A 16h 30 minutes, le salon d’honneur de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar est pris d’assaut par de nombreux photographes et cameramen. Il faut se munir d’un badge de sécurité distribué avec parcimonie pour accéder à l’intérieur. L’actrice indienne Pallavi Kulkarni de la série « Vaidehi », entourée d’un comité d’accueil conduit par le directeur de la 2Stv, El Hadj Ndiaye, sourit devant le crépitement des flashs. La jeune femme lance un « Namasté Sénégal ! » pour dire bonjour à la foule. Elle répète deux fois la formule de salutations avant d’être invitée par le traducteur à dire un mot à l’endroit de la presse. « Je suis vraiment contente. Je n’ai jamais vu un tel engouement dans tous les pays que j’ai visités », dit-elle, radieuse. Habillée très relaxe, une montre au poignet et de sobres boucles d’oreilles comme accessoires, l’actrice salue les efforts de ceux qui ont permis sa venue au Sénégal. La célèbre série « Vaidehi » dans laquelle elle incarne l’actrice principale dénonce les violences faites aux femmes dans le mariage, selon Pallavi Kulkarni qui dit être contre ce fait. Après son speech, elle lance un « Shukran » en guise de merci avant d’être conduite dans la salle réservée aux ministres et autres personnalités. Le temps pour les organisateurs de remettre de l’ordre dans le hall du salon d’honneur, la voilà qui sort toujours entourée de son comité d’accueil.
A l’extérieur, c’est le délire. Dès que la petite frimousse de Pallavi Kulkarni est aperçue par la foule massée devant l’entrée du salon d’honneur, une clameur et des cris d’hystérie fusent de partout. De nombreuses jeunes filles sont là depuis des heures. Certaines sont habillées en sari indien de couleur rouge ou rose. Elles sont venues de Yoff, de Pikine, des Parcelles Assainies, d’autres quartiers de Dakar ou des environs de l’aéroport. Elles ne peuvent plus se retenir, lançant des cris stridents : « Vaidehi ! Vaidehi ! ». Elles agitent des posters à l’effigie de Pallavi Kulkarni. Accueillie en star, l’actrice indienne agite les mains vers elles avant de s’engouffrer dans un imposant véhicule Hammer, version limousine, affrété pour la circonstance. La voiture, précédée de motards de la Gendarmerie nationale, tente tant bien que mal de se frayer un passage au milieu de la foule massée derrière des barrières et devenue subitement incontrôlable. Quelques filles sont presque en transe, d’autres tombent carrément dans les pommes, gagnées sans doute par un trop plein d’émotions. C’est dans cette ambiance de folie et sous les cris hystériques des jeunes fans que le convoi de l’actrice s’ébranle en direction du centre-ville. Le cortège passe par la route de l’aéroport avant de bifurquer sur la Vdn. L’héroïne de la série indienne, debout dans le véhicule, agite les deux mains pour saluer la foule massée tout le long du trajet. Ce n’est qu’une fois sur la Vdn que le cortège accélère pour rouler à vive allure en direction du centre-ville. La fièvre commence alors à quitter les admirateurs laissés loin derrière. Au milieu de cette ambiance de folie, de cette bousculade pour voir de plus près la star indienne, certains ont perdu leur portable, d’autres une paire de chaussures ou un porte-monnaie. En séjour au Sénégal jusqu’à la fin de la semaine, Pallavi Kulkarni va assister à la projection publique du dernier épisode de la série « Vaidehi », ce téléfilm à succès qui raconte l’histoire d’une jeune fille de 21 ans issue de la classe moyenne, qui rêve de devenir l’épouse d’un prince charmant et fonder une famille. En épousant Aryavardhan, un jeune homme d’une famille riche, elle découvre le vrai visage de son époux qui lui révèle être stérile.
Son rêve tourne alors au cauchemar au milieu de la vaste et chic demeure des beaux-parents. Tournée en 2007, la série « Vaidehi », après deux autres téléfilms où elle a joué, a permis à Pallavi Kulkarni de réaliser son rêve car elle a toujours voulu être actrice. Ayant grandi à Bombay, au cœur de la mythique industrie cinématographique de Bollywood, Pallavi Kulkarni est titulaire d’un bac et d’un diplôme en management hôtelier.
Omar DIOUF
Source Le Soleil