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Paiment de droits d'auteurs: Entre 500.000 et 40 millions de FCfa

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Les radios essaient autant qu’elles peuvent de s’acquitter des droits d’auteurs de diffusion de musique. Toutefois, les modalités et les montants varient d’une station à une autre. Ils peuvent atteindre 500.000 ou 40 millions Cfa, selon les types de radios.



Située dans le populaire quartier de la Cité Millionnaire, la radio communautaire « Afia Fm » était, depuis ses débuts et jusqu’à une période récente, une radio qui ne s’acquittait pas des droits d’auteurs en vertu de sa vocation communautaire. Au fil du temps, elle a été saisie par le Bureau sénégalais des droits d’auteurs (Bsda) et un compromis de paiement a été trouvé. « Au début, nous ne payions pas. Parce que nous avions pensé que, en notre qualité de radio communautaire, nous ne devions pas le faire. C’est par la suite que le Bsda nous a saisis pour nous demander de payer la somme de 500.000 Cfa. Nous nous sommes acquittés de cette somme en deux tranches », explique le directeur de la radio, M. Souleymane Bâ. « Nous allons entamer une nouvelle négociation pour voir comment payer en 2007 », ajoute Souleymane Bâ dont la radio fait de l’animation musicale en « mbalax », du lundi au jeudi, de 8 heures à midi.

La Radio télévision du Sénégal (Rts) est l’organe qui se conforme le plus au respect du versement des droits d’auteurs. Les fiches du Bsda sont remplies de façon scrupuleuse, aussi bien à la station centrale qu’au niveau des antennes régionales. Pendant les heures de diffusion de musique, le nom de l’émission, l’auteur, le titre de l’œuvre et la durée de la diffusion sont cochées sur les fiches, en même temps que la date et les noms des membres de l’équipe. « Nous respectons tous les critères de remplissage des fiches Bsda. Les heures, la durée de la diffusion, le nom de l’auteur, l’heure de diffusion et même les noms de l’équipe d’animateurs et de techniciens », explique Abou Alassane Niang, chef du département programmes et production à Radio Sénégal.

D’ailleurs, la diffusion des œuvres musicales est soumise à des critères respectant la préservation des droits d’auteur. L’artiste doit présenter des éléments certifiant que le produit lui appartient et est reconnu par le Bsda. « Pour la diffusion d’un album sur les ondes de la Rts, il faut que l’artiste nous montre que les chansons n’ont pas été une fois interprétées par un autre artiste avec des éléments certifiés par le Bsda », explique encore Abou Alassane Niang.

Le montant alloué au paiement des droits d’auteur a connu un bond significatif au fil des années et au gré de l’augmentation des chaînes et canaux de diffusion. En 1977, du temps de l’Office de radiodiffusion télévision sénégalaise (Orts) qui comprenait une télévision, une radio à Dakar et 4 stations dans les régions, l’Orts déboursait 8.500.000 francs Cfa par an en guise de droits d’auteur. « Avec l’augmentation des chaînes, la somme est passée de 8.500.000 francs Cfa à 12.500.000 francs Cfa. Lorsque toutes les régions sont couvertes, la somme a aussi connu une hausse, passant de 12.500.000 francs Cfa à 25.000.0000 francs Cfa », rapporte la chargée des affaires juridiques à la Rts, Madjiguène Mbengue.

La Rts vient de répondre à une requête du Bsda suite à la diffusion de ses programmes sur l’international. « Le contrat de 40.000.0000 francs Cfa est entré en vigueur depuis le mois de mai dernier. Cette hausse s’explique par la diffusion des programmes en Europe, en Afrique et sur une partie de l’Amérique et de l’Asie », indique Madiguène Mbengue.

Pourtant, dit-elle, cette somme est loin de satisfaire le Bsda. « La Rts offre un service au public et elle est appelée à prendre en charge plusieurs aspects comme les salaires des agents. Même si les gens disent que cette somme n’est pas suffisante. Pour nous, elle l’est largement d’autant que nous devons investir pour faire face à la concurrence », argumente la chargée des droits d’auteur de la Rts.

A Walf Fm, le chargé des affaires juridiques rapporte que la radio fait tout pour respecter les règles de remplissage des fiches lors des émissions musicales. Toutefois, ce dernier n’a pas voulu révéler la somme consacrée au paiement des droits d’auteur parce qu’estimant que sa radio est privée.

MUSICALEMENT VÔTRE : La satisfaction des auditeurs, premier souci des animateurs

Le choix des titres à passer lors des émissions musicales est dicté par le besoin de satisfaire les goûts de tout le monde. C’est la thèse avancée par les animateurs qui rejettent en bloc le traitement de faveur à certains artistes chanteurs.

Sister Maria est connue dans le milieu de l’animation musicale ; Elle a fait plusieurs radios avant d’atterrir à Océan Fm. L’animatrice est spécialisée dans la variété musicale avec une option sur l’animation thématique. C’est pour cela qu’elle est à l’aise dans le choix des chansons diffusées. « Je fais de la variété musicale. Je consacre environ 15 minutes à chaque thème. Il y a des thèmes de santé, d’amour, etc. », explique Sister Maria.

Elle récuse le traitement de faveur pour certains musiciens. Et déclare s’évertuer à satisfaire toutes les sensibilités et tous les goûts des auditeurs en diffusant aussi bien les compositions des vedettes comme Youssou Ndour, Omar Pène, Fatou Gueweul que celles des jeunes talents qui cherchent à émerger. En somme, elle dit apporter sa contribution à la promotion de la musique. « Les animateurs peuvent avoir des relations personnelles avec les artistes, mais cela n’influe pas sur le choix des titres à diffuser. Je suis une amie à Fatou Gueweul, mais je reste une semaine sans mettre une seule de ses chansons. Je fais de telle sorte que tout le monde trouve son compte », se défend Sister Maria. Son confrère de Radio Sénégal internationale (Rsi) Papis Barry, anime de la même manière. « Je ne favorise aucun musicien, car mon objectif est d’abord de faire plaisir aux auditeurs qui écoutent la radio en leur mettant la musique qu’ils demandent », informe l’animateur vedette de la Rsi juste après son émission « Kay xol » qu’il anime chaque soir sur les ondes de radio Sénégal. La sélection des titres est faite selon ses inspirations ou en fonction de l’actualité.

« Je choisis ma musique en fonction de mon inspiration et de la demande des auditeurs. Le rôle des animateurs, c’est de faire plaisir aux auditeurs, de les conscientiser sur les phénomènes sociaux. Dans les choix des titres, j’essaie aussi de coller à l’actualité », soutient Papis Barry qui est dans le milieu de l’animation depuis 8 ans. Malgré son amour pour la musique traditionnelle, Papis anime une émission qui porte sur la musique « mbalax pur et dur », une manière pour lui de faire la promotion de la musique.

VERSEMENT DE ROYALTIES : Les associations prennent la défense des musiciens

L’Association des métiers de la musique (Ams) et le Cipps sont pour le respect scrupuleux des paiements des droits d’auteur par les utilisateurs des œuvres des artistes et des organes de diffusion.

Le paiement des droits d’auteur par les producteurs de spectacle doit être effectif, selon l’Association des métiers de la musique du Sénégal (Ams). Parce que plusieurs intervenants dans le secteur de la promotion des activités récréatives ne se conforment pas aux dispositions réglementaires. D’ailleurs, le vice-président de l’Ams, Guissé Pène, a relevé l’obsolescence des textes juridiques. « Dans le contexte actuel, on ne peut pas se satisfaire de ce que versent les producteurs de spectacle. Il y a les organisateurs de concerts, de soirées dansantes et de festivals qui devraient donner plus de souffle aux versements des droits d’auteur », laisse entendre Guissé Pène qui se réjouit de l’émergence d’une nouvelle mentalité chez les tenanciers de restaurants-bars et de night clubs.

Guissè Pène soutient que le Bsda a offert les conditions les plus souples, facilitant l’acquittement des droits d’auteurs par les organes de diffusion de musique, même si ces derniers continuent de traîner des reliquats et des arriérés. « Le Bsda est très conciliant pour le paiement des droits d’auteur. Il a établi un faible forfait que les organes de diffusion de musique doivent verser en 4 moratoires. Mais, curieusement, il y a des arriérés. On a l’impression que les Sénégalais, même si on leur offrait le paradis, il faut les pousser pour qu’ils y entrent », se désole Guissé Pène.

Comme l’Ams, le Cipps est favorable à une hausse des versements de droits d’auteur. Ce qui est, pour cette instance, une voie de salut pour maximiser les revenus des artistes, des musiciens, et tous les propriétaires des œuvres musicales diffusées. « Aujourd’hui, nous pensons qu’il faut une augmentation des droits d’auteurs pour permettre à l’artiste de vivre de son art », défend Lamine Faye qui fait savoir qu’il respecte les dispositions à prendre en la matière. Certains producteurs pensent que le Sénégal doit aujourd’hui donner une leçon aux autres pays de la sous région.

PIRATERIE : L’intensification de la lutte souhaitée

Les artistes reconnaissent les efforts déployés pour lutter contre la piraterie. Toutefois, ils souhaitent une intensification de la lutte pour faire reculer le phénomène qui les appauvrit et enrichit les auteurs de la piraterie.

La lutte contre la piraterie doit être l’affaire de tous. Telle est la position d’une des vedettes de la musique sénégalaise, Aliou Mbaye Nder. Il tire un bilan positif de la campagne contre le fléau et le travail accompli par le Bsda. « La lutte contre la piraterie est un phénomène complexe. On voit seulement les vendeurs qui sont aux alentours des feux rouges. Mais, il y a la piraterie à travers l’Internet. L’Etat doit aider le Bsda dans sa mission », avance Aliou Mbaye Nder.

La campagne de sensibilisation menée a marqué les esprits des Sénégalais, même si la bataille est loin d’être gagnée. D’ailleurs, les artistes espèrent, dans un futur plus ou moins proche, voir une bonne partie des Sénégalais acheter les produits avec hologrammes.

« La piraterie est un crime. Ce n’est pas normal que quelqu’un passe des nuits blanches à réfléchir sur une œuvre, que quelqu’un d’autre vienne s’enrichir à ses dépens. Les autorités doivent tout mettre en œuvre pour sanctionner les auteurs de piraterie », dit Cheikhou Coulibaly du groupe « Pape & Cheikh ». Pour sa part, le rappeur Xuman pense que seule l’application de la loi dans toute sa rigueur est la meilleure solution. « Il faut que les gens comprennent que la piraterie, c’est du vol. Il faut une législation pour condamner les auteurs de la piraterie », souhaite le rappeur.

Une amélioration est possible, selon les artistes

Certains artistes affichent une certaine satisfaction des recettes des droits d’auteur, même s’ils estiment qu’une amélioration est possible. D’autres souhaitent une augmentation du versement des 15 % destinés à la maison de production pour le compte des artistes.

Les artistes et musiciens déplorent souvent la modicité des sommes qu’ils perçoivent. Une partie s’en prend au Bsda, une autre proteste dès que l’occasion lui est offerte. Il y a, toutefois, des artistes qui se montrent plus compréhensibles et opposent des arguments à leurs camarades. « Nous ne pouvons pas percevoir le même montant. Un artiste qui vend mille cassettes ne peut pas avoir la même somme que celui qui écoule 50.000 exemplaires. C’est vrai que le pourcentage du Bsda est élevé, mais il faut des arrangements pour que tout le monde trouve son compte », dit Aliou Mbaye Nder.

Il invite ses collègues à faire preuve de compréhension sur les sommes que le Bsda leur verse. « Les artistes doivent comprendre qu’ils peuvent recevoir une sommes importante cette année, et une somme insignifiante l’année suivante », avance Aliou Mbaye Nder.

Pour lui, tous les artistes gagneraient plus à faire front commun pour contraindre les radios, les télévisions, les restaurants, les hôtels à se soumettre au versement des droits d’auteur. « Je pense qu’il est temps que les gens réagissent. C’est très rare de voir un animateur avec une fiche du Bsda lors de son émission. La musique est utilisée à la télé, à la radio, dans les restaurants et dans les hôtels et les gens ne paient pas », s’indigne Aliou Mbaye Nder.

Le rappeur Xuman souhaite la revue du système de paiement des artistes. En plus de 65%, le rappeur veut que les 15 % destinés à la maison de production soit alloués aux artistes. « Nous souhaitons une augmentation de la somme que nous percevons au niveau du Bsda. En plus des 65 % des droits que nous percevons, il faut que les 15 % destinés à la Maison de production soient versés sur le compte des artistes », défend le rappeur Xuman. Il a plaidé pour la tenue des assises de la musique pour informer les artistes sur les modalités de perception des droits et diagnostiquer et proposer des solutions viables.


PAR EUGENE KALY ET IDRISSA SANE
Source: Le Soleil

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Samedi 1 Septembre 2007

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