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PASSATION DE SERVICE A L’UNION AFRICAINE : LES 3 MILLIARDS DETOURNES AU SOMMET DE DAKAR PASSES SOUS SILENCE

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Sept millions de dollars, soit plus de trois milliards de nos francs ont été détournés lors du sommet des intellectuels de la Diaspora tenu à Dakar en octobre 2004. Un problème dont la passation de service entre Alpha Oumar Konaré et Jean Ping a évité, soigneusement, de parler. Du moins en public.



PASSATION DE SERVICE A L’UNION AFRICAINE : LES 3 MILLIARDS DETOURNES AU SOMMET DE DAKAR PASSES SOUS SILENCE
Le gouvernement éthiopien a organisé, samedi dernier, une cérémonie d'adieux en l'honneur du président sortant de la Commission de l'Union africaine, l'ancien président malien Alpha Oumar Konaré. M. Konaré, 62 ans, qui a dirigé la Commission de l'Union au cours des cinq dernières années a passé le flambeau à son successeur nouvellement élu, M. Jean Ping du Gabon. Au cours de cette cérémonie, selon ce que l’on en apprend des dépêches d’agences, le fâcheux sujet relatif au détournement de fonds opéré lors du sommet de la Diaspora qui s’était tenu à Dakar en 2004 a été occulté. Mais, il se susurre que, dans les coulisses de la cérémonie, les convives n’ont pas manqué de rappeler ce sulfureux dossier encore non élucidé. En effet, après le sommet des intellectuels de la Diaspora tenu à Dakar du 7 au 9 octobre 2004, il a été révélé des actes de prévarication dont l'énonciation du montant donne froid au dos. Parce que, pour un sommet devant durer deux jours, les organisateurs n'avaient pas lésiné sur les moyens pour se garnir la table. Et ce sont, tenez-vous bien, 7 millions de dollars qui se sont volatilisés dans la nature. Cet argent, prélevé sur les ressources déjà maigres de l’Union africaine, s'est évaporé sous forme de surfacturations de la part des organisateurs de cette rencontre. Dans cette affaire, une petite agence de voyages sud-africaine avait servi de société écran pour des détournements colossaux. La salle de conférences du Méridien Président où se tenait la réunion aurait été louée à 250 millions de francs Cfa alors que le coût réel est de... 1 million de francs Cfa. Des avions avaient été spécialement affrétés pour faire des aller-retour entre le Sénégal et le Maroc, y prendre les mets destinés à rassasier les appétits princiers de nos hôtes. Il se raconte même qu'un avion a dû changer ses plans de vol et rebrousser chemin pour... prendre de la sauce oubliée quelque part au Maroc. Le sommet du G 8 qui regroupe les huit nations les plus économiquement et militairement viables n'aurait pas fait mieux dans la folie dépensière. Et dire que ce ne sont pas des ressources humaines hautement qualifiées en matière de gastronomie qui manquent au Sénégal.
Bien que des têtes soient, semble-t-il, déjà tombées au siège de l’institution à Addis Abeba, la gravité de cette indélicatesse reste entière. C’est d’autant plus grave que cela est arrivé à un moment où l’Union africaine, à l’instar de ses pays membres, est toujours à la recherche de fonds pour vivre. Disons, pour survivre. Et, comble de paradoxe ou d'ironie, incapables d’honorer leurs cotisations statutaires, les pays membres se permettent le vilain luxe de détourner l’argent de bailleurs étrangers. C’est encore l’Afrique, peut-on dire, non sans un brin de fatalisme. Fait hautement plus déplorable, des chefs d’Etat africains ont œuvré à étouffer l’affaire dans l’œuf. Une fois de plus, n’eût été la ténacité du président sortant Alpha Omar Konaré, ce détournement de plus de trois milliards de nos francs, ne serait jamais su comme d’autres sombres ponctions opérées à vue dans les caisses peu garnies de l’Union. Le Sénégal qui a servi de cadre à ce détournement des plus scandaleux traîne les pieds pour s’engager dans la voie de l'identification et, le cas échéant, de la sanction de ses fonctionnaires, agents ou simples prestataires de service qui auraient trempé dans cette mélasse.

Ibrahima ANNE

Source: Walfadjri

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Mardi 29 Avril 2008





1.Posté par Saliou Diouf le 02/05/2008 17:03
Ce dossier qui parait si anodin (trois milliards seulement diront les habitués à/de la corruption africaine) est d'une importance capitale dans ce qui serait pour nous un engagement africain à lutter ouvertement contre la corruption. Alors que j'ai toujours porté beaucoup de foi, sur l'intégrité de Monsieur Konaré, sentiment que je garde vivant à son égard, j'espère qu'il trouvera même aprés son départ, les moyens d'induire une volonté de solution à ce soupçon. C'est à tous les niveaux africains que les africains-africains doivent désormais mener le combat contre cette corruption qui est notre drame le plus marqué et le plus marquant. Il implique le sens de notre dignité à travers laquelle nous sommes perçus par le reste du monde. Mêmes si les autres parcelles de l'humanité avaient un droit à la corruption, l'Afrique de ce matin se devrait de refuser un tel droit. En effet, le sens des valeurs communautaires anti-élitistes qui colorent et imprègnent les valeurs de l'Afrique profonde, ne sont pas en phase avec l'idée même de corruption. Mais hélas l'état de nos aliénations est tel que l'Afrique oeuvre souvent loin des intérêts de l'Afrique. Pour tout résumer, l'Afrique devrait pour le moment et de manière très urgente, créer des ministères puissants pour lutter contre la corruption. Aucun ministère actuel, ne peut en effet se valoir d'une utilité publique plus importante, que celle destinée à un tel ministère.
Combien coûte journalièrement la corruption à l'Afrique? A 59 ans, je suis le cadet de 3 ans de Monsieur Konaré et l'aîné d'au moins 10 ans de Idrissa Seck, mais je ne me rappelle pas avoir consommé un seul franc issue d'un acte délictueux. Docteur en sciences humaines j'ai toujours travaillé en France où le système ne fait aucun cadeau à un africain panafricaniste. Je vis difficilement mais avec dignité, avec famille ici et en Afrique. Ce qui est le cas de tous sinon du plus grand nombre des fils de l'Afrique dispercés hors d'Afrique. C'est ce qui me laisse percevoir qu'un africain digne de ce nom peut et doit vivre loin des sphères de la corruption. Dans l'immigration, nous n'avons pas de préoccupations corruptionnelles. Pourquoi ceux qui ont en charge nos pays si heurtés par l'histoire, devraient continuer à accepter cet inacceptable? L'état de délabrement de nos économies et notre devoir de relever la tête devant le reste de l'humanité, nous l'imposent. Cette volonté qui nous manque, de lutter contre la corruption, ouvertement, me laisse croire que c'est mal foutu pour nous tous. Il n'y a plus d'espoir car tous les jeunes et les gouverneurs d'Afrique diront avec une forte majorité, en me lisant, il est fou ce gars là. Les fous sont tous morts ou bien èrent-ils "invisiblement" dans les rues de nos quartiers résidentiels ou dans le vent, pendant que les vrais fous dilapident les fortunes africaines hors des rives de notre continent. Leaders africains, il est encore temps de se ressaisir. Wa salam!

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