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Madické Niang (Ministre des Affaires étrangères) à Paris : ‘Nous sommes pour le dialogue et contre l'impunité en Guinée’

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Le Sénégal appuie fortement la médiation du président Blaise Compaoré dans le dossier guinéen et est solidaire de toutes les décisions prises par la Cedeao, mais il préconise que tout soit fait, parallèlement, pour que le dialogue se renoue vite entre le président Dadis et l’opposition guinéenne. Cette position de Dakar, le ministre des Affaires étrangères, Madické Niang, essayé de la faire partager par les autorités françaises durant son séjour à Paris. Il est revenu là-dessus dans l’entretien qu’il nous a accordé et a profité de l’occasion pour annoncer la nomination prochaine d’un ambassadeur du Sénégal à Bruxelles.



Madické Niang (Ministre des Affaires étrangères) à Paris : ‘Nous sommes pour le dialogue et contre l'impunité en Guinée’
Wal Fadjri : Vous venez de participer à une réunion ministérielle sur les transactions internationales. Pouvez-vous nous faire l'économie de cette rencontre ?
Madické Niang : Cette rencontre est très importante ! C'est pourquoi le Sénégal ne pouvait pas être en reste. Il a participé comme membre du groupe pilote. Par ma présence, nous avons voulu marquer l'importance que nous accordons à cette rencontre. C'est l'occasion pour moi de remercier mon homologue français, Bernard Kouchner, pour l'attention qui a été réservée à la délégation sénégalaise. Vous avez vu tout à l'heure sur le podium que nous avons été le deuxième à intervenir après lui. Nous avons dit que nous sommes intéressés par cette rencontre parce que notre président a toujours eu à prêcher une vérité qui est maintenant partagée, à savoir que l'aide au développement, qu'elle soit multilatérale ou bilatérale, ne peut porter, à elle seule, des solutions à nos problèmes. Nous ne pouvons jamais atteindre les Omd (Objectif du millénaire pour le développement) par le biais de l'aide au développement. La situation a été faite récemment aux Nations-Unies par le secrétaire général de l'Onu et, selon lui, presque aucun pays parmi les moins avancés ne pourrait atteindre les Omd. Le Sénégal, par la voix de son président, a voulu relever le défi et faire de sorte qu'on les atteigne. Nous devons être accompagnés, et pour cela, il nous faut de nouvelles formes de financement. Alors, aujourd'hui, la question qui est posée, nous intéresse parce que c'est une répartition plus équitable des richesses qui sont générées par la mondialisation de l'économie.

Nous demandons donc plus d'équité dans cette répartition. Et plus d'équité, c'est trouver des moyens. Déjà, le président Wade a lancé des initiatives qui sont innovantes, comme ‘Wade formula’. Il s'agissait de partir des super profits qui sont réalisés à partir des prix des hydrocarbures et de tenir compte d'un accompagnement des économies fragiles comme celles des pays africains pour arriver à une certaine solidarité. Nous avons aussi parlé de la solidarité numérique qui est une question très importante parce qu'elle permet à l'Afrique de pouvoir être au même niveau que les autres pays.

Dans les objectifs qui ont été déclinés, il y a beaucoup de choses qui nous intéressent. Certes, il y a les Omd. Mais nous réservons une place spéciale à l'éducation et à la santé. Nous le faisons déjà au Sénégal avec ces 40 % de notre budget qui sont réservés à l'éducation et aussi ce que nous réservons à la santé. Si, au niveau mondial, nous recevons les accompagnements dont on a besoin, je suis sûr que nos objectifs seront atteints. Aujourd'hui, il s'agit de faire une revue de tout ce qui est fait, et dans cette revue, il faudra tenir compte déjà de l'existant. On nous parle d'axes sur les transactions financières, il faut applaudir. Mais il faut que ça soit fait au niveau mondial parce qu'il faut tenir compte des ressources qui existent partout. Il suffit simplement de tenir compte des revenus qui sont distribués au niveau de Wall Street. Ces revenus dépassent de loin l'aide au développement qu'elle soit bilatérale ou multilatérale. Donc il faudrait une implication au niveau mondial. Les Nations unies seront là pour apporter ce qu'il faut, mais aussi pour redéfinir de nouvelles formes de transaction. Tout cela a été dit durant cette réunion qui est très importante. Nous avons la participation d'une dizaine de ministres des Affaires étrangères et représentants de haut niveau de plusieurs pays. Nous pensons qu'avec les termes de référence qui ont été validés et avec la mise sur pied d'un groupe d'experts devant immédiatement déposer un rapport, nous pouvons vite arriver à des solutions.

Wal Fadjri : Quels sont exactement les autres financements innovants, dont vous avez parlé durant la rencontre ?

Madické Niang : La taxe sur les transactions financières est importante. Le ministre Kouchner disait qu'il suffit de la rendre acceptable pour qu'elle passe très bien. Il suffit par exemple de fixer un taux de 0,005 % et on arriverait, à partir des revenus des transactions financières actuelles, à capter plus de 33 milliards d'euros. C'est énorme ! Mais il ne s'agit pas de s’arrêter là. Les experts devront nous indiquer d'autres moyens qui nous permettront de faire face à cette situation. Déjà, il y a l'initiative qui est en train d'être expérimentée par certains pays, comme la taxe sur les billets d'avion. Là aussi, c'est pour financer certaines activités ciblées. Ces financements innovants devront nous permettre de faire face à la situation cruciale, donc de permettre aux pays sous-développés de sortir de la pauvreté ambiante dans laquelle ils se trouvent.

Wal Fadjri : Quelle suite sera donnée à cette rencontre ?

Madické Niang : La suite se fera sur une base chronologique. Nos experts doivent déposer avant le milieu de l'année 2010 un rapport. Nous devrons ensuite nous retrouver pour la restitution des conclusions et immédiatement saisir les Nations unies. Nous nous sommes dit que ce n'est pas seulement au niveau de certains pays que le problème peut être réglé. Il doit être un problème mondial traité au niveau des Nations unies pour qu'on arrive à une solution efficiente.

Wal Fadjri : Quels domaines de développement, ces financements innovants vont-ils viser ?

Madické Niang : C'est essentiellement les Omd qui regroupent la santé, l'éducation, l'accès à l'eau potable, et d'autres sources de développement qui sont si importantes et si nécessaires pour nos pays.

‘L'ambassadeur (du Sénégal en Belgique) va bientôt être nommé. Mais avant son arrivée, nous avons déjà un chargé d'affaires et un personnel diplomatique très compétents et qui tiennent bien le flambeau’.

Wal Fadjri : Au-delà de cette rencontre, avez-vous parlé avec le ministre Bernard Kouchner des rapports bilatéraux entre le Sénégal et la France ?

Madické Niang : J'ai effectivement profité de ma présence sur le territoire français pour parler de nos rapports qui sont excellents. J'ai été reçu par mon homologue Bernard Kouchner. Tout à l'heure, je vais rencontrer le ministre de la Coopération Alain Joyandet. J'ai été reçu par André Parent, le conseiller chargé des affaires africaines de l'Elysée. Autant de rendez-vous qui sont importants, mais je retiens pour l'essentiel que, dans toutes ces rencontres, une question devient centrale, c'est de faire qu'il y ait un renforcement, une amélioration de nos relations. Elles sont déjà excellentes, il faut les rendre plus intéressantes pour nos deux pays. En tout cas, je remercie les autorités françaises de l'accueil qui m'a été réservé.

Wal Fadjri : Avez-vous parlé de la situation en Guinée et au Niger ?

Madické Niang : Nous avons fait un tour d'horizon. Aujourd'hui nous sommes dans une démarche qui prend en compte les orientations du président Wade. Premièrement : appuyer fortement la médiation du président Blaise Compaoré, être solidaire de toutes les décisions prises au niveau de la Cedeao. En même temps, il y a une touche sénégalaise que nous voulons faire apparaître. C'est une excellente chose de réaffirmer et de demander l'application des principes, mais il faut l'accompagner par un dialogue politique qui devrait nous permettre de trouver rapidement en Guinée les prémices qui vont nous amener vers une transition assez courte et l'organisation d'élections dans un cadre apaisé. La même chose devrait nous permettre de trouver aussi au Niger des solutions, alors que la situation semble bloquée dans ce pays en ce qui concerne les relations entre l'opposition et le pouvoir. En tous les cas, le Sénégal est solidaire de tout qui a été entrepris et nous allons soutenir avec beaucoup d'engagement la médiation du président Blaise Compaoré.

Wal Fadjri : Les sanctions prises récemment sont-elles des moyens de dissuasion contre les régimes guinéen et nigérien ?

Madické Niang : Je vous ai dit que nous sommes solidaires de toutes les décisions qui ont été prises au niveau de la Cedeao. Moi-même j'ai eu à représenter le président Wade qui m'avait donné des orientations claires. Mais nous savons qu'au-delà de ces sanctions, il ne faut pas du tout écarter le dialogue. Il faudrait donc y associer le dialogue, continuer à discuter avec les régimes en place, se donner les moyens pour que le dialogue se renoue rapidement entre les gouvernants en place et leur opposition. C'est seulement avec ce dialogue que nous trouverions rapidement des solutions. Il ne faudrait pas qu'on soit dans une situation où il y aura une rupture totale du dialogue. Mais nous disons que nous sommes contre toutes formes d'impunité.

Wal Fadjri : Les Sénégalais de Belgique ont manifesté récemment pour réclamer un ambassadeur. Que leur répondez-vous ?

Madické Niang : Mais nous avons une ambassade, peut-être, ils demandent que l'ambassadeur soit nommé, et il le sera bientôt. Je voudrais les rassurer. Nous avons une ambassade parce que la Belgique est importante pour nous. Nous avons une coopération très dynamique avec ce pays. En plus de cela, il y a la coopération avec l'Union européenne qui nous accompagne dans l'essentiel de nos projets. Donc je voudrais les rassurer que l'ambassadeur va bientôt être nommé. Mais avant son arrivée, nous avons déjà un chargé d'affaires et un personnel diplomatique très compétent et qui tient bien le flambeau. C'est pourquoi nous n'avons pas compris leur revendication alors que l'ambassade existe avec un personnel diplomatique très dynamique.

Wal Fadjri : En tant que nouveau ministre des Affaires étrangères, quel message lancez-vous aux Sénégalais de l'extérieur ?

Madické Niang : Aux Sénégalais de l'extérieur, je voudrais leur dire que nous sommes engagés plus que jamais pour les soutenir et faire de sorte qu'ils puissent vivre paisiblement dans leur pays d'accueil. Et nous leur disons que, grâce au leadership du président Abdoulaye Wade, nous cultivons les meilleures relations avec les pays européens et les autres pays dans lesquels ils se trouvent. Nous ferons donc de sorte que les Sénégalais puissent y vivre paisiblement. Nous leur disons que la diplomatie sénégalaise est une diplomatie de paix, de développement mais aussi, de renforcement de tout ce qui fait de positif dans le monde. Nous voulons que leur pays, le Sénégal, soit partout écouté.

Propos recueillis par Moustapha BARRY
Source Walfadjri

Article Lu 1973 fois

Vendredi 23 Octobre 2009





1.Posté par philippe le 23/10/2009 17:10
devant les européens wades et ses ministres acceptent de s'aligner sur la position de la cedeao, alors qu'en afrique ils s'affichent en fervent défenseur de dadis camara, incha allah l'histoire retiendra votre triste position, et vous jugera en conséquence

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