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Ousmane Sène (Maire de Karang) : ‘Nous prendrons nos responsabilités par rapport à ces individus que la police gambienne dépose à la frontière’

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Pour l’édile de Karang, la coupe est pleine. Il n’est plus question que les autorités gambiennes déversent périodiquement dans sa ville toutes sortes de nationalités, en situation d’irrégularité en Gambie. Ousmane Sène revient également sur les défis auxquels sa nouvelle commune devra faire face.



Ousmane Sène (Maire de Karang) : ‘Nous prendrons nos responsabilités par rapport à ces individus que la police gambienne dépose à la frontière’
Wal Fadjri : Des véhicules viennent, de plus en plus, déverser à Karang des individus en provenance de la Gambie. Cela est dû à quoi ?
Ousmane Sène : Ce problème existe depuis plusieurs années. Cela nous taraude beaucoup et je ne sais pas encore s’il existe un compromis ou une convention entre les deux Etats en ce sens. Mais nous sommes en train de faire des investigations pour savoir ce qui se passe. Parce que souvent, comme vous l’avez constaté, on nous déverse ici des gens qui n’ont même pas la nationalité sénégalaise. Le comble est que la police ne réagit même pas. Ce qui nous amène à nous interroger sur l’existence d’une éventuelle convention entre les deux pays qui permettrait un tel acte. Le problème, c’est que cela expose les populations d’ici à un vrai danger.

En outre, ces temps-ci, ce sont des centaines de talibés qui sont déposés à la frontière. Parfois, ce sont des prostituées, des fous, n’importe quoi.

Wal Fadjri : Les autorités que vous avez interpellées, ont-elles réagi ?

Ousmane Sène : Elles ne réagissent pas et c’est inquiétant ! Je pense que le rôle premier d’un Etat est de défendre son intégrité territoriale. Il relève de l’irresponsabilité que de laisser un Etat voisin transgresser ses frontières. De toute façon, nous allons prendre notre responsabilité concernant ce phénomène parce qu’en fin de compte, c’est nous qui en souffrons les premiers.

Wal Fadjri : Avez-vous pensé aux incidences que cela peut avoir sur les populations de Karang ?

Ousmane Sène : Oui, c’est un danger réel parce que le village de Karang est un carrefour. Et y déverser des gens dont la nationalité est souvent inconnue, c’est anormal. Raison pour laquelle on a interpellé la police, parce qu’à notre avis, cette affaire se règle entre la police sénégalaise et celle de la Gambie. De toute façon, nous allons tenter de connaître les vraies raisons qui poussent les deux Etats à agir de la sorte.

Wal Fadjri : La police interpellée, que vous a-t-on répondu ?

Ousmane Sène : Mais elle dit que ce sont des Sénégalais. C’est vrai qu’il y a des Sénégalais parmi eux, mais il existe d’autres nationalités dans leurs rangs. Et ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est pourquoi les autorités gambiennes ne prennent pas la peine de bien identifier les différentes nationalités pour les renvoyer dans leurs pays respectifs. C’est de la provocation que de les déposer chez nous. Cela nous a toujours posé problème, mais au moment où nous réagissions, on n’était que de simples citoyens. Cela nous étonnait que la police sénégalaise laisse entrer des gens comme ça. Je suis ici depuis 1990, mais c’était la même chose en cette période-là et pourtant, la police était située à côté de notre quartier. Souvent, les Gambiens venaient déverser des gens sans donner de justification.

Wal Fadjri : Mais qu’est-ce que la police vous a dit concrètement ?

Ousmane Sène : La police se charge uniquement d’acheminer ces derniers. Parfois, elle cherche un véhicule pour les acheminer vers la région de Kaolack, parfois elle les laisse ici, ils sont un peu partout dans la ville. Mais les policiers ne donnent jamais d’explications. Ces étrangers peuvent rester ici pendant plusieurs années. En tout cas, dans l’immédiat, nous allons vérifier ce qui se passe entre les deux Etats. On en voit de toutes les nationalités : des Guinéens, des Maliens, des Nigérians… que l’on achemine ici ; il y a forcément une raison.

Wal Fadjri : Existe-t-il d’autres priorités pour la nouvelle commune que vous gérez ?

Ousmane Sène : Karang est une très petite commune et nous projetons d’étendre son territoire. Ce ne sera pas facile, mais nous négocierons avec les zones environnantes pour y parvenir. Pour ce qui est de l’éducation, d’importants efforts sont en train d’être effectués. Rien que pour cette année, plus de cinq cents élèves ont été recrutés dans les écoles primaires. Des recrutements effectués à travers la mise sur pied d’un comité communal de recrutement. Ces élèves viennent renforcer les 2 505 déjà inscrits dans les différentes structures scolaires. Pour l’alphabétisation, nous sommes en train de recruter des enseignants et envisageons de recruter dans les salles de classe plusieurs élèves avec une forte présence de filles. Progressivement, la mairie entend poursuivre sa politique de dotation de fournitures gratuites à tous les élèves. Dans le domaine de la santé, des efforts sont faits puisque 8 % de notre budget est alloué à ce secteur. Une somme qui sera revue à la hausse au fil du temps. Mais le défi le plus important à relever par notre équipe est celui de la sécurité. Pour cela, nous avons surtout besoin d’aide avec la mise sur pied d’une brigade de gendarmerie en lieu et place du poste que nous avons ici et qui dispose d’un faible effectif.

Source Walfadjri

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Samedi 12 Décembre 2009




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