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POUR S’AERER EN CETTE PERIODE DE FORTE CHALEUR : Les Dakarois se ruent sur les éventails

Pour se rafraîchir en cette période de canicule qui sévit actuellement à Dakar, les populations et particulièrement la gent féminine, ont opté pour l’éventail. Un outil avec lequel ils s’aèrent dans les bus, au marché et même dans les hôpitaux. Ce qui fait l’affaire des vendeurs d’éventails.



POUR S’AERER EN CETTE PERIODE DE FORTE CHALEUR : Les Dakarois se ruent sur les éventails
Avec cette caniculaire qui prévaut à Dakar cet été, ce ne sont pas que les boissons qui rafraîchissent et apaisent la chaleur des Dakarois. Mais il y a aussi les éventails. Revenus à la mode, depuis le début de l’été, l’on ne peut dépasser une rue ou une ruelle sans apercevoir quelqu'un en faire usage. Au marché, dans les bus et mini bus, dans les «Car rapide», ou même dans les hôpitaux, on voit partout ces éventails devenus soudainement les compagnons de ces hommes et dames qui tentent d’échapper à la chaleur.

Au marché Sandaga par exemple, l’affluence est grande en cette mi-journée du mercredi. Un soleil de plomb étouffe commerçants et piétons, amplifiés par les embouteillages monstres, notamment avec la fumée qui se dégage des voitures. Ici, la plupart des jeunes filles et dames sont munies d’un éventail. Et même dans les cantines, avec l’absence d’électricité pour cause de délestages, c’est sur ce système de «ventilation manuel» que se rabattent les occupants des lieux.
Le même décor prévaut dans le hall de l’hôpital de Fann, à cette heure avancée de la journée qu’est 13 heures. Alors que le soleil est au zénith, une file de patients et d’accompagnants attend encore soigneusement son tour dans la salle de consultations, usant d’éventails pour s’offrir un peu de fraîcheur dans ce cadre alourdi par la canicule.

Des éventails «Made in China»

Il faut dire que ces éventails, devenus un compagnon de tous les instants pour certains, sont divers et variés. Certains d’entre eux sont fabriqués ici au Sénégal, à base de plastique et de coloris multiples. Ils coûtent d’ailleurs moins chers. L’autre est lui fait de brindilles de paille, de couleur jaunâtre, agrémenté de quelques raies vertes, mauves ou bleues. Le tout bordé d’une toile de couleur bleue, la plupart du temps.

«Le modèle d’éventail en paille est fabriqué ici, au Sénégal, mais parfois ils nous proviennent du Mali», confie un vendeur d’éventails, d’une trentaine d’année, qui note qu’il y a aujourd’hui sur le marché des éventails qui sont importés de la Chine. «Parce que, dit-il, les Chinois, ils font tout. Ils ne laissent rien, même les éventails. Ce sont les éventails en plastique qu’ils font». Et le vendeur d’ajouter que, «c’est le modèle d’éventail qui ressemble à un paon qui reste le plus cher et le plus prisé par les jeunes».

La bonne affaire des vendeurs d’éventail

Si les vendeurs de ventilateurs et de climatiseurs se frottent les mains, les vendeurs d’éventails ne se plaignent pas non plus. Au contraire, au vu du rythme de vente de leur article de commerce, certains d’entre eux ont vu leurs bénéfices tripler au cours des dernières semaines, du fait de l’accentuation de la canicule. Il en est ainsi de ce marchand ambulant du nom de Ibrahima Sow, qui dit avoir cumulé plus de 2 ans dans le métier. «Durant cette période de chaleur qui sévit à Dakar, je gagne plus d’argent. Car, j’ai augmenté le prix de mes éventails et il y a aussi le fait que la demande est très forte. Le petit modèle qui coûtait 100 francs est vendu le double de ce prix, depuis quelques semaines maintenant», déclare-t-il en confessant que ses affaires sont «très florissantes».

Pour Fadel Ndiaye, qui a misé sur des «éventails fabriqués par les Chinois, parce que cela rapporte plus en termes de bénéfices», aussi c’est la période des bonnes affaires. «Les éventails que je vends coûtent 500 francs l’unité et elles sont très prisées par les clients. Ainsi, je rentre chez moi chaque jour avec des bénéfices de l’ordre de 6 à 7 000 francs. Mais c’est, comme je l’ai dit, parce que les éventails importés sont les plus chers et les plus prisés par les jeunes filles. Les clients, qui sont habituellement des femmes, disent ça fait beaucoup plus classe que les autres types d’éventails qui sont en paille», explique-t-il en affichant un large sourire.

Quant à ce vieux Toucouleur qui ne veut pas donner son non, il révèle être dans le métier, depuis plus de 7 ans. De surcroît, il est fabricant d’éventails. Il avoue que le contexte s’y prête, tellement que ses gains ont très fortement augmenté, durant les deux derniers mois. «Mon gain augmente de 10% de plus par rapport à ce que je gagne en temps normal. Depuis deux mois, mes gains, après décompte des coûts pour acquérir les éventails, sont d’un peu plus du double que ce je gagnais avant. C’est vous dire que l’activité est florissante et que personnellement, je ne souhaite pas que la chaleur s’arrête», souhaite-t-il.

Les clientes partagées entre l’éventail «traditionnel» local, et le « chinois » plus «fun»

C’est une multitude d’éventails, aux designs variés, qui est proposée au client au niveau des marchés et autres points de vents . Ce produit est très prisé par les temps qui courent à cause de la forte chaleur et des délestages qui rendent quasi impossibles l’usage des ventilos et des climatiseurs. La gamme part de l’éventail fabriqué chez nous à partir de matériaux plastiques par les industries locales, dont le prix varie entre 100 francs et 200 francs, à celui dit «traditionnel» réalisé à base de paille et dont le coût entre 300 et 500 francs, en passant par celui qui nous vient de la Chine et s’échange à 500 francs, il y en a pour toutes les bourses et pour tous les goûts.

Anta Fall, une jeune étudiante que nous avons croisée dans les environs de la cité universitaire, dit être pour les éventails chinois. «Je préfère cet éventail, car le modèle est joli et c’est fun pour notre génération. Même si c’est le plus cher, c’est celui que j’achète», avoue-t-elle avant qu’une autre jeune fille du nom de Maï Tall ne conforte ce choix en révélant aussi sa préférence pour l’éventail chinois qui, selon elle, «est un modèle plus sobre. Car on peut le manipuler à sa guise. Tu peux le plier et le mettre dans ton sac et ce n’est pas encombrant». L’éventail chinois fait aussi l’affaire de Adji Ndoumbé Tall, une dame trouvée devant l’arrêt attendant impatiemment un bus. «Comme vous l’avez constaté, j’ai un éventail chinois. Car je vais à une cérémonie familiale et ce genre d’éventail est plus classe et léger», lance-t-elle avec une once de satisfaction d’avoir ce «compagnon» en main.

Contrairement aux jeunes filles, la dame Ngoné Diouf, vendeuse de tissu au rond-point Sandaga, a opté pour l’éventail traditionnel en paille. «Dans la vie, il faut être simple. Moi, j’aime tout ce qui est naturel et simple. C’est pourquoi j’achète toujours les éventails en paille bien de chez nous», dit-elle ouvrant son coffre pour brandir son éventail. Elle ajoutera que non seulement, «c’est un produit de qualité d’une grande beauté, mais l’acheter participe aussi à la promotion de l’artisanat sénégalais. Parce qu’il est fait par des Sénégalais qui vivent de cet art. Car pour moi, tisser avec de la paille un éventail de la sorte, c’est de l’art, en plus d’être un objet utile».

Fama Tall, son vis-à-vis, qui tient son commerce à quelques mètres, est encore plus catégorique. Elle taxe en effet celles qui achètent les éventails importés de Chine de «complexées». Et Fama de déclarer : «Je préfère les éventails en paille, faits ici par nos parents villageois ou alors ceux qui sont en plastique sortis des usines du Sénégal où ils sont fabriqués par les fils du pays, aux produits importés de la Chine ou d’ailleurs. Pourquoi devrions-nous mettre nos produits de côté pour acheter des choses qui viennent de pays étrangers». Ainsi, se faisant l’avocate de la préférence nationale, Fama Tall affirme que «c’est pourquoi les blancs ne nous respectent pas. Parce qu’on laisse nos produits locaux qui sont de qualité pour nous jeter sur des produits importés de moins bonne qualité. Moi, je dis qu’il faut consommer locale», fulmine-t-elle.

La jeune Woré, qui vend du jus de fruit à Sandaga, dit elle avoir opté pour l’éventail local qui est à bas prix pour des raisons économiques. «J’ai des revenus faibles. Raison pour laquelle, j’ai choisi les éventails à moindre coût. J’ai donc un éventail local en paille que ne m’a coûté que 150 francs. Et de toute façon, je me demande pourquoi acheter un éventail à 500 francs. Chercher de l’air ne vaut pas une telle dépense, si on peut en avoir à 150 ou 200 francs», déclare-t-elle.

Adama Aïdara KANTE (Stagiaire)
Source Le Populaire

Samedi 17 Septembre 2011




1.Posté par by le 17/09/2011 10:56
c'est pas un article ca franchement les journalistes sont décevants

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