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Me Alioune Badara CISSE : ‘Macky Sall a eu beaucoup d'adversaires’

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Des couleuvres, Macky Sall en a beaucoup avalé durant les trois ans et demi passés à la Primature. Mais le secrétaire général de son gouvernement qui reconnaît entre les lignes avoir été victime de sa proximité avec le ci-devant Premier ministre, prévient qu'on verra le moment venu que le nouveau président de l'Assemblée nationale n'accepte pas n'importe quoi, n'importe comment. Me Alioune Badara Cissé parle également, dans l'entretien qu'il a accordé à la presse à Saint-Louis, de son avenir politique et révèle que rien ne l'empêchera d'être candidat à la mairie de Saint-Louis. Pas même Abdoulaye Wade.



Me Alioune Badara CISSE : ‘Macky Sall a eu beaucoup d'adversaires’
Wal Fadjri : Vous avez mis à exécution votre menace d'ester en justice contre le député Mame Fatou Gui Kaïré qui vous aurait accusé d'avoir poussé des populations de la Langue de barbarie au vote sanction à l'occasion des législatives du 3 juin dernier ?
Me Alioune Badara Cissé : Je lui ai fait servir une citation directe comme antérieurement annoncé pour comparaître, ce jeudi 21 juin, devant le tribunal correctionnel de Saint-Louis. Pour une affaire de citation directe, la procédure se fait en plusieurs étapes. La première audience est l'audience au cours de laquelle la consignation est fixée. Le paiement de la consignation est une condition de recevabilité de la citation directe. C'est après cela seulement, au vu du quitus délivré par les services du trésor, que l'affaire est programmée pour être jugée. Je ne présage donc pas de sa comparution future même si elle a refusé de recevoir l'acte à elle délaissé et que la citation a finalement été faite comme, le requiert la loi, par voie de parquet, la mairie de Saint-Louis ayant refusé de recevoir l'acte d'ordre et pour son compte, contrairement, d'ailleurs, aux dispositions du Code de procédure pénale.

Wal Fadjri : Votre départ du secrétariat général du gouvernement n'est-il pas à ranger parmi les effets collatéraux de ses accusations ?

Me Alioune Badara Cissé : Je suis persuadé que parmi les différents éléments d'appréciation figurent forcément ses déclarations calomnieuses qui m'ont valu, d'ailleurs, de comparaître devant le conseil de discipline du Pds moins d'une semaine après les élections. Le 7 juin, j'étais déjà devant le Conseil de discipline pour répondre de ses accusations d'avoir donné des mots d'ordre de vote contre la liste de la coalition et pour un leader, tête de liste de l'opposition.

Wal Fadjri : Quel est l'avenir de Me Alioune Badara Cissé dans le Parti démocratique sénégalais ?

Me Alioune Badara Cissé : Je dis souvent que chez nous, au Pds, le grade le plus élevé est celui de militant. Et je l'ai incontestablement atteint. Maintenant, pour un avenir professionnel, je suis avocat, je vais retrouver ma robe, Inch Allah, très bientôt. Le bâtonnier de l'ordre des avocats a déjà été saisi de ma demande de réinscription. Et puis je vais taquiner la plume, je vais devenir écrivain si Dieu le veut.

Wal Fadjri : Me Cissé est-il bien compris par les responsables libéraux ?

Me Alioune Badara Cissé : Il y a une peur normale de mon indépendance d'esprit que je dois à ma formation pluridisciplinaire. Mais également à mon métier d'avocat. Mais ceux qui ont appris à me connaître, savent que je suis inoffensif même si j'ai des convictions très fermes que je défends. Je ne demande qu'une chose, c'est d'être convaincu. Et je ne prêche ni ne vaticine, mais je veux être convaincu pour changer de comportement ou d'attitude. Je suis au service de mon peuple, de mon quartier et de ma ville et je n'en démordrai pas.

Wal Fadjri : Qu'est-ce qui vous dérange dans votre dernière audition par le conseil de discipline du Pds ?

Me Alioune Badara Cissé : Il est important quand quelqu'un fait l'objet d'accusations aussi graves, que le conseil de disciplinaire puisse instruire. Et quand on instruit, on le fait à charge et à décharge. Il aurait été important que ceux-là qui m'accusent soient entendus d'abord. Que leurs déclarations soient couchées sur procès-verbal et me soient communiquées pour autoriser ma réponse ou, au moins que je sois confronté à ces accusateurs. Le jour de ma comparution, j'ai attendu plus d'une heure de temps avec le président Abdoulaye Faye pour que mes accusateurs comparaissent. Ils n'ont pas comparu. J'ai été écouté. Je leur ai expliqué que la fédération de Saint-Louis ne m'a rien donné comme fonds de campagne, contrairement aux dires de la tête de liste du département qui a déclaré avoir remis 10 millions à certains ministres. Qu'il dise à qui il a donné cet argent au lieu de jouer à cache-cache. J'ai déposé mon chronogramme d'activités que j'ai produit de mémoire parce que je ne fais rien dans mon parti en prenant qui que ce soit à témoin. Je le fais par ma foi et par ma générosité habituelle.

Wal Fadjri : Vous donnez l'impression d'être amer, désabusé. Qu'est-ce qui vous mettez dans cet état inhabituel ?

Me Alioune Badara Cissé : En toute chose, il faut voir la décision divine. Au-delà du décret signé du président de la République et du Premier ministre nouvellement nommé, il y a la décision divine. Il y a également la loyauté sans entrave à un homme qui, pendant trois ans et demi, a été Premier ministre de la République du Sénégal. Et qui partant, il est important que le vide soit fait pour permettre au nouveau Premier ministre d'avoir ses hommes de confiance. Le secrétariat général du gouvernement est un poste stratégique. Et il faut, au-delà des bonnes relations que j'ai toujours eues avec l'actuel Premier ministre, que le vide soit fait pour qu'il choisisse l'homme ou la femme - heureusement que c'est une femme - devant me succèder et prendre en charge les rênes du secrétariat général qui est un organe extrêmement complexe.

Wal Fadjri : Ne payez-vous pour votre proximité et les accointances que vous avez avec l'ancien Premier ministre, Macky Sall ?

Me Alioune Badara Cissé : Certains le disent. Mais ni Macky ni moi-même ne sommes convaincus de ça. Même si, quelque part, il y a des inélégances que nous avons constatées. Parmi celles-ci, il y a l'incident dont la presse a fait état par rapport aux difficultés d'admission du Premier ministre qui n'avait pas encore passé services, au palais de la République. Quand un incident de cette nature survient à quelques heures de la démission du Premier ministre de la République du Sénégal, il est important pour chacun des collaborateurs de ce Premier ministre-là d'en tirer les conséquences et de ne plus se faire d'illusions.

Wal Fadjri : Comment expliquez-vous les attaques répétées contre Macky Sall et son entourage ?

Me Alioune Badara Cissé : C'est le propre des Premiers ministres d'avaler beaucoup de couleuvres. Macky a eu beaucoup d'adversaires. C'est tout à fait normal parce qu'il a accepté d'être le Premier ministre. Donc d'être non seulement le fusible, mais d'être la face la plus visible de l'exécutif. Et forcément, dans certains moments, le plus fragile parce que le plus adulé et le plus convoité. C'est un homme qui a subi avec beaucoup de dignité tous les assauts. Mais c'est aussi un homme qui a eu beaucoup de moments de gloire et de plaisirs personnels. Parce qu'à chaque fois qu'une réalisation sortait de terre et que le chef de l'Etat lui en attribuait la paternité, vous vous rendez bien compte que c'était beaucoup de fierté dans nos rangs.

Wal Fadjri : Qui en veut donc à votre mentor ? Avez-vous identifié ses supposés adversaires ? On a parlé de Karim Wade, des faucons et même de Me Wade lui-même ?

Me Alioune Badara Cissé : Je ne lui connais pas d'adversaires politiques au point de vouloir sa mort. Je suis persuadé que c'est dans l'ordre normal du fonctionnement des institutions qu'il soit appelé ailleurs. S'il les identifie, il lui appartient de se battre pour maintenir sa place dans l'échiquier politique national et international. Et une chose est à son actif que nul ne saurait éradiquer : ce sont ces trois années de dédicaces au service public et toutes ces réalisations dont se glorifie le peuple sénégalais, au premier rang duquel, le chef de l'Etat. Cette paternité ne lui a jamais été contestée puisqu'elle est avérée et il n'a pas besoin de s'en prévaloir outre mesure. Maintenant, c'est normal qu'à un certain moment, certaines personnes semblent vouloir se positionner. Je n'ai pas encore identifié lesquelles, nous verrons, nous sommes tous des acteurs de la vie politique et des observateurs. On verra le moment venu. Macky avale des couleuvres, c'est vrai, mais il n'avale pas n'importe quoi. La preuve, c'est l'incident survenu au palais de la République peu de temps après l'acceptation de sa démission. Il n'accepte pas n'importe quoi, n'importe comment. Et son opposition à l'invite d'une très haute personnalité de rebrousser chemin et de revenir a été courtoisement déclinée. C'est vous dire qu'il fait application de ce dicton qui dit que ‘le tact dans l'audace, c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin’. Et on a su tirer le haro dès lors qu'on a compris qu'il y avait des manœuvres qui tendraient à lui faire savoir qu'il y a, aujourd'hui, un changement qui s'opère, insidieux, mais changement quand même.

Wal Fadjri : Comment appréhende-t-il ses nouvelles fonctions de président de l'Assemblée nationale ?

Me Alioune Badara Cissé : J'ai été la dernière personne à lui avoir parlé en dehors certainement de sa famille étroite, son épouse et ses enfants après son installation, hier soir (mercredi, Ndlr), un peu après minuit. J'ai trouvé un monsieur - que je dois apprendre à appeler désormais Monsieur le Président, parce que c'est son titre - très serein, la conscience tranquille, l'esprit du service accompli, qui a su rendre grâce à tous ceux qui l'ont appuyé, à tous ses collaborateurs, qu'ils soient les ministres ou les collaborateurs de cabinet. Je le trouve très ambitieux pour l'Assemblée nationale dont il a charge de redorer le blason. Et il ne se fait pas d'ambitions personnelles en ce moment-ci autre que de redorer le blason de l'Assemblée nationale et c'est déjà une lourde tâche.

Wal Fadjri : Maintenant que vous êtes déchargé de vos charges ministérielles, qu'est-ce qui peut bien faire courir Me Cissé ? Voulez-vous toujours être le maire de Saint-Louis ?

Me Alioune Badara Cissé : La mairie, ce sera mon ambition et mon hobby. Je lui consacrerai chaque minute de ma vie, au delà du temps réservé à l'adoration de Dieu et au plaisir que je dois à ma famille.

Wal Fadjri : Et si Me Abdoulaye Wade s'y oppose et supporte la candidature d'un autre ?

Me Alioune Badara Cissé : La mairie, je la briguerai vaille que vaille, c'est une conviction profonde qui va au-delà du parti. C'est mon sentiment d'enfant de cette ville, qui la voit délaissée jour après jour. Et c'est avec un haut le cœur que je vois cette dégradation s'accentuer. Je ne veux pas que les générations futures me reprochent d'avoir baissé les bras ou de n'avoir rien dit. J'ai l'obligation et la responsabilité majeure de m'impliquer. Serai-je le maire ou ne le serai-je pas, Dieu en décidera. Mais je me battrai pour ce faire.

Wal Fadjri : Où en êtes-vous avec l'idée des états généraux de Guet Ndar, que vous aviez émise à l'occasion de la dernière campagne pour les législatives ?

Me Alioune Badara Cissé : S’il y a aujourd'hui une conviction forte au delà de ma propre personne et de l'ensemble des populations de Guet Ndar et de la Langue de barbarie, c'est l'état d'abandon qui a choqué tous ceux qui l'ont visité, lors du passage de la caravane de la coalition Sopi. Que ce soit l'Etat ou la mairie de Saint-Louis, des efforts doivent être faits, une reprise en main doit être mise en branle. Les autorités communales doivent avoir un rapport de proximité beaucoup plus fréquent avec le quartier de Guet Ndar. Et cela passe par notre leadership, nous enfants de Guet Ndar. Il est important que nous soyons unis, que nous soyons bien ancrés par rapport à ce que nous voulons faire et que nous nous retroussions les manches pour nous mettre au travail. Nous devons aller inéluctablement vers les états généraux de Guet Ndar. Avec les responsables concernés, nous allons approfondir les contours et aller dans ce sens, au moment venu.

Wal Fadjri : Pourquoi avez-vous dissuadé vos militants d'exprimer leur colère suite à votre limogeage ?

Me Alioune Badara Cissé : Je suis un républicain. Quand j'ai été nommé au poste de secrétaire général du gouvernement, je n'ai accepté aucune manifestation d'approbation parce que je pense qu'il faut avoir le triomphe modeste. Lorsque le décret divin survient à nouveau et qu'il soit mis fin à mes fonctions, je crois qu'il faut accepter cela avec beaucoup de dignité. Surtout que nous n'avons absolument rien à envier à qui que ce soit. Nous sommes des militants, nous avons notre formation, nous avons notre métier et c'est avec bonheur que nous revenons à la vie civile et à la vie privée.

Propos recueillis par Gabriel BARBIER
Source: Walfadji

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Vendredi 22 Juin 2007

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