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PAIX EN CASAMANCE : LES GAGES DE SALIF SADIO En attendant désenclavement, routes et infrastructures socioéconomiques

Le conflit casamançais, l’un des plus vieux du continent a bouclé ses trente ans de «ni guerre, ni paix», le 26 décembre dernier, depuis son déclenchement avec la fameuse marche de 1982 (26 décembre). La gestion discrète du dossier adopté par le régime du président Macky Sall arrivé au pouvoir le 25 mars 2012 semble montrer des signes encourageants. En atteste, la libération «sans conditions» par Salif Sadio, le 9 décembre 2012, de huit otages et prisonniers de guerre détenus par ses hommes depuis décembre 2011. Grâce à la médiation du CICR, de la Communauté de Sant’Egidio et du président gambien. Il s’agit de six soldats, un gendarme et un civil sénégalais enlevés par les rebelles lors d’attaques contre les cantonnements militaires de Kabeum, Diégoune et Affignam.



PAIX EN CASAMANCE : LES GAGES DE SALIF SADIO En attendant désenclavement, routes et infrastructures socioéconomiques
Par cet acte, non seulement la crise casamançaise amorce un nouveau tournant, mais aussi ce chef (un des chefs) d’«Atika», branche armée de la rébellion, fait montre de ses dispositions à négocier. «Par la libération sans conditions des soldats (de l’armée sénégalaise détenus depuis un an par les éléments du MFDC) je n’ai fait que ce que j’ai promis. Personne ne m’a contraint ni forcé à les libérer. C’est une initiative personnelle, ce conformément aux enseignements du Prophète Mohammad (PSL) dans ses «hadith», a affirmé Salif Sadio.

Donc «Macky doit réfléchir et se mettre en tête qu’il a de la chance que Salif Sadio accepte de négocier avec lui. A mon avis. Macky Sall est un jeune et les jeunes africains prennent de plus en plus conscience que les Africains ne doivent pas s’entretuer. C’est Dieu qui a porté Macky Sall à la tête du Sénégal, donc il doit tirer des leçons du passé (la gestion de la crise) depuis le gouvernement d’Abdou Diouf qui a entamé des discussions qui n’ont pas abouti jusqu’à celui de Me Abdoulaye Wade qui avait promis de régler le conflit en 100 jours, mais en vain», a martelé le chef rebelle lors de la libération des prisonniers.

Un et indivisible

Auparavant, le président Macky Sall avait réaffirmé l’unicité et l’indivisibilité du Sénégal lors d’une rencontre avec des Casamançais venus de Kartiack avant de noter que si «la Casamance n’est pas en paix, toutes les autres parties du pays ne le seront pas. Par conséquent, l’heure est venue pour que tout le monde se retrouve autour d’une table pour résoudre le conflit qui n’a que trop duré. Cela doit passer inévitablement par le développement de la Casamance. Mais aussi par le respect des fils de cette partie du Sud du pays, afin qu’ils ne se sentent plus comme des citoyens en marge du Sénégal. La Casamance doit s’imbriquer dans le Sénégal afin qu’on ne fasse plus de distinction entre les fils de ce pays ». Invitant à bannir la discrimination et le manque de respect, le chef de l’Etat a ajouté que «nous devons faire de la leçon de Senghor, enracinement et ouverture, notre bréviaire».

Ce succès n’occulte en rien les nombreux braquages et incursions dans certaines localités à l’actif d’éléments armés supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de Casamance. Les paisibles citoyens au nom de qui ces combattants affirment se battre sont dépouillés de leurs biens. Des boutiques dévalisées, du bétail emporté, appauvrissant du coup ces derniers. Toutefois, force est de reconnaître que l’ampleur de ces incursions est moindre par rapport aux années passées où notamment, le mois de décembre était le plus redouté par les populations et autres voyageurs, du fait de la fréquence des attaques.

Aussi, le gouvernement doit-il apporter en 2013 une réponse appropriée à cette «disponibilité» des rebelles, notamment par l’ouverture du dialogue et le désenclavement de la région sud du pays, avec la construction d’infrastructures. Nos autorités doivent admettre que c’est lors des négociations que chacune des parties en conflit fera des concessions pour une paix durable.

Les vœux c’est bien, des actes forts c’est mieux

Il faut accepter d’aller à la table des négociations, et le plus tôt sera le mieux, pour abréger les trente ans de souffrance des Sénégalais, notamment vivant au Sud du pays.
Mais en attendant, dès à présent, le gouvernement doit jeter les bases du redressement de l’économie de la région, jadis grenier du pays, complètement mise à genoux, avec des infrastructures délabrées et non refaites. Cela suppose la construction de la route du Sud (nationale n°6 totalement détruite) ralliant Ziguinchor, Kolda et Vélingara via Tanaff, Goudomp sur laquelle repose pour l’essentiel cette économie du Sud. Pourtant, les populations vivent de promesses quant à sa réfection depuis bientôt trois ans grâce au Millenium chalenge account (MCA). Ensuite, il y a que des vallées qui étaient propices à l’agriculture ont été complètement abandonnées ou envahies par la langue salée. S’y ajoutent la construction de ponts pour le désenclavement de la région de Sédhiou isolée de Goudomp (l’un de ses départements le plus important) par le fleuve Casamance, la réhabilitation des cases de santé, dispensaires et écoles des zones abandonnées, etc. Plus que des souhaits et promesses, les populations attendent des actes forts et concrets. La balle est dans le camp du gouvernement.

Sud Quotidien par Ibrahima DIALLO

Lundi 7 Janvier 2013



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