Référence multimedia du sénégal
.
Google

PATRICK MESTRALLET Administrateur de la CBAO: « Mimran a vendu la banque parce que… »

Article Lu 11927 fois

Après sept ans passés au Sénégal à la tête de la Compagnie bancaire de l’Afrique occidentale (Cbao), Patrick Mestrallet rejoint le Groupe de la Banque atlantique à Koubassi (Côte d’Ivoire). Avant son départ, il a tenu à préciser un certain nombre de choses concernant sa démission. Son face à face du lundi 09 juin 2008 avec des journalistes, a été une occasion pour expliquer les raisons qui ont poussé Jean-Claude Mimran à vendre la Cbao, les conséquences de ce rapprochement, le faible taux de bancarisation ….



PATRICK MESTRALLET Administrateur de la CBAO: « Mimran a vendu la banque parce que… »
Pourquoi vendre la Cbao. « Sur la fusion ou le rapprochement avec Attijaribank, Mimeran a vendu 80 % de ses parts du capital et il y a l’intégralité de ses intérêts. Donc il a complètement quitté le secteur bancaire aujourd’hui au Sénégal et partout d’ailleurs parce qu’il n’avait pas d’autres sociétés bancaires. Il se recentre sur ses activités industrielles mais il ne quitte en rien le Sénégal où il investit et conforte sa position. Il a vendu la banque parce qu’il était arrivé dans les années 1990 quand la Cbao allait mal. On voit bien que depuis 1990, c’était relativement long avant de décoller. Au début, c’était un peu reparti mais par la suite c’était retombé. Depuis 2001, on avait largement redressé la banque. On l’a fait croître de façon importante et au rythme le plus élevé de toutes les banques de l’Afrique de l’Ouest à la fois par le total bilan, sur le résultat net, sur le Pnb, les emplois, etc. Tout ceci a augmenté de façon assez rapide tout en maintenant un taux d’exploitation bien meilleur de tout ce qui se fait dans la sous-région. Donc, il existait un homme d’affaires qui redonnait à la banque qu’il avait achetée à la demande des autorités, de l’époque, sa première place, une bonne rentabilité et en même temps la compétition était de plus en plus dure. On ne pensait pas que les résultats allaient continuer à un rythme aussi élevé. Comme il était sollicité par des groupes importants étrangers à savoir Attijariwafabank mais aussi des groupes nigérians. En termes de délai, Mimran avait plutôt commencé avec les Marocains et je crois qu’il préférait travailler avec ces derniers plutôt qu’avec les nigérians qu’il connaissait moins. Du coup, il y avait une situation à la fois favorable et un moment où il fallait envisager de vendre parce qu’on avait une taille difficile à gérer en dehors d’un groupe plus important. Donc, il y’avait la rencontre de l’offre et de la demande. Les Marocains ont racheté la banque. Ils sont présents sans avoir décidé de changer beaucoup de choses à l’intérieur, dans tous les cas pas trop vite. Il faut rappeler qu’ils avaient déjà implanté Attijariwafabank Sénégal, avant de racheter la Banque sénégalo-tunisienne. Ils ont créé Attijaribank Sénégal et maintenant on est entrain de s’affairer au rapprochement entre l’ex-Bst et la Cbao ».

Rapprochement ou absorption ?

« Juridiquement c’est une absorption de Attijaribank par la Cbao. Ce qui ne veut pas dire qu’on va continuer à s’appeler Cbao. Peut-être qu’on s’appellera Attijaribank Sénégal. Il n’y vraiment rien d’étonnant. Lorsqu’on parle d’absorption, cela veut dire qu’on va conserver l’ensemble de notre système d’information. Tous les clients d’Attijaribank vont être transférés sur notre système d’information. Notre système de gestion de portefeuille sera réparti comme il le faut. Ensuite, il y aura redistribution et reformatage des équipes pour faire en sorte d’être plus efficace encore. On a également des clients en commun, pas énormément mais on a des clients professionnels qui sont aux environs de 400 qui peuvent être de gros comme de petits clients. Il faut bien traiter ça. Ce qui demande du temps. Je crois que les équipes sont très mobilisées là-dessus. Il y a également les questions des salaires et des rémunérations du personnel qui sont examinées. Je pense que tout ceci devrait être juridiquement terminé au mois de septembre avec l’autorisation de la Banque centrale. Et pratiquement terminé au premier trimestre 2009 ».

Le plan social

« Une comparaison a été faite notamment dans le domaine de la Direction des ressources humaines et le plan social entre les avantages qui existaient avant. Évidemment, dans ce cas de figure, on s’allie toujours àr l’avantage le plus élevé. Ce qui sera favorable pour le personnel de l’ex-Bst parce que les rémunérations et les avantages sociaux étaient meilleurs à la Cbao. Maintenant, localement sur tel ou tel point, il se peut que ce soient les gens de la Cbao qui vont en tirer bénéfice. Tout ceci se passe bien parce qu’il y a un bon esprit dans le rapprochement. C’est motivant de voir qu’on va construire quelque chose qui sera beaucoup plus grand et plus fort demain. Pour le rapprochement, tout a été présenté comme quoi, il ’y aura pas de plan social. Mais, il y a des développements qui sont envisagés. Pour tout ce qui est exploitation, il n’y a vraiment aucun risque. Pour ce qui est de l’administration, c’est vrai qu’on n’aura pas besoin, par exemple, de multiplier les comptables. Là, je pense qu’il y’aura des propositions qui seront faites par le groupe soit en changeant la direction en disant que les comptables aillent dans l’exploitation selon les besoins. Soit le groupe à l’intention de se développer sur l’international notamment en Mauritanie. Peut-être qu’ils demanderont à certains responsables de la Cbao, s’ils le ne veulent pas partir dans ce pays-là ».

Les raisons de la démission

« Tout le monde sait que je m’entendais très bien avec Mimran. Il y’avait une confiance très forte de l’un envers l’autre. Ce qui fait que sur tout ce qui est dossier crédit et autres, quand je pensai que je devais faire quelque chose et très vite, je le faisais pour lui en parler après. Donc on a pu travailler en toute confiance. Dès que les gens ont su que la banque était vendue et que Mimran partait, beaucoup de nos concurrents m’ont approché en me disant que puisse que vous allez intégrer un groupe international plus lourd, plus compliqué et est-ce qu’on peut parler avec vous. Il y a eu des propositions intéressantes qui sont arrivées. Malgré tout, pour tenter une nouvelle aventure, pour moi, il est plus intéressant de reprendre en changeant complètement d’employeur plutôt que de rester dans le même bureau. C’est la raison pour laquelle il y’a eu une proposition intéressante du groupe de la Banque atlantique en Côte d’Ivoire et non au Togo comme l’avancent beaucoup de gens. C’est la Côte d’Ivoire précisément à Koubassi. Ce n’est pas parce que je ne suis pas content que je quitte le Sénégal. Il y a une opportunité qui se présente en un moment où ça tombe bien. C’est vrai que, après avoir passé sept ans au Sénégal, il y’a des choses bien comme moins bien. Cela dit, j’ai reçu certaines propositions avant même la sortie de l’autorisation de la banque centrale qui a été signée en novembre et la notification par le ministère des finances ».

Pourquoi n’avoir pas attendu la fin du rapprochement

« J’ai pas attendu la fin du rapprochement pour partir parce que quand vous avez une opportunité, les gens ont besoin de vous maintenant. J’aurai pu attendre mais peut être que je n’aurai pas la même offre. Plus vous êtes dans une grande banque, plus vous avez un rôle à jouer. C’est-à-dire, vous allez voir les clients, tourner avec eux, visiter leurs usines et essayer de comprendre leurs besoins et trouver des solutions. C’est en fonction de ça qu’on a la croissance réalisée. Et c’est ça qui m’intéressait vraiment. Donc le fait de dire qu’on est à la tête de la plus grosse banque de l’Afrique de l’Ouest, ça peut être bizarre pour certains mais pour moi c’est possible. Je dois quitter la banque dans la deuxième quinzaine de juillet ».

Le coût du rapprochement

« J’ai pas le chiffre exact mais le rapprochement a des coûts qui ne sont pas évidemment programmés dans l’affaire. Donc, il faudra que quelqu’un le paye et ça doit engendrer pour cette année, une petite augmentation des coûts qui va entraîner une diminution du résultat net.

En termes de chiffres, la Cbao a gagné 11 milliards de FCfa cette année et Attijaribank quatre milliards de FCfa. Pour la taille, on fait 450 milliards de FCfa de total bilan et Attijaribank 134 milliards de FCfa. Avec les augmentations, ça fera en gros environ 600 milliards de FCfa. Là on est au-delà de la Sgbci, en Côte d’ivoire. L’année dernière on était à 40 milliards de FCfa de cette dernière banque. En fin d’année, on a une opération nécessaire de onze milliards de F Cfa. On avait un prêt bancaire avec la Citybank qu’on devait rembourser puis renouveler le 31. ce qui a été fait parce que la banque centrale permet ce taux ».

Faible taux de bancarisation

« Après sept ans de présence dans le secteur bancaire sénégalais, je peux dire que c’est un secteur qui s’est dynamisé. Quand, je suis arrivé, je constatais que personne ne s’agitait. Tout le monde était resté sur ces positions. Par la suite ça s’est dynamisé parce qu’on voit qu’il y a des agences partout. Pour le taux de bancarisation, il faut remonter toute l’histoire de la banque. Quand vous prenez les banques européennes ou marocaines, les gens ont cherché à booster la bancarisation en ouvrant des agences partout sans investissements complémentaires. En début des années 1950, la monétique a fait son apparition avec l’arrivée des cartes. Nous, on fait exactement les deux en même temps. Il y’a à la fois des agences qui sont des bâtiments qui coûtent 250 millions de FCfa. C’est quand même des investissements et des emplois créés. En même temps, il y a des distributeurs de billets avec les normes de sécurité. C’est vrai que si le taux de bancarisation ne suit pas très vite alors dans ce cas-là peut être qu’on a des taux qui sont supérieurs à ce qu’on peut trouver ailleurs. Aujourd’hui, avec la banque centrale, on a des taux à 95 % alors qu’en Europe on est à 3 %. Le développement du taux de bancarisation peut entraîner un développement économique mais il est surtout la conséquence de ce développement économique. Nous à la Cbao, nous avons un agrément pour une filiale de micro finance. Si on prend entre 2001 et 2007, le taux moyen de rémunération de micro-crédit, le montant des intérêts et le montant moyen des encours ont baissé de 40 %. C’est le seul secteur au Sénégal où l’on a vu des taux baisser pareillement sauf peut être les télécommunications. Mais ça remonte un peu du fait du manque de liquidité avec la dette publique. L’État est entrain de prendre des mesures pour que la hausse des taux ne soit pas durable ».

Source: Sud Quotidien

Article Lu 11927 fois

Jeudi 12 Juin 2008





1.Posté par dread le 12/06/2008 16:55
Cela dit, bientôt la gestion de la totalité des finances sénégalaises sera gérée par les marocains. L'Etat devra imposer aux banques d'ouvrir leur capital aux nationaux, ne serait-ce pour leur permettre d'y détenir des actions. A mon avis c'est un peu risqué.

2.Posté par lik le 12/06/2008 23:54
je pense comme toi Dread. ce ne serait pas mal que les autorités monétaires obligent les banques à ouvrir leur capital aux citoyens de l'UEMOA en faisant une introduction en Bourse. cela pourrait même booster les activités de la Bourse

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State