L’affaire du directeur de l’usine Commerce Sénégal Canaries (Cosecan), producteur des glaces Kalice, est libre. Vicente Rivero Baladias a été relaxé au bénéfice du doute par le tribunal des flagrants délits de Dakar. L’Espagnol était poursuivi par incitation à la débauche et détournement de mineure au préjudice de A. G, âgé de 17 ans.
Au courant du procès tenu le 03 mai dernier, il n’a pas été possible de prouver la minorité de la fille, aucun acte d’état civil n’ayant été versé dans le dossier. Au cours des débats, d’audience, en l’absence de la fille, l’homme, âgé de 65 ans, avait nié les faits. Le directeur de l’usine Kalice avait fait part qu’il croyait avoir affaire à une majeure. Baladias a expliqué avoir demandé que l’âge de la fille lui soit prouvé par sa carte d’identité. Ce qui n’a pas été possible. Alors, il s’est fié aux dires de A. G. et à ceux de Mamy qui l’avait mis en relation avec la fille, soutenant que A. G. avait 20 ans. L’Espagnol a nié avoir eu des relations sexuelles avec la fille, bien qu’il reconnaisse être tombé d’accord avec elle pour le montant de 10 000 Fcfa pour la passe. «Avant qu’on ne passe à l’acte, les gendarmes sont arrivés», explique-t-il. Il a affirmé que le Viagra qu’il avait pris ne devait faire son effet qu’au bout de 2 heures, alors qu’il n’est resté avec la fille dans sa chambre que 20 minutes. Pour la revue pornographique trouvée sur les lieux, Baladias a indiqué qu’elle appartenait à A. G, même s’il convient avec les enquêteurs que la fille a été trouvée dans sa chambre en maillot de bain.
Avant l’interrogatoire, les conseils de la défense, Mes Pape Sène et Demba Ciré Bathily, ont soulevé une exception de nullité du procès-verbal de gendarmerie. Les avocats défenseurs ont expliqué qu’il n’y avait pas de flagrance comme ont voulu le faire penser les pandores. Ils ont rappelé que pour pouvoir parler de flagrance, il faut que le délit se commette ou qu’il vienne de se commettre ou encore que la personne qui en est l’auteur soit poursuivie par la clameur publique ; ce qui n’a pas été le cas en l’espèce. Mais le ministère public avait ramé à contre-courant.
N’empêche, les avocats défenseurs ont parlé d’un dossier vide. Ils ont même soulevé l’âge d’une majorité sexuelle qui serait fixé par la loi à 13 ans. Pour finir, ils se sont attaqués à l’âge de A. G. qui serait en réalité majeure, selon eux. Ainsi, ils ont plaidé la relaxe pure et simple. Les avocats de la partie civile, quant à eux, étaient d’avis que les délits sont constants, même s’ils tergiversaient sur l’âge de la fille qui n’a pu être prouvé par acte d’état-civil. Ils ont exigé la somme de 5 millions Fcfa à titre de dommages et intérêts. Le parquet s’en était rapporté à la sagesse du tribunal. Les demandes des avocats défenseurs ont été les seules satisfaites.
MAKHALY NDIACK NDOYE
Source L'Observateur