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PREMIER BILAN D’UN PROJET - Succès pour les taxis... : déception pour les sisters

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PREMIER BILAN D’UN PROJET - Succès pour les taxis... : déception pour les sisters
Plus de deux mois ont passé depuis le lancement des « taxi-sisters », qui doivent rembourser en cinq ans les véhicules financés par le ministère de la Famille et de l’Entreprenariat féminin.

L’apparente réussite commerciale du projet cache une profonde déception chez certaines conductrices, qui peinent à gagner de l’argent entre le paiement de l’essence et le remboursement mensuel. Nous avons changé les noms des trois « taxi sisters » rencontrées.

Sur les trottoirs, les regards des passants se fixent avec curiosité sur la petite voiture jaune, sa conductrice et son passager. Parfois, des enfants délaissent le jeu pour lancer en riant des « taxi ! Taxi sisters ! ». Depuis leur premier contact avec le bitume dakarois le 18 septembre dernier, les dix « taxi sisters » ne sont pas encore des taxis comme les autres. Les hôtels les ont déjà adoptés, ravis de pouvoir offrir à leurs clients des taxis propres, sûrs et climatisés et la demande s’amplifie. Leurs homologues masculins les ont quant à eux adoptés...à leur façon. Petites moqueries et intimidations, clins d’œil évocateurs... certains rappellent aux « sœurs » qu’elles sont des femmes dans un milieu d’hommes.

Drague ou misogynie, ces petites réflexions ne sont, en tout cas, « jamais méchantes », selon Saly, l’une des conductrices. Certains comportements peuvent en revanche être dangereux : « parfois ils s’amusent à m’enserrer et je suis coincée avec une voiture de chaque côté ». La Léboue de Yoff aux airs de garçon manqué a trouvé la parade à ce genre de situation : « je souris dans tous les cas, car je ne connais pas les intentions des hommes qui m’interpellent ».

Vêtue de l’uniforme réglementaire composé d’une chemise jaune et d’un pantalon rouge, sa collègue Oumou est moins indulgente vis-à-vis des taximen. Pour elle, « c’est de la jalousie, ils refusent l’idée que des femmes puissent conduire des taxis comme eux le font ».

Formées aux self-défense, elles n’ont pas encore eu l’occasion de mettre en pratique leurs leçons. Si certaines comme Saly ne se rendent pas en banlieue « parce que je ne connais pas et qu’il y a des risques », d’autres vont partout. Le mercredi des émeutes, Saly transportait une cliente à la Poste de la Médina : « en arrivant j’ai vu de la fumée, j’ai alors fait demi-tour de peur qu’on casse la voiture. Une collège m’a appelé et m’a conseillé de rentrer. Le lendemain, pareil avec la même cliente. Vendredi, j’ai alors décidé de ne pas travailler et de rester chez moi. Manque de chance, les émeutes étaient finies ». Le seul incident à déplorer pour le moment est la collision d’une « taxi sister » avec un poids lourd. Elle s’en est sortie indemne.

En général, leur journée débute à huit heures et s’achève à vingt heures. L’essentiel des courses se fait au départ des principaux hôtels du Plateau. Le concessionnaire partenaire de l’opération du ministère de la Famille et de l’Entreprenariat féminin a négocié avec ces établissements une place de stationnement permanente au sein de leurs parkings. Ces partenariats assurent aux filles un avantage décisif sur les taxis garés à l’extérieur. Conséquence de ce positionnement, les clients sont principalement des touristes ou des hommes/ femmes d’affaires disposés à dépenser plus pour voyager mieux.

Les hommes sont aussi nombreux que les femmes, même si Saly regrette que « certains pensent qu’on ne prend que des femmes ». Les tarifs sont déterminés par zone (il en existe quatre), ce qui écarte d’emblée le marchandage et les prix « à la tête du client ». Une course au Plateau est fixée à 1.000 francs Cfa et un aller Plateau-aéroport à 5.000 francs Cfa. Avec un habitacle propre, des sièges confortables, un diffuseur de parfum et la climatisation, les « taxi sisters » sont bien plus agréables et rassurants que les taxis traditionnels avec leurs banquettes défoncées et leurs rétroviseurs pendants.

Des « taxi sisters » déçues...

En dépit de ces avantages apparents sur les taximen, les trois « sœurs » rencontrées ont déchanté depuis la journée de lancement. Afin de rembourser la voiture au Fonds de promotion de l’entreprenariat féminin (Fpef) relié au ministère de la Famille et de l’Entreprenariat féminin et d’en devenir propriétaire, elles doivent chaque mois verser 157.000 francs Cfa, « plutôt 148.000 » selon M. Karam, responsable du projet au Fpef à une mutuelle. En ajoutant à cela l’essence et « deux vidanges par mois pour 50.000 francs Cfa ».

Maïmouna constate que « pour le moment, on n’a pas de salaire ». Même déception chez Saly qui s’attendait « à mieux » et chez Oumou, selon laquelle « toutes les autres pensent comme nous ». Saly affirme gagner en moyenne 15.000 francs Cfa par jour. « Si j’enlève 6.000 francs Cfa pour l’essence et une autre part pour le remboursement, il me reste juste de quoi manger dans la journée », déplore-t-elle.

Amina se lamente pour sa part de ne pouvoir manger « que le soir ». Le malaise est plus profond encore chez Maïmouna : « Pour les autres filles qui ont leur famille, cela peut encore aller, mais je vis seule avec mon enfant ».

A priori informées de tout cela avant de prendre le volant, elles estiment cependant que tout ne leur a pas été dit. Concernant le remboursement d’abord, elles avancent qu’un intérêt de 5% a été ajouté après le lancement. M. Karam rétorque que « tout était très clair à tout point de vue au départ ». Autre surprise selon elles : le prix du remboursement du véhicule ne correspond pas au prix de vente du véhicule. Selon M. Karam, cette différence correspond justement à l’intérêt de 5 %. Si l’on prend comme base de remboursement 150.000 francs Cfa par mois pendant cinq ans (ce qui est prévu), le remboursement atteindrait alors 9.000.000 de francs Cfa avec l’intérêt et 8.550.000 francs Cfa sans. Or, la même voiture affiche un prix de 6.000.000 de francs Cfa Ttc dans la vitrine d’ « Espace auto ».

...Et agacées

Une différence bien supérieure à l’intérêt que les « sœurs » ne s’expliquent pas. Enfin, le suivi du concessionnaire les agace. Elles sont censées remplir chaque jour des fiches de présence et de revenus. Pour Oumou, c’est trop : « C’est vrai qu’on doit nous suivre un peu mais tous les jours, c’est harassant. Si on veut faire travailler les gens, on doit les laisser tranquille. Je sais que je dois rembourser cette voiture et c’est déjà assez pesant ».

Mme Aïssatou Sèye, responsable du projet, indique que certaines des « taxi sisters » font preuve d’ingratitude. « Nous avons financé leur perfectionnement dans une auto-école jusqu’à l’obtention de leur permis de conduire (série transport en commun), ainsi que des cours de secourisme et de self-défense. Nous avons aussi financé ce projet, convaincus que nous étions de la nécessité et de la possibilité de développer l’intégration des femmes dans le tissu économique du pays ».

Elle estime que quelques-unes en demandent trop et pensent que « l’Etat pourrait leur offrir les voitures ; ce qui est en contradiction avec notre but initial ». Mme Sèye voit dans l’origine de leur déception un manque d’organisation.

« Je connais une « taxi sister » qui ne gagne pas moins de 60.000 francs Cfa par jour. Pour vous dire que d’après les séances de simulations de la mutuelle, une conductrice qui travaille correctement peut rembourser le véhicule en deux ans et s’en acheter un autre ».

Les « sœurs » se consolent en se réunissant de temps à autre pour discuter et se raconter des anecdotes. Certaines étaient déjà amies, d’autres le sont devenues. Des instants précieux qui se perdront, peut-être, si les 2.000 « taxi sisters » souhaités par Mme Viviane Wade à l’horizon 2008 deviennent réalité. De quoi calmer les ardeurs des taximen. En attendant, certains de ces chauffeurs regardent toujours d’un œil envieux et jaloux ces étranges taxis sponsorisés par l’Etat, sans se douter que le sexe des conductrices ne leur a pas donné droit à des voitures gratuites, mais à une peine de cinq ans de dur labeur et de vache maigre, avant de pouvoir gôuter aux fruits de leurs efforts.

Source: Le Soleil

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Mercredi 5 Décembre 2007





1.Posté par NDIAWS le 05/12/2007 10:23
60 000 f par jour, cela fait 1 800 000 f par mois , si on enléve le remboursement de 150 000 et l'essence de 180 000 f , cette menteuse de mme seye vuet dire qu'il y a des taxi sisters qui pas moins de 1 500 000 f par mois.
demain je suis taximan

2.Posté par MBAYE le 05/12/2007 12:58
ne dementi pas car ils ont reussit a leur trouver des places dans les hotels par mesure de securité tous les clients leur choisiront

3.Posté par Samba le 05/12/2007 15:28
NDIAWS, ca peut etre vrai avec les touristes ou hommes d'affaire qui peuvent prendre une demi journee de location: 60 000 Fcfa ce n'est rien pour eux. Et les courses a l'aeroport, un business man ou touirste pour te payer 4 fois le prix (20 000) la motie de la course a l'aeroport quand ils sont chez eux..
Donc c'est possible, mais certainement que cette femme travaille super dur et ne rate aucune occusion et meme fais les course Dakar-Saly ou autres.
En tout cas, je dit BRAVO

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