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Ousmane Touré sur son départ du groupe Touré Kunda «Je préfère fragiliser le groupe plutôt que de le fracasser»

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Touré Kunda, un nom qui a donné des frissons et du bonheur aux Sénégalais par le passé. On se souvient encore de leur succès international, jalousement géré par des Européens. Dans les années 80, Touré Kunda était en vogue. Aujourd’hui, le constat est triste et amer. Le groupe enregistre un autre départ, celui d’Ousmane Touré, que nous avons accroché au téléphone. L’homme à la voix d’or reste seul, mais déterminé dans sa carrière musicale en solo.



Ousmane Touré sur son départ du groupe Touré Kunda «Je préfère fragiliser le groupe plutôt que de le fracasser»
Avant de parler de vous, Ousmane, il faut visiter le mythe Touré Kunda…?

Touré Kunda, c’est le nom de la famille qui habite à Santhiaba à Ziguinchor. Grâce à notre père, qui avait plusieurs épouses : quatre à Ziguinchor et une autre au Mali. On l’appelait le Harem du vieux. Nous avons grandi dans l’unité, en respectant la hiérarchie. Quand Ismail est parti en France en 1975, il a été suivi par Sékou et ensemble, ils ont créé «Ismail Do Sékou». Par la suite, ils ont changé d’appellation, pour choisir le nom de la famille, qui donnait au groupe une connotation plus vaste. Car, nous tous, nous nous retrouvons dedans. C’était devenu une affaire de famille. Nous voulions défendre les couleurs du Sénégal et de l’Afrique pour mettre en exergue les chants de la forêt et le Diambadon. C’était nouveau pour les Occidentaux. Par la suite, ils ont été rejoints par Amadou en 1980, qui est décédé. J’en ai fait de même en 1983 et nous avions fait un tabac à l’époque.

1980, c’étaient les années de gloire…Quel était votre secret pour remplir les stades à travers le monde entier?

Nous avions notre propre style, les gens étaient étonnés de la manière dont nous nous habillions. Nous avions aussi une voix extraordinaire qui retentissait comme celle des grands chanteurs américains. C’était à la fois sauvage et moderne.

Quel a été votre meilleur souvenir et comment avez-vous vécu tout ce succès à l’époque ?

Notre meilleur souvenir, c’est la tournée effectuée en Afrique entre 1984/1985. Nous avions acheté un matériel sophistiqué, en embauchant des techniciens français. Il s’agissait d’un camion de scène. Il suffisait de démonter la tête du camion pour installer un podium. Quand nous devions jouer au stade Demba Diop, le camion ne pouvait pas rentrer. Il a fallu l’intervention du Président Abdou Diouf pour que le mur du stade soit démoli pour faire entrer notre fameux camion. Et ce geste n’était pas accordé à n’importe qui. Lorsque nous nous habillions dans nos loges sur le camion même, un de nos frères nous disait toujours que nous n’avions pas le droit de décevoir le public. Nous avions révolutionné la musique africaine et de surcroît, ouvert la voie aux autres musiciens. Je me rappelle, j’avais 30 ans, on avait de l’argent et on vivait bien. Nous avions tout investi dans le matériel. Nous étions même sponsorisés par TFI.

Mais qu’est-ce qui s’est passé pour que le groupe éclate et perde son originalité et son succès international ?

Le Showbiz est dangereux et raciste. Il y a des musiciens qui se suicident, se droguent ou se saoulent. Au-delà du groupe, il y a les investisseurs et ce sont des hommes extrêmement puissants à travers des lobbies. Touré Kunda, c’est une famille et pour éviter le chaos, je me suis sacrifié pour quitter. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais en 1989, nous avions fait notre dernier morceau en groupe «Salamalékoum». Le showbiz a tout fait pour nous casser. Et c’est ainsi que je me suis retiré pour laisser Sékou et Ismail continuer.

Mais votre départ a fragilisé le groupe !

Je préfère fragiliser le groupe que de le fracasser. Il y a des gens qui ont amené leurs frères au tribunal. Moi, je n’ai jamais pensé à cela et je ne le ferai jamais. Aujourd’hui, j’ai dépassé tout cela. C’est derrière moi. D’ailleurs, la manière dont je chante est différente.

Vous disiez tantôt que les musiciens qui évoluent en Europe se droguent, se suicident. Avez-vous une fois touché à la drogue.

Jamais de la vie ! Ma drogue, c’est le thé à la menthe. Vous savez, durant 4 ans, j’ai appris le solfège au Conservatoire de Dakar. La musique, c’est la combinaison de sons et de notes agréables à l’oreille pour adoucir les mœurs. Lorsque j’ai compris cela, je ne cherche plus à enrichir mon existence, mais je cherche à la réussir.

Aujourd’hui, ne vous sentez-vous pas seul ?

On n’est jamais seul dans la vie. Le Seigneur est toujours présent.

Mais vous rencontrez souvent des difficultés ?

Ma richesse, c’est mon expérience. Aujourd’hui, j’ai des partenaires, et je fais des tournées seul. J’ai eu trois disques d’or. On m’a fait des choses sales et j’ai vécu des épreuves.

Et au plan international ?

Mon dernier album date de 2005, il est jusque-là vendu à des millions d’exemplaires. J’ai fait un clip pour rendre hommage aux femmes, qui donnent la vie en y laissant leur vie. Surtout ma mère, Dionfon, qui me considère toujours comme un enfant.

Justement, avez-vous initié vos enfants à la musique ?

L’un est parti en Angleterre, il fait de la variété. Les deux autres font du Rap. Ils ont grandi maintenant, et ils ne m’écoutent même plus. Lorsque j’écoute de la musique traditionnelle, ils me disent : «Baba, c’est quoi ça ?». Mais c’est pour me taquiner.

Avant de se quitter, qu’est-ce qu’elle est devenue votre danseuse Seynabou Diop ?

Elle est à Malika où elle a ouvert une école de danse. Elle mène une carrière solo.

Source: L'observateur

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Mardi 27 Mai 2008





1.Posté par cheikh tidiane samb le 16/02/2009 12:37
Il n,est pas toujours bon de tirer sur beaucoup de situations.
A mon humble avis le Toure Kunda est reste dans le coeur de tout bon senegalais , c,est la fierte de tout un peuple.

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