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«NDEYAALE» «BAYALE» «PREMIER NDIEUKKE» ET «MAGALE» : Ces échanges de bons procédés qui ruinent la société sénégalaise

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Il est une tradition lors des mariages ou baptêmes au Sénégal de désigner une amie, un ami, un proche ou un membre de sa famille comme étant la «Ndèye (mère)», le «baye (père)» ou la «ndieukké» d'un de ses enfants à l'occasion de cérémonies familiales comme le baptême ou le mariage. C'est ce que l'on désigne com­munément sous le vocable de «Ndéyaalé», «bayalé», «ndieukké » ou plus récemment le «magalé». Avec comme objectif premier de raffermir et de pérenniser les liens entre des familles ou des amis, ce phénomène ancestrale est de nos jours dévoyé et a perdu de sa quintessence première. Evolution oblige et avec la mondialisation aidant, certaines femmes en font une source de revenus. En effet, le mariage ou le baptême au Sénégal est l'occasion pour beaucoup de femmes de se remplir les poches sans grande difficulté par le biais de ces «échanges» dits de bons procédés. Et quand le «pukeuré (ostentation)» s'en mêle, bonjour le gaspillage!



Ô«Ndéyaalë nala sama dom» ou bien «bayalé nala sama dom». Ces phrases, ont a pris l'ha­bitude de les entendre dans nos sociétés à l'oc­casion de mariage ou de baptêmes. Dans bon nombre de nos familles sénégalaises, ces échanges de bons procédés font légion. A l'origine, comme a tenu à nous l'expliquer Oustaz Cheikh Tidiane Sarr de Keur Massar, ces «thieurs (échanges de bons procédés) avaient pour but de raffermir les liens entre des famil­les polygames ou de pérenniser des relations de longues amitiés entre deux familles. Ces échanges dits de bons procédés ont pour nom : «ndéyaalé», «bayalé», «ndieukké» ou la toute dernière trouvaille, «le magalé».

Le «bayalé» et le «ndéyaalé»

Ces deux termes désignent le fait pour une mère ou un père de désigner un de leur ami (e), parent ou proche comme étant la mère ou le père entre guillemet d'un de leur progéniture (fille ou gar­çon) en âgé de se marier. A l'origine, il s'agis­sait pour cette «ndèye» de participer à l'éduca­tion sexuelle de sa fille et à l'assister en conseils durant son mariage. Il revenait à la «Ndèye» d'offrir des cadeaux «érotiques» (petits pagnes, nuisettes, ceintures de perles etc...) à sa «fille» et de lui prodiguer des conseils pour vivre en harmonie avec son futur mari. La «Ndèye» pouvait être la soeur de la maman, sa co-épouse ou tout simplement sa meilleure amie. Pour le «baye», c'est en général le père de la future mariée qui le choisit parmi son entou­rage. II peut s'agir de son propre frère, cousin ou meilleur ami. II jouera le rôle du père pour la fille à marier lors de son mariage et si toutefois, des problèmes survenaient au sein du couple, il lui revenait la responsabilité de régler le différant si «sa» s'en ouvrait à lui

La «première ndieukké»

Il s'agit en général de la cousine ou de la sœur de même père du futur marié. C'est à elle que ­revient le prénom du premier enfant issu du mariage qui devient son homonyme si c'est une fille. Mais de nos jours, il arrive que le futur marié offre ce «thieur » à sa meilleure amie, par exemple. Son rôle consiste à accueil­lir la nouvelle mariée, l'assister et lui «facili­ter» les relations avec sa belle-famille.

Le «benjamin, du lot, le «magalé»

Consiste à désigner sa meilleure amie comme étant la «grande soeur» de sa propre petite soeur qui est en âge de se marier. II reviendra à ce «magg (grande soeur)» de soutenir «sa petite soeur» le jour de son mariage en l'assistant financièrement (cadeaux, argent, bijoux) pour qu'elle puisse en retour les offrir à sa belle-­famille le jour de son mariage ou de son bap­tême par exemple.

Avec le «pukeuré (ostentation)», bonjour le gaspillage

Pour paraître «uniques», certaines de nos soeurs n'hésitent pas à s'endetter le jour du mariage ou baptême d'un proche, juste pour sauver des apparences, maintenir une réputation de riche. Au Sénégal, le ndawtal, le diakhal, le yélou mame, le tankou ndiëuké; le teralou goro..., sont autant de pré-textes pour recevoir ou don­ner de l'argent et organiser des cérémonies où l'on dépense sans compter, comme s'il n'exis­tait plus de lendemain. Par pur conformisme et parfois malgré soi, l'on accomplit ces genres de pratiques. L'annonce d'un mariage ou d'un baptême crée souvent une angoisse. Le bon­heur de la nouvelle maman ou la joie des futurs mariés ne sont point la préoccupation majeure. II faut impressionner afin de ne pas paraître ridicule le jour de la cérémonie. Une raison valable selon Anta Thiam, une quadra à la peau «xéessalisée». «Thieur dafa reuy» : Quand on te désigne comme étant la «Ndèye» de quelqu'un, tu as l'obligation de casquer pour ne pas déce­voir et ne pas être la source de quolibets et moqueries de tes rivales et ennemies». En plus, continue t-elle «si tu ne fais de grand cadeaux à la belle-famille, ta fille risque d'être la risée de cette famille. Elle ne sera pas respectée». Des niaiseries de l'avis de mère Rokhaya Diène. Pour cette doyenne du reste très respectée dans sa famille, « ce sont des futilités et des frivolités à abolir dans nos sociétés. De notre temps, on offrait juste quelque chose de symbolique. Le plus important était d'assister sa «filleule» en lui prodiguant des conseils pour vivre en harmonie dans son ménage. Mais actuelle­ment, on voit du n'importe quoi. C'est vrai­ment regrettable à quel point les femmes sont dépensières lors des cérémonies» regrette t-elle.

Les millions? De la petite monnaie durant les cérémonies actuelles

La tendance est de dépenser des millions en un seul jour, à décorer la belle famille et les griots. Ceci semble malheureusement irréver­sible au Sénégal. Les cérémonies sociales sont devenues aujourd'hui des occasions d'éta­ler, ostensiblement, les symboles de fortune ou de réussite. C'est un engrenage infernal qui fait perdre la tête. Même les plus rationnels; en apparence, y succombent. De plus en plus souvent, des gens étiquetés comme raisonna­bles s'adonnent à ces attitudes aussi insensées. Cependant la crise sévit, ces dames s'oc­troient, comme par miracle, une vie fastueuse, faite de dons financiers exorbitants en public pour épater les affamés et attendrir les naïfs. A Dakar, baptêmes et mariages riment tout sim­plement avec gaspillage.

La dernière trouvaille : la liste

De nos jours, les sénégalaises, comme pour narguer la crise, ont trouvé une nouvelle trou­vaille pour pouvoir honorer tous les parents sans risquer d'en frustrer. Elles ont initié la liste. En effet, il s'agit pour la «ndieukké» ou la «Ndèye» de confectionner une liste avec les noms des parents et amis à qui l’on doit offrir des cadeaux le jour d'un mariage ou d'un bap­tême pour éviter d'en oublier un. En attestent les propos de Oustaz Sarr. «J'ai eu à assister à un baptême et ce que j'ai vu relevait de l'irréel. La «ndèye» avait dressé une liste avec le nom de tous les parents et amis à qui elle devait offrir un cadeau et c'est en fonction de cela qu'elle «s'outille» en conséquence. Car, elle ne veut s'attirer les moqueries et représailles de personne.» Ainsi vont les cérémonies dans notre capitale où, il existe un véritable univers de toutes les démesures. L'incendie de la muni­ficence et de la folie des grandeurs est attisé par les louanges des griottes. Ces maîtresses de la parole dopent la rivalité entre les donatrices. L'instant est magique. Mais le lendemain sera morose.

Réalisé par Ndèye Fatou SECK

Source: 24 Heures

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Jeudi 31 Juillet 2008





1.Posté par LE GRIOT le 31/07/2008 14:39
AU SENEGAL C'EST UNE TRADITION COMME IL EN EXISTE PARTOUT.
EN FRANCE PAR EXEMPLE,VOUS TROUVEZ LORS DES FETES UNE MARRAINE,UN PARRAIN,LE GARçON OU LA FILLE D'HONNEUR ETC.....
POUR LES DEPENSES FARAMINEUSES,A CHAQU'UN SES RESPONSABILITES.
POUR NOUS LES GRIOTS,IL NE FAUT PAS CHERCHER A NOUS PRIVER DE NOTRE GAGNE PAIN QUOTIDIEN.
VIVE LES BON GUERRS GENEREUX.
LE GRIOT

2.Posté par adja le 31/07/2008 17:00
arretez de critiquer nos cultures. les blancs ont aussi cela

3.Posté par choana le 31/07/2008 17:59
ce n est pas vrai mais ces des foutaises ce que vous dites vous vous enrichissez sur le dos des autres mais ce n est pas sérieux.
Vous croyez k travailler en 3 ou 5 ans et dépenser tout cet argent en un jour est une bonne chose mais je réve la.
Et puis c est trop facile vous dites sambamayane rek on vous donne des billets..............
c est incroable mo takhit sous developpement rek..............................

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