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PORTRAIT - Amadou Mactar Mbaye « Tita » : Un artiste ouvert aux apports fécondants du monde

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Artiste de notoriété internationale, « Tita » fait ressortir à travers ses œuvres des thèmes identitaires et l’histoire de l’Afrique. Dans les moindres détails, l’artiste se fait découvrir. Du moins, pour celui qui sait l’observer.

De prime abord, le bonhomme paraît d’un commerce facile. Avec le casque colonial qui trône sur sa tête et les grosses lunettes qui lui couvrent une grande partie du visage, Amadou Mactar Mbaye « Tita » est original .

Pour connaître l’artiste, il faut s’arrêter sur les détails. Le casque colonial ? Il aime se couvrir la tête avec, en jetant une écharpe autour de son cou. Celui qu’il porte à l’heure actuelle lui a été offerte par la styliste Oumou Sy, « une artiste que j’aime pour sa créativité et son originalité », commente l’ami « Tita ». A travers le casque, il tente aussi de ressusciter un coin de l’histoire des « sassoumanes », ces gentlemen qui le portaient pour rehausser leur toilette, dans les années trente.

« Tita », le nom connu de tous n’est pourtant pas choisi par pure fantaisie par l’artiste puisqu’il remonte à son enfance. L’artiste s’est toujours abreuvé de l’histoire et de la tradition africaine et sénégalaise. Sa pensée, il la décline par un double parcours « identitaire et historique ». A travers ses œuvres, « Tita » fait toujours ressortir les signes et symboles liés à l’esthétique africaine et à la tradition. « L’initié au bois sacré », « Gaynako » (Le berger) sont à ranger dans ce registre. Alors que l’histoire sénégalaise et africaine se révèlent dans « Thiaroye 44 » et dans les nombreuses boîtes de théâtre confectionnées par l’artiste. Pour autant, ce rufisquois bon teint, ne veut pas se recroqueviller dans les faits historiques ni garder jalousement son identité. Comme Senghor, il prône l’enracinement et l’ouverture. Aussi, sa lecture de l’Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane lui a permis de pouvoir affronter la mondialisation « sans danger ». En tenant compte de toutes ces considérations, « Tita » tente de faire sa propre peinture. « Pas de répétition oiseuse de la tradition, ni mimétisme occidental. Je veux être un artiste qui s’ouvre aux apports fécondants de l’extérieur », se présente-t-il. Cette philosophie lui a d’ailleurs valu d’être reconnu au plan mondial et d’avoir plusieurs de ses œuvres dans les galeries du monde entier. Aujourd’hui, les expositions de l’artiste à travers le monde sont nombreuses . Bénin (Palais Royal de Porto Novo, Ouida...), France (Porte de Versailles, Bordeaux, Quimper...), Belgique (Musée de Louvain, Liège...), Iran et Thaïlande ont accueilli les œuvres de « Tita », ainsi que de nombreux séjours dans les grandes villes des Etats-Unis (Washington, New York, Chicago et Los Angeles) où il se rend fréquemment. Ce parcours à travers le monde est compréhensible pour cet « artiste sans âge » qui a gagné un premier prix de caricature en 1978, avant même d’entrer à l’Ecole des Beaux Arts.

Entre Rufisque et Tita, règne une relation trés forte . Pour lui, le royaume d’enfance, c’est Rufisque, la vieille ville. « C’est une ville dont je suis fier, où je suis né, j’ai fait mes études primaires et secondaires. Une ville dans laquelle je ne suis jamais inconnu », clame-t-il. Mais avec les obligations de sa carrière, l’artiste n’avait guère l’opportunité de présenter ses œuvres à sa ville. Avec cette expo individuelle à la Galerie de la Poste, un oubli de sa carrière est réparé par l’artiste.

Cette carrière semblait pourtant une voie déjà tracée pour lui par son père, marabout et guérisseur qui se passionnait également à la peinture. Bon élève, il finit pourtant par embrasser la carrière d’enseignant dans de nombreuses localités du pays. Mais la passion de la peinture se révéla plus tenace et il sera reçu à l’Ecole des beaux-arts de Dakar. Très complice avec ses fils, « Tita » les oriente et les conseille sur les carrières qu’ils ont empruntées. L’un d’eux, Tanor Tita Mbaye est musicien qui s’est fait une place dans le Landerneau musical sénégalais. L’appui de« Tita », le père, fut d’un grand apport il est aussi un signe révélateur de cet artiste né .


MAGUETTE NDONG et JOSEPH SYLVA
Source: Le Soleil

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Mardi 16 Octobre 2007

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