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Mbour / kankourang : un empire financier ou fonds de commerce électoral convoité ?

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Dans l’intimité de la perpétuation d’une pratique mystique qui trouve ses racines dans la nuit des temps, les foyers mandingues de la Petite Côte continuent de donner un sens à l’une de leurs croyances traditionnelles, la sortie du kankourang pendant la période de la circoncision. L’évènement est l’occasion de rencontres entre mbourois de souche ou d’adoption, de visiteurs ou de spectateurs un jour de dimanche. Le phénomène est révélateur de l’expression d’un empire financier d’une part mais d’autre part suscite la convoitise des acteurs politiques qui en s’associant à l’événement comptent laisser leurs marques pour un fonds de commerce électoral à fidéliser. Le Député Omar Sy un des prétendants à la tête de la Commune de Mbour a mis la main à la poche pour financer l’habillement des femmes mandingues à raison de deux millions de francs. La chose est perçue comme une convoitise ou un fonds de commerce électoral.



Mbour / kankourang : un empire financier ou fonds de commerce électoral convoité ?
Les deux semaines écoulées ont vu les Mbourois en plein dans la période de circoncision des mandingues. Ainsi au cours du week-end, la ville de Mbour a connu des arrivées extraordinaires de visiteurs venus voir le Kankourang, le protecteur des sites abritant les circoncis. La journée a été précédée, une semaine auparavant, d’un festival ou d’un carnaval avec un élan de joie où des individus dans un déguisement approprié ont dansé et chanté au son du « sawrouba » la danse des feuilles. Au cours de cette manifestation, les familles des circoncis sont visitées et il n’est pas rare de voir des batteurs en sortir avec quelques billets de banque.

Chaque samedi, ce sont des nuits blanches dans les foyers Mbourois pour guetter la sortie du kankourang ou entendre simplement ses cris. Les boutiquiers font le plein de marchandises et surtout en denrées de première nécessité pour faire face à une forte demande. Le lait en poudre, le sucre, le thé, le beurre et le fromage sont très prisés et font l’objet d’une très forte demande. Un d’eux qui a accepté de nous parler des affaires juteuses liées à la sortie du Kankourang nous révèle que le mois de septembre est l’une des périodes les plus fastes pour faire des bénéfices. Il confirme que le week-end on peut faire des rentrées équivalentes à celles de deux mois réunis.

Les boulangers ne sont pas en reste. Un gérant avance que le samedi, plusieurs équipes se relayent pour satisfaire la clientèle .La demande en pain est des plus fortes. On voit des jeunes adolescents faire le gué des boulangeries pour être servis les premiers. Les travailleurs saluent la période et se tournent les pouces. Pour eux la période des vaches maigres ne rime pas avec le septembre mandingue. Des jeunes filles branchées font des commandes de tissu et de coupes qu’elles ne portent qu’un dimanche de kankourang. A la sortie de cette entreprisse, un tailleur de Mbour nous apprend que les recettes qu’il a obtenues vont lui permettre de rééquiper son atelier et de désintéresser ses apprentis.

Les transporteurs urbains ou inter-urbains saluent l’événement et confient qu’ils vont faire plusieurs rotations. A partir de Dakar, ils convergent vers Mbour. Malgré la cherté du carburant, ils foncent pour dire que seules les périodes de Magal ou de fêtes religieuses ou la Tabaski ou korité sont comparables à celle du kankourang à Mbour. La fatigue les pousse à s’attacher les services d’autres chauffeurs pour profiter de cette manne financière amassée en de si courtes distances. Les grands restaurants de Mbour ne sont pas en reste. Ils ont accepté de faire des révélations tout en gardant jalousement leurs chiffres d’affaires. Une dame très connue dans le milieu de la restauration est catégorique. Pour elle, cette occasion est la seule de l’année où l’on peut dire sans se tromper que la cuisine fonctionne à, temps. A l’en croire, un dimanche de kankourang offre l’opportunité de servir plusieurs centaines de couverts avec des tarifs compris entre 1000 et 2500 francs. Elle confirme que la fin de journée voit toujours des demandes insatisfaites. Selon ses dires, le marché très approvisionné en viande, en poisson en légumes et autres denrées, ne parvient pas à satisfaire tout le monde. Les familles des circoncis font le plein, les Mbourois qui reçoivent des visiteurs cherchent aussi à satisfaire leurs hôtes. Dans la tradition Mbouroise, nous confirme un notable : « si votre épouse vous demande la permission d’aller à Mbour, pendant la période du kankourang. Il faut accepter .Sinon des brouilles risquent de s’installer ».

DES JOURNEES CULTURELLES ANIMEES PAR DES TRADITIONNALISTES.

Les journées culturelles mandingues, dédiées aux anciens présidents de la collectivité mandingue se sont tenues les 7 et 8 août 2008. Ainsi Malang Faty ; Malang Diassy et Bouncounta Konaté ont été honorés. Au cours de ces festivités, des journées de consultations gratuites ont été organisées avec sept médecins spécialisés et des généralistes qui ont consulté plus d’un millier de personnes. Une conférence animée par des traditionalistes mandingues a été un des moments forts comme celle tenue au siège de la collectivité mandingue de la Petite Côte. Un Docteur es Lettres Chérif Bouya Koutoudjo a développé le thème : « La tradition mandingue et la mondialisation ». Depuis un an, le Kankourang a été consacré patrimoine mondial immatériel de l’humanité, un honneur fait à l’espace sénégambien. Le conférencier n’a pas manqué de revenir les fondements et l’importance de la culture mandingue. Il a rappelé le rôle révélateur de l’écrivain guinéen Camara Laye mais aussi du Président poète, Léopold Sédar Senghor qui a su donner à cette culture, son cachet social. Chérif Khatab Daffé pour sa part est revenu sur le peuplement mandingue de la Petite Côte à travers les siècles. Pour lui, il faut circonscrire les faits au lendemain de l’éclatement de l’empire du Mali qui a vu les déplacements des mandingues en Guinée Bissau et dans tout l’espace sénégambien : le long de la côte et des îles du Saloum. Il a expliqué le long compagnonnage entre sérères et mandingues avant d’affirmer avec insistance le caractère de foyer mandingue de la ville de Mbour. Un argument contesté par les familles traditionnelles sérères qui revendiquent l’autorité.

UN SIECLE DE PRATIQUE DU KANKOURANG

Chérif Khatab Daffé, le président de la Commission culturelle de la collectivité mandingue , un des piliers du temple comme il aime à le dire, a tenu à clarifier la trace profonde de la civilisation mandingue dans la Petite Côte, une trace qui remonte à plus d’un siècle. Il a relaté l’avènement du Kankourang dont la perpétuation liée au personnage mythique et emblématique de Baye Mady Koté remonte au siècle dernier. Ses premières sorties remontent selon des sources concordantes au début des années 1900, avant que le village de Mboulème ne l’accueille sous l’initiative de ce dernier, deux décennies après. Baye Mady Koté avait des connaissances mystiques hors du commun. Il avait le pouvoir de protéger la cité des djinns qui à l’époque causaient beaucoup de problèmes. A l’attention des amateurs de voyeurisme, il a demandé de ne jamais chercher à savoir ce qui se cache derrière le visible. Pour lui le reste est l’incarnation d’un danger et de choses taboues à ne jamais révéler. La tradition est toujours conservée malgré les mille et une mutations qui se sont opérées. La cérémonie du Kankourang est devenue une affaire de gros sous entraînant des enjeux socio-politiques et économiques très importants.

Cyprien FAYE

Source: Africanglobalnews

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Dimanche 24 Août 2008





1.Posté par wi le 24/08/2008 17:45
il ce fou ls gueule du monde kel kankourang il é humain comme autre personnes, juste cé un assassin qui ce profite avec pff doof yi, moi je crois rien de tt ça

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