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PENURIE ET SPECULATION - UN PRODUIT DANS TOUS SES ETATS : Une mafia happe le ciment

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Avoir du ciment à la Sococim relève d’un miracle. Il faut casquer fort pour en disposer. Mais, le produit le plus prisé actuellement, ce sont les bons programmés à la livraison du jour. Or, ce canal est la propriété d’une poignée d’hommes bien introduits dans un système bien verrouillé. D’où la hausse du prix du produit.



PENURIE ET SPECULATION - UN PRODUIT DANS TOUS SES ETATS : Une mafia happe le ciment
Les alentours de l’usine de la Sococim gouillent de camions et des va-et-vient incessants d’affairistes autour du ciment. Les camions stationnés le long de la route cabossée sont recouverts de bâches à travers lesquelles l’on peut percevoir les sacs de ciment arrimés. Une file de camions sortent de l’enceinte du pont-bascule. Cependant, en observant la fréquence de chargement des camions, l’on ne peut imaginer une pénurie de ciment. Mais, il suffit de manifester un intérêt pour le produit pour qu’une marée de rabatteurs s’éjectent des rochers sur lesquels ils sont assis à l’ombre des arbres pour proposer des prix. Et le marchandage de commencer. Comme s’ils se sont donnés le mot, ils ne fixent pas la tonne à moins de 70 000 Cfa. «Il n’y a pas de ciment. Alors, les prix sont ce qu’ils sont. A prendre ou à laisser», tranche un homme d’une quarantaine d’années. Et les intéressés d’entamer des discussions.

Malgré cette inflation, des commerçants ne se privent pas de débourser pour s’offrir le ciment. Et les camions quittent les lieux à un rythme régulier. «D’ici 30 minutes, tous les chargements seront épuisés et vous serez obligés d’attendre encore demain pour vous approvisionner», prévient un rabatteur à un client indécis.

Mais, le marché noir est encore plus sombre dans les locaux du service commercial. Là, on ne vend pas de ciment mais, des bons à enlever. Les quelques personnes qui possèdent des bons à livrer pour le jour, sont sollicitées. C’est le cas de M. Guèye qui se pavane avec ses trois bons de 70 tonnes chacun et livrables dans la matinée. Les nombreuses offres qui lui sont faites ne l’agréent pas. «Je demande 200 000 francs pour chaque bon», signale-t-il à un demandeur. Et ce dernier de rétorquer : «A combien je vais vendre la tonne ? Je peux vous donner 150 000 sur chaque bon. Vous devez me le vendre car, je suis un client.» Les discussions n’aboutissent pas, jusqu’à ce qu’un homme de race blanche vienne y mettre le prix. Les deux compères se retirent derrière le bâtiment pendant quelques minutes, avant d’en ressortir avec chacun, un large sourire. Le rabatteur s’introduit dans les locaux du service commercial et revient avec un autre lot de bons programmés pour la livraison du jour. A côté, d’autres privilégiés font leurs affaires discrètement.

Ce système de vente est devenu la mode à la Sococim depuis quelques, temps. Un commerçant explique : «Il y a des gens qui n’ont pas de ciment, mais qui disposent de bons de ciment payés et déjà programmés pour la livraison du jour. Il faut avoir des entrées ici pour en bénéficier. C’est le document le plus prisé actuellement en ce sens qu’on est sûr d’avoir du ciment dans la journée. Et comme le circuit de la programmation a ses réalités, il vaut mieux passer par ces canaux que d’attendre plus d’un mois dans le circuit habituel.» En conséquence, «il y a une race de personnes qui peuvent avoir plus de 500 000 francs par jour sans se fatiguer, au moment où les commerçants trinquent en attendant que leur ciment soit livré. D’ailleurs, il suffit de consulter les feuilles de livraison ou le programme de chargement des camions, pour s’apercevoir que ce sont les mêmes personnes qui sont programmées tous les jours», peste un autre.

A ce moment, le couloir du service commercial est envahi par des commerçants venus réclamer leurs bons de livraison. Pendant que le directeur commercial, El Hadji Guèye, se réunit avec ses agents. «J’étais en voyage et, à mon retour, j’ai trouvé cette situation de hausse. Je me concerte avec les commerciaux pour savoir ce qui se passe et voir les solutions à prendre», explique-t-il à sa sortie. Pourtant, malgré les mesures annoncées, le marché noir bien bétonné par ses animateurs, continue de produire ses recettes aussi bien dans la cour du service commercial qu’aux alentours de l’usine, transformés pour l’occasion, en une bourse des valeurs du ciment.


Ndiaga NDIAYE
Source: Le Quotidien

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Mercredi 18 Juillet 2007

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