NOUVEAUX OBJETS A USAGE SEXUELS : Godemichés, anneaux vibreurs, strings bonbons... font fureur

Devenus très tendance depuis quelque temps dans la société sénégalaise, particulièrement dakaroise, les sextoys semblent faire l'affaire de nombre de personnes. Au moment où ceux qui en vendent, dans la clandestinité, se remplissent les poches, ceux qui en achètent y trouvent leur compte, avec un «plaisir sexuel». Godemichés, anneaux vibreurs, vibromasseurs, strings bonbons, entre autres, viennent s'allier à l'évolution, quasiment dégradante des mœurs. Toutefois, ils restent encore tabous et bien cachés.



NOUVEAUX OBJETS A USAGE SEXUELS : Godemichés, anneaux vibreurs, strings bonbons... font fureur
La quête de plaisir mène à tout. En plus des trucs et astuces personnels au menu entre partenaires, les êtres humains, surtout les femmes aiment s'armer d'artillerie sexuelle. Plus c'est érotique, mieux, c'est. Tant pour les hommes que pour les femmes. Toutefois, dans l'acquisition de ces objets qui font fureur dans le monde, et depuis quelque temps au Sénégal, la gent féminine remporte la mise. Bien au-delà des bine-bine (ceintures de perles), becco (petits pagnes) entre autres petites coquineries, anneaux vibreurs, strings bonbons, soutien-gorge bonbons, vibromasseurs, godemichés se retrouvent désormais dans nombre de paniers intimes. Ces sextoys, comme on les appelle, apparaissent pratiquement comme un phénomène qui accompagne la libération de la femme et des plaisirs sexuels. Elles se retrouvent dans le besoin de se faire plaisir elles-mêmes. Et même si le jouet sexuel et les actes qui lui sont voués sont loin d'être nouveaux dans notre société.

Ces babioles à but charnel sont exposées un peu partout dans certains journaux occidentaux. Montrant ainsi l'internationalisation de la recherche de désir et des représentations des plaisirs. Au plus haut niveau. Cependant, le côté ludique de la sexualité n'a pas encore trouvé sa place dans la société sénégalaise. L'on achète ces joujoux. Puis, on s'en cache très bien. Il y a encore peu de temps, ils étaient invisibles sur le marché sénégalais. Ils le sont encore. Sauf qu'aujourd'hui, les magasins - qui commercialisent des objets en rapport avec les relations intimes entre hommes et femmes, ou à but personnel, foisonnent discrètement à Dakar. Dans la clandestinité. Ceux qui les vendent ne trouvent pas encore l'audace de les commercialiser au grand jour. La publicité se fait de bouche à oreille. Car, ces joujoux purement occidentaux sont engouffrés dans de petits coins dans les boutiques d'habillement et d'accessoires pour femmes, dans des magasins, en tout cas loin de tout soupçon allant dans ce sens. A côté des produits aphrodisiaques comme «ngora kengs » ou «mbir mi», vantés sur les chaînes de télé, ces jouets pour adulte que certains Sénégalais croyaient réservés aux pays occidentaux se vendent désormais comme de petits pains au Sénégal. Faisant du coup l'affaire de leurs commerçants.

«Je connais pas mal de filles qui font usage de ces objets»

Les stimulus de plaisir lors de l'acte sexuel commencent à s'encrer dans la vie des habitants de la capitale et surtout chez les femmes. C'est en tout cas le constat fait par cette jeune dame rencontrée au Patio, une boîte de nuit située dans ce coin prisé des Almadies. Dans sa jolie robe noire, sur de hauts talons, teint clair, la vingtaine révolue, Angèle pense que les godes, comme les appellent les connaisseurs, les anneaux vibreurs, les vibromasseurs et autres objets coquins sont maintenant bien connus des Dakaroises. Qu'on ne se voile pas la face. Ce n'est plus que dans les films qu'il y a l'usage de ces jouets sexuels. Angèle confirme : «Je connais pas mal de filles qui font usage de ces objets et parfois même, elles se les échangent.»

Interpellée sur les endroits où l'on peut se les procurer et sur les potentiels utilisateurs, la fille du Patio révèle que «pour s'acheter ces objets, il faut intégrer un réseau de distributeurs bien organisés ou un cercle d'utilisateurs». «Mais, dit-elle, je peux vous dire qu'ici aux Almadies, il y a beaucoup d'endroits surtout dans les magasins de lingerie où l'on peut se les procurer.»

Concernant les utilisateurs, Angèle prend avec des pincettes l'affirmation selon laquelle ce sont les femmes qui les utilisent. Toutefois, elle avise que nombreuses sont celles dont lès époux sont à l'étranger et qui s'en procurent. Bien à l'aise dans son élément, elle ajoute : «Même des femmes et des hommes célibataires en achètent.» À la question de savoir si elle fait partie des utilisateurs de ces sextoys; elle sourit, sourcille et répond : «Je n'en ai pas besoin !» Elle ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Elle observe une petite pause, tire sur sa clope puis s'explique : «Je pense que ceux qui les utilisent sont en manque. Que ce soit l'homme ou la femme, c'est par manque de partenaire idéal que l'un ou l'autre en fait usage. Ces objets doivent être considérés comme des rivaux pour les hommes qui connaissent des problèmes d'érection.» Angèle interrompt la discussion, termine sa cigarette et se fond discrètement dans la foule. Avec des pas de danse.

Des réseaux discrets pour la vente des sextoys

La vente des sextoys n'est pas aussi méconnue des Sénégalais qu'on le pense. En plus d'Angèle qui en connaît un bon bout sur les lieux d'achat de ces jouets coquins et les personnes qui les achètent, cette dame rencontrée à Scat Urbam est aussi bien informée. Mieux, elle en vend. Tenant une boutique d'habillement et d'accessoires féminins dans ce quartier, son commerce n'est en rien différent des autres. Du moins à première vue. Puisqu'elle garde bien enfouis dans son lieu de travail ces objets. C'est sa secrète poule aux œufs d'or. Puisque, les sextoys se vendent bien. Derrière ces sacs à main, robes, chaussures et accessoires bien rangés dans les vitrines et les étagères donnant sur la rue, des joujoux pour adultes convenablement camouflés dans une vitrine qui sert en même temps de bureau est soigneusement ténue à l'écart. Sous le couvert de l'anonymat, elle confesse : «Je vends ces objets depuis que je suis installée ici et les gens viennent assez souvent en acheter»

Écoulant assez facilement sa marchandise, elle avoue que les articles les plus vendus parmi ces sex¬toys sont les godemichés, les anneaux et les slips pour deux. Derrière son bureau, elle nous explique : «Les célibataires composent ma plus grande part de clientèle.» Et, toujours selon cette dernière, «il existe de vrais réseaux, parfaitement discrets et organisés qui se chargent de vendre ces jouets pour adulte. Au niveau de mon commerce, je ne fais pas de publicité pour les sextoys. Ceux qui viennent ici pour s'en procurer sont soit des habitués du lieu, soit des personnes bien renseignées.» À l'en croire, le business de ces outils érotiques reste très lucratif. Elle justifie : «Je ne reçois pas tous las jours des clients. Mais, j'ai des acheteurs fidèles.»

Sur la provenance des sextoys, notre interlocutrice informe qu'ils viennent essentiellement d'Asie et d'Europe. «On les trouve surtout en Europe, parce que là-bas, le libertinage a atteint des proportions incomparables par rapport aux autres continents.»

Les activités qui tournent autour du sexe se développent à Dakar et parfois, dans la plus grande clandestinité. Malgré les pesanteurs socioculturelles, avec les questions de sexe qui demeurent carrément taboues, le libertinage assez développé favorise le penchant de certains individus pour ces objets. C'est du moins l'avis de Bàchir Sy, rencontré au bord de la plage de Ngor. Selon lui, beaucoup de filles font usage de ces objets, surtout les jeunes. Il dit en connaître personnellement. Mieux, il raconte une anec¬dote : «J'ai un ami qui a vécu l'expérience. Une fois, sa copine est venue le voir pour passer un moment avec lui. Mais, en venant, elle a amené avec elle, un anneau vibreur et lui a demandé de le mettre au moment de passer à l'acte. Un exemple pour vous dire que maintenant on voit du tout à Dakar.»

Contrairement à ce jeune homme de la plage, cette jeune fille croisée à l'entrée da resto Katia ignore complètement l'existence de ces jouets. Préférant garder l'anonymat, elle argue avec un étonnement visible dans ses yeux : «Oh ! Je n'ai jamais entendu parler de ces objets. Je ne pensais pas qu'il existe des trucs destinés à cela.»

SOURCE : Walf Grand Place Couly CASSE (Stagiaire)

Dimanche 2 Octobre 2011

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News