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PROCES DES LEADERS CONSUMERISTES MOMAR NDAO ET JEAN PIERRE DIENG : Le parquet requiert six mois avec sursis...

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Après renvoi, le procès des responsables consuméristes, Momar Ndao et Jean-Pierre Dieng, s’est tenu hier devant le tribunal des flagrants délits. Tenant compte du passé des prévenus, le parquet a sollicité leur condamnation à une peine de six mois avec sursis. Criant l’innocence de leurs clients, les avocats de la défense ont sollicité la relaxe pure et simple.

Tout le long du procès de Momar Ndao, président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen) et Jean-Pierre Dieng, leader de l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (Uncs), il a été question de la nature de leur présence, le dimanche 30 mars dernier, sur la route du Front de Terre. Ceci après que le préfet de Dakar eut interdit le sit-in de l’Ascosen contre la cherté de la vie, devant le siège du groupe de presse Wal Fadjri. Là où le parquet s’est évertué à démontrer qu’il s’agissait d’une bravade d’une interdiction de manifester, les avocats des leaders consuméristes ont soutenu le contraire. Il s’agissait, de l’avis de la défense, d’un simple déplacement de responsables qui allaient faire part à leurs camarades de l’interdiction préfectorale et convier en même temps les journalistes à une conférence de presse, au siège de l’Ascosen. Et cette version a été serinée par MM. Ndao et Dieng qui répondaient, hier, devant la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar des préventions de violence et voie de fait, destruction de biens, rassemblement illicite et organisation d’une manifestation interdite.

C’est ce fameux dernier dimanche du mois de mars au cours duquel plusieurs personnes dont des leaders politiques avaient été interpellées par la police suite à l’interdiction du sit-in par le préfet. Malgré l’avis négatif de l’autorité publique tombé vendredi soir, vers 21h, des individus qui n’auraient pas été informés de l’interdiction, s’étaient retrouvés au siège du Parti de l’indépendance et du travail (Pit). « Nous n’étions pas allés pour le sit-in », déclare Jean-Pierre Dieng. Et Momar Ndao d’ajouter qu’il s’agissait de convier les journalistes au point de presse. En tout cas, au cours de leur déplacement, Momar Ndao et Jean-Pierre Dieng furent interpellés par la police, « devant un local privé, à 400m de Walf », à hauteur du siège du Pit, précise le leader de l’Ascosen. Leur arrestation, raconte-t-il, a été très brutale.

« On nous a électrocutés »

« On nous a pris et on nous a électrocutés. La population n’était pas contente. Les policiers ont jeté des grenades lacrymogènes et les gens ont jeté des pierres », raconte Momar Ndao, non sans préciser que son association, vieille de 19 ans, n’a jamais été mêlée à la violence. Son compagnon malmené, Jean-Pierre Dieng, se mit dans l’obligation morale d’intervenir. « Si je n’étais pas intervenu, on parlerait de Momar Ndao sur un lit d’hôpital », dit-il. « Un agent m’a ceinturé, se rappelle Momar Ndao. On m’a électrocuté aux côtes et le commissaire a dit « prenez-le ». Il m’a électrocuté près du cœur et mon portable a été bousillé. Jean Pierre Dieng a été brutalisé et on lui a pris son portable », raconte le président de l’Ascosen.

Plus soucieux de connaître les raisons de la présence des prévenus sur les lieux, le procureur de la République a demandé pourquoi ces derniers n’ont pas avisé leurs camarades par voie de presse bien avant le dimanche. Momar Ndao a argué des difficultés financières pour faire un communiqué de presse payant et a laissé entendre que ce n’est pas tout le monde qui suit les informations. Et comme pour convaincre le parquet, il précise qu’il s’agissait de sit-in et non de marche. Et puis, ajoute-t-il, il n’y avait même pas de début d’exécution d’un quelconque sit-in, ce jour-là. En tout cas, la société de transport public Dakar Dem Dikk (Ddd) déclare avoir vu trois de ses bus saccagés dont un qui a échappé de justesse au feu, ce jour. Et pour mieux faire valoir ses droits, Ddd s’est constituée partie civile dans le procès (lire article sur Ddd). Estimant que le rassemblement illicite est établi, de même que des dégâts occasionnés, le parquet ajoute que « rien ne peut justifier la défiance ». Il y a bien trouble à l’ordre public, poursuit-il. Devant la gravité des délits, le procureur a tenu compte de la qualité de délinquants primaires des prévenus qui n’ont jamais été condamnés. Et pour la répression, il a requis une peine de six mois de prison assortis du sursis.

La défense, assurée par maîtres Sady Ndiaye, Abdourahmane Sow, Abdou Dialy Kane, Gaél Bâ, Papa Ndiaye, Oumar Diop, El Hadji Diouf, Jacques Baudin et Massokhna Kane, s’est attaquée aux délits retenus par le maître des poursuites. A propos d’une quelconque bravade de manifestation interdite, les avocats défenseurs ont unanimement dégagé en touche, accréditant les propos des prévenus et rappelant le droit à la marche garanti par la constitution sénégalaise. Le mot « faim », qui justifie à leurs yeux la manifestation interdite, est revenu sans cesse dans les plaidoiries. Dans le même élan, les conseils ont sollicité la relaxe pure et simple de Momar Ndao et Jean-Pierre Dieng. « Le réquisitoire laisse dans mon esprit doute et inquiétude. On soupçonne plus qu’on ne prouve », lance Me Baudin. Me Kane en a profité pour fustiger l’usage de matraques électriques utilisées en France pour neutraliser les délinquants dangereux et qui y sont désormais interdites. Le tribunal a mis son verdict en délibéré pour le 16 avril prochain.

SES TROIS BUS ENDOMMAGES : ...Dakar Dem Dikk réclame 5 millions de francs

La société de transport public Dakar Dem Dikk (Ddd) s’est constituée partie civile dans le procès des leaders consuméristes. Ses trois bus ayant été endommagés, Ddd indexe les instigateurs du sit-in interdit.

Le représentant de la société de transport public Dakar Dem Dikk (Ddd), M. Wade, n’y est pas allé par quatre chemins pour accuser : « Momar Ndao est l’instigateur ». Ce dernier de répondre, « je ne suis pas au courant » de dommages sur trois bus de la société le jour du sit-in interdit. Répliquant aux photos de bus saccagés, Me Sady Ndiaye exige des preuves démontrant que les casses ont eu lieu sur le lieu des « manifestations ». Acculé par les avocats de la défense, M. Wade de Ddd s’est vu demander s’il se prévaut d’une procuration signée de la main de son directeur. N’en disposant pas et Ddd n’ayant pas fait faire un constat d’huissier, les avocats de la défense attendaient, de pied ferme, le représentant de la société et son avocat, maître Mame Abdou Mbodj.

Les auteurs des dégâts « sont connus, ils sont là, devant vous », déclare Me Mbodj à l’endroit du tribunal. Par conséquent, il a demandé de déclarer Momar Ndao et Jean-Pierre Dieng coupables et d’allouer à Ddd la somme de cinq millions de francs à titre de dommages et intérêts. A sa suite, le procureur de la République a mis sur le compte de la diversion les demandes de la défense pour prouver les dommages subis par les bus. « Les dégâts ont été occasionnés au moment de la manifestation et les prévenus ont été interpellés au même moment », déclare le ministère public. Aux yeux du parquet, il y a bel et bien eu destruction de biens, en l’occurrence les bus de Ddd. La défense s’est attaquée à la recevabilité de la constitution de partie civile de Ddd. Estimant qu’il n’y a aucun fondement légal l’appuyant, Me Sady Ndiaye a invité le tribunal à la déclarer irrecevable ou mal fondée. Rien ne permet de dire que les bus détruits l’ont été lors des « manifestations », estime l’avocat qui souligne la question de l’imputabilité des faits aux prévenus. Ddd « se trompe de cible », renchérit Me Kane qui ne manque pas d’épingler la société de transport, coupable à ses yeux de faire rouler des bus sans assurance.

Les bus se trouvant l’un en panne au terminus de Dieuppeul où il aurait échappé au feu, le second au rond point de Liberté 6 et le dernier à la Cité des Eaux, l’avocat estime que leur localisation n’a rien à voir avec les lieux où se trouvaient les prévenus. D’ailleurs, Me Kane a trouvé exagérée la somme de cinq millions de francs réclamée par Ddd sur la base d’un devis « unilatéral », estimant les dommages sur les trois bus respectivement à 398.000, 440.200 et 333.500 francs Cfa.

Source: Le Soleil

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Samedi 12 Avril 2008

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