Référence multimedia du sénégal
.
Google

PRESIDENCE DU SENAT : Une manifestation légitime d’ambitions politiques

Article Lu 1322 fois


Le débat qui s’est cristallisé autour de la présidence de la deuxième Chambre du Parlement sénégalais traduit une certaine forme d’appropriation, par le peuple sénégalais, de cette institution qui vient parachever la restauration de l’ossature institutionnelle du Sénégal. Aujourd’hui, les ambitions se manifestent çà et là par des hommes et femmes politiques, pour occuper le poste stratégique de deuxième personnalité de l’Etat. Car, dans l’ordre protocolaire, le président du Sénat vient en deuxième position après le chef de l’Etat. Mais, une chose est sûre, la présidence sera occupée par un militant du Parti démocratique sénégalais, qui a de véritables qualités d’hommes d’Etat ; pour ne pas dire un manager hors pair qui a su faire preuve, au cours de ces dernières années, d’une véritable dimension internationale. Cependant, au regard de cette éminente responsabilité, il semble tout à fait « humain, normal, compréhensible que des personnes, qui se sentent investies de la capacité d’en assumer les fonctions, se manifestent pour demander à l’occuper », pour reprendre l’expression du professeur Iba Der Thiam. L’essentiel pour lui, est que ‘’les gens se livrent à des batailles de positionnement, à une guerre entre candidats, à des propos ou à des comportements qui auraient ajouté à la confusion actuelle’’. Même si le choix de Pape Diop n’a pas été contesté par les militants du Pds, certains ont pensé, dans certaines sections, proposer des noms pour briguer le poste de président du Sénat. C’est le cas pour Aminata Tall, Youssou Diagne. Et dans une moindre mesure, le maire de Kébémer Aly Kébé et le Coordonnateur de la Cap 21, Iba der Thiam dont le nom a été avancé par le Parena de Marième Wane Ly, partie prenante de la mouvance présidentielle.

Pape Diop, le choix du ... présent

C’est à l’Assemblée nationale, au moment de céder son fauteuil de président à Macky Sall, que Pape Diop a fait part au peuple sénégalais de la décision prise par le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, de le placer à la tête du Sénat. C’était au lendemain des législatives du 03 juin dernier, qui ont consacré, une nouvelle fois, l’hégémonie de la Coalition Sopi et le leadership du Parti démocratique sénégalais, sur l’échiquier politique sénégalais. Pour la première fois dans l’histoire politique du Sénégal, un président du Sénat a été désigné, avant même que les sénatoriales n’aient lieu. Mieux, le préposé à la présidence n’a même pas été investi par sa circonscription électorale ; en l’occurrence le département de Dakar (c’est la maire de Dakar-Plateau, Mohamed Fadel Gaye qui a été désigné sénateur de Dakar).

C’est la preuve que la restauration du Sénat par Me Abdoulaye Wade s’est accompagnée d’une certaine forme de gouvernance qui tire sa pertinence dans le choix des personnes préposées à la présidence.

Le 19 août dernier, à l’occasion de l’élection des 35 sénateurs sur l’ensemble du territoire national, Pape Diop a confirmé son propos de juin 2007. C’est-à-dire qu’il sera désigné à la présidence du Sénat, par Me Abdoulaye Wade. Une confirmation qui a valeur de symbole pour cet homme qui, cinq ans durant, a été la deuxième personnalité de l’Etat. Car, malgré cette position privilégiée, Pape Diop n’a jamais posé un acte de défiance vis-à-vis du chef de l’Etat, même au plus fort de la dualité au sommet de l’Etat, entre le Président Wade et son ancien Premier ministre, Idrissa Seck.

Mieux, Pape Diop a pris fait et cause pour son ‘’aîné’’. Un engagement qui est la preuve de la fidélité d’un homme à son ‘’maître’’. Et tout naturellement, cette décision du président de la République a été validée par le Comité directeur du Pds, le 20 juin dernier, sur proposition du Président Wade. Récemment lors de son séjour, Abdou Fall, le porte-parole du Pds, a confirmé le choix porté sur Pape Diop : ‘’le Pds ne peut pas lancer d’appels à candidatures pour un poste déjà réservé à Pape Diop.

Les candidats à la Présidence du Sénat devraient donc se ranger derrière la décision prise par l’instance dirigeante du Pds’’. En tout cas, Pape Diop est le premier sénateur choisi par le chef de l’Etat parmi les 65 qu’il aura la lourde tache de désigner, très prochainement.

Aminata Tall : la règle de la parité

Ce sont les femmes de Diourbel qui ont réclamé la nomination de celle qu’on appelle dans la capitale du Baol ‘’la femme de fer au cœur d’or’’. Simplement, parce qu’elle s’appuie sur la décision historique prise par le Président Wade d’appliquer la parité dans toutes les instances de prise de décision au sommet de l’Etat. Et du moment que Macky Sall occupe la première Chambre du Parlement, la deuxième devrait valablement revenir à leur mentor considéré comme l’égérie du Pds.

Pour les femmes de Diourbel, Me Wade doit tenir compte de la parité ‘’au moment où toutes les institutions de la République sont dirigées par des hommes’’. Alors qu’à l’issue de la marche des femmes pour l’application de la parité à la veille de la campagne pour les législatives, Me Wade avait déclaré : ‘’Nous sommes en train de changer et nous changerons à partir de ce qui dépend de nous’’. Et souligne-t-on, ‘’c’est là où réside la chance du maire de Diourbel sur les autres candidats à la présidence du Sénat’’. Qui plus est, au moment de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, Aminata Tall avait, apprend-on, refusé le poste de vice-président, pour pouvoir garder ses chances intactes pour le Sénat.

Youssou Diagne : « j’ai le profil »

Depuis son retour de Taïwan, Youssou Diagne, l’ancien président déchu de l’Assemblée nationale, garde sa revanche sur le système. Aujourd’hui, au moment où la présidence du Sénat cristallise le débat politique, l’ex-ambassadeur du Sénégal à Taïwan a jugé utile de chercher à rebondir sur l’échiquier politique, pour réaffirmer ses ambitions. Et, l’onction est venue des anciens libéraux du département de Mbour (sa base politique) qui ont pris l’engagement de battre campagne, pour son triomphe. D’autant plus que l’homme de Ngaparou peut se prévaloir de son parcours, de son expérience et des responsabilités qu’il a eues à assumer pour le compte de son pays. Même si, depuis son retour de Taipeh, il s’est gardé de tout engagement militant. ‘’C’est une stratégie et un choix. Car, on ne peut pas occuper les fonctions de président de l’Assemblée nationale, d’ambassadeur et revenir à la base se bousculer pour des responsabilités locales’’, expliquait-il au cours d’une conférence de presse tenue à son domicile la semaine dernière. Mais, en attendant, il lui faut figurer sur la liste des 65 sénateurs choisis par le président de la République, pour pouvoir prétendre à ces hautes fonctions.

Iba Der Thiam : « je n’ai rien demandé »

‘’Iba Der Thiam a un bon profil pour présider le futur Sénat’’. Cette conviction Marième Wane Ly, leader du Parena, a voulu la partager avec le peuple sénégalais. Membre de la Convergence autour des actions du président de la République pour le troisième millénaire (Cap 21), elle soutient que le premier vice-président de l’Assemblée nationale est un ‘’ancien ministre de la République, parlementaire expérimenté deux fois candidats à l’élection présidentielle, coordonnateur efficace d’une coalition de 40 partis, défenseur ardent et bouclier du régime de l’alternance, médiateur politique et social discret, intellectuel de haut niveau, honnête et désintéressé ; il réunit un bon profil pour présider le futur Sénat’’.

Seulement, l’honorable député a tôt fait de réagir face à cette candidature jugée trop prématurée. ‘’Quand j’ai été au courant de la nouvelle, j’ai tenu à demander à tous les partis politiques membres de la Cap 21, à mes amis dans le Pds, de ne pas participer à une opération visant à donner l’impression que, autour de ma personne, il y a une surenchère entre Aminata Tall, Pape Diop et moi’’, a dit Iba Der Thiam, interrogé par la Rfm (privée).

Pour Iba Der Thiam, le président Wade sait pertinemment qu’il n’a jamais demandé quoi que ce soit. ‘’ Chaque fois que j’ai des responsabilités, c’est lui qui a jugé en toute objectivité et qui m’a demandé de les assumer. C’est comme ça que j’entends me comporter pour le reste de ma vie’’. Loin d’apporter la contradiction à sa collègue de la Cap 21, le Pr Thiam soutient qu’il ne peut pas se prononcer sur une volonté exprimée.

‘’Lorsque le moment viendra et qu’on me demande un avis, je le donnerai avec toute la sincérité, comme je l’ai tout le temps fait, en tenant compte de l’intérêt supérieur de la nation’’.


DOSSIER REALISE PAR DOUDOU SARR NIANG
Source: Le Soleil

Article Lu 1322 fois

Lundi 3 Septembre 2007

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State