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POUR UN PORTABLE VOLE ET AYANT COUTE LA VIE A UN SEXAGENAIRE : L’agresseur et son receleur écopent des travaux forcés à perpétuité

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C’est pour un téléphone portable que le pauvre Mbassa Thiam a été tué dans la nuit du 22 mai 2001 par ses agresseurs dont l’un d’eux lui a planté un méchant coup de couteau à la poitrine. Le même appareil a coûté cher à son agresseur, Abdoulaye Diallo, et au receleur Insa Mané. Ils ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité.

C’est un homme gravement atteint qui fut retrouvé agonisant à l’entrée principale du lycée John Kennedy de Dakar où s’est produite l’agression, vers 23 heures. Le tapissier Mbassa Thiam, âgé de 64 ans, succomba finalement à ses blessures. Son téléphone portable avait été emporté aussi. Le certificat de genre de mort fait état de plaie profonde thoracique avec atteinte viscérale, hémorragie interne et externe secondaire provoquées par des coups et blessures par arme blanche.

Pendant que tout Colobane se demandait qui avait bien pu commettre l’acte abominable, le commissariat de Médina reçut un coup de fil anonyme déterminant de la part d’un homme. Ce dernier révéla aux policiers la teneur d’une dispute opposant des jeunes fréquentant Colobane au sujet d’un téléphone portable. L’un d’eux se targuait d’être le « légitime » propriétaire du portable pour avoir été l’auteur du coup fatal ayant permis de délester le vrai propriétaire de son bien. La police se mit en branle pour découvrir que la bande était constituée d’Abdoulaye Diallo alias « Alaye », Insa Mané, Abdou Karim Ndiaye. Mais les deux premiers étaient déjà en prison pour d’autres délits commis entre temps, d’où leur extraction pour l’affaire Mbassa Thiam. Et ce fut le début des accusations mutuelles.

« Alaye » nia et chargea Insa Mané et Abdou Karim Ndiaye comme étant des receleurs du portable. Entendu, Insa Mané soutient avoir été contacté par Abdoulaye Diallo pour la vente du téléphone écoulé à 25.000 francs Cfa, avec une commission de 2000 francs. Savait-il l’origine de l’appareil ? Insa déclare à l’enquête qu’il avait fait un lien entre le portable et le meurtre de la veille. Pourquoi donc accepter de jouer aussi dangereusement le receleur ? D’autant plus que le bonhomme a été deux fois arrêté pour recel. Abdou Karim Ndiaye, arrêté chez lui, accabla à son tour Abdoulaye Diallo qu’il dit avoir aperçu, la veille du meurtre, avec un couteau de cuisine à manche noire, en compagnie d’un nommé Maguette. Une fois qu’il eut vent du meurtre, il fit le rapprochement, sachant que, le lendemain, ses deux amis avaient écoulé au marché un portable. Maguette, ajoute-t-il, lui a aussi avoué que c’est Abdoulaye Diallo l’auteur du coup fatal.

L’étau, qui commençait à se resserrer autour d’Abdoulaye Diallo, fut renforcé par les déclarations d’un autre délinquant, Salif Kanté, livré à la police après un sale quart d’heure aux mains de ses camarades agresseurs qui l’avaient corrigé pour avoir empoché le produit de la vente d’un portable volé. Interpellé sur l’agression de Mbassa Thiam, Salif Kanté indexa Abdoulaye Diallo comme l’auteur du coup de couteau mortel. D’ailleurs, avait précisé Salif, le lendemain de l’agression, les autres membres de la bande avaient sermonné « Alaye », estimant qu’il n’aurait pas dû s’en prendre ainsi à Mbassa Thiam, par respect pour son âge avancé.

Même si M. Kanté a varié devant le juge d’instruction en revenant sur certaines déclarations, c’était pour servir une autre version peu favorable à Abdoulaye Diallo. Tout ce qu’il savait, disait-il, était relatif à une dispute entre « Alaye » et un de ses amis, tous les deux ivres, au cours de laquelle le premier menaçait de tout avouer s’il était arrêté.

Devant le juge d’instruction, Abdoulaye Diallo reconnut avoir remis l’appareil à Insa Mané, tout en disant que c’était celui de sa sœur. Il en profita pour faire porter le chapeau au nommé Maguette Yade qui, ce soir-là, alors qu’ils partaient acheter du pain chaud, aurait traversé la chaussée pour délester la victime de son portable. Devant la résistance de ce dernier, Maguette l’aurait poignardé.

Après ses multiples versions, « Alaye » passa aux aveux et blanchit ses camarades dans des lettres envoyés au juge d’instruction en 2002. A la barre de la Cour d’assises de Dakar où il répondait de vol en réunion commis la nuit avec port d’arme et violences ayant entraîné la mort, l’accusé Abdoulaye Diallo s’est rebiffé, niant tout. Quid de ses lettres d’aveu ? Il s’agissait, dit-il, de lettres de demande d’audience. Le bonhomme consent à dire qu’il avait reçu le portable des mains de Maguette Yade, introuvable. Ensuite, il l’avait remis à Insa pour vente. L’accusé va même jusqu’à dire qu’il avait appris l’agression seulement le lendemain. Quant à Insa Mané, accusé de recel de chose provenant d’un crime, il s’est contenté de répéter qu’il ignorait tout lien entre l’agression et le portable dont on l’avait chargé de vendre. Pourquoi donc s’était-il précipité de faire disparaître la puce avant de vendre l’appareil ? Il n’y a pas de doute aux yeux de l’avocat général Cheikh Tidiane Ndour, Insa Mané a recelé tout en sachant que l’objet provenait d’un crime. Par conséquent, estime le parquet général, on doit lui appliquer les circonstances aggravantes. Raison pour laquelle l’avocat général a requis dix ans de travaux forcés pour M. Mané, après avoir tenu compte de l’enquête de personnalité favorable.

Tout le contraire d’Abdoulaye Diallo, un garçon qui avait quitté l’école très tôt, qui a délaissé l’apprentissage de la menuiserie pour fréquenter le milieu interlope de Colobane et commettre des larcins auprès des commerçants. Retenant sa pleine culpabilité, l’avocat général a requis les travaux forcés à perpétuité pour Abdoulaye Diallo. Mais ses avocats, maîtres Balel Mounirou et Jean Sylva, estiment qu’il n’y avait pas d’éléments suffisants pour le condamner et doutent de la validité des lettres envoyées au juge. Le second a plaidé l’acquittement pur et simple. Maîtres Pape Samba Sow et Abdou Dialy Kane, espérant tirer d’affaire leur client Insa Mané, précisent que ce dernier a recelé tout en ignorant que l’objet provenait de l’agression. Donc, on ne peut pas lui appliquer les circonstances aggravantes des faits, en déduisent-ils, avant de solliciter une qualification en recel simple et une application de l’article 370 du code pénal prévoyant des peines allant d’un à cinq ans. La Cour en a décidé autrement en déclarant Abdoulaye Diallo coupable de vol en réunion commis la nuit avec port d’arme et violences ayant entraîné la mort, et Insa Mané coupable de recel de chose provenant d’un crime. Tous les deux ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité.

Source: le Soleil

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Mercredi 16 Janvier 2008


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