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PLATE-FORME DE DIAMNIADIO / ENTERREMENT - Retrait des Américains du projet du Millenium challenge corporation au Sénégal : Des perspectives sérieuses noyées dans les eaux du port

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Conçu pour construire une nouvelle ville, principalement industrielle et commerciale, à Diamniadio, à 35 km de la capitale du Sénégal, Dakar, le projet de Plate-forme multifonctionnelle du Millénaire se situe «à la confluence de deux principales routes», présentées dans les conclusions d’une étude de préfaisabilité, comme «des tronçons d’un réseau routier du Nepad». Quatre ans après que les Américains ont eu à travailler avec les autorités sénégalaises sur ce projet, oh divine surprise, voilà que l’espoir suscité s’envole à la faveur d’un «détournement de ce projet» au profit de privés de Dubhaï, notamment Jafza international. Ainsi, l’offre américaine «gratuite » estimée à près de 500 milliards de francs Cfa fond comme beurre au soleil au profit de privés de Dubaï qui accordent, eux, un prêt en lieu et place. Retour sur un projet américain au Sénégal enseveli dans les décombres d’une nébuleuse de laquelle émergent des ombres d’émirs forts de la persuasion qu’offre le poids de leurs pétrodollars.



PLATE-FORME DE DIAMNIADIO / ENTERREMENT - Retrait des Américains du projet du Millenium challenge corporation au Sénégal : Des perspectives sérieuses noyées dans les eaux du port
Depuis quatre ans, des études de préfaisabilité ont été rondement menées par le cabinet Louis Berger Group concernant le volet ingéniérie et le cabinet Ard pour ce qui est des études foncières et socio-économiques. Ces études ont fait l’objet d’un document qui avait dressé l’état des lieux en juin 2007. Dans ce document, il est indiqué que «le but recherché dans cet aménagement est de mettre à la disposition des investisseurs un foncier aménagé et équipé pour y redéployer leurs activités ou y implanter de nouvelles industries. L’objectif ultime poursuivi dans cette opération est la réduction de la pauvreté par l’augmentation de la croissance économique qui serait la conséquence logique de l’accroissement des investissements industriels et commerciaux réalisés dans cette plate-forme».

L’intérêt du projet de la Plate-forme du millénaire se situait dans ses deux composantes que sont «la réalisation des infrastructures de base nécessaires au développement d’activités économiques et sociales» et «la mise en place d’une facilité de financement destinée à aider les entreprises à s’installer dans la zone».

Entre les gouvernements des Etats-Unis et du Sénégal, il a été signé une convention qui avait abouti à la réalisation d’études de préfaisabilité divisées en deux volets confiés aux deux cabinets précités. Ces études avaient fait l’objet d’un rapport final depuis mi-mai 2007. Les réalisations prévues dans le cadre de la Plate-forme de Diamniadio étaient véritablement de nature à modifier sensiblement et durablement l’économie sénégalaise. En effet, le projet de la Plateforme du millénaire comportait un ambitieux volet concernant l’urbanisme. Dans ce cadre, il a été réalisé un schéma d’urbanisme ayant donné «les grandes orientations en matière d’aménagement et d’organisation de la Plate-forme». Il a aussi confirmé «l’option de réaliser la plateforme sur 2 620 hectares avec une zone de servitude de 3 880 hectares, soit 6 500 hectares au total». Il est indiqué dans le document de synthèse daté de juin 2007 que «le schéma d’urbanisme approuvé lors du Conseil Interministériel tenu le 15 septembre 2006, a servi de base au développement des infrastructures».

LES PRINCIPAUX VOLETS D’UN PROJET

A côté du volet urbanisme, il y en avait aussi un autre tout aussi important : les infrastructures. C’était une composante qui «regroupe l’ensemble des services offerts sur la Plate-forme» et qui «se décline en plusieurs sous-composantes» dont la voirie, la production d’électricité, le drainage des eaux pluviales, l’assainissement, l’alimentation en eau potable et les télécoms. Quant au volet Environnement, les études de préfaisabilité avaient procédé à une évaluation stratégique qui devait déboucher sur un «Plan de gestion environnementale et sociale», notamment avec l’identification des «impacts potentiels sur l’environnement et des mesures d’atténuation et d’accompagnement préconisées». Si le projet de la Plate-forme n’avait pas subi un arrêt, suite au retrait des Américains, consécutif à l’accord entre le gouvernement sénégalais et le groupe privé Dubaï ports world (Dpw), «l’analyse des impacts approfondis et le bilan environnemental du projet devraient être évalués lors des études de phase 2». Mais, ce qui est à souligner, c’est la gestion des déchets, du tri à la stabilisation des déchets industriels spéciaux en passant par la collecte, le transport, la mise en décharge dans un centre d’enfouissement technique. Autant de choses qui constituaient «un aspect important de la préservation de l’environnement au niveau de la Plate-forme», comme le souligne le document de synthèse de juin 2007.

Au niveau du volet foncier, la réalisation d’une plateforme industrielle sur le site de Diamniadio d’une superficie de 2 620 hectares dans un territoire de 6 500 hectares, avait nécessité «une étude détaillée des questions foncières et domaniales, ainsi que de leurs répercussions aux plans économique et social». Des prises de vue aériennes d’une «très haute précision» avaient été effectuées le 26 avril 2007, soit près de trois mois avant que le projet avec les Américains ne tombe à l’eau. De même, «des enquêtes foncières avaient été conduites et complétées par une enquête auprès des ménages». Le document de juin 2007 consacré à l’état des lieux du projet de la Plate-forme indique, à ce niveau, que «toutes les informations recueillies lors de cette étude qui a servi à formuler un cadre pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un Plan d’action pour la réinstallation (Par) ont été unifiées dans un Système d’informations géographiques (Sig) conçu à l’aide de Arcview Gis 3.3». Sur ce volet foncier, les auteurs de l’étude concluent : «Ainsi, toutes les analyses économiques, sociales et techniques pourraient être réalisées à partir de cette base de données. Il s’ensuit non seulement un gain énorme de temps mais aussi et surtout, un risque minimisé lors de l’évaluation des impenses. Le SIG élaboré, complété lors de la phase 2, servira de base à l’élaboration du cadre de compensation à mettre en place pour l’immatriculation des 2 500 hectares au nom de l’Etat.»

Autant dire donc, que des études sérieuses et pointues, tenant compte de tous les paramètres liés à l’émergence d’une nouvelle ville et d’une Plate-forme multifonctionnelle ont été menées, pour finir dans les placards. Un énorme gâchis occasionné par une réorientation d’un projet qui avait, quand même, une ambition forte de participer à réduire la pauvreté au Sénégal.


Soro DIOP
Source: Le Quotidien

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Mercredi 11 Juillet 2007


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