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Momar MBAYE (Président de la fédération d'athlétisme) : 'Amy Mbacké Thiam doit répondre à la convocation du bureau fédéral'

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Momar MBAYE (Président de la fédération d'athlétisme) : 'Amy Mbacké Thiam doit répondre à la convocation du bureau fédéral'
Le bras de fer opposant l’athlète sénégalaise Ami Mbacké Thiam à la Fédération sénégalaise d’athlétisme (Fsa) continue de plus belle. Et la fin de la récréation n’est pas pour demain. Dans l’entretien qu’il nous a accordé jeudi dernier à Thiès, le patron de l’athlétisme sénégalais a livré de façon catégorique la position de la Fsa. Selon lui, sur le plan humain, la fédération a pardonné ou elle est dans de bonnes dispositions pour pardonner. Mais, seulement, précise le patron de l’athlétisme sénégalais, il ne faut pas que l’on cherche à tordre le règlement qui veut que l’athlète convoqué réponde à l’appel de l’autorité. Dans cet entretien, Momar Mbaye livre aussi ses petits secrets pour faire de la pelouse du Centre national de l’éducation populaire et sportive (Cneps) la meilleure du moment au Sénégal. Entretien…

Wal Fadjri : Dans quel état se trouve la Fédération sénégalaise d’athlétisme ?
Momar Mbaye : La Fédération se porte très bien. Tout va bien. Au moment où j’arrivais à la tête de cette fédération, sur la demande de beaucoup de mes pairs, j’avais comme feuille de route de changer, de rénover les choses afin de rendre visible et de développer l’athlétisme sénégalais. Je m’inscris toujours dans ce sens. Malheureusement, je n’ai pas encore atteint ces objectifs. J’en ai réussi quelque part. Mais ça traîne encore ailleurs. Personnellement, j’ai su intégrer l’athlétisme grâce à l’Uassu. J’ai aimé l’athlétisme parce qu’il y avait la pratique du sport à l’école. J’ai fait du sport individuel, parce que ça se faisait à l’école. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Il y a une absence totale de la pratique du sport dans l’école. Et c’est ça mon obstacle majeur. C’est cette absence de pratique du sport à l’école qui constitue un certain blocage pour la réussite de nos activités. Lorsque les enseignants ne suivent plus le sport scolaire, quand les compétitions n’existent plus dans les différentes écoles, il est difficile de développer des disciplines comme l’athlétisme. Parce que dans les clubs et les autres sections, les gens s’occupent plus des disciplines qui leur rapportent de l’argent que de l’athlétisme. L’athlétisme, c’est la passion. C’est un sport de base qui devait être, à mon avis, une fédération d’Etat. Parce que toute la politique devant promouvoir son développement doit être menée par l’Etat. Car l’athlétisme est un moyen d’éducation. Si on est bien en athlétisme, on peut être très bon ailleurs. Seulement, c’est au niveau de l’école sénégalaise que nous éprouvons d’énormes difficultés pour développer l’athlétisme. N’empêche, nous sommes parvenus à rendre visible et crédible la Fédération sénégalaise d’athlétisme. Aujourd’hui, nous avons un meeting d’une dimension mondiale. C’est le seul meeting en Afrique. C’est un acquis de taille. Il reste toutefois beaucoup de choses à faire. Il va falloir que les différents partenaires nous soutiennent pour développer l’athlétisme dans les différents établissements.

Wal Fadjri : Comment comptez-vous pallier tous les manquements que vous venez d’évoquer ?

Momar Mbaye : Nous avons posé ces problèmes à tous les niveaux. Que ce soit au niveau de l’Etat ou des instances avec qui nous avons des liens de collaboration et de coopération. Nous avons aussi un plan de développement quadriennal qui s’étend jusqu’en 2012. Mais ce sont les moyens qui posent problème. La Fédération sénégalaise d’athlétisme n’a aucune ressource. On n’a aucune recette à même de nous aider à prendre en charge notre politique de développement. Si on n’arrive pas à vendre carrément nos deux manifestations : le meeting de Dakar et le semi-marathon, on ne peut pas trouver ailleurs des ressources additionnelles. C’est là un sérieux handicap. Hormis ce que donne l’Etat, pour la prise en charge de nos athlètes dans les compétitions internationales, on n’a aucune autre ressource additionnelle au niveau de la fédération. De même qu’il y a un sérieux problème qui se pose au niveau de l’encadrement. En athlétisme, l’on ne peut pas laisser les gens encadrer des jeunes sans aucune motivation. On n’est plus dans ce monde où il faut agir par bénévolat. Non ! Tout se vend et s’achète maintenant. On ne peut plus demander à un entraîneur de rester sur le terrain, d’avaler la poussière, de braver le froid, sans lui donner, en contrepartie, une certaine motivation. Le jour où on arrivera à résoudre ces problèmes, l’athlétisme sénégalais fera un bond en avant. Parce qu’il y a des champions olympiques qui dorment dans les différents coins et recoins du Sénégal. Des champions olympiques qui peuvent créer à l’avenir de la valeur ajoutée pour la société sénégalaise. Par conséquent, j’invite l’Etat et les différents partenaires à s’y mettre. Parce qu’on peut créer une promotion à travers le sport et en particulier l’athlétisme. C’est dans ce sens que je suis en train de travailler au niveau de la Fédération sénégalaise d’athlétisme.

Wal Fadjri : Comment appréciez-vous le dernier Festival national du sport scolaire et universitaire (Fenssu) qui s’est déroulé en début avril ?

Momar Mbaye : On a organisé le Fenssu, ce qui est une très bonne chose. Mais je suis loin d’être satisfait de ce que l’on a constaté. Tant que cette organisation ne va pas de la base au sommet, c’est-à-dire, commencer l’organisation dans les différentes communautés rurales, les arrondissements, remonter par les départements, les régions, avant d’aboutir au Fenssu, c’est un échec. Il faut que toutes les couches du Sénégal soient représentées au niveau du festival national. Et ceci n’a pas été le cas. Seule une reprise effective des activités sportives au niveau de l’école pourrait aider à faire un large ratissage. Il y a beaucoup de disciplines qui souffrent aujourd’hui de résultats. Parce que tout simplement l’école ne marche plus. Si l’école fonctionnait comme à notre époque, où il y avait des inter-classes, une animation de l’association sportive des écoles dans lesquelles tous les participants avaient des licences, dans toutes les disciplines sportives, les choses pourront repartir d’un bon pied. Parce que le Sénégal a besoin de footballeurs, de basketteurs, d’athlètes…, qui ont une éducation. Des athlètes qui ont une formation. Parce qu’il ne suffit pas seulement de faire le sport de haut niveau pour se retrouver après dans la rue. Non ! Il faut forcément retourner à la pratique du sport à l’école qui est le seul gage de salut pour les sportifs sénégalais en devenir. C’est bien de créer des écoles de football, de basket…, de gauche et à droite, mais la base demeure toujours l’école. Parce qu’à l’école, l’enseignant sportif est à même de donner des justifications par rapport à un tel ou à un tel autre comportement de l’élève ou de l’étudiant. Il y a des enseignants et des professeurs qui sont formés pour ça. Ce qui n’est souvent pas le cas lorsque les gens créent des écoles de football. Tant que le sport ne retourne pas à l’école, il sera très difficile de parler de son développement.

Wal Fadjri : Avec quels athlètes comptez-vous vous rendre alors dans les compétitions africaines en vue ?

Momar Mbaye : On s’y rendra avec ce qu’on a. Tous les athlètes que le Sénégal a formés comme espoir, ont émigré ailleurs. Tous les athlètes sénégalais qui ont eu la possibilité de se rendre en Europe ou ailleurs, ne sont plus revenus. Et ils sont très nombreux. On peut en citer plus d’une vingtaine. Tous les espoirs sénégalais qui ont la possibilité de rayonner sur le plan international, ont tourné le dos à leur pays d’origine. Le meilleur sprinter du moment du Sénégal veut devenir Qatarien. J’ai toutefois dit à son entourage de ne pas compter sur moi pour que ce jeune athlète soit libéré.

Wal Fadjri : Et pourquoi ?

Momar Mbaye : Je tiens à brandir les règlements que les gens se doivent de respecter. Un point c’est tout. Je tiens à ce que ce jeune défende les couleurs du Sénégal parce qu’il a un potentiel extraordinaire. Le seul hic, c’est la motivation. S’il n’y a pas de motivation pour retenir ce jeune talent, ça va poser problème.

Wal Fadjri : Mais on estime que seul Ndiss Kaba Badji peut prétendre à une médaille pour les Jeux africains en vue. Etes-vous de cet avis ?

Momar Mbaye : Tout à fait. Ndiss Kaba Badji est un athlète qui a un potentiel extraordinaire. Malgré ses deux ans d’absence sur le terrain, il a été finaliste aux derniers championnats du monde d’Osaka où il est arrivé à la septième position. Il continue à avoir un bon coach. Nous sommes en train de réunir toutes les conditions pour l’aider afin qu’il rayonne davantage.

Wal Fadjri : En reposant tous vos espoirs sur Ndiss Kaba Badji, est-ce à dire que derrière lui, c’est le désert ?

Momar Mbaye : Non. Il y a de jeunes espoirs à même de réussir de belles choses à l’avenir. Mais, en athlétisme, ce n’est pas du jour au lendemain qu’on gagne quelque chose. Il faut au moins une expérience de huit ans. Il faut travailler cinq, voire huit ans pour être un champion olympique. Il n’y a pas un champion olympique qui aura fait deux ans ou trois ans d’athlétisme.

Wal Fadjri : Qu’en est-il du cas Amy Mbacké Thiam qui refuse de répondre à l’audition du bureau fédéral ?

Momar Mbaye : Lorsqu’on appartient à une structure, je dirai même à une société, il faut respecter les lois et règlements qui régissent le bon fonctionnement de cette structure. Sur le plan humain, la fédération a pardonné ou elle est dans de bonnes dispositions pour pardonner. Mais, il ne faut pas que l’on cherche à tordre notre règlement qui veut que l’athlète convoqué réponde à l’appel de l’autorité. Par conséquent, on l’attend. Il faut qu’elle réponde à la convocation du bureau fédéral.

Wal Fadjri : Pouvez-vous nous parler du Centre national d’éducation populaire et sportive à la tête duquel vous trônez depuis quelques années ?

Momar Mbaye : Le Centre national d’éducation populaire et sportive (Cneps) de Thiès, de par sa vocation, est un établissement de formation. De formation des cadres, mais aussi de sportifs de haut niveau. Autrement dit, un centre d’entraînement de haut niveau. Nous avons tellement bien compris cette exigence qu’il nous fallait obligatoirement réunir les conditions pour mener à bien ces deux missions. C’est ainsi que nous avons attaqué le volet infrastructurel qui faisait défaut sur toute l’étendue du centre. Il n’y avait rien du tout. Les infrastructures que vous constatez de visu, n’existaient pas. Il n’y avait aucune pelouse. De sorte que le bon football ne pouvait se pratiquer au Cneps de Thiès. Maintenant, on a deux pelouses fonctionnelles. Je peux même me permettre de dire que le Cneps de Thiès a la meilleure pelouse du Sénégal. De même que nous avons déjà une salle de gymnastique qui est fonctionnelle. Nous avons aussi deux salles pour les arts martiaux bien qu’elles ne soient pas de qualité, mais c’est des salles praticables qui peuvent accueillir des pratiquants. Nous sommes en train de voir, d’ailleurs, comment les rendre plus fonctionnelles. Nous avons au niveau du Cneps, un restaurant qui répond aux normes sportives. Tout ce dont a besoin un sportif de haut niveau, dès qu’il entre au regroupement, peut se préparer dans ce restaurant. Que ce soit du point de vue énergétique, diéthétique spécifique au sportif…, tout est pris en compte dans ce restaurant. De même qu’un centre médico-sportif est installé au Cneps pour la prise en charge des éventuels blessés. Parce que le sport de haut niveau va avec la viste et le suivi médical. Dans le cadre d’une coopération avec des partenaires, nous allons bientôt réaliser un terrain de basket dans l’enceinte du Cneps.

Wal Fadjri : Avez-vous reçu le soutien des pouvoirs publics dans la réalisation de ces projets que vous venez d’énumérer ?

Momar Mbaye : J’avoue que nous n’avons pas encore reçu l’accompagnement de l’Etat. Nous travaillons, jusque-là, sur nos propres moyens. Nous sommes partis de nos propres initiatives et des recettes que nous recevons, pour réaliser toutes ces infrastructures. Parce que nous avons voulu montrer à tout le monde qu’il est possible de faire quelque chose avec le peu de moyens que l’on a sous la main. Il suffit simplement d’avoir la volonté et une équipe à même de vous accompagner dans les différentes initiatives. Si vous avez une équipe qui colle bien à ce que l’on initie, il est tout à fait possible de réaliser quelque chose avec le peu de moyens que l’on détient. Heureusement, au niveau du Cneps, nous avons trouvé des gens compétents qui sont très dévoués à ce que nous nous sommes en train de faire pour rendre fonctionnel et attrayant le Cneps. C’est des gens qui sont engagés à mes côtés pour relever tout ce que j’ai comme défi.

Wal Fadjri : Y a-t-il un but recherché derrière toutes ces réalisations ?

Momar Mbaye : Le but recherché, c’est de faire de ce centre l’aboutissement de toutes les politiques de développement sportif de ce pays dans toutes les disciplines confondues. Lorsque j’arrivais au Cneps, il y a de cela deux à trois ans, il était difficile d’y recevoir certaines disciplines sportives. Aujourd’hui, tout ce qui est sport de combat et collectif peut venir dans le centre. Il nous reste juste à réaliser une piste d’athlétisme pour accueillir très bientôt le sport individuel. Les équipements pouvant aider à accueillir cette discipline individuelle existent déjà. Il nous reste à régler le problème d’infrastructures. Nous y sommes. Je dirai même que nous sommes très en avance sur ce point. Après avoir réalisé ce dernier volet, il nous restera à améliorer, à entretenir et à parfaire le reste afin de mener une politique qui puisse attirer les gens. Après la réalisation de toutes les infrastructures, le second volet à attaquer est relatif à la formation des cadres sportifs de haut niveau. Lorsqu’on parle de sport de haut niveau, s’il n’y a pas d’encadreurs au niveau de la base, ça pose problème. C’est pourquoi nous cherchons à réformer en s’appuyant sur pas mal de choses. Surtout au niveau de la coopération avec la Confejes pour reprendre la formation des professeurs d’Education physique et sportive (Eps), des professeurs de jeunesse, des professeurs d’animation, des tout petits métiers… Nous avons livré une petite expérience à la Confejes qui nous a confié une réflexion dont les conclusions ont été déjà déposées. Cette réflexion consiste à faire des petits métiers un moyen de former les jeunes en un laps de temps, avant de les livrer sur le marché de l’emploi. Surtout au niveau des mouvements associatifs, des établissements, des structures de jeunesse et des différents clubs…

Wal Fadjri : Une lourde tâche en vue alors ?

Momar Mbaye : Oui. Mais, il faut s’y mettre. Il faut juste mettre en place un bon tableau de bord avec un système de contrôle et d’évaluation. Une procédure qui permet de voir là où on en est par rapport aux objectifs recherchés. C’est une mission exaltante. Mais, je tiens à aller jusqu’au bout de ma logique. Parce que je suis un sportf naturel à tout point de vue. Tout ce que je fais, est lié à mon tempérament et à mes principes. Lorsqu’on me confie des responsabilités, je m’attends à être évalué du jour au lendemain. Je pense toujours à cette évaluation dans les différentes tâches qu’on me confie. La vie est une perpétuelle bataille, une évolution. Si vous trouvez une chose à un niveau H, il faut chercher à la remonter à un niveau H+2, H+3… C’est comme ça que je fonctionne.

Propos recueillis par Mamanding Nicolas SONKO

Source: Walfadjri

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Lundi 21 Avril 2008

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