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[PHOTOS] ENQUETE - La face cachée des Sénégalaises de Mauritanie: Prostitution ''Sexe sous le meulfeu''

Dans les maisons closes de Linksar, quartier populeux de Nouakchott, sous couvert des commerces de Teyrag Zeina ou sur le trottoir du Rond-Point de Madrid, de jeunes femmes offrent leurs charmes au client qui leur promettra d'ajouter quelques billets à leur trésor de guerre. Chaque soir, elles mettent leur dignité au fond de leur placard pour aller "travailler". Des hommes les achéteront pour un instant furtif, avant de les remettre en vente sur le bitume. Nécessité ou facilité, le plus vieux métier du monde est presque devenu l'activité favorite des Sénégalaises de la capitale mauritanienne, souvent répertoriées au pays comme de "simples commerçantes".
Mère de famille pour certaines d'entre elles, anciennes "ou toujours" commerçantes pour la plupart, ces marchandes de sexe prènnent comme prétexte la crise économique pour justifier ce métier hautement lucratif en terre mauritanienne. Agées de 15 à 50 ans, elles n'hésitent pas parfois à rester des années sans donner de nouvelles à leur famille restée au Sénégal. Ou à user de nom d'emprunt pour faire le "sale boulot". Parallèlement à la prostitution, les Sénégalaises de Mauritanie s'ouvrent parfois à la bigamie et à la polyandrie, histoire de gagner plus d'argent et de fructifier leur commerce. Weekend est allé jusque dans la capitale mauritanienne percer les inavouables secrets des "commerçantes" de la ligne " Dakar-Nouakchott". Enquète.



[PHOTOS] ENQUETE - La face cachée des Sénégalaises de Mauritanie: Prostitution ''Sexe sous le meulfeu''
Sexe sous le meulfeu*

No u a k c h o t t, photographie usée d'une cité désabusée, s'étend de son sable interminable. Les paysages d'une ampleur infinie sont fermés par des chaînes de dunes de sable. L'illusion d'une cité frétillante, traversée par un magnifique défilé de femmes en meulfeus bigarrés, est de courte durée. Ce désert miteux n'avait rien à offrir qu'un «centre» d'immeubles rustiques avec quelques édifices-miroir qui se renvoient les reflets de leur disgrâce. Au-delà des avenues désertes, on tombe sur des ceintures de garages tenus, pour l'essentiel, par des Sénégalais, soldant des centaines d'automobiles hérissées en chrome. Nouakchott, capitale de la Mauritanie, a les traits tirés et le flegme d'un chien errant qui regarde la vie passer.

A Teyrag Zeina, quartier résidentiel de la capitale, un océan de villas «grand standing» s'étend à l'infini entre des arbres d'ornement et leurs tuteurs. Devant ces litières encombrées de tondeuses à gazon, de vélos d'enfants, de sortes de «barbecues du pauvre», des femmes en meulfeu ratissent un univers sans relief. Au fur et à mesure que l'on s'éloigne du Centre-ville, la banlieue tapisse chaque centimètre carré de terre. Une cohue de maisonnettes lugubres exhibe sa touchante promiscuité aux yeux du passant. En contraste avec la laideur de la ville, les habitants sont chaleureux, conviviaux et toutes les occasions sont bonnes pour offrir le thé de bienvenue.

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Dans la touffeur de ce samedi-nuit de septembre, le quartier populeux de Liksar, un des centres de pulsion du Nouakchott by night, arbore son éternelle tenue de soirée. Sa rue pentue est peuplée d'innombrables restaurants, de minuscules échoppes et d'une foule agitée. Comme des ombres, des hommes, beydanes pour la plupart, s'échappent de quelques portes, avant de s'engouffrer dans des voitures chics. De jeunes mauresques, cheveux peroxydés et habillées de micro-jupes, s'empiffrent de hamburger en pouffant de rire, comme si elles se gaussaient de voir la sauce rouge couler sur leurs faux ongles, peints en rose. Les chauffeurs de taxis enfile indienne hèlent les clients en partance de Teyrag Zeina pour terminer la soirée en beauté dans les boîtes de nuit. Au loin, on aperçoit des silhouettes sur les terrasses en train de prendre l'air en cette période de chaleur accablante. Des beydanes se vautrent sur des nattes à même le sol, le transistor collé à l'oreille. Les écrans plasma des quelques Grill-Room montrent du catch. Prostituées et homosexuels s'agglutinent souvent dans ces endroits atypiques où s'entrechoquent modernisme et traditionalisme. Comme pour témoigner de la «double face» de Nouakchott, capitale d'une République islamique, mais ouverte aux «bonnes choses» de la vie.

Au milieu des va-et-vient incessants, trois dames aimantent l'attention. Elles campent à la perfection la «caricature» des Driankés grandeur-nature : dépigmentées (Xessal) jusqu'à la moelle des os, nonchalantes, grandes et très belles. Le corps emmitouflé dans des meulfeus, leur wolof sans accent renseigne sur leur appartenance : elles font partie de l'armée de Sénégalaises qui règne dans le Nouakchott by night. Une charmante faune de Driankés qui s'érigent en plantureuses baronnes de la ville et vivent, pour certaines d'entre elles, dans un luxe insolent. Agées de 30 à 50 ans, elles viennent de Dakar, Thiès, Touba, Podor, Matam... Devant l'étranger, elles font toutes bonne figure et se présentent, immuablement, comme des «commerçantes sénégalaise vivant à Nouakchott». Heureusement, un chauffeur de taxi sénégalais, ringard et gueulard, avait prévenu : «Ce quelles disent toutes ! Il faut user d'artifices pour percer leurs secrets.» Que font réellement ces Sénégalaises à Nouakchott ? II faut user de tact et de malice pour infiltrer ce «monde du silence» et pousser les portes de ces maisons closes. Le prétexte bluffant : «On est à la recherche d'une cousine perdue de vue depuis belle lurette et qui se trouverait à Nouakchott.» Elles mordent à l'hameçon. Rendez-vous est pris le dimanche après-midi, quand elles auront fini de recouvrer une partie de leurs forces physiques éprouvées par une nuit de dur labeur. Comme pour convaincre de leur disponibilité à nous aider à retrouver la prétendue «cousine disparue», elles articulent, presque en choeur : «On habite la maison beige. C'est connu de tous dans le quartier.»

[PHOTOS] ENQUETE - La face cachée des Sénégalaises de Mauritanie: Prostitution ''Sexe sous le meulfeu''
DIMANCHE, QUARTIER LIKSAR.

La fameuse «maison beige» a la porte grise collée à un garage où gisent des épaves de voitures ou de moteurs, couvertes de matière gluante. A l'intérieur, une fille d'une quinzaine d'années débarrasse les bras pleins d'emplettes des Driankés qui suffoquent sous la canicule : elles ont passé leur fin de matinée à faire les boutiques du plus grand marché de Nouakchott. Elles reçoivent dans la salle de séjour, où un plafonnier brasse, comme il peut, de l'air au dessus d'un mobilier chic, à la «marocaine.» Cinq chambres avec salle de bain, une cuisine et deux débarras composent cette maison louée à 250 000 F Cfa.

«Mor, tu viens ! Nous sommes revenues du marché», crie Isseu, tout en éjectant ses pieds de ses mocassins. Une voix suave s'échappe d'une des piaules : Mor déboule au salon, habillé d'un caftan de couleur blanche qui couvre son corps imposant. II traîne ses pieds charbon sur une moquette rouge sang, jette un bref coup d'oeil a l'assistance et dit en wolof : «Yène, nékhoulène ma dara ! (Je vous déteste !) Pourquoi vous ne m'avez pas réveillé pour que je vous accompagne au marché ?» feint-il de s'énerver. Assis en califourchon, il scrute les paquets déposés par terre par les filles et donne son avis sur les tissus qu'elles ont achetés : «Ce n'est pas de la bonne qualité !Je connais mieux que vous la vraie soie, vous vous êtes fait avoir», soutient-il d'un ton ferme.

Mor, truculent personnage d'une quarantaine d'années, est un des deux «hommes» d'une maisonnée qui comprend six «Driankés», prostituées et/ou proxénètes. De jour, trois d'entre elles se font passer pour des femmes de Mor, homosexuel originaire de Thiès. Et les trois autres pour des épouses de Doudou Thiam, l'autre homosexuel, maure haratine, qui habite la demeure.

A l'évocation de notre prétendue «cousine portée disparue», Mor, roule des yeux, pousse un cri strident, tape des mains, mouline une foultitude de gestes efféminés: «Elle n'est pas ici, mais je suis sûr qu'elle est en bonne santé. Elle est sans doute en train de s'adonner à la prostitution. La plupart d'entre elles font ce métier et changent de nom pour que leur famille ne les retrouve plus.» Encouragé par les signes approbateurs de «ses» femmes, il s'enhardit: «Moi-même, j'étais dans cette situation à mes débuts, car je

suis resté 3 ans sans donner de nouvelles à ma famille restée au pays. J'ai fait 15 ans ici et je les connais toutes. Si elle n'est pas en prison, car trois de nos filles y sont depuis trois mois suite à une rafle effectuée, dans cette maison, par la police, je la retrouverai.» Emballé, il ajoute : «Demain, on ira en prison pour demander aux autres si elles ne connaissent pas ta cousine.»

[PHOTOS] ENQUETE - La face cachée des Sénégalaises de Mauritanie: Prostitution ''Sexe sous le meulfeu''
«Une copine m'a fait découvrir ce métier qui m'a conduite en prison»

"CINQUIEME".


La geôle des femmes se trouve dans le quartier «Cinquième», devant le garage «Sénégal». Des immondices à ciel ouvert couvrent la ruelle qui mène au centre de détention, immeuble banal de couleur ocre qui se dresse à l'angle. Un garde pénitentiaire chétif, torse dénudé, ouvre la porte. A la vue de Mor, il sourit et crie le nom d'une détenue : «Mame Faty, viens prendre ton repas.» L'intérieur de la prison donne l'impression du déjà vu : une cour de concession banale et familière. Un endroit sympathique et très propre. Les filles, visiblement à l'aise dans leur costume de détenues, semblent s'être habituées aux lieux. Elles sont huit Sénégalaises, toutes prises en flagrant délit de prostitution clandestine. Mame Faty, Maty, Mame Diarra, Madeleine et les autres avancent d'un pas hésitant, le regard fuyant, un voile occultant une partie de leur visage. De la silencieuse compagnie, Mame Faty semble la plus éprouvée. Elle tire une gueule interminable. Et son faciès se résume en un effroyable rictus. Plus tard quand on aura fini d'installer un climat de confiance, elle se confiera, loin des oreilles indiscrètes de ses co-détenues : «Ma fille est à l'Université de Dakar. Pendant trois mois, elle n'a eu aucune nouvelle de moi et il a fallu que je supplie le garde pénitentiaire pour qu'il m'autorise à lui téléphoner une fois, sous peine de voir ses études perturbées à jamais, car elle n'arrête pas de demander après moi à sa grand-mère. Quand je l'ai eue au bout du fil, je lui ai dit que les douaniers avaient confisqué ma marchandise à Nouadhibou et que donc j'étais là-bas pour la récupérer», raconte-t-elle. En pleurs.

Mame Faty a 45 ans, une grande taille et un teint éclairci sous l'effet du Xessal. Une postiche brune à la place des cheveux, elle s'essuie les larmes avec un pan de son boubou bleu marine qui couvre son immense corps flasque, en perte de vitesse après 15 ans d'assauts de mâles de passage. Entre deux hoquets, elle maugrée : "J'ai déjà dépensé 300 mille francs Cfa pour ma liberté, mais l'avocat que j'ai commis n'a pas encore fait de résultat (sic). Je ne sais vraiment pas quand je sortirai d'ici, je n'ai plus aucun espoir», souffle-t-elle dans un élan de désespoir.

Venue deTouba,il y'a une quinzaine d'années pour s'adonner à la prostitution, Mame Faty s'est reconvertie en proxénète à cause de son âge avancé. Recrutant des filles qui viennent pour la plupart chercher du travail comme «bonne», elle a loué une maison à Liksar et a eu sous son aile «jusqu'à plus de quatorze jeunes filles», dont trois ont été appréhendées par la police des moeurs mauritanienne. Comme Mame Faty, elles croupissent actuellement en prison. Comme leur (ex ?) «patronne», elles avaient quitté le Sénégal pour la Mauritanie pour faire du commerce. «Aujourd'hui, stigmatise un Sénégalais établi à Nouakchott, elles «vendent» leur corps à la place des marchandises, guidées par la recherche facile de l'argent.»

La plupart des prostituées sénégalaises de la capitale mauritanienne ne pratiquent pas de racolage sur la voie publique, officiellement réprimandé dans un pays qui se veut «islamique». Et qui tient à sauver ses apparences. Les «marchandes de charme» s'adonnent plutôt à des formes plus implicites de commerce sexuel. «Les clients sont souvent reçus dans des chambres de passe individuelle, renseigne une péripraticienne sénégalaise. Il s agit souvent de concessions regroupant plusieurs chambres individuelles, surtout concentrées à Sebkha et El Mina, deux quartiers de la capitale.» Des concessions qu'il serait hasardeux de définir comme des «maisons closes» dans la mesure où chacune de ses locataires est indépendante, travaille pour son propre compte et ne partage donc pas ses gains avec un (e) chef (taine) de réseau. Les femmes, qui exercent le métier sous cette forme, ont parfois un «ami» qui assure leur sécurité ou, souvent leur «couverture». Ce dernier, qui se fait parfois passer pour le «mari», est, dans la majorité des cas, un homosexuel, désabusé par le contexte social sénégalais et venu en solo en Mauritanie à la recherche d'un marché plus florissant. Des «hommes de compagnie» plus que des proxénètes, dans la mesure où ces hommes, bien que recevant des cadeaux de leurs amies, n'exercent pas directement sur elles de pression liée à leur activité. «A Nouakchott, le business marche tellement qu'on n'a pas besoin de pression, témoigne Maty, une des «protégées» de Mor, actuellement en prison. Il m'arrivait de passer une nuit très mouvementée, alors je «confiais» quelques-uns de mes clients, qui avaient pris rendez-vous pour le lendemain, à une de mes compatriotes plus jeune et qui ne connaissait pas tellement le terrain.»

La menue Maty ne baisse jamais le regard. Elle vous fixe dans le blanc de l'oeil quand elle s'adresse à vous. Son visage, mangé par mille maux, témoigne de son inénarrable vécu. La quarantaine sonnée, elle est venue, il y a 8 ans, de Pikine (banlieue de Dakar), pour faire du commerce : «Je faisais la navette entre Dakar et Nouakchott. Un jour, les douaniers ont saisi mes marchandises et je suis tombée faillite.» Désespérée, elle succombe à la tentation: «Etant l'aînée de ma famille, il me fallait des ressources pour ma maison. Une copine m'a fait découvrir ce métier qui, aujourd'hui, m'a conduite en prison.» Cruel sort.

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«BOUTIQUES» DE PASSES.

Fatou M. revendique des dehors plus «propres». Cette Podoroise, quadragénaire méfiante et cachottière, se présente comme la gérante officielle d'un commerce à Teyragh Zéina. Un oeil sur la tonne de poussière qui recouvre les marchandises-produits cosmétiques et habits d'enfants- incite à la suspicion. Plutôt mal à l'aise, elle s'empresse de parfaire la «couverture» : «En association avec d'autres compatriotes, on a ouvert ce commerce depuis plus d'une dizaine d'années. Il nous permet de prendre en charge nos enfants laissés au Sénégal. Vous avez dû remarquer qu'il n' y a pas beaucoup de clients. Si ce n'était pas mes amies, j'allais m'ennuyer à mourir.» Ok pour la vitrine. Quid de l'arrière boutique ? Les va-et-vient incessants de ses «amies» sénégalaises, accompagnées de maures, discréditent rapidement ses allégations. Mais Fatou M. se révèle dure à cuire : «Il n'est pas rare de voir, comme aujourd'hui, beaucoup de nos compatriotes qui viennent ici, accompagnées de leurs copains pour me tenir compagnie», essaie-t-elle de convaincre. Sans succès. En vérité, le commerce de Fatou M. n'est qu'une «couverture». Et ses «amies», toutes des prostituées, se révèlent les vraies marchandises de la boutique. Posé juste face à la route bitumée, le local est un «centre d'approvisionnement» pour clients véhiculés. Les hommes viennent chercher les filles en voiture et les ramènent au bout d'un moment (une demi-heure, une heure). Les jours de grand rush, une femme peut effectuer trois ou quatre voyages de ce type dans la journée. Dans certains cas, un homme peut désirer voir la femme plus longuement. Cette dernière le reçoit autour d'un repas organisé dans un appartement loué à cette occasion ou chez une copine. Ce jour-là, après un bref entretien avec une fille qui vient d'entrer dans la boutique Fatou M. se retourne et Iance à ses pairs : «Demain, je vous invite toutes à venir manger du Mbaxaal chez moi à 18 heures.: Ses «amies», assises sur des coussins à même le sol, éclatent de rire et disent en choeur «Yaye bagne (avec granc plaisir).» Ici, tout est codé. Et le «travail» se veut «propre» Sans tache sur l'honorabilité des «commerçantes».

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«Ce job m'aide à entretenir mes parents à Matam»

ROND POINT DE MADRID

Ici, on boulotte à découvert. La nuit tombée, des Sénégalaises proposent leurs services en arpentant «très, très discrètement» des axes goudronnés. On les appelle les «marcheuses».

L'une d'entre elles, rencontrée aux alentours de poste de travail, raconte sa descente dans le «milieu» sous le couvert de l'anonymat : "Je viens de Ourossogui, dans la région de Matam. Je suis venue à Nouakchott il y a 3 ans de cela, pour chercher du travail comme «bonne». Par la suite, j'ai rencontré une certaine Ndèye Astou qui m'a proposé de m'héberger. Et c'est comme ça que tout a commencé.» Mâchouillant un chewing-gum, elle tape des mains et poursuit : «Je ne regrette rien, car l'argent que je gagnais comme «bonne» ne me permettait pas de prendre en charge ma famille restée au Sénégal. Ce nouveau job m'aide beaucoup dans mes dépenses et mes parents sont bien entretenus.» Une Mercedes s'arrête à ses pieds, le boulot reprend ses droits.

La pratique du trottoir aujourd'hui à Nouakchott, en dehors des lieux de loisirs nocturnes «modernes» (boîtes de nuit en particulier) est quasi exclusivement le fait de femmes haratines, issues des milieux socio-économiques les plus défavorisés, mais on y retrouve aussi une minorité de mauresques beydanes. Celles-ci sont pour la plupart issues de familles rapatriées du Sénégal, au moment des évènements de 1989 (Moussafra'te). Warkha, Mauresque, s'exprime dans un wolof limpide: " Je suis une femme haratine très wolofisée, au point qu'on a parfois du mal à me distinguer des jeunes femmes sénégalaises. Cela s'explique par le fait que j'ai vécu toute mon enfance au Sénégal, je suis rentrée au pays avec les évènements de 1989.» Sans boulot et sans issue, elle tapine chaque soir, histoire d'avoir de quoi ramener à la maison. Même si le tarif est ridicule: 1 500 UM (300 F Cfa).

Les «marcheuses» sont en général de jeunes filles, parfois de jeunes adolescentes. Agées de 17 ans à 25 ans, elles s'activent dans cette forme de prostitution, de moins en moins courante, parce que dangereuse et sévèrement réprimandée: «La recrudescence de la délinquance, en particulier dans des quartiers périphériques tels que Arafat, mais aussi les rafles et pressions répétées de la part de la police font que les filles évitent de plus en plus le trottoir», avise une des belles de nuit trouvée sur place. Alors, elles sont de plus en plus nombreuses à se réfugier dans les boîtes de nuit. Ou à squatter «Bureau église», où s'offre, en plein jour et en plein centre de Nouakchott, un étonnant spectacle.

Devant l'église de la capitale, une foule assise à même le sol s'agite frénétiquement. Sens en alerte, elles piaffent, prêtes à bondir. La soixantaine de Sénégalaises fait la course toutes les 30 secondes pour aller offrir leurs services aux automobilistes qui s'arrêtent devant elles pour soi-disant chercher une «bonne». II n'en est rien ! Toutes sont des prostituées qui utilisent la couverture de «bonne» pour tromper leur monde et particulièrement les autorités qui n'y voient que du feu. A moins qu'elles ne ferment simplement les yeux.

L'endroit se nomme «bureau église» et le commerce y est plus facile, car personne n'oserait croire qu'on s'y prostitue en pleine journée. De surcroît, devant une église. «Marcheuses; squatteuses de «bureau église» ou locataires de «maisons closes», tout le monde trouve son compte dans ce business très rentable, car la prostitution est très prospère ici, témoigne un Sénégalais établi à Nouakchott. Les autorités le savent, mais elles la tolèrent presque, même si elles ne manquent pas de faire parfois des coups d'éclat en arrêtant des prostituées. En fait, les maures «souffrent» souvent des interdits de la religion et du fort statut de la femme dans leur société. Alors pour s'épanouir sexuellement, ils se tournent souvent vers les prostituées sénégalaises, beaucoup plus «libérales». Ainsi, ces dernières brassent beaucoup d'argent.»

Au point de se permettre beaucoup de luxe.

A Nouakchott, les prostituées sénégalaises, qui vivent parfois dans un faste insolent, sont regroupées autour d'une tontine gérée par l'immanquable Mor. Qui permet, tous les cinq jours, à l'une d'entre elles de gagner 1 million de francs Cfa. Sans compter les sommes faramineuses distribuées pendant les «baptêmes sans bébé» qu'elles organisent à tour de rôle pour récupérer des ndawtal (cadeaux) royaux. «Dans ce milieu, il y a une incroyable solidarité. Et puis, la majeure partie de cet argent est souvent envoyée au Sénégal où il sert à entretenir sa famille ou ses enfants, témoigne une prostituée. Là-bas, on soutient avec fierté que l'expéditrice a réussi dans son commerce, sans rien savoir de sa véritable vie.»

Au Sénégal, comme ailleurs, l'argent n'a pas d'odeur.

Par Aissatou Laye ayda@weekend.sn (Envoyé spécial à Nouakchott)

Source: Weekend Magazine


A SUIVRE...

Lundi 22 Octobre 2007




1.Posté par Sarr le 22/10/2007 06:10
Cet article est tout a fait vrai. Je suis de la region nord mais depuis longtemps deja je voyais des filles sans kilifa quitter Richard Toll, Dagana, etc et se rendrent en Mauritanie pour revenir a la veille de chaque Tabaski ramener avec elles Khartoum, radio, tele, et beaucoup d'argent et tout le monde sait que la mauritanie n'est pas un pays europeen pour gagner cet argent aussi facilement. Un ami qui travaille a nouackchott comme prof m'avait deja dit vers les annees 95-96 que la majeure partie des senegalaises de mauritanie ne sont la bas que pour la prostitution, voila cela se confirme avec cet article. Bon travail d'investigation Aissatou Laye

2.Posté par boy naar le 22/10/2007 08:07
rectificatif:1500 UM= 3000 cfa et non 300cfa...

3.Posté par karl marx le 22/10/2007 09:37
GOOD JOB LES JOURNALISTES
reste le maroc Dubaï et l arabie saoudit ....

4.Posté par Cheikh Tidiane Diop le 22/10/2007 11:26
VOUS TOUS LES JOURNALISTES ( FELICITATION) NOUS VOUS REMERCIONS BCP
GOOD JOB A TOUS
Il reste EUROPE

5.Posté par lamine paris le 22/10/2007 12:37
Reste alors les soi disant etudiant senegalaises vivant en europe, canada et usa

6.Posté par Wélé le 22/10/2007 13:08
Je ne suis pas tout à fait d'accord de la description que vous faites de la ville de Nouakchott. Par ailleurs, vous touchez ici un point sensible qui mérite une très forte réflexion. Je suis mauriatien, et la prostitution souvent très cachée, disons subtile, ne concerne pas que la communauté sénégalaise, comme vous semblez le suggérer, mais toutes les communautés nationales et étrangères.

Cela fait très bizzar, car je ne voyais pas la communauté sénégalaise sous cet angle. n'exagérons pas non plus. La majorité est là pour travailler honnêtement pour soutenir dignement leurs familles.

Fait un reportage sur l'autre partie qui travaille

7.Posté par coolio le 22/10/2007 13:08
c bien de parler de ce qui ce passe en mauritanie.
il serait opportun de faire une investigation au senegal et surtout à dakar

8.Posté par galsen le 22/10/2007 15:15
c est bien de parler mais il faut agir ce phenomene exxiste dans tous les pays surtout ici en europe les filles vivent en concubunage il yen a celles qui se font enceinter il y adu tout ici il faut en par ler aussi

9.Posté par sokho le 22/10/2007 15:24
Pourquoi des sénégalaises en mauritanie ?

Ce sont DES MAURITANIENNES qui sont trouvent au rond point madrid.

10.Posté par Babacar le 22/10/2007 16:39
Je suis d'accord avec wélé, la description que vous vous faites de Nouakchott, de la carte de la prostitution et des sénégalaises.
Quelle journaliste êtes vous? C'est n'importe quoi, moi je suis sénégalais d'origine qui a naquit et grandit à Nouakchott qui ne l'a quitté que pour 6 ans d'études à l'étranger.
Les sénégalaises sont connues ici pou leur dévouement à ce qu'elles font: la restauration, la couture, la coiffure, le petit commerce etc...
Les prostitués dont vous parlez au Ksar, Tevragh-zeïna et Carrefour Madrid sont des mauritaniennes de pures souches. Les Sénégalaises n'ont ni l'audace d'arpenter les rues ni le courage d'affronter la police qui rafle ce genre de femmes. D'ailleurs il n y a plus de boîtes de nuit dans cette ville. L'unique boîte qui marchait ici s'est vue fermée depuis quelques mois. C'est ce que vous faites qu'on appelle "prostitution journalistique".
A Nouakchott, tout le monde parle Wolof, cela ne signifie rien.

11.Posté par Vérités Rek le 22/10/2007 16:54
VOTRE REPORTAGE EST BIDON, sachez que vous n'apprenez rien aux senegalais. Pour votre prochain reportage dans le cadre de votre "prostitution " avec votre organe de presse, " retenez que c'est le plus métier du monde ". Revenez au SENEGAL et recherchez pourquoi et dans quelles dispositions et conditions ces bonnes femmes en soient arrivées là, et quelles solutions les autorités , les organisations ont trouvé pour éradiquer ou réduire ce fléau ? la prostitution est un fléau mondial, éviter à l'avenir de la régionaliser. Votre maniére d'en parler ressemble à de la prostitution intellectuelle( vous êtes une femme en plus...) ...LA PROSTITUTION en generale....c'est ça le bon sujet FRATERNELLEMENT

12.Posté par coco chanel le 22/10/2007 17:48
Réponse à lamine paris.
Dés qu'il un article un parle de prostitution de sénégalaises il y'en a qui s'en prenne tout de suite aux étudiantes d'europe. Pourquoi cet acharnement? Les sénégalaises ne sont pas toutes prostituées, partout ou il y'a des sénégalaises il y'en a qui font de la prostitution, mais il y'en a aussi qui se battent tous les jours pour s'en sortir. Ici en france il y'en a qui si lévent le matin à 4h pour faire du ménage de 5h à 7h puis de 18 à 20 ou 21h, alors qu'il y'a les cours à côté et je vous jure qu'elles assurent de ce côté. On aurait pu faire autrement, car celles qui le font n'ont pas forcément plus d'atouts physiques.
Le genre de commentaire que tu postes fait que l'on est mal vu. Et pourtant ici il y'a toutes les tentations, mais toutes les filles ne réfléchissent pas de la même façon, je suis peinée par ta façon de penser, même si partiellement elle est vraie.
En guise d'exemple pas mal de sénégalais préférent la facilité en europe et vendent de la drogue, et pourtant à côté il y'a des battants...donc il faut un peu faire la part des choses et ne pas cybler une catégorie de personnes dés qu'on aborde un sujet.

13.Posté par maguette le 22/10/2007 18:58
ce ki me fait mal c le mot senegalais ki est dedans.mais en tant k senegalaises c honteux.elles cherchent k la faciliter.felicitations aux journalistes.sa reste comme le dit aux autes

14.Posté par khad le 22/10/2007 19:03
J`en ai marre d`entendre des prostituees qu`elles font cette salete pour aider leurs familles.Gnoo gnak fayda et sen familles gueen nanou lenn demine.elles savent qu` apres la mort,elles resteront seules dans leurs tombes.KOU DEE SA BAMELLE.

15.Posté par F le 22/10/2007 22:24
Moi j'en sait quelques choses apres avoir vecu en mauritanie pendant quelques annees. Elles se font hebergees et payer par le "TATE" pour economiser leur argent. Etre une SENEGALAISE a NOUAKCHOTT c'est une pire honte. Meme si tu ne fais rien , on te met dans la meme sauce.
Que dieu les reconduit dans le droit chemin et pardonne leur leurs peches

16.Posté par lela le 23/10/2007 01:17
Pourkoi vs en melez les etudiantes senegalaises.elles st respectueuses.elles au moins ne semarient pas seulement pour les papiers

17.Posté par MOMLA le 23/10/2007 13:53
Mais franchement vous journalistes senegalais arreter un peu avec vos histoires qui ne font que detruire et salir la nation senegalaise .Dans tous les pays du monde il y'a la prostitution. Vous parlez de bureau église à Nktt mais pour votre information la pluspart des femmes se trouvant làbas sont des mauritaniennes et puis on s'en fou quoi il y'a plus urgent je pense c'est d'arrêter nos chefs d'état à dire oui tout le temps à ces vautours d'européens et autres

18.Posté par tapha le 23/10/2007 18:01
Quand on lit l'article on a l'impression qu' en mauritanie les femmes sénégalaises ne font que se prostituer or cela ne correspond nullement à la réalité. La majeure partie de la communauté sénégalaise en mauritanie s'adonne à des pratiques licites et gagne honnetement sa vie et même un mauritanien ou une mauritanienne serait étonné (e) de lire un tel article fait de surcoit par une journaliste sénégalaise. Il faut éviter de stigmatiser et généraliser des phénomènes de société d'autant plus que aissatou laye n'a aucune preuve de ce qu'elle avance sinon qu'elle procède par déduction à partir de faits qui lui sont présentés mais elle n'a jamais par exemple surpris une sénégalaise avec son client pour parler de prostitution.
et j'ajouterai pour terminer que la journaliste aurait dû également s'intéresser lors de son enquête aux sénégalaises qui travaillent honnêtement et très dur pour gangner leur vie et qui sont de loin les plus nombreuses en mauritanie, je trouve dommage qu'on aille jusquà nouakchott uniquement pour nous relater des faits divers et souvent invérifiables.

19.Posté par tapha le 23/10/2007 18:08
et puis j'aller oublier aissatou laye n'a pas le droit de publier des photos prises à l'insu même des concernées cela n'est pas déontologique des personnes qui n'ont rien à voir avec cette soi disant prostitution peuvent etre lésées et leur honneur bafouée alors qu'elles ont de la famille au sénégal

20.Posté par Mohamed le 24/03/2008 04:40
salut!!

je suis un Mauritanien , un Nouakchottois, et g eté vraiment choqué par ce article, .. en tant que Mauritanien(Naar)..lol g une autre image des sénégalais à NKTT....ce que je savais qu'a NKTT, que je onnais TB..la grande partie du gateau de la prostution est reservé par les Maghrebiennes, les Ghaneennes, et les russes!!...laissez donc cette Propagande et n'essayez pas de déformer l'image de nos soeurs senegalaises pour attirer des lecteurs...

21.Posté par MOUSTAPHA le 20/04/2008 19:17
bonjour je suis mauritanien(maure blanc ou naar) nouakchottoi vraiment j'ai été de voir ce sujet vulguer c pa vrai les sénégalaises c nos soeurs et en plus des musulmans pratiquantes et quand elles viennent dans notre pays c tout simplement pour travailler pour pouvoir gagner des sous et subvenir aux besoins de leurs familles et pauvres au senegal mais elles font pas de prostitution .Merci vive la MAURITANIE vive le SENEGAL

22.Posté par karl hans le 08/08/2008 18:50
je suis allemande vivant en mauritanie et je connais beaucoup des senegalaises
qui font la prostitution a nouakchotte dans les villas luxe dans les auberges sur les plages

23.Posté par zaki le 05/09/2008 00:19
chui mauritanien cet article est 100 pour 100 exact c mm pas lapeine d aller trop loin pck les senegalaise se prostitue publikement dans leur propre pays!!! et bien c normale k elle parte ailleur parce kelle non + de place chez elles c drole kan mm!!!

24.Posté par Babtoo bangala le 23/12/2008 17:16
Comme dans bcp de pays d'Afrique, il y a de la prostitution : rien d'anormal !Je vis à Nouakchott où la prostitution reste très cachée...S'agissant du bureau église, je pense que le journaliste va un peu loin en besogne : il n'y a pas que des prostituées là bas.
Moi même, je ne suis pas contre entrettenir un deuxième bureau s'il est discret et joli : james_leku@hotmail.fr

25.Posté par ethmane le 18/04/2009 18:52
les femmes sénégalaises sont des putes elles veullent transsmaitre le virus du sida a nos jeunes et cela n'est pas manifestement interdit.


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