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Oubliés par Hadjibou Soumaré : Les vacataires de l'Ucad exigent leur part du gâteau

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Le Premier ministre Cheikh Hadjibou Soumaré, répondant à une interpellation d'un député relative à la situation des vacataires de l’Université, lors de sa déclaration de politique générale, avait laissé entendre qu'il n'avait pas la solution. ‘Je ne sais pas. L'enseignement supérieur, c'est l'enseignement supérieur’, avait-il notamment déclaré. Une réponse qui a provoqué un vif sentiment d'injustice chez les vacataires de l'université qui élèvent la voix pour exiger leur recrutement à l'image des corps émergents.

Après avoir réclamé, des semaines durant le paiement de leurs arriérés de salaires dont certains depuis un an, les vacataires de l'Université Cheikh Anta Diop ne sont pas prêts d'arrêter le combat. Pour cause, les vacataires qui, depuis deux semaines, bloquent le fonctionnement normal de l'Agence comptable et du rectorat, ont posé hier, sur la table la question de leur recrutement à l'image de ce que le Premier ministre entend faire pour les membres des corps émergents (volontaires et vacataires de l'éducation) qui ont un diplôme professionnel. Et c'est le président et son Premier ministre qui sont interpellés au premier chef. ‘Le paiement des heures de vacation n'est pas uniquement l'objet de notre combat. Pour nous, la priorité c'est le recrutement. Les enseignants vacataires doivent être recrutés’. ‘Ce que le gouvernement prévoit de faire pour les corps émergents, il est probant de le faire ici à l'Université. Si on parle d'indemnité de recherche et de documentation, je pense qu'on doit penser aux chercheurs que nous sommes. Car en dehors des cours que nous faisons, nous passons le plus gros de notre temps à faire de la recherche’, a expliqué le Dr Omar Niasse, porte-parole de l'association des doctorants et jeunes docteurs. ‘Le principal problème, c'est l'exploitation humaine qui est à l'Université à travers le vacatariat. Il faut que l'Université qui a un besoin criard de personnel enseignant recrute.
L'Université n'a pas recruté depuis 1999. L'alternance n'a pas recruté massivement au niveau de l'Université. Pour qu'il y ait un enseignement de qualité, il faut des enseignants. Dans cette Université, on exploite les gens. Ils sont là, ce sont de jeunes docteurs qui sont capables de faire des travaux dirigés et des travaux pratiques. On les utilise, on les paie dérisoirement, souvent par trimestre comme des retraités’, fulmine le Dr Omar Niasse porte-parole de l'association des doctorants et jeunes docteurs. Il voit dans la précarisation des vacataires de l'Université une prime à l'émigration. ‘Lorsque Sarkozy a théorisé l'émigration choisie, les autorisés ont fait un tollé. Mais ce que l'on constate c'est que ce sont nos autorités qui favorisent cela. On ne peut pas comprendre cela d'un pays qui affecte 40 % de son budget à l'éducation’, fait-il observer. Selon lui, de 2000 à 2007, le taux de jeunes docteurs formés est passé de 1 % à 3 %. Soit une nette progression. ‘ Mais il faut que cette main d'œuvre-là soit utilisée par l'Université’, suggère-t-il. Selon lui, ‘c'est facile, pour un docteur en physique nucléaire ou en énergie solaire, de se faire un chemin. Tu peux avoir, tout de suite, une bourse post-doctorale et partir dans un laboratoire parce que la demande est là’, dit-il. Et de poursuivre : ‘C'est l'Etat qui a investi sur nous pour arriver à ce niveau. C'est le contribuable qui a payé nos études. Arrivés à ce niveau, on se voit moralement mal à l'aise d'aller servir un autre pays que le nôtre’. A en croire Omar Niasse, le porte parole des vacataires de l'Université, ‘la compétence des vacataires de l'Université n'est plus à démontrer. Mais ce qu'on voit c'est que pour les quelques postes en jeu, ce sont les diplômés de l'étranger qui sont privilégiés’, se désole-t-il.

Parlant de la déclaration de politique générale du chef du gouvernement, le porte-parole des vacataires de l'Université fait remarquer que ‘ce qui nous étonne, c'est que le Premier ministre dise que de l'enseignement supérieur, il n'en sait pas grand-chose. Pour nous, un Premier ministre ne doit pas réagir comme ça. Parce qu'il doit être en mesure de disposer de renseignements pour pouvoir se prononcer en connaissance de cause. Car nous, en ce qui nous concerne, nous avons eu à déposer un mémorandum auprès de ses services. Nous avons solliciter aussi une audience pour pouvoir lui détailler tout ce qui concerne notre situation de vacataires. Le nombre de vacataires et les besoins de l'Université, tout a été décrit, rien n'a été laissé au hasard’.

Il déplore l'ignorance des autorités quant à la réalité de l'Université. ‘A mon avis, les autorités doivent être imprégnées de la situation à l'Université. Elle ne doit pas être un mythe. Il faut que le Premier ministre voie de plus près avec son ministre de l'Education ce qui se passe à l'Université’, raisonne-t-il. ‘Les autorités doivent se dire que l'Université ne peut pas continuer à fonctionner comme cela. Cette année, on est à 55 000 étudiants. L'année prochaine on attend 20 000 pour quelque 1 500 professeurs titulaires. Donc le fait de contourner le recrutement par les heures complémentaires affectées aux professeurs titulaires ainsi que la vacation qui n'est que temporaire parce que payée par heure et par trimestre ne fait que faire sombrer l'Université’ , martèle encore M. Niasse.

S'agissant des arriérés de salaires, les vacataires espèrent entrer dans leurs fonds d'ici jeudi prochain au plus tard. ‘On a rencontré le secrétaire général qui nous fait comprendre que le chèque est maintenant disponible au niveau de la Bceao. Cela prend quarante-huit heures pour être traité là-bas et acheminé à l'Agence comptable. Il s'agit d'un chèque de 240 millions’, a expliqué le Dr Omar Niasse.

A signaler que les fournisseurs de l'Université sont logés à la même enseigne que les vacataires qui courent derrière des arriérés de salaires. Un fournisseur venu soutenir les vacataires en sit-in hier devant le rectorat, interpelle, lui, le président et le Premier ministre. ‘Actuellement, tous les fournisseurs ont tourné le dos à l'Université et ce n'est pas bon qu'une Université travaille et ne paie pas ses fournisseurs. Des entreprises sont tombées en faillite à cause des dettes impayées de l'Université. Les fournisseurs ont des dépenses fixes, mais, souvent, ils restent des mois voire des années sans être payés. Or, dans les normes, cela ne doit pas dépasser trois mois. Ce qui risque d'arriver c'est que l'Université n'aura plus de fournisseurs’, pronostique-t-il.

Mamadou SARR
Source: Walfadjri

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Mercredi 19 Septembre 2007


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