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PREMIER DECEMBRE 1944 AU CAMP DE THIAROYE: A l’origine du massacre des tirailleurs sénégalais

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1er Décembre 1944, des tirailleurs sénégalais sont massacrés au camp de Thiaroye. Retour sur l’événement, 65 ans après. Débarqués le 21 novembre à Dakar, des tirailleurs libérés des camps de prisonniers de guerre allemands et démobilisés sont rassemblés au camp de Thiaroye à quelques kilomètres de la capitale. Mais ils attendent de recevoir les arriérés de leur solde et de pouvoir échanger leurs marks (monnaie officielle de la République fédérale d’Allemagne depuis juin 1948). En France, malgré leurs réclamations, on le leur avait refusé sous divers prétextes, et on leur avait promis que tout se ferait au Sénégal. Mais une fois au Sénégal, rien non plus ne se faisait. On leur proposait l'échange de leur argent à la moitié de sa valeur, ils recevaient un nouvel ordre de départ... C'en était trop. Les tirailleurs protestèrent, manifestèrent sans doute. Ils séquestrèrent un Général qui leur donna satisfaction pour être relâché... La nuit suivante, le 1er décembre 1944, l'armée française intervenait en bombardant et mitraillant le camp. Les tirailleurs n'avaient pas d'armes. Combien de morts? 25, 38, 60 ou plus? Quelques-uns de ceux qui n'avaient pas été tués passèrent en jugement et furent emprisonnés jusqu'à ce qu'une grâce présidentielle leur soit accordée en avril 1947, lors du voyage de Vincent Auriol en AOF (Afrique Occidentale Française). Pour la postérité, le talentueux sénégalais Ousmane Sembène en a fait un film en 1988, intitulé «Camp de Thiaroye» dont la durée est de 147 minutes.



PREMIER DECEMBRE 1944 AU CAMP DE THIAROYE: A l’origine du massacre des tirailleurs sénégalais
Origine des tirailleurs

Concernant l’origine des tirailleurs, il faut retenir qu’en 1857, Louis Faidherbe, Gouverneur général de l’Afrique occidentale française (AOF), en manque d'effectifs venus de la métropole sur les nouveaux territoires d’Afrique, pour faire face aux besoins générés par la phase de colonisation, crée le corps des tirailleurs sénégalais. De nombreux esclaves, tout juste affranchis, s'y enrôlent. Très vite, ces troupes participèrent à la conquête de l'Empire, aux côtés de l'armée française. De 1857 à 1905, les régiments de tirailleurs sont constitués d’esclaves affranchis rachetés par les Français à leurs maîtres africains. Ces effectifs furent progressivement renforcés d’apports de prisonniers de guerre et de volontaires. Le décret fut signé le 21 juillet 1857 à Plombières-les-Bains par Napoléon III. Jusqu'en 1905, ce corps intègre des esclaves rachetés à leurs maîtres locaux, puis des prisonniers de guerre et même des volontaires ayant une grande diversité d'origines.

Les tirailleurs sénégalais ne sont pas nécessairement Sénégalais, ils sont recrutés dans toute l'Afrique noire. Si le premier bataillon des « tirailleurs sénégalais » a été formé à Saint-Louis (au Sénégal), la majorité des soldats ne sont pas originaires du Sénégal. On y trouve des originaires du Sénégal mais aussi du Mali, du Burkina Faso, du Tchad, de la République Centrafricaine, etc. Les ethnies Bambara et Toucouleur étaient très bien représentées. Après 1905, les Tirailleurs prirent une importance plus grande avec le besoin de forces de police efficace sur l’immense territoire africain sous administration française, des problèmes d’insécurité liés à des révoltes sporadiques (en Mauritanie, au Maroc), le déploiement des Tirailleurs en dehors d’Afrique et après le déclenchement de la première Guerre mondiale, le besoin de renforcer les troupes engagées sur le front lorrain.

Les tirailleurs en chiffre

Selon Marc Michel dans son ouvrage «Les Africains et la Grande Guerre. L'appel à l'Afrique (1914-1918) », Ed : Karthala, paru le 24 octobre 2003, en 1914-1918, ce sont environ 200.000 «Sénégalais» de l'AOF qui se battent dans les rangs français, dont plus de 135.000 en Europe. 30.000 d'entre eux y ont trouvé la mort, et nombreux sont ceux qui sont revenus blessés ou invalides. Les troupes levées en Afrique du Nord, théoriquement non noires, comprenaient en fait aussi des Africains noirs (15.000 noirs au Maroc, pour 30.000 soldats environ), qui servent sous les ordres du Général français Charles Mangin.

Des méthodes d’enrôlement atroces

Dans son livre sur les « tirailleurs sénégalais» (La France et ses tirailleurs, éditions Duboiris, 2003) Charles Onana, rappelle que la France utilisait quelquefois des méthodes barbares pour enrôler les Africains. Il cite le témoignage d’Ateba Yene : « Dans les villages, la mission ambulante de mobilisation forcée faisait rage. Les indigènes à la carrure d’athlète étaient ramassés et attachés par une corde autour des reins avec comme lieu de destination ad patres, la boucherie nazie. Les missionnaires catholiques, eux aussi, jouèrent un rôle très important et ne furent pas inactifs…».



Sources:

- Charles Onana .- France et ses tirailleurs, éditions Duboiris, 2003
- Marc Michel, «Les Africains et la Grande Guerre. L'appel à l'Afrique (1914-1918) », Ed : Karthala, paru le 24 octobre 2003.
- Film de Ousmane Sembene, «Camp de Thiaroye », version original française et wolof STF, 1988, 147 minutes, Sénégal.
- www.wikipedia.org
- http://www.capsurlemonde.org/casamance/tirailleurs.html

Namory Barry
Source L'Observateur

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Mardi 1 Décembre 2009





1.Posté par zferRG le 01/12/2009 21:03
Jambar (Sénégalais et autres nationalités ) reposez en paix,vous êtes morts mais dans la plus grande dignité...On se souvient de votre héroisme mais aussi de la barbarie de ce peuple,la france qui a commis ces actes atroces,qui se réclame peuple de la fraternité et des droits de lhomme.

Vous êtes morts mais vous ne l'êtes car vous restez gravé dans notre mémoire.Votre héroisme et votre bravoure nous inspireront toujours.

2.Posté par Muhamad le 01/12/2009 21:33
On vs tu mé on ne vs deshonore pa

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