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PORT VESTIMENTAIRE : Les mille et une couleurs du « thioup »

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Le port des habits en « thioup » (teinture) est à la mode. « Gagnylah », « Kandia », « Khossy », « Diégui Cola », « Palmal », ce sont autant de couleurs de « thioup » faites sur du basin riche venu d’Allemagne, d’Hollande, des Etats-Unis, d’Egypte, etc. Les tissus en « thioup » sont bien vendus au Sénégal, mais également au Mali ou les métiers de la teinture ont acquis leur lettre de noblesse. A Tambacounda comme partout ailleurs, la vente de « thioup » est une affaire de famille. Elle nourrit bien son homme. Ou sa dame.

Fatou Sy, 36 ans, habitant le quartier traditionnel du Pont, à Tambacounda, ne connaît d’autre métier que la vente du « Thioup », teinture faite sur les habits traditionnels à porter pendant les fêtes religieuses et cérémonies familiales. La vente de « thioup » est une affaire de famille chez elle. Sa mère, Néné Sy, âgée de 70 ans, a pris sa retraite après avoir été, comme son mari, l’une des plus grands grossistes à Tambacounda. Comme Néné Sylla Kaba, qui fut d’ailleurs député du peuple, Néné Sy avait sa boutique au marché central de Tambacounda.

C’est dire que dans cette région du pays, la vente des habits en « thioup » a de beaux jours devant elle. Maïmouna Kanté, sa sœur, est elle aussi dans ce commerce. De même que Thilo Sy. Cette assistante de direction qui est elle aussi une des pièces maîtresses de ce commerce révèle « qu’il faut commander une valeur de quelque 7 à 10 millions de thioup bienfait au niveau du Mali ». Après, elle s’adonne à la vente au niveau de Tambacounda, Dakar, Ziguinchor ou Kédougou. Fatou Sy révèle avoir récemment convoyé « 2250 pièces de tissu au cours d’une opération ».

Chez cette dame, la qualité prime sur tout et les couleurs les plus jolies restent le « Gagnylah » dont une seule pièce peut se vendre jusqu’à 120.000 Cfa. « Gagnylah », selon les explications fournies, est une famille réputée à Bamako, laquelle a donné le nom à cette marque aimée par tous. Pour elle, ce sont les motifs et les dessins qui diffèrent et rendent attrayants ses habits. Les plus difficiles à faire restent le « Kandia » qu’il faut coudre à la main.

Une de ses clientes que nous avons trouvée sur place, Mme Diariétou Koïta, est coiffeuse. Après avoir fait l’éloge du « thioup », elle a affirmé la place de leader qu’occupe le « Gagnylah » comme marque.

METIERS DE LA TEINTURE : Une affaire de famille

Chez Fatoumata Tandian, la cinquantaine, le métier de la teinture est un héritage. Sa grand-mère et sa mère s’y adonnaient. Dans ses explications, elle ne tarit pas d’éloges sur les vertus de la teinture. Ce serait même, selon ses précisions, un métier béni du prophète Mouhamed (Psl). « C’est cette recommandation prophétique que les Soninkés ont essayé de respecter de manière sobre et discrète », explique notre interlocutrice. Fatoumata Tandian met la célébrité et la longévité du « thioup » sur son caractère béni.

Elle raconte que sa mère, feue Bâ Diallo Tandian, maîtrisait cet art. « Elle était même deux fois lauréats du Grand prix du président de la République ». C’est avec Bâ Diallo Tandian que la région de Tambacounda est sortie du lot dans la teinture des habits, d’autant que pour la plupart, cela se pratiquait au Mali.

Fatoumata Tandian ajoute que sa grand-mère, au sommet de son art, avait même mis de l’or sur son instrument de teinture. Depuis l’âge de 9 ans, elle a commencé à teindre avec le « Gandike » dont les feuilles étaient utilisées comme colorant. A 12 ans, elle se marie et rejoint son domicile conjugal, à Ségoucoura, un village riverain de la commune de Tambacounda. Elle faisait la teinture pour aider son mari.

Actuellement, cette femme explique que les périodes de pointe pour la vente sont les moments de fêtes religieuses musulmanes. « Nous pouvons atteindre des pics de 2000 pièces pendant les préparatifs de Tabaski, Korité, Gamou, Magal, etc. », explique notre interlocutrice.

Elle explique que la différence du prix est liée à la provenance et à la richesse du basin et surtout de la manière dont il est teint. A ce niveau, l’art et le métier prennent fonction pour le « Kandia », du nom de la grande cantatrice malienne qui a fait sa promotion. Il est cousu à la main et teint à trois reprises.

PAPE FALL : « Un bon thioup peut durer dix ans »

L’avenue Aïnina Fall de Tambacounda abrite les plus grands tailleurs. Pape Fall, qui est sur place depuis une vingtaine d’années, soutient que sur 20 habits cousus, les 17 sont des « thioubs ». « Et le choix va du Sérafora, qui veut dire en langue nationale wolof ni cher ni luxueux, au Gagnylah, en passant par le Super Soleil qui brille de ses mille feux », explique Pape Fall. La notoriété du basin et du « thioub » est importante pour avoir de beaux habits, déclare Pape Fall, selon qui les tailleurs reçoivent beaucoup de commandes en cette période d’approche des fêtes.

La renommée du « thioup » et du basin est liée à leur longévité. Un boubou acheté peut banalement faire 10 ans. « Il reste à sa place en clarté, élégance et beauté », explique M. Fall.

Le « Lépi » toujours à la mode

A côté du « thioup », il y a le « Lépi », un pagne tissé localement qui provient de la Guinée. Le « Lépi » tient toujours la cote. Et de plus en plus, il est associé à du tissu blanc. Il suffit juste d’un tour dans une fête de ressortissants guinéens pour voir la place que ce pagne tissé occupe dans les cœurs.

Mariama D. Diallo pense que l’importation est freinée par le coût des intrants et les frais de douane. A coté du « Lépi », il y a le basin indigo qui a aussi la cote.


réalisé PAR PAPE DEMBA SIDIBE
Source: Le Soleil

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Lundi 3 Septembre 2007

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