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Moustapha Guirassy (Ministre de la communication et porte-parole du gouvernement) : ‘Je travaille à réduire la tension entre la presse privée et le pouvoir’

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Depuis sa nomination au ministère de la Communication, il travaille à civiliser les rapports entre le pouvoir et la presse privée qui sont conflictuelles depuis la survenue de l’alternance politique. Mais la tâche n’est pas aisée, convient Moustapha Guirassy dans la seconde partie de l’entretien qu’il nous a accordé lors de son passage à Paris.



Moustapha Guirassy (Ministre de la communication et porte-parole du gouvernement) : ‘Je travaille à réduire la tension entre la presse privée et le pouvoir’
Wal Fadjri : Depuis la survenue de l’alternance, la communication gouvernementale laisse à désirer par rapport à son efficacité. Dès votre installation, avez-vous diagnostiqué les maux dont elle souffre ?

Moustapha Guirassy : D’abord, il y avait une tension entre la presse privée et les pouvoirs publics et je travaille à la réduire, à la diminuer. Peut-être qu’elle ne sera jamais à zéro parce que les intérêts ne sont pas forcément les mêmes, mais il faut travailler à civiliser les rapports pour que chacun puisse jouer normalement et correctement son rôle. J’y travaille. J’ai donné le signal en rendant visite aux différents organes de presse, du public comme du privé, pour que tout le monde comprenne qu’en tant que ministre de la République, je suis là pour toute la presse, pas seulement pour la presse publique. Deuxièmement, je me suis réjoui de la mise en place du Cored par les journalistes eux-mêmes pour une autorégulation. Je pense que c’est une bonne chose.

Troisièmement, j’ai trouvé des structures de presse, relevant de l’Etat, très faibles : Le Soleil qui est en difficulté, la Rts qui a des problèmes de subvention. Il est difficile pour ces organes de porter la communication gouvernementale comme il faut. Et enfin, au niveau du gouvernement, il faut que l’on incite les ministres, les décideurs à plus communiquer avec la presse publique et privée. Voilà les trois types de problèmes majeurs que j’ai trouvés en place. Nous sommes en train d’y travailler. Déjà, j’essaie de maintenir de bons rapports avec la presse privée, de lui permettre de travailler correctement, mais aussi de m’impliquer dans ce qu’elle a déjà anticipé, c’est-à-dire aller vers une harmonisation de l’organisation du secteur. Il faut accepter de donner l’information parce que lorsque vous n’avez pas d’informations, vous risquez de ne véhiculer que l’information que vous avez. Il faut favoriser l’échange pour que le journaliste ait toute l’information et toutes les possibilités d’informer aussi.

Wal Fadjri : Où en êtes-vous avec l’aide aux organes de presse de l’Etat que vous aviez évoquée ?

Moustapha Guirassy : Je suis en train, avec l’appui de l’Etat, d’aider Le Soleil, la Rts et l’Aps à se tenir un peu mieux par des appuis budgétaires, et surtout en réévaluant la mission de service public. Si cette mission de service public est réévaluée, les redevances qui devront être versées à ces organes d’Etat, seront beaucoup plus importantes, beaucoup plus substantielles. Il ne faut pas voir, à travers la Rts ou l’Aps, des appareils d’un régime, mais plutôt la mission de service public qu’ils assurent. Il y a naturellement des programmes qui n’intéressent pas forcément les chaînes privées. Seules ces chaînes-là peuvent couvrir tout le pays, ont une mission, un devoir comme tout le monde, d’information et d’éducation, mais aussi par rapport à certains aspects qui n’intéressent pas les chaînées privées. Le Sénégal a intérêt, et la presse privée l’a bien compris - j’avais cité certains de vos confrères qui avaient en son temps défendu Le Soleil, la Rts, l’Aps pour qu’ils puissent survivre. C’est un patrimoine national. Et nous avons tous intérêt à ce que leur blason soit redoré.

Enfin, il faut que nous maintenions le fil du dialogue de façon périodique : une fois par mois, par deux mois, qu’un ministre prenne rendez-vous, par exemple, avec les Sénégalais de la diaspora, pour échanger, discuter. Je pense que si l’on travaillait dans ce sens-là, il y aurait beaucoup moins de pollution, beaucoup moins de désinformation. Et voilà peut-être une façon de régler la question de la communication gouvernementale.

Bien sûr, il y a d’autres aspects liés aux nouvelles techniques de l’information, d’autres aspects beaucoup plus complexes sur lesquels je suis en train de travailler pour donner le maximum d’informations sur les chantiers du chef de l’Etat, les actions gouvernementales. J’ai l’impression que les actions du chef de l’Etat ne sont pas bien connus du grand public. Et souvent, lorsqu’elles sont connues, elles ne le sont que sommairement. Il y a beaucoup plus de pollution, beaucoup plus d’intoxication. Et il faut fournir l’effort pour que ces actions soient plus visibles, que les actions du gouvernement soient plus visibles.

Wal Fadjri : Les ressources humaines qui portent cette communication ne font-elles pas défaut ? Par exemple, dans les ministères et même à la présidence de la République, ce sont des journalistes qui sont chargés de communication alors qu’ils jouent plutôt le rôle de chargé de presse.

Moustapha Guirassy : Je suis tout à fait d’accord avec vous. Là aussi, c’est une réforme assez importante que nous voulons introduire. Nous souhaitons, à terme, que les conseillers en communication dans les ministères soient recrutés par la Fonction publique via par le ministère de la Communication. Parce que nous cherchons des spécialistes en communication, mais pas forcément des journalistes. Mais, le journaliste peut être en même temps un spécialiste en communication. Seulement, le profil qui est recherché, c’est le spécialiste en communication. Deuxièmement, c’est donner une certaine autonomie au conseiller en communication parce que communiquer veut dire influencer. Lorsqu’on conseille quelqu’un en communication et qu’on n'arrive pas à changer sa perception des choses, le travail de conseiller en communication coince quelque part. Il faut donc plus d’autonomie. Et cette autonomie, pour la garantir d’abord au niveau du recrutement, il faut que le conseiller en communication soit autonome. Que le ministre soit là ou pas, il est là. Il a librement la possibilité de communiquer, de faire des suggestions. Et cela rendrait un peu plus libre le conseiller en communication. Cette liberté permettra au conseiller en communication de moins verser dans la propagande, mais surtout de rester dans la logique de communication du ministère et pas de la personne même du ministre. Cette nuance est importante. Souvent, malheureusement, nous les ministres, nous mettons un peu trop en avant nos personnes et pas assez les actions. Et le conseiller qui n’est pas forcément le propagandiste du ministre, portera plus en charge ces questions liées plutôt aux actions qu’à l’acteur.

‘Pour rendre plus performant Le Soleil, il ne serait pas mauvais d’ouvrir son capital au secteur privé afin qu’on ait un peu plus de dynamisme, un peu plus de chance de relever les défis’.

Wal Fadjri : C’est-à-dire mettre un peu fin à cette subordination…

Moustapha Guirassy : Mettre fin à cette subordination, donner plus d’autonomie, plus de leadership. D’ailleurs, j’ai rencontré les chargés en communication des différents ministères. Souvent, des problèmes de moyens ont été posés, mais au-delà des moyens, il faut dire que nous avons besoin un peu plus de leadership pour orienter, influencer et coordonner les choses. Même si nous avons une autorité qui est au-dessus de cela.

Wal Fadjri : Vous avez tantôt parlé des problèmes du Soleil. Dans les pays développés qui sont de grande démocratie, l’Etat ne gère pas un quotidien d’informations générales. Ne faut-il pas aller vers une privatisation du Soleil afin que l’Etat prenne en chargement uniquement l’audiovisuel ?

Moustapha Guirassy : Votre question est très intéressante. J’ai retrouvé un projet du chef de l’Etat qui date de 1999. Il était, à l’époque, dans cette optique-là. En tout cas, c’était un programme. Maintenant, ce n’est pas peut-être pas à l’ordre du jour. Mais la question est une piste à voir, en rapport avec les travailleurs du Soleil. Il faut garantir aux employés certains avantages acquis jusqu’ici et montrer aux travailleurs-là que c’est une piste intéressante. Mais encore une fois, en tant que ministre - cela n’engage que moi - je pense que c’est une piste à explorer pour rendre Le Soleil plus flexible, plus performant, plus dynamique pour qu’il puisse tenir face à la concurrence. Seulement, je ne pense pas que ce soit une bonne chose de privatiser totalement, mais plutôt d’ouvrir le capital, de renforcer la présence du privé. Ce ne serait pas une mauvaise chose. Mais pas une privatisation totale parce que c’est un support de mission publique assez intéressant pour l’Etat. Si on se désengageait totalement, peut-être qu’une partie du travail du Soleil ne serait jamais reprise par la presse privée.. La presse privée ne pourra pas s’intéresser à toutes les ethnies, à toutes les localités, faute de moyens et compte tenu de certains aspects commerciaux. Mais encore une fois, pour rendre plus performant Le Soleil, il ne serait pas mauvais d’ouvrir son capital au secteur privé afin qu’on ait un peu plus de dynamisme, un peu plus de chance de relever les défis.

Wal Fadjri : La distribution de l’aide à la presse pose chaque année des problèmes liés notamment aux critères. Ne faudrait-il pas les revoir ?

Moustapha Guirassy : Je suis totalement d’accord avec vous et nous sommes en train d’y travailler. Souvent, c’est une distribution de cagnotte. C’est difficile ! Actuellement, j’ai une équipe du ministère qui est en train de faire le tour du Sénégal pour voir les conditions de travail des travailleurs de certains organes de presse. De passage à Paris, j’ai voulu aussi vous rencontrer pour voir dans quelles conditions vous travaillez, les difficultés que vous rencontrez. J’ai eu des informations qui sont intéressantes parmi lesquelles justement, l’aide à la presse. Au niveau des correspondants régionaux, il y a l’aide à la presse. Vos confrères m’ont dit que les correspondants de la presse sénégalaise à Paris ne sont pas pris en compte. C’est juste et légitime. Peut-être qu’on suppose que vous êtes très riches, mais j’ai tout de suite appelé le directeur de la communication devant vous pour lui dire que la question me semble pertinente. Ce n’est pas parce qu’on est en France, qu’on a les moyens.

Il est également vrai que la question de la clef de répartition pose problème. Il va falloir réinventer une nouvelle grille beaucoup plus équitable. C’est difficile ! Cinq cent millions, c’est beaucoup, c’est important, mais les défis de développement de cette presse sont aussi importants. Maintenant il faut trouver de façon intelligente la bonne clef de répartition. Est-ce que c’est en remettant de l’argent ?

Simultanément, nous sommes en train de penser à la subvention des intrants, à l’assiette fiscale, aux voyages, au téléphone, à l’hébergement dans le cadre d’un déplacement. Nous sommes en train de voir tout cela. Soit utiliser cette aide à la presse pour subventionner des intrants ou bien, en même temps, essayer de demander à l’Etat de fournir d’autres efforts pour mieux accompagner cette presse. D’ailleurs, le chef de l’Etat, allant dans le même sens, a voulu favoriser une centrale d’achat surtout pour le papier parce que les quotidiens avaient beaucoup de difficultés. Nous sommes en train de travailler à tout cela. Très bientôt, nous arrêterons une façon, peut-être, plus performante, plus intelligente, de distribuer l’aide à la presse.

Wal Fadjri : Il y a aussi les quotidiens qui n’ont pas les mêmes besoins que les hebdomadaires, les radios qui n’ont pas également les mêmes problèmes que les télévisions. Ne faut-il pas, par conséquent, distribuer l’aide à la presse au prorata des charges de chaque type de presse ?

Moustapha Guirassy : Vous avez raison. C’est pourquoi nous avons dit qu’il faut trouver une nouvelle façon parce que la télévision ne semble presque pas être concernée par l’aide à la presse. Cela pose problème. Il y aussi la presse en ligne qui est une nouveauté, c’est un axe nouveau. Il y a les radios communautaires qui jouent un rôle très important dans l’accompagnement de la politique étatique et du développement. Donc vous avez totalement raison. Il y a à revoir la façon de redistribuer cette aide à la presse. (Fin)

Propos recueillis à Paris par Moustapha BARRY
Source Walfadjri

Article Lu 11126 fois

Vendredi 11 Septembre 2009





1.Posté par BENAWAAY le 12/09/2009 14:38
les raisons:
UN JOUR,J'AI ACHETE DU "THIAF







UN JOUR,J'AI ACHETÉ DU THIAF ET DANS LA FEUILLE QUI SERVAIT DE LAXAAS,J'AI VU UNE LETTRE DE MR MAMBA GUIRASSY QUI DEMANDAIT AU PROF.IBA DER ,D'AIDER SON FILS MOUSTAPHA À AVOIR UNE BOURSE POUR ETUDIER.
AUJOURDHUI,CE MOUSTAPHA EST CONTRE LE PEUPLE QUI A PAYÉ BEAUCOUP D'ARGENT POUR LUI PERMETTRE D'ETUDIER.QUEL MONDE!QUEL SENEGALAIS!











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