Référence multimedia du sénégal
.
Google

MISE EN PLACE DU GOUVERNEMENT FEDERAL AFRICAIN: Le forum de Tripoli met la pression sur les chefs d’Etat

Article Lu 1467 fois

Une belle unanimité pour la mise en place d’un Gouvernement fédéral africain s’est dégagée, jeudi à Tripoli, à l’issue du forum des élites africaines qui a réuni deux jours durant dans la capitale économique libyenne des dizaines de délégués venus de partout du continent : du nord, du sud, de l’ouest, de l’est et du centre.



La diaspora africaine, disséminée aux quatre coins de l’Europe et des Etats-Unis, faisait partie des délégations constituées de politiques, de parlementaires, de syndicalistes, d’intellectuels, de journalistes, de représentants de la société civile et d’Ong.

Officielles pour beaucoup d’entres elles, sauf celles d’Afrique du Sud et du Nigeria, les délégations ont sans retenue joint leurs voix à celles des indépendants pour réclamer —avec souvent une forte passion— la mise en place de l’Union africaine et d’un Gouvernement fédéral.

Ce processus étant perçu comme la meilleure garantie pour sceller ‘’l’unité de l’Afrique’’, comme l’a soutenu à l’ouverture des travaux l’hôte du forum, le chef de l’Etat libyen, Mouammar Khadafi. Vêtu d’un pantalon marron et d’une chemise d’été aux manches courtes sur laquelle on distingue en vert la carte des l’Afrique, le président libyen est apparu modeste dans sa mise, posé dans son parler, mais convaincant dans son plaidoyer qui était interrompu à intervalles réguliers par des applaudissements nourris.

Véritable avocat de l’Union africaine dont il a jeté les bases lors du Sommet du Syrte, le 9 septembre 1999, il a abondamment puisé dans le legs des Nkrumah, Nasser, Cheikh Anta Diop et autres Jomo Kenyatta pour justifier son engagement pour la cause du continent, égratignant au passage ceux qui s’opposent au Gouvernement fédéral. ‘’Ils n’ont pas de vision, ils ne croient à rien’’, s’est-il quelque peu chauffé dans une de ses rares élévations de voix avant de demander aux participants du forum —qu’il a décrit comme ‘une rencontre populaire africaine’’— de faire tout pour ramener à la raison les dissidents.

Avec la même chaleur, mais dans le bon sens, il a rendu hommage à ceux qui l’ont précédé dans son discours d’ouverture, l’ex-ministre des Affaires étrangères du Soudan, Mohamed Ousmane, et le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio. Pour leur plaidoyer fort et juste, ils ont eu les félicitations du ‘’Guide’’. Signe de cette grande considération, les deux personnalités ont trôné aux côtés de Khadafi à la tribune officielle avant d’y rester tout au long des travaux pour épauler le ministre libyen des Affaires étrangères libyen, Ali Triki, qui avait la charge de modérer les interventions de la trentaine de délégués.

Il est vrai que Mohamed Ousmane et Cheikh Tidiane Gadio ont gagné à l’applaudimètre. Ce fut surtout le cas pour Cheikh Tidiane Gadio, deuxième intervenant avant l’adresse de Mouammar Khadafi. Dans une aisance qui dénote une parfaite maîtrise de son sujet, il a démontré combien la vision des premiers panafricanistes était pertinente, tout comme celle de leurs successeurs, notamment les chefs de l’Etat libyen et sénégalais qui depuis le Sommet de Syrte et de Lomé, en juillet 2000, ne cessent de pousser à la roue pour que s’instaure l’Union africaine et le Gouvernement fédéral.

La réalisation de telles instances est remplie de ‘’valeurs ajoutées’’ pour les Africains qui jouiront ainsi de l’appartenance à un grand espace de 800 millions d’habitants, de richesses naturelles encore considérables malgré les pillages organisés de plusieurs siècles, de pouvoir circuler partout en Afrique sans passeport ni visa et d’avoir un dirigeant qui parlent pour eux tous face aux autres avocats des autres blocs du monde, a notamment dit le ministre d’Etat sénégalais, selon qui des études ont montré que les futures puissances du monde seront les Etats de l’Amérique du nord, de l’Inde, du Brésil et de la Chine, un pays continent fort de plus d’un milliard d’habitants. Pour en faire partie, l’Afrique a intérêt à s’unir.

Argument-massue de Cheikh Tidiane Gadio : les Etats-Unis, formés aujourd’hui de 50 Etats, sont allés à l’union avec 13 Etats seulement qui, pour agir de la sorte, ont senti qu’ils avaient ‘’le sens de la mission et de la destinée’’. Si on reporte cela dans le cas de l’Afrique, il n’est plus question pour M. Gadio de ‘’tergiverser’’ à Accra, en début juillet, quand il s’agira de signer pour la naissance de l’Union africaine et du Gouvernement fédéral.’’S’il y a 10 ou 15 Etats à signer, signons !’’, a lancé le ministre sénégalais fortement applaudi et très sollicité par les journalistes, entre les pauses ou les arrêts des travaux.

Le ton lancé, les élites se sont engouffrées dans la brèche, plaidant unanimement pour l’Union africaine et le Gouvernement fédéral, à l’image de ce député égyptien qui a presque malmené le micro pour exprimer son empressement, de ce parlementaire ivoirien venu à la tête d’une délégation de 25 personnes, de l’écrivain Eli Charles Moreau du Sénégal qui supplie l’assistance de tout faire pour que les chefs d’Etat ‘’ne ratent pas à Accra le rendez-vous’’ qu’ils ont avec l’histoire.

La diaspora américaine a donné de la voix tout comme l’ancien ministre ivoirien et le premier président de la Commission africaine, Amara Essy, de même que l’ex-Premier ministre Abel Goumba.

Toutes ces interventions ont été résumées dans la déclaration de Tripoli dont la rédaction a été confiée au Sénégal, de même que la motion remerciements au chef de l’Etat libyen. Dans une affirmation en sept points, le premier document prône que le Sommet d’Accra soit ‘’la date annonciatrice de la naissance du Gouvernement fédéral africain ; une démarche essentielle pour le développement du contient’’, que la prochaine rencontre des chefs d’Etat de l’Union africaine concrétise ‘’la fidélité et la sincérité’’ de la lutte des premiers africanistes.

Dans le même temps, les participants au forum, partant du fait que le Gouvernement fédéral africain est ‘’une exigence populaire urgente’’, sont prêts à se dresser et à affaiblir les pourfendeurs d’une telle instance, à le promouvoir à tous les niveaux de la vie de leurs pays et à en mesurer le degré de réalisation via des campagnes populaires, des congrès, des réunions et colloques. Ace sujet, ils ont décidé de manière concrète d’instituer la date du Sommet de Syrte, le 9 juillet 1999, ‘’journée de l’évaluation des démarches pratiques pour achever l’édifice africain’’.

Autre décision pratique prise par le forum de Tripoli : le Sénégal, la Libye et le Soudan ont été chargés de transmettre le texte de la résolution finale au Sommet d’Accra pour qu’il figure parmi ses documents de travail. Pour une pression devant s’exercer sur les chefs d’Etat attendus à Accra avec pour seul ordre du jour l’Union africaine et le Gouvernement fédéral, on ne peut faire mieux...

Source: APS / Sud Quotidien

Article Lu 1467 fois

Samedi 23 Juin 2007

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State