Référence multimedia du sénégal
.
Google

POURSUIVIS POUR DIFFAMATION PAR Me OUSMANE NGOM : Les journalistes de « l’Observateur » fixés sur leur sort le 23 mai

Article Lu 1478 fois


Jules Diop et Serigne Saliou Samb, respectivement directeur de publication et rédacteur en chef du journal « L’Observateur », seront édifiés sur leur sort le 23 mai prochain. Après un procès de deux jours. Le premier jour, l’audience a été suspendue faute d’éclairage dans le bâtiment abritant les salles d’audience.

Dans l’article incriminé et publié le 10 janvier dernier, Serigne Saliou Samb écrivait que des policiers se réclamant du « collectif des personnels de la police nationale » s’insurgeaient contre la nomination d’Assane Ndoye à la tête de la Direction générale de la Sûreté nationale (Dgsn) et considéraient cette décision comme un « casus belli ». Il ajoutait que les « cagoulards » s’en prenaient avec une rare violence au ministre de l’Intérieur d’alors, Me Ousmane Ngom et à son « protégé » Assane Ndoye. Il soulignait aussi que la lettre ouverte de trois pages était adressée à Me Ngom, avec ampliation au Premier ministre, au président du Sénat, au président de l’Assemblée nationale, à des organes de presse, au procureur de la République et au procureur général. M. Samb relevait également que les signataires « épinglent » le ministre de l’Intérieur « d’être sensible à l’argent facile ». Poursuivant, il notait que les auteurs de la lettre rappelaient à Assane Ndoye son « Cv peu consistant » qui se limite « à l’obtention du Bepc ». Après la parution de cet article, Me Ousmane Ngom, à l’époque ministre de l’Intérieur, avait déposé une plainte contre le journal L’Observateur pour diffamation. Dans cette plainte, il réclamait la somme de 800 millions de francs à titre de dommages et intérêts.

Après avoir lu l’article incriminé, le président du tribunal a demandé aux prévenus d’apporter la preuve des imputations contenues dans l’article. Selon lui, ces écrits sont assez graves et portent atteintes à l’honneur et à la considération d’une personne. « Nous avons livré à nos lecteurs des informations portées à notre connaissance », a répondu Jules Diop. « Loin de nous l’idée d’offenser ou de porter atteinte à l’honneur de quelqu’un », a-t-il ajouté. Quant à l’auteur de l’article, Serigne Saliou Samb, il a justifié que la publication de l’information était motivée par trois raisons que sont la proximité, la nouveauté et l’intérêt. « J’ai essayé de joindre le cabinet du ministre pour avoir leur version des faits, mais en vain », a-t-il expliqué. Mais où sont les preuves dans tout cela ? a renchéri le président qui a déclaré que, compte tenu du caractère d’intérêt public des informations publiées, celles-ci sont susceptibles d’intéresser les Sénégalais. Mais parallèlement, à ce droit d’informer, a-t-il souligné, le journaliste a l’obligation d’apporter la preuve des imputations contenues dans son article. A son avis, il est très facile, sur la base d’une simple lettre anonyme, de pondre un article au vitriol contre quelqu’un. Aussi, il a relevé la simplicité avec laquelle le journaliste a agi. Le directeur de publication a dit que l’article a été publié sur la base de la confiance et de la bonne foi. Serigne Saliou Samb a ajouté même que c’est de cette manière qu’il travaille.

Les avocats de la défense se sont engouffrés dans la brèche ouverte par le président du tribunal. Me Moustapha Dieng, l’un des avocats de la partie civile, s’est demandé s’il faut brûler ce que nous avons de plus précieux, c’est-à-dire la presse. Non, répond-il, car la presse sénégalaise a été le fer de lance de la presse africaine et a toujours fait sa fierté. Mais, « aujourd’hui, dit-il, j’ai très mal en entendant les déclarations des prévenus à la barre. Je m’attendais à ce qu’ils m’apportent la preuve de leurs imputations ». A l’en croire, le journaliste, en portant sur la place publique de telles informations, a non seulement mal agi, mais il a également fait mal à sa corporation. « Si ces gens sont des journalistes, je me pose des questions sur l’avenir de cette profession », a-t-il renchéri en s’empressant d’ajouter que ce n’est pas un procès contre la profession. Qualifiant les prévenus de « scribouillards mus par leurs intérêts personnels », Me Moustapha Dieng a demandé au tribunal de les condamner. A sa suite, Me Mbaye Dieng a révélé que le journaliste était averti du fait que la publication des informations contenues dans la lettre pouvait leur valoir un procès. Mais, ils ont fait fi de cela. Ce qui dénote, selon lui, de leur part une volonté manifeste de casser quelqu’un. Mais plus grave, a-t-il argumenté, le journaliste n’est pas en mesure d’apporter la plus petite preuve. Aussi, devant le préjudice incommensurable subi par son client, il a demandé au tribunal de déclarer les prévenus coupables et d’allouer à Me Ousmane Ngom la somme de 800 millions de francs Cfa en fixant la contrainte par corps au maximum et en assortissant la décision de l’exécution provisoire. Le procureur de la République s’est rapporté à la décision du tribunal.

Les avocats des prévenus ont soutenu dans leur plaidoirie que le journaliste n’a fait que livrer une information portée à sa connaissance, en s’abstenant d’émettre son opinion. Dans l’article, tout est écrit entre guillemets. « Quand on prend la liberté d’accuser quelqu’un et qu’on adresse la lettre par ampliation aux plus hautes autorités de ce pays, en ma qualité de journaliste, j’ai le devoir de porter ces informations à la connaissance du public », a expliqué un avocat de la défense. Rappelant une décision rendue par le même tribunal sur une autre affaire de diffamation, où la juridiction avait relaxé les journalistes poursuivis au motif qu’ils n’avaient pas pris position, Me Baboucar Cissé a dit que son client a adopté la même démarche.

Pour cette raison, ils ont plaidé à titre principal, la relaxe pure et simple de leurs clients. Et subsidiairement la bonne foi des prévenus, ont-ils ajouté, si le tribunal pense qu’ils sont coupables des faits qui leur sont reprochés en leur faisant une application bienveillante de la loi. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré jusqu’au 23 mai prochain.

Source: Le Soleil

Article Lu 1478 fois

Jeudi 10 Avril 2008

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State