le nom de l’européen Paul Benichou, Directeur général des sociétés High Tech Africa et NSX. L’auteur l’assimile à un « prédateur venu de l’étranger ». Le marché du renouvellement des kiosques de Pmu lui aurait rapporté 1. 200. 000. 000 Cfa. Il bénéficie d’un autre contrat signé le 31 avril 2007 et qui rétribue l’ensemble des prestations de Paul Benichou à 162 millions, hors taxes et hors Tva.

Les nationaux aussi…

« Certains de nos compatriotes en bénéficient également. C’est le cas de cet expert financier, Mary Balla Niang à qui Baïla Alioune Wane avait demandé de lui produire une étude sur la situation financière de son entreprise », explique l’auteur, en poursuivant que le rapport qui a coûté à la Lonase une bagatelle de 38 millions Cfa, tient en tout pour le tout que trois pages (papier A4).

Aussi, la réfection des immeubles abritant les différents services de l’entreprise donne lieu, bien souvent, à des « facturations suspectes ». Même les médias seraient dans le coup, c’est le cas du « Groupe Présence Médias », diffuseur de la Radio Océan Fm qui a « bénéficié d’un contrat avantageux pour un montant global de 33 millions Cfa ».

L’auteur a aussi parlé des licenciements et de l’embauche qui se font à la tête du client « politique ». De nombreux militants du Pds auraient bénéficié de contrats de travail.

Bacary Domingo MANE
Source: Sud Quotidien

Article Lu 11219 fois

Mercredi 25 Juillet 2007





1.Posté par MARVEL le 25/07/2007 18:11

Abdou Latif Coulibaly, un exemple de courage et de patriotisme

Bernard Pivot nous dit qu' "Un intellectuel inconscient ou démissionnaire n'est plus qu'un pauvre type."
Il y'a malheureusement beaucoup de pauvres types au Sénégal qui se complaisent dans cette position d'élément de la fameuse "majorité silencieuse" évacuant par la même occasion les risques d'attirer l'attention sur leur personne et continuer de profiter de leur situation de ni blanc ni noir. Ce que nous attendons de nos intellectuels sénégalais, c'est ce que Abdou Latif Coulibaly a toujours fait, informer, aider à comprendre, éveiller, réveiller, dénoncer, etc…., malgré tous les risques et désagréments qu'une telle mission cause à son auteur sous un régime des plus mafieux que celui de Wade.

C'est parce que Abdou Latif Coulibaly a conscience que Dieu ne lui a pas conféré une telle intelligence qui lui a permis de développer ses talents en investigation et en écriture, pour qu'il ne les exploite pas ou qu'il les exploite à mauvais escient comme le font ces autres intellectuels de mauvaise graine qui ne mettent leur savoir qu'au service du vice, moyennant espèce bien sonnante et trébuchante.

L'on ne peut s'empêcher de s'incliner devant le courage de Abdou Latif Coulibaly qui en journaliste et homme public a toujours assumé ses propos et sa position. Alors qu'il lui était si facile de passer la langue là où ça gratte à Wade pour lui aussi bénéficier d'une partie de l'immense butin de l'alternance et construire quelques unes de ces fameuses villas qui poussent comme des champignons sur des terrains cédés aux franc symboliques à des politiciens ou souteneurs véreux et sans vergogne. Sont aussi à saluer des journalistes comme Madiambal Diagne qui subit les affres du régime wadien et de son appareil d'état parce qu'il a refusé de "coucher", de prendre cette enveloppe de 50 millions, ou de chanter des berceuses au maître de la corruption, de la magouille et des complots contre son propre pays. Ne prospère sous le régime Wade que ceux qui comme Sidy Lamine Niasse, Ndiogou Wack Seck, Bamba Ndiaye, Babacar Diagne, Mamadou Seye, etc….., ne s'embarrassent pas le moins du monde avec des concepts non lucratifs comme la foi, la dignité, la sincérité, le patriotisme, le professionalisme, l'honnêteté, etc….. Eux obtiennent sans trop de peine, licence, fréquence radio ou télé, financement, aide, don, dessous, etc….

De toutes les informations qui ont figuré dans les différents livres de Abdou Latif Coulibaly, aucune n'a a été démentie ni fait l'objet d'une quelconque preuve contraire. Celui-là même qui était accusé d'ignoble assassin et commanditaire de crime dans un des livres de ALC n'a rien trouvé d'autre que de déclarer à l'endroit de ALC qu'il ne le "mettrait pas en prison" pour l'avoir qualifié de tueur d'homme. Pourtant c'est ce même Abdoulaye Wade qui a fait emprisonner Barthélémy Dias parce qu'il l'aurait offensé en déclarant dans un espace privé en plus de cela qu'il est le plus vieux président au monde. C'est encore ce même Abdoulaye Wade qui a fait emprisonner JP Dias pour l'avoir traité de mécréant et d'assassin.

Mais quelle différence peut-il bien y avoir entre "assassin" dit par JP Dias, et "assassin" carrément écrit par ALC ? La seule différence est que ALC l'a démontré et a même fait témoigner celui parmi ceux que Wade a armé pour exécuter la victime.

Après "Wade, un opposant au pouvoir, l'alternance piégée"
Après "Meurtre sur commande"
Après "Une démocratie prise en otage par ses élites"
Le très sombre système Wade est à nouveau dépeint dans ce dernier livre qui ne manquera pas de pousser encore plus loin les limites de l'indignation des sénégalais qui restent si silencieux, alors que le plus petit du lot incommensurable des scandales sous Wade est l'équivalent du Watergate ou de Clearstream.

Si tous les intellectuels jouaient leur rôle comme osent le faire des Abdou Latif Coulibaly, des Mouhamadou Mbodj (Forum Civil), Penda Mbow (Société civile), Abdou Aziz Diop (Politologue), et quelques autres compatriotes qui feraient la fierté de n'importe quelle nation, avec l'aide de ces quelques hommes politiques qui continuent à dire non à l'os tendu par Wade, le système cleptomanique wadien n'aurait jamais prospéré aussi facilement et aussi largement qu'il l'est aujourd'hui.

Merci encore Latif. Que le Tout Puissant te protège de ces charognes à qui tu rappelles chaque jour ce qu'ils valent. Tu as amplement rempli ton devoir vis-à-vis de ton pays. Tu as fait tout ce qu'il fallait pour éveiller les consciences, alerter le peuple, mettre à nu les pratiques mafieuses qui ne sont pas à la portée de tous. Aux sénégalais dans leur ensemble de reconquérir leur légitimité, leur dignité, leur djom, leur foula, leur patrie.


MARVEL
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