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Matar NDIAYE (Directeur de la météo) : ‘Les informations météo diffusées par Canal Info sont fausses’

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Les informations météorologiques que diffuse régulièrement la chaîne de télévision privée Canal Info, sont fausses. La révélation est du directeur de la Météorologie nationale, Matar Ndiaye. Ce dernier estime que rien n’empêche à la chaîne de télévision de prendre l’attache des services de la Météo nationale.



Wal Fadjri : On reproche souvent à la Météo nationale d’être une structure hermétique. Qu’en est-il ?
Matar Ndiaye : La météo n’est pas une structure hermétique, car vous constaterez que notre vocation première est de sécuriser les biens et les personnes. On ne peut pas avoir une mission de cette nature et être une structure recroquevillée sur elle-même. Effectivement, un problème de communication se pose parce que le vocabulaire et les concepts utilisés ne sont pas bien compris par le public et surtout par les organes de presse. C’est ce qui donne l’impression que la météo est fermée, réservée aux scientifiques, alors qu’il n’en est rien du tout. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la Météo produit des informations qui sont utiles et accessibles à tout le monde.

Wal Fadjri : Quelle est la politique développée par la direction de la Météo nationale pour que l’information météorologique soit plus accessible ?

Matar Ndiaye : Un plan de communication a été élaboré. Et dans ce plan de communication, les cibles et les stratégies à mettre en place ont été définies. Les canaux de communication à travers lesquels nous atteindrons les cibles, sont également élaborés. De ce point de vue, le séminaire météo-média que nous organisons aujourd’hui (avant-hier, Ndlr) en est une parfaite illustration. Nous avons organisé cette rencontre à l’endroit de la presse pour lui permettre de s’approprier de la science et de sa terminologie. Les journalistes devront connaître les concepts utilisés par la Météorologie nationale de même que le processus d’élaboration des produits de la météo, ainsi que les différentes applications qui en sont faites. Au delà de cela, il s’agira de trouver un cadre dans lequel on pourra diffuser l’information météo au niveau des organes de presse. Ainsi, toutes les sources où les hommes de média pourront retrouver l’information météorologique ont été indiquées. C’est déjà une étape. Et les recommandations faites à l’issue de ce séminaire nous permettront sans doute de rendre la météorologie beaucoup plus visible, d’une part, et, d’autre part, de jouer un véritable rôle au niveau de la société sénégalaise.

Wal Fadjri : Quelles sont les autres fonctions de la météo, au-delà de l’élaboration des bulletins journaliers sur les prévisions du temps ?

Matar Ndiaye : La météo a trois fonctions de base. La première, c’est l’observation systématique. L’observation systématique du temps et les présentations faites ont montré le travail qui est fait de manière synchronisée dans tout le pays, et de manière uniforme à travers le monde. Au-delà de cette observation systématique, il y a un travail de prévision élaboré après que toutes ces informations ont été collectées, centralisées et traitées. Parmi ces prévisions, on note celles qui sont d’ordre général et qui ont pour objectif de sécuriser les biens des personnes en termes de protection civile et en donnant toutes les tendances du climat sur les prochaines 24 heures, 48 heures, 72 heures jusqu’à 10 jours. Au-delà de cela, des applications spécifiques sont faites à différents secteurs. Ces applications concernent aussi bien les données observées antérieurement et qui sont archivées sur une base de données que celles qui servent à avoir une idée précise sur les études qui sont faites pour le dimensionnement de tous les ouvrages qui sont réalisés dans tous les domaines. Ces domaines concernent le génie civil, la santé, l’énergie. Aujourd’hui, on parle de changements climatiques avec les énergies renouvelables. Mais sans cette base de données, on ne peut pas avoir une idée effective de l’importance future du projet. La météo a donc un impact au temps T en termes d’observation, au temps futur en termes de prévisions, mais aussi de prise en compte des données antérieures pour le redimensionnable et la planification des actions futures.

Wal Fadjri : En tant que structure de mission régalienne, peut-on s’attendre un jour à voir l’information météorologique payante ?

Matar Ndiaye : Effectivement, nous sommes une structure de mission régalienne. Notre rôle de base est celui de la protection civile. Mais au-delà de cela, il faudrait comprendre que tous les produits élaborés et qui sont à forte valeur ajoutée voudraient que le privé puisse mettre la main à la poche. Cela constituerait une participation symbolique qui devrait permettre à la météo de recouvrer les coûts de production de ce service demandé. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre ce qu’on appelle une commercialisation des produits de la météo. Mais pour ce qui concerne sa mission de base, elle restera toujours une mission régalienne. C’est en général le secteur privé qui est appelé à mettre la main à la poche pour les services à forte valeur ajoutée. La météo coûte cher. Il faut constamment renouveler les équipements d’observation, le parc informatique, les moyens de traitement. Et tout cela demande un investissement colossal. L’Etat fait énormément de choses. Mais il ne faudrait pas que l’Etat fasse tout. Au-delà de l’Etat, toute structure qui voudrait des produits élaborés, devrait pouvoir participer à l’investissement. Une forme de participation au coût de production, mais pas en termes de recherche de gains.

Wal Fadjri : Des privés viennent-ils vous solliciter pour des services bien déterminés ?

Matar Ndiaye : Bien sûr. Nous recevons beaucoup de demandes de données météorologiques en termes de données climatiques et de prévisions. Concernant les prévisions, elles ne sont pas facturées. Mais pour ce qui concerne la base de données, c’est-à-dire les données traitées et archivées, nous demandons souvent une contrepartie. C’est un décret que l’Etat a pris depuis longtemps. Et c’est sur la base de ce décret qu’une facturation est faite et l’utilisateur prend toutes les dispositions pour payer ce qui lui est demandé.

Wal Fadjri : Pouvez-vous nous faire le bilan de la saison des pluies passées ? Comment s’apprécie-t-elle ?

Matar Ndiaye : Cette année, la saison des pluies au Sénégal n’est pas des meilleures par rapport aux saisons précédentes. Pas en termes de quantité de précipitation recueillie, mais en termes de répartition temporelle. Presque toutes les zones où l’on a constaté une situation normale à excédentaire, sont des zones où la pluie est tombée en un espace de temps relativement court. D'autres zones sont déficitaires comme celles de Tambacounda, de Fatick, de Mbour, de Ziguinchor. Mais au-delà de ce déficit constaté dans ces zones, même les zones où la pluie est excédentaire en termes de quantité recueillie cumul, on peut dire que la saison n’a pas été vraiment bonne. Parce que sur peu de temps, on a recueilli beaucoup de pluie. Donc du point de vue météo, on peut majoritairement considérer que la situation est bonne ou excédentaire. La quantité enregistrée va jusqu’à 1 200 millimètres. Mais dans le domaine de l’agriculture, ce qui est intéressant, c’est la répartition temporelle des précipitations. Cela veut dire qu’il faut une installation pas tardive de l’hivernage et que l’espacement des pluies ne soit pas long. Il faudrait qu’il n’y ait pas, non plus, un arrêt précoce des précipitations. Et tel n’a pas été le cas cette année. Heureusement, sur certaines zones, on a l’effet de Bawaan (Opération pluies provoquées) qui nous a aidé à combler ce déficit. Mais au dernier moment, on n’a pas pu poursuivre les opérations parce que le vecteur aérien n’était plus disponible. Ce qui fait que les interventions que nous pouvions faire sur les cellules isolées, n’ont pas pu avoir lieu.

Wal Fadjri : Mais, où en êtes-vous avec le projet Bawaan ?

Matar Ndiaye : Avec la campagne 2007, nous en sommes à notre troisième campagne opérationnelle. L’année prochaine (incha Allah), nous en serons à notre quatrième campagne. Pour les trois premières années d’opération, le dispositif mis en place a fonctionné correctement et efficacement. Toutes les opportunités que nous avons eu, nous les avons exploitées efficacement et cela nous a valu beaucoup de satisfaction en termes de quantité de précipitation enregistrée dans les zones cibles que nous avons identifiées. Mais il faut nécessairement continuer dans cette dynamique et acquérir un volet important dans le programme qui est le volet aérien. A ce niveau, nous ne disposons pas d’autonomie. Nous faisons toujours recours à la coopération marocaine pour nous permettre d’assurer le volet aérien. Et le Maroc a sa propre campagne. Cependant, le président de la République a donné l’instruction et le ministre des Transports aériens est en train de suivre le dossier pour qu’à la prochaine campagne ou au moins en 2009, on puisse disposer de notre propre vecteur aérien. Dès l’instant qu’on aura cet avion, on pourra voler de nos propres ailes. Et les populations verront d’elles-mêmes les résultats de ces opérations.

Wal Fadjri : Les informations météorologiques diffusées à travers les télévisions nationales (publique et privées) sont-elles conformes aux indications de la Météorologie nationale ?

Matar Ndiaye : Les organes de presse télévisuels qui diffusent l’information météorologique comme la Rts 1 et la Rdv prennent leurs sources chez nous. C’est-à-dire que les informations qu’ils livrent, viennent de la Direction de la météo. Par contre, Canal Info diffuse des informations météorologiques qui sont tout à fait erronées. Et je tiens à le préciser que j’ai appelé le directeur de cette chaîne pour le lui signifier. Actuellement, l’information météorologique est disponible. C’est simple et ce n’est pas facturé. Il suffit tout simplement de se rapprocher de la Direction de la météo pour qu’on vous indique comment accéder à ces sources pour donner la bonne information. C’est mieux que de donner des informations météorologiques tout à fait fausses. L’information météorologique n’est pas quelque chose de léger. C’est trop risqué. Parce que même si c’est à un degré près en termes de température, ça peut induire en erreur des estimations ou des travaux qui sont effectués quelque part. Vous pouvez prévoir un phénomène pour dire que l’occurrence de ce phénomène n’aura pas lieu, alors qu’elle a eu effectivement bien lieu. Cela représente des pertes énormes. Pour ne pas arriver à ces situations déplorables, il est mieux indiqué de prendre l’attache de la source. Et cette source, c’est personne d’autre que la Direction de la météo. Des informations sont souvent recueillies sur les sites Internet. Or, sur les sites, on ne sait pas ce qu’il y a réellement. On ne sait pas comment ces produits sont élaborés, actualisés. Il ne suffit pas de voir une information sur le net et dire que cette information je peux l’utiliser. Cela ne marche pas avec la météorologie. Malheureusement, et je regrette de le dire, pour Canal Info, tel est le cas. Je leur demande encore une fois de se rapprocher de la Direction de la météo, et toutes les informations leur seront fournies sans aucun problème. Comme on le fait pour les autres organes. En plus de cela, nous avons un site qui est accessible. Il suffit simplement de consulter le site, de puiser l’information et de la diffuser correctement.

Source: Walfadjri

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Vendredi 8 Février 2008

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