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MORT DES CHEFS D'ÉTAT: LA NOUVELLE FORME D’ALTERNANCE EN AFRIQUE

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En Afrique, bien que les tenants du pouvoir affirment leur-attachement à la démocratie, ils offrent peu de chance à l'alternance politique. Les élections, dans ce contexte, ne servent que de miroirs aux alouettes pour s'éterniser au pouvoir et réussir le pari d'y mourir, lais­sant leur pays dans une impasse poli­tique. Félix Houphouët-Boigny, Étienne Gnassingbé Eyadema, Lassana Conté et peut-être Omar Bongo Odimba n'ont en fin de compte quitté le pouvoir que par la volonté de la mort après des années de dictature.



FÉLIX HOUPHOUËT BOIGNY Celui qu'on nommait « Le sage de l'Afrique » a passé 33 ans au pouvoir depuis son accession à la tête du pays le 07 août 1960. Président du Parti démo­cratique de Côte d'Ivoire (PDCI), parti unique, Houphouët a régné à la tête du pays sans partage jusqu'au 07 décembre 1993, date de son décès. Durant son règne, malgré la reconnaissance du mul­tipartisme par la première constitution, le Chef de l’Etat ivoirien et son parti n'ont pas favorisé l'existence de partis politiques de l'opposition qui n'existera finalement que le 30 avril 1990 à la faveur des remous sociaux, guidés par « Le vent de l'Est. Les premières élections démocratiques qui ont eu lieu au courant de cette année lui permettent de briguer un mandat de 5 ans. Il promet de se reti­rer en 1995. malheureusement ou heu­reusement, c'est selon, il meurt trois après. Rappelé à Dieu, la Côte d’Ivoire qui n'a pas encore fini de pleurer Hou­phouët a failli basculer dans une crise du fait du conflit de succession entre le Pre­mier ministre Alassane Ouattara, assurant l'intérim du « Vieux » depuis sa maladie et Henri Konan Bédié, le Prési­dent de l’Assemblée Nationale et dau­phin constitutionnel. Finalement M.Ouattara rend le tablier et Bédié conformément à la constitution succède à Houphouët. Mais celui qui s'est fait appeler « la seconde chance de la Côte d'Ivoire instaure le concept de l’ivoirité qui catégorise les Ivoiriens et s'acharne contre l'ex- Premier ministre. La cohé­sion sociale est fortement détériorée et la Côte bascule dans la violence. Le coup d'État de 1999 et la rébellion armée de 2002 puisent leurs racines dans ce conflit de succession.



ETIENNE GNASSINGBE EYADEMA



Il aura passé 38 ans au pouvoir jusqu'à la date de son décès le o5 février 2005 le 13 janvier 1967, il renverse Nicolas Gru­nitzky et prend officiellement le pouvoir deux jours plus tard avant de fonder en 1969 le Rassemblement du peuple togolais (RPT), le parti unique du pays. Sous la bannière de sa formation politique qui partage seul le paysage politique, l'ex-chef d'état-major des armées se fait réélire cinq fois par des simulacres d'élections en 1979, 1986, 1993, 1998 et 2003 malgré l'instau­ration du multipartisme en 1991. A sa mort contrairement à la constitution qui prévoit que le président de l'Assemblée nationale doit assurer l’intérim jusqu'à la tenue de nouvelles élections, c'est la grande muette qui s'invite sur le champ poli­tique et prend le pouvoir. Dans la Précipitation, le Parlement élit son fils Faure qui conforte solidement son fauteuil le o4 mai 2005 par des élections biaisées, émaillées de violences et de fraudes.



LASSANA CONTE



Ahmed Sekou Touré (celui qui a dit non au Général de Gaules) meurt le 26 mars 1984. Les membres de l'unique parti politique, le Parti démocratique de Guinée (PDG) s'entredéchirent et le colonel Conté renverse une semaine après la mort du père de l'indépendance le président intérimaire Louis Lassana Béavogui. Il légalise les partis politiques de l'opposition en 1992. Mais l'espoir suscité par sa prise de pouvoir s'estompe et la Guinée est entraînée dans une dictature sauvage. En décembre 2003, il est réélu avec 95 % des suffrages face à un seul adversaire dans une élection boy­cottée en majorité par l'opposition. Acculé par la maladie depuis 2002, le dictateur s'agrippe à son pouvoir malgré le mal qui le ronge. «J'ai mal aux pieds et non à la tête. Ne touchez pas à mon sep­tennat », a-t-il répondu aux appels à sa démission. En définitive, le diabète dont il souffrait a eu raison de lui le 22 décem­bre 2008. Un groupe d'officier dirigé par le capitaine Moussa Dadis Camara prend le pouvoir le 24 décembre 2008 en violation de la constitution qui pré­voit que le président de l'Assemblée nationale la circonstance assure l'inté­rim. Le Président Conté a réussi à rejoin­dre le cercle très restreint des Chefs d'E­tat morts au pouvoir après des décennies de règne. Décédé à l'âge de 74 ans, le Général-président a dirigé la Guinée ­Conakry d'une main de fer durant 24 ans. II a laissé une Guinée en crise, riche en ressources minières et forestières, mais appauvrie par la corruption et clas­sé 160e au classement du développe­ment humain des Nations unies.

(…)

Yacouba Diarra Traore

Source: Pic Hebdo

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Samedi 13 Juin 2009




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