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Mbaye DIACK (Secrétaire général adjoint de la présidence de la République) : ‘Il faudra nécessairement diminuer le train de vie de l’Etat’

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Mbaye DIACK (Secrétaire général adjoint de la présidence de la République) : ‘Il faudra nécessairement diminuer le train de vie de l’Etat’
Avec sa double casquette de secrétaire adjoint de la présidence de la République et de secrétaire général de l’Union des forces patriotiques émergentes (Ufpe), Mbaye Diack nous livre son analyse de la situation sociale, politique et économique du pays. ’Il faut diminuer le train de vie de l’Etat’, préconise-t-il. L’ancien numéro 2 de la Ld/Mpt, sans renier son passé de gauchiste, s’explique également sur son alliance avec le Pds, tout en se tenant prêt pour 2012. Entretien.

Wal Fadjri : Qui est-ce qu’il faut aujourd’hui pour éviter la flambée des prix ?
Mbaye Diack : Tout le monde reconnaît que la situation est très difficile pour tous les pays, que ce soit les pays développés ou sous-développés. Mais la flambée des prix des produits de consommation courante est plus ressentie dans les pays africains. Parmi les causes, il faut reconnaître que l’agriculture a été négligée pendant très longtemps. En réalité, depuis les indépendances, on n’a pas cherché à moderniser l’agriculture. Par exemple, pour ce qui est du Sénégal, depuis la colonisation, l’agriculture se fait sur la base de l’hilaire et autres outils rudimentaires. Bref, il n’y a même pas de traction animale, à plus forte raison de mécanisation. Ce qui fait que, faute de mécanisation, l’agriculture n’est pas parvenue à résoudre l’alimentation des populations. Malgré cette situation, le gouvernement a pris toutes les dispositions pour que la famine ne s’installe pas dans le pays si l’on considère que la famine est un manquement total d’aliments pendant une période. Cela veut dire que, quelque part, on ne trouve rien à manger. C’est vrai qu’au Sénégal, certaines personnes éprouvent des difficultés à se nourrir correctement. Pour atténuer cette situation, le gouvernement a pris des mesures depuis juillet 2007. Il s’agit, entre autres, de la renonciation à certaines taxes douanières pour une valeur de plusieurs milliards. Tout récemment, il a pris la décision de baisser les impôts sur les revenus physiques des travailleurs. En plus de cela, il y a l’installation prochaine de magasins témoins pour lutter contre la spéculation. Tout récemment aussi, le président de la République a obtenu un engagement ferme du Premier ministre indien de donner chaque année au Sénégal entre 500 et 600 mille tonnes de riz. Actuellement, des dispositions sont en train d’être prises pour démarrer les choses le plus rapidement possible. Mais tout cela, ce ne sont que des mesures conjoncturelles qui ne peuvent durer éternellement. Il faut donc envisager des solutions durables. Et ces solutions durables, il faut les chercher dans l’agriculture. Il faut moderniser notre agriculture. Il faut encourager les jeunes à retourner à la terre en leur donnant les moyens pour mettre en valeur ces terres. Il faut surtout inciter les populations à cultiver les céréales comme le mil, le maïs, le riz, etc. Pour parvenir à nourrir les populations, le gouvernement doit aussi développer l’agriculture irriguée parce qu’on ne peut pas éternellement dépendre de la pluie dont on ne maîtrise pas les aléas.

Wal Fadjri : Pourquoi toutes ces mesures n’ont-elles pas d’impact sur le pouvoir d’achat des Sénégalais qui ne s’est pas amélioré ?

Mbaye Diack : Je disais tantôt qu’il y a des mesures ponctuelles qui sont prises çà et là. Mais, il reste qu’il faut parvenir à asseoir une véritable économie. C’est la raison pour laquelle, le gouvernement a résolument mis l’accent sur les infrastructures pour attirer les investissements afin de créer des emplois. C’est en attirant les investisseurs étrangers qui délocalisent leurs entreprises, que nous parviendrons à développer une véritable classe moyenne à partir d’une réalité économique solide. C’est dans cette perspective qu’entre la construction des routes, du chemin de fer à grand écartement, de l’aéroport de Diass, par exemple.

Wal Fadjri : Le moment n’est-il venu pour les Sénégalais de se tourner vers le consommé local ?

Mbaye Diack : Il faut forcément changer les mentalités. Car on ne peut pas éternellement dépendre de l’extérieur pour notre alimentation. En plus de cela, le train de vie de l’Etat, il faudra nécessairement le diminuer. Il est vrai que la manière dont les gens posent le problème, c’est au niveau de la propagande, etc. Contrairement à ce que les gens pensent, les dotations en carburant ne sont pas aussi énormes. C’est trois cents litres au maximum. Et je vois ici des hauts fonctionnaires qui n’ont même pas de carburant. Comme on dit : ‘ventre vide n’a point d’oreille.’ Mais, la manière dont les gens présentent la situation, ce n’est pas tellement ça.

Wal Fadjri : Le secteur des petites et moyennes entreprises n’est-il pas à développer pour dynamiser davantage l’économie ?

Mbaye Diack : Absolument. Il faut nécessairement développer les télécommunications. Il faudrait, dans le même temps, maintenir les industries qui existent déjà en faisant en sorte que des usines ne ferment plus. Mais pour qu’il y ait des Pme et Pmi solides, il y a la nécessité de former des partenariats, des associations. Pour cela, il faut un environnement juridique favorable. Et dans ce domaine, des efforts sont faits par le gouvernement pour attirer les investissements de privés étrangers. Ce sont des mesures comme cela, qu’il faut prendre pour développer les industries.

Wal Fadjri : Comment l’ancien syndicaliste doublé de politique apprécie-t-il la crise qui secoue le système éducatif ?

Mbaye Diack : J’avoue que je ne comprends pas les raisons qui poussent les gens à être d’un certain radicalisme. Le gouvernement a pris beaucoup de mesures en direction des enseignants. Les salaires des enseignants ont été augmentés très sensiblement. Il n’y a pas un seul enseignant qui n’a pas reçu au moins une augmentation de quinze mille francs. Des écoles ont été construites en très grande quantité. Au moins, dans chaque communauté rurale, il y a un collège, dans chaque département, il y a au moins un lycée. Le désengorgement de l’université de Dakar a débuté avec la construction des collèges universitaires régionaux. Par conséquent, sur le plan des revenus et des infrastructures, le gouvernement a fait beaucoup d’efforts. Récemment, le président de la République a signé le décret de validation des années de vacation. C’est une décision très importante, car dès que vous êtes intégré dans la fonction publique, vous démarrez avec l’indice de ce corps, mais aussi vous bénéficiez des avantages liés à l’ancienneté que vous avez passée en dehors de ce corps. Cela est très important dans la carrière des enseignants. Le gouvernement est disposé à discuter, mais il faut discuter de choses qu’on peut réaliser. Parce qu’un gouvernement ne peut pas tout faire. Mais, la loi du tout ou rien ne règle aucun problème. Je pense qu’un dirigeant politique comme un dirigeant syndical doit savoir raison garder, savoir faire des concessions. Le gouvernement a fait tout ce qu’il avait à faire et il est prêt à en assumer toutes conséquences.

Wal Fadjri : Etes-vous de ceux qui soutiennent avec le chef de l’Etat qu’il y a une main politicienne derrière la grève des enseignants ?

Mbaye Diack : Je sais que la politique n’est pas étrangère à certains comportements. Car il y a toujours eu une main politique derrière les mouvements sociaux et cela ne date pas d’aujourd’hui. Il y a des gens qui se servent des syndicats pour atteindre des objectifs politiques.

Wal Fadjri : Vous êtes en alliance avec le Pds, mais on a comme l’impression votre parti, l’Ufpe, est absent de l’Assemblée nationale et du Sénat ?

Mbaye Diack : L’Ufpe n’est pas absente de l’Assemblée nationale. Elle est présente à l’Assemblée nationale en la personne du député Mame Bousso Samb. Elle a été investie dans la coalition Sopi en tant que membre de notre parti. Quand on élaborait la liste de la coalition Sopi, j’ai proposé quatre personnes, dont elle. Dès le départ, nous avions dit au niveau de notre parti que ce qui était essentiel, c’était de réélire le président Abdoulaye Wade et ensuite lui garantir une majorité confortable à l’Assemblée nationale. Nous n’avons jamais eu l’idée de nous tirailler pour des postes. Au Sénat, c’est vrai que nous ne sommes pas présents. Mais, au niveau local, le parti va voir comment y travailler. Pour les élections locales, nous étions prêts à présenter nos listes.

Wal Fadjri : J’imagine que vous espérez migrer un jour du secrétariat général adjoint de la présidence à une autre station plus élevée ?

Mbaye Diack : On m’a proposé plusieurs fois un poste de ministre, je l’ai décliné. Car je considère que je ne me suis pas allié avec Wade pour un poste ministériel. Je considère qu’au poste que j’occupe, je suis en train de le soutenir pour la résolution des préoccupations des Sénégalais. C’est cela mon credo. Maintenant, le moment venu, on verra. Mais, pour le moment, je ne cherche pas à être coûte que coûte ministre comme certains.

Wal Fadjri : Que répondriez-vous à une proposition de fusion de votre parti avec le Pds ?

Mbaye Diack : Au niveau du Pds, une réflexion est engagée pour voir comment rendre ce parti beaucoup plus organisé et structuré. La proposition ne nous a encore été faite. Est-ce que la structure vers laquelle nous allons est un parti qui va regrouper d’autres partis ? Si la proposition nous est faite, nous allons fixer les conditions de fusion. Si le Pds veut discuter avec nous, nous le ferons et nous déterminerons les bases de notre fusion. Mais nous ne sommes prêts à aller nous fondre tout simplement à l’intérieur du Pds.

Wal Fadjri : Mbaye Diack sera-t-il candidat à l’élection présidentielle de 2012 ?

Mbaye Diack : D’abord, il n’est pas évident que le président de la République ne se représentera pas en 2012. Officiellement, il a le droit de se présenter. Et ce n’est pas parce qu’on dit qu’il est âgé qu’il ne se présentera pas. D’ailleurs, cette façon de calculer a, d’une certaine façon, perdu l’opposition. Avant la présidentielle, l’opposition a tellement spéculé sur l’âge du président au lieu de travailler sur le terrain. Si les gens continuent encore de spéculer, ils risquent d’avoir à nouveau de grosses surprises. Je ne le dis pas parce que c’est mon allié, mais je sais que le président est constamment sur le terrain. Maintenant, si on arrive en 2012 et qu’il ne se présente pas, on va analyser la situation concrètement.

Propos recueillis par Mamadou SARR

Source: Walfadjri

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Lundi 28 Avril 2008

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