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PARTI DÉMOCRATIQUE SÉNÉGALAIS : Un avenir à inventer

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Le Parti démocratique sénégalais au pouvoir depuis mars 2000 entame une nouvelle bataille. 2012 sera plus qu’une simple élection. 2000 a été une opération de conquête du pouvoir, 2007 celle de la confirmation, mais en 2012 la présidentielle sera, pour le camp libéral, un combat pour la suprématie. Si, en effet, les Sénégalais choisissent le candidat du Pds pour une troisième fois d’affilée, il faudra se résoudre à accepter la prééminence du projet libéral sur les ambitions qui s’élaborent, essentiellement, au sein de la coalition Bennoo Siggil Senegaal. La lutte s’annonce, cependant, très âpre face à une opposition revigorée par la conquête de plusieurs grandes villes lors des dernières consultations locales du 22 mars dernier.



PARTI DÉMOCRATIQUE SÉNÉGALAIS : Un avenir à inventer
L’élection présidentielle de 2012 sera aussi un vin d’honneur pour fêter le départ de la scène de certains leaders qui ont écrit, par une présence vigoureuse sur la scène politique, de belles lignes sur le grand livre de notre histoire. Ce sera le cas du président sortant, candidat de la majorité, dont ce pourrait être la dernière participation comme candidat à une compétition de cette nature. Sa dernière sortie, à Thiès, scellant le retour définitif de Idrissa au Pds, a ému ses partisans qui y ont lu un discours d’adieu. Pour rappel, le secrétaire général national du parti libéral avait expliqué les « raisons profondes » de sa volonté de réunir sa famille politique, estimant qu’un bon père de famille, surtout d’âge avancé, doit préparer ses enfants avant sa disparition (sic). Car, avait-il poursuivi, il souhaite leur léguer un parti sécurisé et avoir la certitude que son œuvre sera poursuivie et que son parti « restera au pouvoir pendant au moins cinquante ans ».

Mais comment donc sécuriser une formation politique qui s’est muée, au fil du temps, en tour de Babel. Les libéraux se sont mis à parler des langues différentes, incompréhensibles pour eux-mêmes et plus encore pour l’opinion, depuis que l’éventualité de la retraite politique de leur leader est évoquée. C’est pourquoi la candidature de Me Wade a été accueillie comme une planche de salut. Elle met fin à la guerre des tranchées et renvoie la question du dauphinat à plus tard. Jusqu’à quand le Pds pourra-t-il esquiver la délicate question de la dévolution du pouvoir en son sein ? La présidentielle qui s’annonce est un rendez-vous entre un homme et le peuple, siège de la souveraineté. Mais la validation d’une offre politique, fût-elle celle de Me Wade, ne résout pas pour autant l’épineuse question de la succession. Car le scrutin de 2012 fermera une séquence dans la longue marche du Pds, mais elle en ouvrira une autre pleine d’incertitudes.

Au-delà des combinaisons et des alliances, des grandes manœuvres et des petites trahisons, il faudra, tout de suite après, se préparer aux échéances futures. Or, le Parti démocratique sénégalais renvoie, abstraction faite de la présence fédérative de son secrétaire général national, l’image d’une arène où chaque écurie s’attelle uniquement à fabriquer qui son bélier, qui son beffroi pour s’emparer de la citadelle bleue. Il faudra, pourtant, à ce parti, apprendre à vivre sans Wade. Le président y a finement invité ses fidèles à Thiès, mais a-t-il été entendu ?

De fait, ce parti est à ce point wado-dépendant que la simple évocation d’un après-Wade provoque une forte poussée d’adrénaline. Garder le pouvoir pendant cinquante ans après son actuel leader suppose pourtant des concessions et des compromis. Comment alors taire les différences pour l’objectif de conservation du pouvoir que Wade a assigné à ses disciples ? A défaut d’un dauphin désigné, comment organiser la transmission du pouvoir sans fractionner un parti qui bruit d’ambitions multiples ?

Pourtan la question a déjà été évoquée dans les officines libérales. Trois cas de figure semblent se dégager :

1. Le pari de la collégialité

Certains responsables libéraux comme Modou Diagne Fada, Aliou Sow et Babacar Gaye ont théorisé une coexistence de courants indépendants au sein du Pds dont les têtes de file conviendraient de « confier » les rennes de la formation libérale à une direction consensuelle, non plus incarnée par un leader charismatique, mais par une équipe. Dans l’entendement de ces responsables, il n’existe pas au Pds d’homme providentiel en dehors de Me Wade. Tous les autres tirent leur légitimité de la confiance que veulent bien placer en eux les militants du parti. Instruits des déboires vécus par les différents numéros deux qui se sont tous cru rois à la place du roi, ils pensent que c’est là le meilleur moyen pour les uns et les autres de se surveiller, voire de se neutraliser pour ôter toute envie à quiconque voudrait modeler leur parti en fonction de ses ambitions.

Modou Diagne Fada qui semble être la tête file de cette « école », connaît le Pds tome par tome, cote par cote. Son opposition à Macky Sall qu’il soupçonnait de placer ses hommes lors des investitures aux dernières législatives lui a permis de se peser et de s’inventer un destin autonome au sein de sa formation. Sa liste « Waar wi » présentée sur l’ensemble du territoire lui avait permis de se retrouver avec trois députés à l’Assemblée nationale. Suffisant pour se convaincre qu’il ne pouvait lier sa bonne fortune à aucune autre après Wade.

Cette option présente cependant les limites de sa prudence. La République n’agrège pas les numéros de composition qui sortent des laboratoires politiques. Une fois qu’un homme est élu à la tête de l’Etat, le rôle de son parti perd en consistance. Et, dans un régime présidentialiste comme le nôtre, le Pds devra forcément faire émerger de son sein un leadership suffisamment fort pour rallier le maximum de suffrages. Aussi collégiale qu’elle puisse être, la direction du Pds devra se ranger derrière une candidature. Comment éviter alors qu’au contact du pouvoir le candidat choisi ne perde ses bonnes résolutions pour tenter une échappée solitaire ?

2. Un candidat connu d’avance

Le retour de Idrissa Seck au Pds est porteur d’interrogations multiples. L’homme, que l’on sache, n’a pas renoncé à son Opa sur le parti de Me Wade. En tout cas, il n’est jusqu’ici pas revenu sur son ambition de succéder à son mentor. Le maire de Thiès qui se pose en rassembleur de la famille libérale, a déjà mis en garde contre toute «  autorité autre que celle du chef de l’Etat ». Après le non-lieu prononcé en mai dernier, il a été très clair : « Qu’il n’y ait aucune équivoque ni aucune ambiguïté là-dessus, je suis déjà candidat à la station de quatrième président de la République du Sénégal ». Cinq mois, c’est très peu pour changer d’avis.

La politique n’est pas une prévision météorologique. Ce n’est pas non plus une addition de certitudes. « Le présent », écrit André Gide, « serait plein de tous les avenirs, si le passé n’y projetait déjà une histoire ». Et Idrissa Seck, qui se propose un unique avenir (celui de président de la République du Sénégal), a, hélas ! un passé. Il semait la fortune dans la maison de ses amis et réservait aux autres - pas forcément ses adversaires - l’insuccès. L’édile de la ville de Thiès a, en vérité, cultivé de solides inimitiés au sein de la formation qu’il retrouve. Le 12 janvier 2009, après sa conférence de presse tenue à la permanence du Pds et qui devait consacrer son retour parmi les siens, plusieurs voix se sont tout de suite élevées dans ce parti pour s’opposer à une telle éventualité. La « Génération du concret » avait alors publié un communiqué pour refuser toute alliance avec l’ancien Premier ministre. Pourra-t-il rassurer tous ceux qui, pour une raison ou une autre, ont ardemment combattu l’idée de son retour dans le parti ? Rien n’est moins sûr.

D’ailleurs, la Gc sera la plus grosse épine sous les pieds de Idrissa Seck. Depuis l’obtention de son récépissé en juin 2007, cette structure a pris beaucoup de consistance au sein du Pds. Nombre de responsables de cette formation et de ministres du gouvernement s’en réclament ouvertement. Il étend ses tentacules de jour en jour au point de bousculer la formation libérale dans ses certitudes. Et, au vu du travail d’amplification abattu depuis deux ans par les « concrétistes », il serait surprenant que ceux-ci déroulent le tapis rouge à l’ancien Premier ministre.

3. L’arbitrage du congrès

Le meilleur moyen pour le Pds de réinventer son avenir passera sans doute par un congrès. Celui-ci réglerait la question de la dévolution du pouvoir avec des règles acceptées par tous. Une sorte de primaires qui autoriseraient l’affirmation des ambitions et détermineraient le poids des uns et des autres. Cheikh Diallo, présenté dans la presse comme l’un des théoriciens de la Gc avait mis le doigt dans la plaie dans un « guest edito » paru dans nos colonnes.

« Après plus d’un quart de siècle, il manque à cette institution de la démocratie sénégalaise (Le Pds, ndlr), une bonne perfusion de sérum démocratique dans les artères et les veines. En vérité, chez les « Bleus », le scrutin d’appareil partisan n’est pas encore le passage obligé. En conséquence, il leur manque un mode, un instrument et même un mécanisme incontestable de sélection. Bref, il y a un besoin de filtre démocratique. Cette dévolution très démocratique donnerait une légitimité d’appareil aux responsables qui seraient élus à la base, du fait de la commune volonté des militants. »

Le congrès devrait jouer ce rôle de « sérum démocratique » et permettre au Pds, face à la montée des périls, de s’assurer un futur.

Par Sidy DIOP
Source Le Soleil

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Samedi 14 Novembre 2009





1.Posté par pythagore le 14/11/2009 14:05
nul, vraiment nul. Lavage de cul

2.Posté par elimane-usa le 15/11/2009 07:36
La GC peut jouer un role dans la massification du PDS. Mais si l'on tient compte des dernieres elections et de la realite politique au Senegal, ce mouvement n'a ni l'experience, ni la maturite encore moins l'aura pour jouer les premiers roles. Tant que ses dirigeants et membres comprendront et accepteront leurs lacunes, ils seront un frein a un PDS fort. Les postes ministeriels et autres largesses n'y feront rien.

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