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Mamadou Bamba Ndiaye leader du MPS/SELAL: 'C'est ridicule et absurde d'estimer sa représentativité à partir d’une non-participation ! '

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M. Mamadou Bamba Ndiaye, leader du Mouvement populaire pour le socialisme/Selal ex-Msu, est en pôle position sur la liste nationale de la Coalition Sopi 2007. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, il a livré son point de vue, entre autres, sur la présente campagne électorale, le faible taux de participation des militaires et paramilitaires pour ces élections législatives et la succession du Président Wade.



Mamadou Bamba Ndiaye leader du MPS/SELAL: 'C'est ridicule et absurde d'estimer sa représentativité à partir d’une non-participation ! '
Le Matin : M. Mamadou Bamba Ndiaye, nous sommes à la dernière semaine de la campagne électorale pour les élections législatives. Quel bilan tirez-vous à ce stade-ci des joutes ?



Mamadou Bamba Ndiaye :

La campagne se déroule normalement, sans incident. Certains s’étaient peut-être inquiétés à la suite des menaces des partis de l’opposition regroupés au sein du Front Siggil Sénégal, mais, jusqu’ici les choses se passent normalement. Je crois que la Coalition Sopi comme les autres coalitions, déroule ses activités et s’adresse aux populations. Bien entendu, il n’y a pas la même ferveur que lors de l’élection présidentielle. Cela est tout à fait normal et compréhensible. L’élection présidentielle mobilise plus que les autres élections.
Et l’élection présidentielle concerne quand même la clé de voûte des institutions et tout le monde comprend que le centre du pouvoir est là. Cela suscite donc beaucoup plus de passion et d’émotion que les élections législatives. C’est tout à fait normal. Cela s’est toujours passé ainsi. Je dis toujours qu’il faut comparer ce qui est comparable. La Campagne législative, on ne peut la comparer à la campagne électorale présidentielle. Mais, si vous comparez par rapport à 2001, 1998 ou 1993, vous trouverez certainement que cette campagne-là est beaucoup plus animée que les législatives qui l’ont précédée.

Comparée à l’élection présidentielle, elle a néanmoins été qualifiée de fade, est-ce votre avis ?

Je ne pense pas qu’on doive comparer la campagne des législatives à celle de la présidentielle. Il est évident que comparativement à l’élection présidentielle, on peut penser que celle-ci est fade. Mais, ce n’est pas le même enjeu. L’enjeu de la présidentielle, c’était de savoir si le régime allait changer ou pas, de savoir si les battus du 19mars allaient revenir au pouvoir ou pas. Si l’alternance allait durer tout juste sept ans ou être pérennisé. Donc, cet enjeu-là évidemment à susciter beaucoup de passion dans le pays pendant trois semaines.
Toutefois, cette passion-là est retombée avec la victoire dès le premier tour du candidat Abdoulaye Wade, qui a réglé la question du changement de régime. Tous les Sénégalais comprennent que dans ces législatives-ci, on ne peut en aucun cas déboucher sur un changement de régime d’autant que quelques partis de l’opposition ont boycotté les élections. Tout le monde sait que nous aurons la majorité. Et cela fait son effet dans la campagne électorale sur les militants de l’opposition, mais aussi sur nos propres militants qui se disent après tout, on peut ne pas se fatiguer puisque la victoire est déjà acquise. Tout cela considéré, je pense que cette « fadeur » n’est nullement inquiétante, ni dérangeante. Il fallait la prévoir.

Votre parti soutient à travers la Cap 21, les actions du Président de la République. Quelles sont les activités que vous avez eu à effectuer dans le cadre de cette présente campagne électorale ?

En tant que parti, nous avons jugé nécessaire en plus des activités communes de mener nos activités propres pour sensibiliser nos militants et inciter à participer massivement au vote. C’est ainsi que les différentes structures du parti exécutent des programmes. Ce qui est notable, ce sont les activités développées par les femmes. Donc, ici au niveau de Dakar déjà, j’ai eu à présider cinq réunions publiques d’information dans différents quartiers.
Et nous allons clôturer ce soir à Grand-Yoff (Ndlr : avant-hier), et la veille nous étions aux Hlm Maristes. Dans les autres régions également c’est le cas, en particulier dans le département de Mbacké et à Touba. Les jeunes aussi sont en train d’exécuter leur programme. Nous avons jugé nécessaire à la différence de la présidentielle, d’apporter notre contribution propre en tant que parti. Ce qui est indispensable, étant donné que je suis moi-même candidat sur la liste de la Coalition Sopi, il me faut par conséquent rencontrer directement mes militants pour obtenir leur soutien, ce qui peut-être va de soi et les inciter à voter massivement le jour du scrutin.

Les militaires et paramilitaires ont voté durant le week-end dernier pour les besoins des élections législatives, il a été noté un faible taux de participation. Comment expliquez-vous cela ?

J’attends d’avoir les chiffres réels. En tout cas, selon ce que j’entends à travers la radio, on serait à trente pour cent ou un peu plus de taux de participation du vote des militaires. Il y a peut-être là une démobilisation par rapport à la présidentielle. Mais, encore une fois, le critère de comparaison ne peut pas être la présidentielle. Pour ce qui est du vote des militaires, il n’y a pas de critère de comparaison puisque c’est la première fois que les militaires ont la possibilité de voter à des élections législatives au Sénégal.
Je crois que peut-être l’attrait de la nouveauté ne fonctionne plus. À la présidentielle du 25 février dernier, c’était la première fois qu’un militaire pouvait mettre son bulletin dans l’urne. Cela a été peut-être un facteur de mobilisation. Chacun voulait faire cette expérience. Il s’y ajoute également, ceci est lié d’ailleurs à la question précédente, qu’on ne vit pas que d’élections. C’étaient les deuxièmes élections générales que nous sommes amenés à organiser dans le même semestre, il y a forcément un effet de lassitude des populations qui se manifeste au niveau des civils mais aussi au niveau des militaires.

Ne craignez-vous pas que dimanche prochain, jour du scrutin que les civils aussi n’enregistrent à leur tour, un faible taux de participation à ces compétitions électorales ?

Faible, par rapport à quoi ? Je voudrais dire que pendant une longue période, les élections présidentielle et législatives ont été couplées au Sénégal. Pendant cette période-là, la présidentielle tirait en quelque sorte les législatives, puisque l’électeur devait se déplacer une seule fois pour voter deux fois. Depuis le découplage, donc en 1993 et 1998, nous avons eu des taux de participation inférieure à 40 %. La première fois que nous avons eu un taux de participation supérieur à la moyenne, c’était en 2001. Ce qui s’explique aisément par l’effet de l’alternance. Et peut-être aussi que les électeurs se sont sentis beaucoup plus concernés à la suite de l’élection du président Wade pour se mobiliser massivement pour garantir une aura à la majorité parlementaire dont il avait besoin pour pouvoir gouverner et appliquer son programme.
C’était un contexte particulier. Maintenant, nous sommes dans autre un contexte, nous allons vers des élections législatives dimanche prochain, on verra le taux de participation. En tout cas, ce serait un miracle que le taux des législatives puisse atteindre celui de la dernière présidentielle. Je dirai même que c’est impossible qu’il y ait 70 %. Je peux me tromper, mais il est impossible que l’on ait un taux de participation de plus de 60 %. Mais, déjà à mon sens, 50 %, ce serait excellent. Parce que ce serait largement au-dessus des taux notés en 93 et 98. Ce serait vraiment une belle victoire pour nous que d’avoir 50 % de participation.

Peut-on lier ce taux de participation des militaires et paramilitaires à ces élections législatives à la campagne de sensibilisation du Front Siggil Sénégal ?

Mais, en aucun cas. Parce que d’abord, il n’y a pas de campagne du Front Siggil Sénégal. Vous vous souvenez, ils avaient annoncé des choses extraordinaires. Que pendant la campagne électorale, ils allaient faire le tour du pays, tenir des meetings. Mais, où sont leurs leaders ? On ne les voit même pas. Nous sommes à plus de quinze jours de campagne, est-ce qu’il y a eu un seul meeting du Front Siggil Sénégal, où ce meeting s’est-il tenu ? Tout ce que j’ai vu c’est une conférence de presse, des délégations auprès des ambassades et des chefs religieux. Et voilà. Tous les jours, certaines radios privées qui leur ouvrent largement leurs antennes pour leur permettre de parler.
Mais, ce n’est pas cela une campagne électorale. Donc, il n’y a pas eu de campagne du Front Siggil Sénégal. Et de toute façon, si vous voyez bien, au cours de nos meetings, des responsables et militants de ce front sont en train de les quitter en masse pour rejoindre et décider de soutenir la Coalition. Maintenant, bien entendu, je sais que le Front Siggil Sénégal essayera de revendiquer un taux de participation inférieur à la présidentielle. Ils le feront et ils se couvriront encore de ridicule. Comme, ils se sont couverts de ridicule en introduisant un deuxième recours auprès du Conseil d’État alors que cette juridiction avait déjà statué sur le même décret. Ils se couvriront de ridicule pour une raison simple, en février à la présidentielle, on a eu un taux de participation d’à peu près de 70 %. Donc, on a eu un taux d’abstention de 30 %. Qui peut s’en réclamer ?
Eux tous, ils ont participé à la dernière présidentielle. Personne ne peut s’en réclamer, à part peut-être le parti fantôme des abstentionnistes. De la même façon que personne ne peut réclamer ces 30 %, même si on enregistre au cours de ces législatives un taux de 90 % d’abstention personne ne peut s’en réclamer. Personne ne pourrait réclamer la paternité ou estimer sa représentativité à partir d’une non-participation, cela est une absurdité. Ce qu’ils peuvent réclamer ce sont des scores qu’ils ont eus à la présidentielle. Et ils ont été intelligents d’éviter de participer aux élections législatives parce qu’ils savent très bien qu’ils allaient s’effondrer.

Des observateurs de la scène nationale politique indiquent que les adversaires du Pds c’est le Pds à cause des frustrations notées çà et là. Ne craignez-vous pas des vote-sanctions ?

Il est évident que comme tout parti au pouvoir, le Pds est traversé par des secousses internes. Et, il y a des dissensions et des oppositions qui peuvent rejaillir négativement sur le travail que la coalition est en train de faire. Des vote-sanctions ? Je ne sais pas. Je pense que là, il faut attendre de voir ce qui va se passer dimanche. Il y a eu des frustrations. Mais, je pense qu’il y a eu beaucoup de contacts pris et d’explications données pour que ceux qui, au départ, se sont sentis frustrés de façon tout à fait légitime d’ailleurs, puisqu’ils méritaient d’être investis sur les listes et tout le monde le reconnaît.
Les explications qui ont été données vont certainement tempérer beaucoup de choses sur ce plan-là. Je voudrais noter que Grand-Dakar cette année constitue une exception de ce point de vue. C’est un arrondissement où souvent ces dissensions-là renaissaient de façon négative sur le travail. Je voudrais vraiment remercier les responsables locaux du Pds à l’image de Lamine Samaké, Mackiyou Faye et d’autres qui, cette fois-ci ont pris sur eux-mêmes bien qu’aucun d’entre eux ne soient candidats, de se donner la main pour qu’il ait une campagne commune de la Coalition. Et nous sommes en train de travailler en étroite collaboration avec tout le monde et dans une parfaite entente pour mobiliser des populations du quartier pour un vote en faveur de notre coalition.

Certains avancent le nom de Karim Wade pour la succession à la tête de l’État du président Abdoulaye Wade. Qu’en pensez-vous ?

Je crois que ce sont des calomnies simplement. C’est une façon pour certains de tresser une couronne de monarque sur la tête du président pour l’attaquer et le dénigrer. N’ayant pas d’arguments, ils inventent cette histoire que le président voudrait se faire remplacer par son fils à la tête de l’État comme un monarque. Je prends cela comme des calomnies d’opposants en mal de thèmes de propagandes. Il est évident que la succession du président Abdoulaye Wade se fera dans les urnes et personne ne sait qui va lui succéder. Seul Dieu le sait et le moment venu, ce sont les Sénégalais qui sortiront un nom des urnes, tout le reste, ce sont des spéculations.

Propos recueillis par Diaw MBODJ
Source: Le Matin

Article Lu 1930 fois

Mercredi 30 Mai 2007


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