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Ministère de la Justice : Madické Niang est-il l’homme de la situation ?

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Ministère de la Justice : Madické Niang est-il l’homme de la situation ?
Le mini-remaniement de lundi dernier a consacré le départ de Cheikh Tidiane Sy pour le ministère de l’Intérieur. Il y sera remplacé par Me Madické Niang qui va évoluer en terrain connu si et seulement si, outre son propre profil, il parvient à éviter les erreurs de management de son prédécesseur.

Cheikh Tidiane Sy n’est plus ministre de la Justice. Les destinées de la Chancellerie ont été confiées à Me Madické Niang, connu comme étant un membre éminent du barreau sénégalais. Le dossier de passation de service qui pourrait être opérée incessamment ne devrait pas manquer d’évoquer les lourds contentieux qui, directement ou indirectement, ont dû influer sur le départ de Cheikh Tidiane Sy. En effet, c’est un secret de Polichinelle qu’entre ce dernier et la famille des magistrats, ce n’était pas le grand amour. Cela l’était encore moins entre l’ex-Garde des Sceaux et l’actuel président de l’Union des magistrats sénégalais (Ums). En pleine crise judiciaire consécutive à un mouvement d’humeur qui allait déboucher sur le boycott de la rentrée solennelle des cours et tribunaux, Aliou Niane s’était, ouvertement, plaint de la ‘déloyauté’ de son ministre de tutelle. Le mot de trop pour lequel ce dernier exigera des excuses publiques. Allant même jusqu’à en faire un point de rupture des négociations en cours. C’est grâce à l’intermédiation de Me Mbaye Jacques Diop, président du défunt Conseil de la République, que la bombe sera désamorcée. Mais, la bataille n’était que différée.
Parachuté en terrain inconnu, Cheikh Tidiane Sy met à profit le semblant de répit pour s’imprégner des dossiers. Et même en instruire. Mais, un ministère, ce ne sont pas que des dossiers. C'est aussi le management des ressources humaines. A ce sujet, les bras de fer ne manquèrent pas de ressurgir entre lui et les acteurs de la justice. Les derniers en date, ce sont les sempiternelles sorties des magistrats contre la manière dont le ministre de la Justice traite leurs problèmes. Livrés à eux-mêmes dans des réduits qui étaient destinés à tout sauf à abriter des juridictions, confrontés à des problèmes d'insécurité, de déplacement et d'indépendance, les magistrats en étaient arrivés à briser leur réserve pour ferrailler avec leur tutelle. Un duel qui en était arrivé à un degré tel que c'est en chiens de faïence que chancellerie et acteurs de la justice se regardaient.

Contre vents et marées, Cheikh Tidiane Sy tint bon. Faisant du Programme sectoriel justice son cheval de bataille, le désormais ex-Garde des Sceaux poursuit son petit bonhomme de chemin, fait connaître un début d’exécution de l’audit programme qui ambitionne de révolutionner la justice. Les tribunaux de Pikine-Guédiawaye et Louga font la fierté de son ministère et décuplent son optimisme quant à la capacité du gouvernement de venir à bout des problèmes de la justice. Au premier rang desquels figurent la mise à disposition d'un palais de justice fonctionnel à Dakar, la revalorisation du statut des magistrats qui est effective malgré quelques insuffisances, le renforcement de leur indépendance. Encore que sur la question de leur traitement, les magistrats ne sont pas loin de développer des urticaires chaque fois que l’on parle de l’effectivité de sa revalorisation. Reprochant au pouvoir de reprendre par la main gauche ce qu’il leur octroie par la main droite, ils dénoncent de façon récurrente la pression fiscale qui s’abat sur leurs salaires.

Le dernier projet de réforme de la Justice, dont le retour de la Cour suprême est le principal volet, arrivera comme devant sceller le sort de celui des mains de qui Me Wade a décidé de retirer les sceaux de la République. En effet, les magistrats qui y voient un retour à la ‘préhistoire’ de la Justice, ruent dans les brancards et dénoncent une entreprise cavalière et unilatérale de ‘caporalisation’ des acteurs de la justice. Pis, ils dénoncent leur mise à l’écart par rapport à tout le processus ayant mené à cette réforme qui les concerne au premier chef, eux qui sont chargés, au nom de la séparation des pouvoirs, de l’appliquer. Ceci explique-t-il cela ? Ce qui est clair, c’est que les contentieux étaient suffisamment lourds sur la table du ministre de la Justice, les relations avec les trublions de l’Ums si heurtées que la décision la plus sage était de trouver à Cheikh Tidiane Sy un autre point d’attache.

Pour autant, Madické Niang qui est devenu avec ce remaniement ministre d’Etat, est-il l’homme de la situation ? Son respectable profil de ténor du barreau le prédispose à l'emploi. Ceci, pour avoir eu à côtoyer l’essentiel des acteurs du monde de la Justice. Aussi part-il avec un préjugé largement favorable d’autant qu’il est d’une convivialité naturelle. La concertation, l’ouverture et la fin de l’ostracisme pourraient faire le reste.

Ibrahima ANNE

Source: Walfadjri

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Mercredi 2 Avril 2008


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