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Njomboor et Njomborton nous reviennent

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Njomboor et Njomborton nous reviennent
Le mercredi 25 juillet 2007, Me Wade a accordé deux audiences qui lèvent un autre voile sur sa gouvernance hideuse. C’est d’abord Landing Savané, à la tête d’une forte délégation d’Aj/Pads, qui a été reçu. Je ne m’étendrai pas sur cette triste audience dont, finalement, j’avais vraiment honte. Dans son ‘Point d’interrogation’ de Nouvel Horizon n° 582 du 27 juillet au 2 août 2007, Tamsir Jupiter Ndiaye a superbement peint les tristes ‘Follistes’ sous un jour qui n’est vraiment pas des meilleurs. Landing Savané, Mamadou Diop Decroix et les principaux responsables d’Aj sont allés, la tête basse, se jeter aux pieds de Me Wade pour se faire pardonner leur audace, leur crime de lèse majesté. N’est-ce pas que, le 25 février 2007, ils s’étaient permis de présenter un candidat contre l’empereur sortant ? Aujourd’hui, ils regrettent profondément cette malheureuse initiative. Aujourd’hui, ils se ferment hermétiquement les yeux et se bouchent consciencieusement les oreilles avec de la cire, leur principale préoccupation étant apparemment de retrouver leur place autour de la table du festin libéral. Le pouvoir est devenu manifestement pour eux comme une drogue. Ils ne s’imaginent plus ailleurs que dans les délices de ce pouvoir qu’ils ont peut-être découvert trop tard. On a comme le fort sentiment qu’ils tiennent coûte que coûte à rattraper rapidement le très long temps perdu dans une opposition stérile.
Ce même mercredi 25 juillet, Me Wade a reçu une délégation de Réew mi. Cette audience a été une insulte pour le peuple sénégalais tout entier. La télévision ‘nationale’ n’avait surtout pas le droit de nous infliger ce triste spectacle d’un Me Wade haineux et rancunier se défoulant sans retenue sur le pauvre Oumar Sarr. Nous nous passerions volontiers de cette affaire proprement privée. Quand Me Wade nous annonce, par contre, comme imminent, le retour d’Idrissa Seck au Pds et, sûrement aux affaires, nous sommes fondés à dénoncer vigoureusement sa duplicité. Pour ce qui me concerne en tout cas, je la dénoncerai toujours, et quel que soit ce qu’il m’en coûtera.

Je ne perdrai pas mon temps à rappeler toutes les ‘civilités’ que Njomboor et Njomborton se sont échangées depuis que l’affaire dite des ‘chantiers de Thiès’ a éclaté au grand jour. N’est-ce pas le second qui rappelait au premier ce qu’il fut à l’origine : un simple spermatozoïde ? Ce que, semble-t-il, le prince héritier Karim Wade ne lui pardonnera jamais. N’avons-nous pas également tous entendu Me Wade affirmer qu’il mettra tout en œuvre pour barrer la route de la présidence de la République à Idrissa Seck ? Le même Me Wade peut nous annoncer sans état d’âme demain qu’il en fait son dauphin, pourvu seulement qu’il lui assure ses arrières.

Idrissa Seck, président de la République ! Ce serait très grave pour le pays. Cet homme-là, comme son ‘père’, ne devrait pas inspirer confiance. Il traîne trop d’ardoises, des ardoises qui crèvent les yeux et dont même ses militants ne devraient pas faire table rase. Ils ne peuvent pas faire l’économie de certaines questions, que tous les citoyens devraient d’ailleurs se poser et que je me suis posées dans une contribution parue au Quotidien du 10 février 2006 et dont le titre était ‘Me Wade se moque du peuple’. Dans cette contribution, j’écrivais notamment : ‘Citoyen à part entière, M. Seck est libre de ses choix. Il lui est tout à fait loisible de poursuivre seul le chemin qui mène vers le Palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor ou de retrouver ses anciens camarades du Pds. Nous sommes, nous aussi, comme lui-même et les siens, citoyens à part entière et, en tant que tels, avons le droit de connaître le biir et le bitti (la facette intérieure et extérieure) de l’homme ou de la femme qui aspire à nous gouverner.’ Cette même préoccupation m’avait déjà amené, un peu plus de deux semaines après l’incarcération de l’ancien Premier ministre, à m’interroger dans une contribution parue au Quotidien du jeudi 21 juillet 2005 et dont le titre était ‘Idrissa Seck : ange ou démon ?’. Aujourd’hui, plus que jamais, Idrissa. Seck m’inquiète. Il convient de le rappeler sans cesse, ce garçon est un pur produit du Pds, où il a fait ses classes pendant une bonne trentaine d’années, sous l’ombre tutélaire de son mentor Me Wade. Il en traîne donc forcément les boulets, les tares.

Au lendemain de son éviction du gouvernement, le 21 avril 2004, ses ‘frères ennemis’ du Pds l’ont copieusement chargé. En particulier, dans une interview accordée à L’Observateur du lundi 26 avril 2004, Me Ousmane Ngom l’accusait gravement de ‘transferts massifs de fonds et d’acquisitions immobilières’ dans les quatre coins du monde, jusqu’à la lointaine Australie. Il ajoutait méchamment que ‘c’est quand même scandaleux pour quelqu’un qui, à la veille de l’alternance, a laissé des arriérés de loyers à l’agence qui lui louait son cabinet’. Plus gravement encore, le quotidien Walf Grand-Place, dans son édition du lundi 6 février 2006, affirmait sans ambages être en mesure, ‘de révéler, de sources dignes de foi, qu’Idrissa Seck (était) en train de verser une partie de l’argent, objet de son différend avec le président Wade’. ‘De l’argent, précisait le quotidien, qui n’a rien à voir avec l’affaire dite des chantiers de Thiès ’. Le journal estimait cet argent qui oppose le président de la République à son ancien Premier ministre à quelque 60 milliards de francs Cfa. Il révélait également que c’était après un ‘long et serré marchandage’ qu’Idrissa Seck avait été convaincu de verser une partie de l’argent qui l’opposait à son ex-père. C’est ainsi que, poursuivait le journal, le maire de Thiès avait déjà versé 7 milliards, devrait encore verser 10 milliards à sa sortie de prison et 10 autres dans les six mois qui suivraient. Ce qui ferait un total de 27 milliards sur les 60 qu’Idrissa aurait planqués quelque part dans le monde. Tout cela était quand même grave, très grave et j’avais très peur, à l’époque, pour mon ami Jean Meïssa Diop. Je pensais qu’à tout moment la Dic allait venir le cueillir. Paradoxalement, l’ancien Premier ministre et ses partisans gardaient le profil bas. La présidence de la République se signalait également par un silence assourdissant. Je comprendrai plus tard le sens de ce silence : les deux parties n’avaient pas le choix, car le journal de Jean Meïssa avait parfaitement raison. C’est Me Wade lui-même qui nous en administrera la preuve irréfutable.

Nous nous souvenons encore de sa sortie malheureuse et inquiétante à la télévision ‘nationale’, au lendemain de sa réélection. Ce jour-là, il s’est découvert et a révélé, comme dans un ndëpp, des choses très graves, notamment sur son fameux différend avec son ex-fil putatif. Le peuple a été ahuri de le voir brandir un protocole d’accord au terme duquel l’ex-Premier ministre s’engageait à lui verser sept milliards de francs Cfa, à lui Abdoulaye Wade et sept autres milliards plus tard. De sa bouche, nous avons appris - beaucoup le savaient déjà d’ailleurs - que les fonds spéciaux qui sont une autorisation de l’Assemblée nationale, s’élèvent à environ 620 millions de francs Cfa et, qu’avec Idrissa Seck, qui ‘glanait des fonds à droite et à gauche’, ils sont montés à 14 milliards. Me Wade, toujours lui, révélait également, sans que personne ne l’y obligeât vraiment, que le même Idrissa Seck a planqué 40 milliards dans la seule ville de New York et en a planqué en Suisse pour un montant qui n’était pas encore déterminé. Sans compter sa vaine tentative d’en placer dans les banques luxembourgeoises, poursuivait sans sourcillier Me Wade.

Tout cela fait beaucoup de milliards. La presse, cette sacrée ‘menteuse’, qui raconte à longueur de journée et d’année des contrevérités, aura-t-elle une fois raison, elle qui estime à plus de 80 milliards le différend qui oppose les ‘bandits de grands chemins’ ? Me Wade a tenté ensuite, puisque nous sommes des moins que rien, de nous faire croire qu’il n’a été pour rien dans tous ces milliards et que c’est le pauvre Idrissa Seck qui les ‘a glanés à droite et à gauche’ et, tenez-vous bien, à son insu. Quand même ! Il faudrait que nous soyons sots, vraiment sots pour croire cette histoire.

Ce rappel était nécessaire, au moment où Njomboor et Njomborton s’apprêtent à faire encore la paix sur notre dos. Ce serait quand même trop facile ! N’est-ce pas Me Wade qui disait, au cours de sa fameuse sortie à la télévision ‘nationale’, qu’il pouvait pardonner à Idrissa Seck tous les torts qu’il lui a faits, à lui Me Wade, mais qu’il ne serait pas question de tirer un trait sur l’argent du contribuable qu’il a planqué à l’extérieur. Ces milliards doivent être rapatriés, lançait-il, apparemment sérieux et sincère. Peut-on donc considérer que l’argent du contribuable est rentré au bercail ? Si c’est le cas, quelle en est l’origine ? Autrement dit, d’où Njomborton l’avait-il puisé ?

Tout cela est quand même nébuleux, très nébuleux. S’il faut appeler un chat un chat, Njomboor et Njomborton sont des nafeq : ils ne font pas ce qu’ils disent, ils ne disent pas ce qu’ils font. Ce sont des njublang qui jouent au plus rusé sur le dos de la Nation, de la Démocratie et de la République. Leurs pratiques malsaines doivent être dénoncées avec la plus grande vigueur. Ce ne doit pas être là l’affaire de la seule opposition politique. La société civile, les intellectuels qui n’ont pas encore vendu leur âme au diable, tous les Sénégalais tant soit peu conscients de leurs responsabilités citoyennes ont le devoir de lancer fermement à ces deux compères : ‘Arrêtez ! La coupe est déjà pleine, vous ne pouvez plus aller loin !’. Nous devons tout mettre en œuvre pour barrer la route de la présidence de la République à Njomborton. Nous avons déjà trop souffert avec la gouvernance catastrophique de Njomboor. Devrions-nous commencer un autre chemin de croix, après lui, avec Njomborton ? Le ‘fils’ est, de mon point de vue, potentiellement beaucoup plus dangereux que le ‘père’. Tous les deux sont des politiciens purs et durs, qui ne se gargarisent pas de principes. Tous les deux sont riches comme Crésus.

Le ‘fils’ a cependant sur le ‘père’ l’avantage de l’âge et la capacité de jouer adroitement sur la fibre religieuse de millions de ses compatriotes non avertis. Un proverbe wolof dit bien que ‘le vent qui a poussé la feuille sèche dans un trou aura bien du mal à l’en sortir’. Nous nous sommes lourdement trompés le 19 mars 2000. Gardons-nous de commettre une autre erreur monumentale, en portant Njomborton à la tête de notre pauvre pays, qui en a déjà vu de toutes les couleurs bleues pendant ces sept dernières années.

Mody NIANG e-mail : modyniang@arc.sn
Source: Walfadji

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Mercredi 1 Août 2007

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