Référence multimedia du sénégal
.
Google

PROBLEMATIQUE - L’avenir de Wade vu par Ismaïla Madior Fall : «Le dénouement successoral dépendra de l’environnement social et politique»

Article Lu 1470 fois

Dans un entretien au site Nettali, le constitutionnaliste Ismaïla Madior Fall replace la problématique de la succession du Président Abdoulaye Wade dans une perspective dialectique et réaliste contre une prédominance scandaleuse ou émotionnelle qui aurait tendance à prendre le vrai débat en otage.



PROBLEMATIQUE - L’avenir de Wade vu par Ismaïla Madior Fall : «Le dénouement successoral dépendra de l’environnement social et politique»
De prime abord, «il faut se féliciter que n’ait été et soit pas du tout envisagée la succession du Président par la voie du dauphinat constitutionnel qui a permis aux premiers présidents africains de donner le pouvoir à leur dauphin sans passer par le chemin risqué du suffrage universel». Selon M. Fall, la cession du pouvoir par un mécanisme autre que démocratique est «un modèle successoral qui relève d’une autre époque». C’est pourquoi, «je trouve très intéressant que la question ne soit pas taboue ou esquivée ainsi que ce fut le cas dans les dictatures, mais plutôt discutée sur la place publique, et que les protagonistes supposés ou réels de la succession déroulent leur schéma et développent leur argumentaire».

En réalité, l’idée agitée de succession de Me Wade par son fils biologique est «un cas de problématique successorale inédit au regard de la qualité de fils du président en exercice de quelqu’un donné pour en être un des protagonistes», indique le constitutionnaliste. Et c’est dans cette logique que cette donnée-là «soulève une question qui mérite d’être débattue avec toute la sérénité qui sied : est-il légitime, voire décent (puisque le problème de la légalité ne se pose à l’évidence pas) qu’un fils de président de la république soit candidat à l’élection organisée pour élire celui qui va remplacer son père ?», s’interroge-t-il.

Ne se faisant aucune illusion, Ismaïla Madior Fall souligne que «la question est terriblement complexe au-delà des prises de position politiques ou idéologiques sur ce phénomène». De fait, «elle ne s’épuise pas sous le prisme intellectuel de la simplicité. (Au contraire), elle doit être analysée dans une perspective dialectique et réaliste au lieu de l’être sur le registre du scandale ou de l’émotionnel». Mais des constats s’imposent, à son avis, dans l’analyse de la succession telle qu’elle est agitée aujourd’hui, et ils pourraient donner une tournure décisive à la question. D’abord, il y a «un élément déterminant à faire entrer en ligne de compte : visiblement, le Président en fonction, détenteur de ressources politiques, matérielles et institutionnelles considérables, ne semble pas hostile à ce que son fils le remplace». Ensuite, poursuit le constitutionnaliste, «les statistiques électorales disponibles ne montrent pas l’émergence d’une figure emblématique de l’opposition suffisamment forte pour dissuader le camp présidentiel de ne pas envisager le positionnement du fils». En termes plus explicites, cela veut dire que «le rapport de forces politiques actuel favorise l’édition d’un schéma inimaginable en d’autres circonstances». Enfin, «l’absence de l’opposition du Parlement qui écrête sa visibilité politique donne l’impression de l’inexistence de contre-pouvoirs face à ce dessein condamnable au regard de l’orthodoxie républicaine». «En réalité, estime M. Fall, cette problématique successorale inédite exprime la tension qui anime la gestation démocratique au Sénégal.»

La question ultra agitée de la succession du président Abdoulaye Wade est débattue jusque chez les spécialistes du droit constitutionnaliste sénégalais. Interrogé par nos confrères de Nettali, le Pr Ismaïla Madior Fall se veut réaliste qui renvoie la solution finale au comportement politique des Sénégalais. «Le dénouement successoral ne sera pas déterminé par des déclarations de morale ou d’éthique politique. (Il dépendra) en dernière instance de la réactivité de l’environnement social et politique» national. D’un côté, «si l’environnement le considère comme normal, l’accepte et le digère, cela passera comme lettre à la poste». Par contre, «si (ce même) environnement recèle et active des contre-forces transcendant le registre politique qui considèrent qu’il y a, à ce stade de développement de la démocratie sénégalaise, une incompatibilité de nature entre l’option républicaine et la succession du père par son fils, le Sénégal ne connaîtra pas ce précédent. Ce n’est pas la morale ou la politique qui tranchera, mais l’histoire du Sénégal et des Sénégalais».


Par Momar DIENG
Source: Nettali / Le Quotidien

Article Lu 1470 fois

Mardi 17 Juillet 2007


Dans la même rubrique :
< >

Mardi 6 Décembre 2016 - 13:42 « Khalifa Sall n’est plus dans le Ps »

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State