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PIERRE GOUDIABY ATEPA SUR LES CONSTRUCTIONS DANS LE DOMAINE MARITIME «Le Directeur de l’Urbanisme doit prendre ses responsabilités » (Entretien)

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Pourquoi avez-vous attendu que les bâtiments voient le jour sur le domaine maritime pour les dénoncer ?
Non ! Je n’ai pas attendu que les bâtiments voient le jour. Mon combat pour la préservation du domaine maritime ne date pas d’aujourd’hui. Mais dans le tourbillon des travaux pour l’organisation de la conférence islamique, à chaque fois que l’on signalait une construction, on rétorquait toujours, et souvent à tort, que c’était dans le cadre des chantiers de l’Anoci. Et que nous devions laisser tomber pour que cet événement soit une réussite. Mais depuis 30 ans, je me bats pour qu’on respecte les normes sur le domaine maritime. Et la norme est très simple. Car, la vue de la mer appartient à tous. La corniche doit être aménagée. Il n’est pas question qu’elle reste comme ça, mais les aménagements ne doivent pas obstruer la vue de la mer. C’est un principe très simple : nous avons dit que les gens qui font des réalisations le long de la corniche, ne doivent pas obstruer la vue de la mer aux populations. Et pour bien faire et montrer l’exemple, quand le président de la République avait souhaité que nous réalisions la Place du Souvenir, il était très clair que lui et moi avions l’idée de montrer aux gens comment ils doivent faire pour aménager le littoral. Et à part les deux Panthéons que les gens aperçoivent en passant sur la corniche ouest, tout le reste se trouve en bas. Ce qui fait que quand les gens passent, ils aperçoivent la mer. C’est aussi simple que ça. Malheureusement, le département de l’Urbanisme à Dakar ne fait pas son travail. Il ne se passe pas deux jours sans que j’appelle au téléphone le directeur de l’Urbanisme pour lui dire de prendre ses responsabilités. Mais je ne suis pas le directeur de l’Urbanisme. Maintenant, comme vous venez de le dire, on a laissé les gens construire. On envisage éventuellement de casser. Je pense que c’est une mesure extrême, je ne suis pas sûr qu’on en arrivera là. Mais au moins, que l’on s’accorde sur certaines choses avec les gens de «Terrou-Bi». Premièrement, que la plage ne soit pas privatisée. Car, le président de la République a promis aux populations, devant moi, que la plage ne sera jamais privatisée. Donc, il va falloir qu’ils érigent une clôture entre l’hôtel et la plage, pour que celle-ci reste un espace public. Deuxièmement, qu’ils renoncent à l’autre niveau qu’ils veulent construire sur leurs nouveaux bâtiments. Ils disent que c’est pour marquer l’entrée, mais nous n’en avons pas besoin. Ils ont déjà deux niveaux ; c’est largement suffisant. Troisièmement, il faut qu’on élargisse le trottoir et je me bats sur ce point précis. Ce sont mes amis, je dîne là-bas au moins une fois par semaine, mais l’intérêt public n’a pas d’amis.

Mais, croyez-vous qu’ils ont acquis gratuitement le site, d’autant plus qu’ils détiennent une autorisation de construction en bonne et due forme ?

…(Il nous coupe). Je n’entre pas dans ce débat. Je pense qu’ils ont d’abord fait du bon travail dans la restauration. Ils ont bien aménagé la côte, et à mon avis, ils auraient dû s’en tenir là. Car, ils ont fait du «Terrou-Bi» un restaurant dont on est tous fier. D’ailleurs, à chaque fois que j’ai des invités, je les emmène au «Terrou-Bi». Mais, de là à ce qu’ils viennent nous obstruer la vue de la mer avec leur nouveau bâtiment, je ne suis pas d’accord. Mais revenons sur l’affaire du trottoir. En fait, il faut qu’on l’élargisse de huit mètres pour permettre aux gens de continuer la promenade sur la corniche jusqu’à la Cour de cassation. N’oubliez pas que c’est le chemin qu’empruntent les jeunes qui vont à la plage d’autant plus que c’est ce qui a été décidé depuis le début des travaux, et le prolonger jusqu’à Soumbédioune.

En tant qu’architecte conseiller du Président, est-ce que vous lui avez rendu compte de ces réalisations sur la corniche?

Mais le Président Wade vient récemment de faire une promenade sur la corniche avec le maire de Dakar Pape Diop et a lui-même vu de ses propres yeux.

Et qu’est-ce qu’il a promis de faire après avoir constaté les constructions sur le littoral ?

Vous voyez qu’il avait ordonné l’arrêt de toutes les constructions sur le domaine maritime.

Mais il y a eu une reprise des constructions 72 heures après… ?

…(Il nous coupe). Pas toutes les constructions ; il y en a d’autres qui sont aux arrêts.

Et quelles sont les constructions qui ont repris leur cours normal et celles qui sont mises aux arrêts ?

(Rires). Il faut interroger le directeur de l’Urbanisme. Allez voir le directeur de l’Urbanisme.

Et que comptez-vous faire si les gens de «Terrou-Bi» campent sur leur position à propos de l’élargissement du trottoir, en privatisant la plage et en maintenant la construction d’un autre niveau ? Je continuerai à parler. C’est un combat que je mène depuis 30 ans et je le mènerai jusqu’à la fin de mes jours. En fait, dans la vie, il faut avoir des principes. La corniche nous appartient à tous. Je ne dis pas qu’on ne doit pas l’aménager. Moi-même, j’ai demandé au Président qu’on m’en donne un bout pour y construire un café. Dans le seul but de montrer aux gens qu’on peut aménager la corniche sans obstruer la vue aux populations.

Source: l'OBSERVATEUR

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Mercredi 23 Avril 2008

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