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PRESSE - Port de brassard noir dans les rédactions en soutien aux journalistes agressés : Mot d’ordre à deux vitesses

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De loin on aperçoit un morceau de tissu rouge accroché le long de l’immeuble Elimane Ndour qui abrite la radio Futurs Médias (Rfm). Juste à l’entrée, le visiteur est accueilli par un vigile qui annonce déjà la couleur. Il porte un brassard noir sur le bras droit. Une façon pour lui de sympathiser avec le Comité pour la défense et la protection des journalistes (Cdpj) qui, dans son plan d’actions, demande aux journalistes de porter des brassards noirs pour les journées d’hier et d’aujourd’hui. «Nous soutenons nos camarades, même si nous ne sommes pas des journalistes, nous nous considérons comme membres de la corporation», lance-t-il. Quelques mètres plus loin, en empruntant les escaliers qui mènent à la radio et au journal L’Observateur, une femme de ménage nettoie les carreaux. Sur l’un de ses bras un brassard noir. Pour cette dame, c’est normal de porter des brassards noirs en guise de soutien aux journalistes. «D’autant plus que le journaliste agressé travaille avec nous», soutient-elle.

A la Rfm, c’est une véritable journée noire pour ne pas dire une journée de brassards noirs. Partout, le noir dicte sa loi. Tout le monde a du noir quelque part. Les journalistes, les techniciens, les animateurs, les administratifs. Des morceaux ou des brassards noirs sont accrochés même sur des objets. Même les micros, les chaises, les ordinateurs ou encore les bornes fontaines ont reçu leur part du tissu noir. Si certains ont tout simplement porté des brassards noirs, d’autres ont préféré se vêtir tout de noir ou porter des cravates noires en signe de protestation. C’est le cas de Ahmed Aïdara qui, en plus de son brassard, porte également une cravate noire qui va bien avec sa chemise blanche. En effet, le mot d’ordre semble être respecté à 100 % par le groupe Futurs Médias. En tout cas, c’est l’avis de Babacar Fall, le chef de desk Culture de la radio qui, lui aussi, en plus de son brassard porte une chemise noire aux rayures blanches. «C’est un combat qu’on doit mener jusqu’au bout», estime-t-il.

Toutefois, au moment de notre passage, la salle de rédaction du journal L’Observateur était encore vide de ses occupants. Et, cela se justifie par le fait que les quotidiens travaillent le plus souvent dans l’après-midi.

Si le mot d’ordre est respecté à 100 % à la Rfm, un tour du côté de la chaîne de télévision Canal info prouve le contraire. Ici, il n’y aucune trace de brassard. Personne ne porte du noir. Les travailleurs vaquent tranquillement à leurs occupations. C’est dire qu’ils n’ont pas répondu à l’appel lancé par le Cdpj. «J’ai oublié même que c’est aujourd’hui la journée de brassards noirs», lance, dès l’entame, Bara Ndiaye, un journaliste de ladite chaîne. Son confrère Pape Moctar Sé-lane, lui, sait parfaitement qu’aujourd’hui tous les journalistes sont appelés à porter des brassards noirs. Un appel qui peut, même si elle n’a pas été respectée au niveau de cette rédaction, être justifiée. Car, justifie M. Sélane, le combat c’est d’abord dans la tête. «On peut ne pas porter de brassard noir et mener le combat. Donc, on n’a pas besoin de mettre du noir. Le combat est le nôtre, parce que ce qui est arrivé à Kambel et Kara concerne toute la corporation», philosophe-t-il.

Seulement à la décharge de Papa M. Sélane et de Bara Ndiaye, il faut préciser qu’en fin de matinée, deux présentateurs du journal à Canal Info, Aminata Mbengue Fall et Assane Sine, à travers leur accoutrement -costume noir pour la demoiselle et chemise noire pour le garçon- laissaient penser qu’ils respectent le mot d’ordre lancé par le Cdpj.

A Walf Tv, le mouvement est également suivi. Seulement ici, quelques-uns n’ont pas porté de brassards noirs, à l’image de la directrice des programmes Aïssatou Diop Fall. Tout simplement parce que, soutient-elle, c’est un acte individuel. «Chacun est libre de porter un brassard. Ici il y a ceux qui l’ont porté, d’autres comme moi non», précise la journaliste. Parmi ceux qui ont porté le morceau noir il y a Fabrice Nguéma. Pour ce journaliste, c’est une façon de barrer la route à l’impunité des agresseurs des journalistes. «Le brassard noir est pour moi un gilet pare balles», dit-il.

Le mot d’ordre donné par le Cdpj aux confrères pour le port de brassards noirs a connu un bilan un peu mitigé durant la journée d’hier. Car, si certaines rédactions ont respecté le mouvement, d’autres par contre ont tout simplement fait profil bas de ce mot d’ordre.

Hier sur la Rfm, on notait que les membres de la rédaction et les animateurs de la radio Océan Fm avaient aussi observé le mot d’ordre. Tout comme à Sud Quotidien où le directeur de publication, Abdoulaye Ndiaga Sylla déclarait : «On ne lâchera pas tant que la revendication des professionnels de l’information n’est pas satisfaite.»

Source: Le Quotidien

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Jeudi 3 Juillet 2008

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