Référence multimedia du sénégal
.
Google

OPINION - LES FAILLES CONSTATEES DANS LA GESTION DE LA CRISE SOCIALE PAR LE GOUVERNEMENT DU SENEGAL

Article Lu 1522 fois


I - Introduction

Depuis trois années, les autorités ont consacré l’essentiel de leurs activités à l’Organisation de la Conférence Islamique (O.C.I.) dont les préparatifs et la tenue ont coûté environ 400 milliards de francs CFA au contribuable sénégalais. Pendant ce temps, les prémices de la récession étaient perceptibles avec la baisse continue de la part du secteur primaire (Agriculture, Pêche, Elevage, …etc.) dans le produit intérieur brut (P.I.B), jusqu’à avoisiner 15% présentement ; On parlait aussi de l’arrêt de la production des Industries Chimiques du Sénégal (I.C.S), des difficultés de la Société Africaine de Raffinage (S.A.R) et du bradage de la SONACOS, considérées comme étant la locomotive du secteur secondaire.

A ce déséquilibre négatif des agrégats macro- économiques sont venus se greffer les effets d’un Euro surévalué du fait de la forte décote du Dollar Américain, qui est la monnaie de référence de l’essentiel des transactions du marché mondial.

Sur ce dernier aspect, il faut préciser que la hausse des prix du pétrole et des céréales cotés en Dollars, ne doit pas être répercutée intégralement sur leur valeur en francs CFA dont le taux de change est fixe par rapport à l’Euro. Le coût élevé des taxes et droits à l’entrée dans le pays est l’élément déterminant de la forte hausse du prix de ces produits sur le marché intérieur.

II - Diagnostic de la situation sociale et économique.

1) Au niveau des ménages on constate : une baisse inquiétante du pouvoir d’achat des familles, en milieux rural et urbain ; une hausse continue des prix des denrées de consommation courante ; le chômage des jeunes qui a atteint un niveau inacceptable pour un pays qui aspire au développement.

2) Au niveau des services socio-éducatifs : la dégradation des structures et de la prestation de services des établissements hospitaliers jadis prestigieux, comme les grands hôpitaux de Dakar et des chefs-lieux de région ; la perturbation de l’ensemble du système scolaire à cause de contentieux d’ordre salarial ou de manque de matériel didactique et de structures adéquates, faisant apparaître en ligne de mire la forte probabilité d’une nouvelle « année blanche » à l’Université de Dakar et dans les cycles secondaire et primaire, du pays.

3) Au niveau industriel : c’est la quasi-faillite des grandes industries de produits d’exportation avec leur corollaire le chômage et le déséquilibre de la balance commerciale ; de même le pillage organisé et entretenu des ressources halieutiques sur toutes les côtes, a abouti à la raréfaction et à la cherté du poisson ainsi qu’au chômage de nombreux pêcheurs.

4) Au niveau de la production artisanale : on a constaté une forte baisse de l’activité et un fort taux de chômage des artisans ; ce qui laisse présager une disparition programmée du sous-secteur, du fait de l’importation massive de produits concurrents en provenance de la Chine, de l’Inde, de l’Indonésie, du Brésil, ... etc. Or c’est l’artisanat qui emploie le plus grand nombre de jeunes et qui présente plus de potentialités en emplois et en possibilités d’exportation de produits à forte valeur ajoutée.

5) Au niveau de la gestion des ressources financières : la non transparence dans la gestion des deniers publics et la mauvaise gouvernance dans les institutions publiques dont les premières manifestations ont été l’enrichissement rapide des élites et le gaspillage de milliards de francs CFA dans les campagnes électorales et la corruption d’une clientèle politique et religieuse.

III- La Responsabilité du Régime de l’Alternance dans la survenue de la crise .

1)Erreurs dans la prise de décision ainsi que dans les orientations pour la production céréalière se résumant par : la suppression précipitée et inopportune de la filière arachidière qui est la cause d’un retard énorme dans la reconstitution du capital semencier et de la chute drastique de la production d’arachides ; l’insuffisance du matériel agricole, des engrais et d’autres intrants dans les exploitations de type familial ; par contre une pléthore de matériels agricoles et de semences pour les exploitations appartenant à des chefs religieux.

2)Mauvaise gestion des mécanismes de régulation de la consommation intérieure : le déficit de l’offre globale en céréales et autres produits vivriers n’a pas été compensé à temps par des produits d’importation, en quantité suffisante,au besoin subventionnés, pendant une période de temps nécessaire à une relance efficace de la production ; les taxes et autres droits qui déterminent la structure des prix du marché, qui sont fixés et prélevés par l’Etat, doivent constituer le levier de régulation des prix en fonction du pouvoir d’achat des Sénégalais ; il faut déplorer l’absence d’un système performant de contrôle des prix dans les marchés et le commerce, en vue de la répression d’éventuels stocks spéculatifs.

3)Des erreurs dans le choix de la stratégie de développement économique et social et dans celui des actions prioritaires sectorielles sont observées ; le manque de fonds pour relancer la production de riz dans la vallée du Fleuve et en Casamance au profit de dépenses non indispensables dans des infrastructures à Dakar seulement ; le manque de volonté et de moyens pour le sauvetage durable des I.C.S. et de la S.A.R. ; l’ouverture du marché intérieur aux produits de pays dits émergents au détriment du renforcement et de la modernisation du sous-secteur de l’artisanat pour rendre la production plus compétitive dans les marchés extérieurs, en raison de sa grande capacité d’absorption de main –d’œuvre ; la non protection des ressources de la mer par l’acquisition d’aéronefs et de vedettes de surveillance appropriés, pour freiner le pillage exercé par une flottille de bateaux pirates, de toutes nationalités.

IV- Les erreurs de gestion de la crise.

1) Face à une crise généralisée d’une aussi grande ampleur, il est à la fois inquiétant et grave de constater que le Gouvernement de l’Alternance ne propose aucune stratégie globale et harmonieuse de sortie de crise, du genre plan d’urgence ou intermédiaire fiable pour atténuer les souffrances, à court terme.

Le Pouvoir continue de jouer avec la naïveté des Sénégalais par une politique de pilotage à vue consistant en des mesures ponctuelles, sans effet sur les vraies causes de la précarité. On se contente d’annonces de mesures à chaque fois que les parties politiques, les syndicats ou les organisations de la société civile, exercent une pression sociale renforcée sur le Pouvoir.

Or la crise n’est pas conjoncturelle mais plutôt structurelle et profonde. 2) Il faut souligner que la crise n’est pas un phénomène apparu subitement dans notre pays, à notre insu ou que nous n’avons eu aucun moyen de la prévenir.

Il suffit de se référer aux objectifs et stratégies contenus dans le Document de Stratégie pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (DSRP-2) qui est le plan d’Actions Prioritaires du Gouvernement pendant la période 2006-2010. Le Document a été validé par un Comité de Pilotage le 18 Juillet 2006 au cours d’une réunion présidée par le Premier Ministre.

Les données de base du Document proviennent des résultats de la Deuxième Enquête Sénégalaise auprès des Ménages (ESAM-II) en 2001-2002, réalisée par la Direction Nationale de la Statistique.

Aussi les personnes interrogées au cours de cette investigation avaient répondu avec une pertinence sans équivoque, que les priorités de l’Etat devraient être dans l’ordre :1) l’emploi des jeunes ; 2) la réduction des prix des denrées de première nécessité ; 3) l’accès aux soins de santé de base ; 4) l’éducation des enfants.

Aujourd’hui en 2008, il est décevant et inquiétant de constater que ces préoccupations exprimées par la population en 2002, sont non seulement demeurés d’actualité, mais la situation sociale s’est empiré avec une incidence de pauvreté passée de 64% à presque 80%.

C’est parce que le Gouvernement a purement et simplement laissé de côté ce Plan du fait de l’apparition subite d’Agences superpuissantes à la Présidence de la République, qui ont accaparé l’essentiel des moyens financiers de l’Etat, dans la construction d’infrastructures gigantesques sous le couvert de l’ O.C.I. ; mais aujourd’hui les Sénégalais réalisent que les réelles motivations étaient ailleurs. V- Mesure urgentes impératives.

Depuis 2006 le Gouvernement du Sénégal n’a exécuté aucun plan de développement économique réaliste, en adéquation avec la situation sociale. Or gouverner c’est savoir prévoir ! Un Gouvernement sérieux et responsable, faute d’avoir anticipé sur les évènements prendrait les mesures impératives et urgentes ci-dessous :

1-La mise sur pied d’une équipe multidisciplinaire composée d’experts et d’ingénieurs expérimentés pour la définition d’actions prioritaires et l’élaboration d’un plan intérimaire d’urgence pour juguler la crise à court et moyen terme.

2-La mobilisation des financements publics et étrangers pour couvrir les dépenses nécessaires à l’exécution du Plan notamment dans les secteurs primaire et secondaire de l’économie.

3-La réduction drastique du train de vie global de l’Etat par la suppression du Sénat qui n’est d’aucune utilité et le report de toute dépense de prestige avec comme objectif, de trouver une solution à l’essentiel des conflits sociaux.

4-La transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des deniers publics et dans les procédures de passation des marchés et d’exécution des actions prioritaires ; la réactivation de la loi sur l’enrichissement illicite. VI - Conclusion

La crise est imputable à des décisions empreintes de légèretés multiformes du Régime. Elle n’épargne aucun segment de la société sénégalaise : même les disciplines sportives sont durablement désorganisées ; le règne de la médiocrité poursuit son œuvre de destruction du tissu social, par la banalisation de la compétence, de l’intelligence, du mérite et de la bonne moralité. La Constitution est régulièrement violée par l’interdiction violente et abusive de toute manifestation hostile au Régime.

Le choix des responsables des services techniques, administratifs et juridiques, est fait à l’intérieur d’un microcosme composé de laudateurs, de conseillers sans scrupule, d’intellectuels qui n’ont de souci que pour leurs intérêts personnels égoïstes.

Tout ceci pour l’enrichissement extravagant et pour le placement sur orbite politique d’un seul homme au détriment de milliers de familles sénégalaises injustement exposées pour subir les affres d’une cruelle famine.

Par Mr Abdou Karim DIOP
Président du Parti FDSS- Jappo Taxaw

Source: Sud Quotidien

Article Lu 1522 fois

Samedi 26 Avril 2008


Dans la même rubrique :
< >

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State